vendredi 7 décembre 2018

Un mot qui a du chien

Tiens, l'autre jour je parlais du sens des mots.

Et je sais pas pourquoi (si, je parlais de gilets jaunes noyautés, de politiciens demeurés et autres joyeusetés) dernièrement on m'a qualifié, comme d'habitude, de "mauvais esprit" et de "cynique".

Alors ouais, c'est plutôt vrai. Depuis le temps que vous me lisez, vous savez que j'ai mauvais esprit. C'est pas nouveau. Mais cynique ? Allez savoir. Etymologiquement, c'est un mot qui désigne des philosophes "vivant comme des chiens".

Si on prend comme définition du chien "un animal qui aboie sur tout ce qui bouge et pisse sur ce qui ne bouge plus", alors ouais, sans doute, ça me va.

vendredi 30 novembre 2018

Fiat lux

Amusant que les mots "lucide" et "illuminé" signifient, sur le plan étymologique, la même chose au départ. Désormais, ils ont un sens diamétralement opposé.

mercredi 28 novembre 2018

Sur la ligne de crète

Ça fait quelques temps que ces pages se bornent à vous détailler les additions à ma biblio (à ce propos, Dimension Super-Héros 4 est sorti, je l'ai vu il existe, mais je n'ai pas encore mon exemplaire, dont on m'assure qu'il ne saurait tarder ainsi que le Geek Le Mag hors série dans lequel je signe 4 articles) ou mes sorties, qui avaient ces dernières semaines adopté le mode rafale (ça se calme enfin : d'ici la fin de l'année il n'y a plus que le Salon des Ouvrages sur la BD, dans dix jours). Toujours est-il que je ne vous régale plus que de loin en loin de mes cogitations farfelues et sans filets, et croyez bien que ça me navre autant que vous (cette dernière affirmation est purement rhétorique, inutile de la commenter, merci).

Je vais tenter néanmoins d'y remédier aujourd'hui avec un petit bout d'exégèse tout pété. Tout en ne perdant pas de vue la célèbre boutade selon laquelle l'exégèse est cette opération qui consiste à dire très bien ce que le Saint Esprit a formulé avec les pieds. Le ciel nous en garde…

Le sujet de mon homélie du jour est Saint Paul, et l'une de ses épitres, plus précisément celle à Tite. C'est un de ces textes qu'il envoie à ses padawans pour leur filer des conseils, notamment d'organisation. Il ignore à ce stade que ces mots jetés sur le papyrus deviendront canoniques trois siècles plus tard, et constitueront la base des structures de l'église, après quelques ajustements, glissements de sens et oublis délibérés. La notion de prêtre, par exemple,  en est absente, et pour cause, elle ne sera réimportée dans le christianisme que bien plus tard. Ce qui en tient lieu, et qu'il appelle "ancien", n'est pas soumis au célibat, du coup. Au moment où Paul rédige cette lettre, elle est conçue comme un écrit, pas comme une Ecriture.

Mais ce qui m'intéresse ici, ce n'est pas le droit ou pas pour un cureton de taper dans la caisse ou de se taper la bonne, mais le verset que l'on appelle désormais "le paradoxe du Crétois". Il est connu et presque proverbial, et Paul l'énonce ainsi : "Quelqu'un d'entre eux, leur propre prophète, a dit : Les Crétois sont toujours menteurs", et celui qui parle est justement un Crétois. Le paradoxe, c'est que si un Crétois dit que les Crétois sont toujours menteurs, dit-il la vérité ? Si c'est le cas, il ment. Puisqu'au moment où il dit la vérité, il ne ment pas. Et que les Crétois, selon lui, sont toujours menteurs. La phrase est donc schrödingerienne en diable. Tant qu'on n'a pas buté le Crétois, le truc est à la fois vrai et faut, dans un état d'oscillation permanent.

Peut-être est-ce la démonstration que l'apôtre est faillible, humain, qu'il se prend les pieds comme nous pouvons les faire nous tous dans les pièges de sa propre rhétorique. Ou plus subtilement (mais ce n'est pas je crois son genre) qu'il invite à interroger la notion de vérité, comme l'a fait avant lui un Procurateur de Judée, un certain Ponce Pilate.

Bien sûr, Paul n'est pas le premier à formuler ce paradoxe, qui remonte à quelques siècles avant lui, et qui est attribué à Epiménide le Crétois. Paul, qui est cultivé, le connait forcément, et en fait, il fait une citation. Le contexte pourrait même donner à penser qu'il fait une plaisanterie un peu érudite. Puisque Tite va en Crète, Paul lui donne quelque conseils, dont celui de se méfier des indigènes, et lâche ce paradoxe que sont élève connaît peut-être, probablement même, lui aussi. Petite malice sans conséquence d'un rhéteur rompu aux subtilités.

Sauf que depuis…

Le texte est devenu canonique. Réputé inspiré. Divin. Intouchable.

On ne saurait donc le considérer comme une blague, puisque son contexte direct fonde les prémisses du Droit Canon. Mais que signifie un tel paradoxe, inséré dans un texte désormais considéré comme intrinsèquement vrai, puisque sacré ? Si le Serpent*, Abraham, Joab, Achab ou n'importe quel autre personnage de la Bible ment, ce n'est pas la Bible qui ment, mais le personnage. Le mensonge fait partie de la narration, et est donc "vrai", il est un évènement qui est rapporté.

Le paradoxe, inséré dans une série de conseils que la foi implique de prendre comme étant de bonne foi, justement, vient perturber tout ça. L'écriture sacrée peut-elle contenir une parole inspirée qui soit à la foi vraie et fausse ? Dans un monde d'absolus comme celui de la croyance, ce flottement qui brouille la limite entre le vrai et le faux est intrinsèquement blasphématoire. Il contamine mécaniquement l'ensemble. C'est la paille dans une coulée du métal (tiens, c'est pas Paul qui employait cette métaphore dans une autre de ses épitres ?) qui vient tout gâcher et le rend inutilisable.

Il indique peut-être que les procédés logiques de la Bible méritent examen.

Bien utilisé par un rhéteur redoutable, ce verset à lui tout seul pourrait servir d'élément à charge déterminant que l'Ecriture n'en est pas une, que l'inspiration divine ne fait pas partie de l'équation, ou alors que Dieu est bien plus taquin que le Yahvé sans humour qui trucide son peuple et ses voisins par paquets de douze mille.

T'as déconné, Paulo.




*et encore, dans la Genèse, il n'est pas assuré que le serpent soit en train de mentir. Après tout, ce n'est pas la consommation du Fruit en elle-même qui finit par tuer Adam et Eve, c'est la condamnation subséquente par Dieu…

vendredi 23 novembre 2018

Vrac

Bon, pas eu le temps de vous faire le compte rendu de Nancy et du colloque Lovecraft, mais c'était hyper bien. Merci encore aux organisateurs. Un seul regret : Nicollet et Druillet n'ont pu être des nôtres. Mais les interventions et tables rondes étaient passionnantes (notamment les discussions sur la traduction, dont vous vous doutez bien qu'elles m'intéressent au premier chef) et j'ai fait des rencontres formidables.

Bon, si je n'ai guère de temps, c'est aussi que pour diverses raisons, j'ai été amené à accepter un boulot à l'extérieur, un remplacement comme prof, et que mine de rien, c'est un métier épuisant et chronophage. Quand j'y repense, ça fait d'ailleurs un sacré bail que je n'avais pas travaillé réellement à l'extérieur autrement que sur des interventions ultra-ponctuelles. J'ai plus l'habitude.

Et bien entendu, j'ai quand même tout mon boulot normal que je dois abattre, sinon ce ne serait pas drôle. Des traductions, des confs à préparer, un roman en cours, un autre à relire, et un scénar de BD sur lequel avancer (un extrait ci-dessous, que vous puissiez voire de quoi il s'agit), ainsi qu'un genre de guide à écrire. Déjà, en temps normal, ce serait intense. Là, ça devient juste délirant. Du coup, les festivals et salons, quoique fatigants aussi, sont comme des vacances.

Ce week-end, je prends donc deux jours de repos :
- ce samedi, je suis à Sèvres au Rencontres de l'Imaginaire
- dimanche, je suis à BD Boom, à Blois, avec la joyeuse bande de 21g.

C'est tout pour aujourd'hui !




Dessins de Felix Ruiz

mercredi 14 novembre 2018

The Shadow over Nancy

Hop, décidément, je ne remplis plus ce blog que pour vous signaler mes sorties (mais rappelez-moi à l'occase de poster le truc que j'ai commencé à écrire sur le paradoxe du port de la couronne, c'est encore une de mes analyses perchées, ce sera marrant).

Demain et après demain, je file à la fac de Nancy pour un colloque (ça devient une habitude), cette fois-ci consacré à Lovecraft.
J'y participerai notamment à une table ronde avec Nicollet et Druillet, et je suis un peu dans mes petits souliers à l'idée de donner la réplique à deux légendes vivantes de cet acabit.

Par ailleurs, il y aura une expo avec notamment quelques planches de ma BD consacrée à HPL.

vendredi 9 novembre 2018

Dijon et retour


Me voilà donc de retour après deux jours dans un colloque universitaire consacré au label Vertigo, chez DC Comics, avec en invité d’honneur l’excellent Frank Quitely.


J’ai ouvert la charge avec une communication liminaire, voire préliminaire, consacrée à l’archéologie du label, aux vieux comics d’horreur qui lui ont fourni une partie de son décorum, mais aussi au célèbre coup de fil de Len Wein à Alan Moore qui pourrait constituer d’une certaine manière le coup d’envoi de Vertigo, sa naissance dix ans avant son baptême.

Puis l’arrivée des grands anciens, des Gaiman, Morrison, Milligan et Ennis qui allaient peu après l’alimenter.

Ensuite, les autres intervenants sont passés aux choses sérieuses. Des considérations pointues sur les notions de labels indépendants et alternatifs (concluant au caractère hybride de Vertigo), avec pdes propositions de grilles d’analyse, une communication de Xavier Fournier évoquant tous ces éditeurs et labels qui auraient pu constituer une révolution du même genre, et un retour sur les trading cards sorties à l’époque et constituant une manière de manifeste esthétique, avec la référence à l’Art Nouveau, aux Symbolistes.

Puis une analyse du personnage de Spider Jérusalem et de ses paradoxes (Warren Ellis serait-il un genre d’anar de droite pas de droite?), une autre de Fables et de ses divers niveaux d’intertextualité, puis deux interventions sur Hellblazer, sur la série comme manifeste emblématique de Vertigo, et l’autre sur la représentation des sexualités, notamment celle de Constantine.

Tout cela est pointu, passionnant, et est l’occasion d’interrogations, de discussions et même de débats très cordiaux.

Le soir, bières avec certains des interventions puis dîner avec un certain vil faquin de ma connaissance suivi d’ une visite de Dijon by night.

Rentré un peu tard, mais bien dormi et j’ai pu prendre le petit déjeuner avec Quitely, décidément un type charmant en plus de dessiner comme un dieu.

Et c,est reparti pour une nouvelle journée, en anglais cette fois-ci. Un intervenant remet en cause, et de façon très intéressante la notion d’invasion british qu’on associe souvent à Vertigo, un autre travaille sur la distinction adult readers / mature reader , on revient sur les paniques portales et leur traitement dans la série. Décidément, le personnage de Constantine est riche et passionne tout le monde. On évoque l'humanisme du protagoniste (qui se transforme en nihilisme chez Azzarello).

Le cas Gaiman est étudié, ce qui permet de revenir sur les poses et postures associées à ces scénaristes.
Quitely vu par ouame

Et enfin, l’après-midi est consacrée à Quitely, à des expos auxquelles il a participé, puis il revient sur ses méthodes de travail, ses doutes, sa maniaquerie. C’est plein d’anecdotes à hurler de rire mais cela permet aussi de mieux comprendre son travail.

Au total, deux journées passionnantes. Dont je suis revenu avec quelques bouquins signés. Intervenants de haute volée, organisation au poil, rencontres formidables... vous auriez vraiment dû venir, tous !

mercredi 7 novembre 2018

Interview


Hop, une petite interview réalisée le week-end dernier, à l'occasion du Salon Fantastique.

Et sinon, amis dijonnais, j'ouvre demain jeudi le colloque "25 ans de Vertigo" avec une intervention consacrée à la préhistoire du label, et il y sera fortement question d'un barbu bougon de Northampton.

C'est à la Maison des Sciences de l'Homme, et c'est pendant deux jours.

mardi 6 novembre 2018

Corum as you are


Tiens, je vois que c'est officiel, alors je peux vous signaler l'édition en VF, fin janvier, de l'adaptation en BD des Chroniques de Corum, d'après Michael Moorcock, dont je signe la traduction et la postface. C'est un très vieux boulot de Mike Mignola, plusieurs années avant Hellboy, et c'est hyper intéressant, parce que ça correspond au moment où il commence à se débarrasser de l'influence de Mike Ploog, pour aller vers une épure à la P. Craig Russell. On est encore loin de son Doctor Strange ou du Cycle des Epées (récemment réédités, d'ailleurs) mais le Mignola que nous connaissons commence à prendre forme à ce moment-là.

Par ailleurs, ce bouquin a pour moi une saveur toute particulière. Les comics de Corum sont les premiers comics en Version Originale que je me sois jamais procuré, il y a de ça une bonne trentaine d'années. Sans eux, je ne serais peut-être pas tombé si complètement dans la lecture en VO, et mon histoire personnelle et professionnelle aurait peut-être été bien différente. Ils ont un côté madeleine, donc…

La nostalgie, camarade, tout ça tout ça… 

jeudi 1 novembre 2018

Bons baisers d'Athènes

Ça fait longtemps que je vous ai pas partagé mes notes sur la mythologie. J'en ai retrouvé une qui me semble intéressante à propos d'Ulysse, même si elle mériterait d'être développée plus avant :


En dehors de ses confrontations avec des monstres épouvantables qui étaient peut-être des incarnations de puissances naturelles (courants marins, volcans, plantes narcotiques), Ulysse est surtout connu pour le stratagème qui mit fin à l'interminable guerre de Troie, celui du Cheval de Bois. L'histoire est connue : pour débloquer un conflit enlisé depuis trop longtemps, Ulysse propose de simuler un retrait des troupes achéennes, ne laissant sur la plage qu'un sacrifice propitiatoire censé assurer à chacun un retour rapide et sûr dans ses foyers. La suite de l'histoire montre que le sacrifice n'a pas dû plaire aux dieux : Ulysse et Agamemnon subissant de terribles avanies en chemin et à leur retour. Et pour cause, le sacrifice est faux, c'est une ruse. Le cheval est creux et contient un commando de guerriers Achéens qui s'infiltreront dans la cité ennemie.

Mais ce sont les détails du pseudo-sacrifice qui sont intéressants. Les Achéens ont assemblé une énorme figurine de bois représentant un cheval à roulettes, tel qu'on en a trouvé, en petit format, dans un certain nombre de tombes de l'âge du Bronze. Après le départ de la flotte grecque, les Troyens examinent cette offrande et lui font franchir les portes de la ville pour l'amener sur l'esplanade devant les temples. À la nuit tombée, les guerriers sortent du cheval et ouvrent les portes à l'armée achéenne revenue discrètement pendant la nuit, lui permettant de piller la ville.

Un point mérite d'être souligné. La dédicace laissée sur la figurine est la suivante : « Pour assurer leur retour en leurs foyers, les Grecs dédient cette offrande à Athéna. » Il y a déjà là un indice de ruse et de duplicité. Le cheval est un animal lié symboliquement à Poseidon, et un des mythes qui le concernent le montrent dans une opposition formelle avec Athéna. Par exemple, quand la ville d'Athènes est fondée, ses habitants se demandent à quel dieu consacrer la ville. Poseidon et Athéna se proposent comme divinité tutélaire et offrent chacun un cadeau. Celui de Poseidon est le cheval, celui d'Athéna l'olivier (il existe d'autres versions de cette histoire, avec d'autres dons, mais c'est celle-ci qui me semble pertinente dans le cas présent). Le cheval est une arme de guerre, l'olivier un symbole de paix. Les Athéniens, comme le nom qu'ils se donnèrent par la suite en atteste, choisissent l'olivier.

Offrir à Athéna un cheval, surtout avant de prendre la mer, et donc de s'aventurer sur le territoire de Poseidon, c'est une anomalie, un indice que ce retour n'est qu'en trompe l'œil, d'autant qu'Athéna est vue aujourd'hui comme une déesse de la sagesse (sous l'influence de la Minerve étrusque et romaine, à laquelle elle a été assimilée par la suite), mais ses aspects guerriers (la lance qu'elle porte, par exemple, détail sur lequel nous reviendrons dans les chapitres suivants) en font avant tout la déesse de la ruse employée à des fins militaires.

Dans toute son épopée, Ulysse se comporte comme un serviteur d'Athéna.


Voilà pour ce bout de pensée que je vous soumets à la volée…

Et au passage, puisque je suis là, rappel de mes sorties publiques du mois :

Du vendredi 2 au dimanche 4, je dédicace au Salon Fantastique sur le stand des Indés de l'Imaginaire avec les Moutons électriques.

Les jeudi 8 et vendredi 9, il y a un colloque "25 ans de Vertigo" à l'université de Dijon et je donne la communication liminaire, qui est une forme d'archéologie du label, avec notamment la "Brit invasion" du milieu des années 80.

Les jeudi 15 et vendredi 16, je participe au colloque H.P. Lovecraft à l'université de Nancy. Je serai à une table ronde avec Christophe Thill, Nicolas Fructus, et surtout Druillet et Nicollet. Face à deux légendes vivantes de ce genre, je me sens tout petit.

Le samedi 24, je serai aux Rencontres de l'Imaginaire à Sèvres.

dimanche 21 octobre 2018

Mises en bières

Bon, la soirée à la Brasserie de l'Etre, dans le quartier de Crimée, ça a été absolument super. Merci, encore à la librairie La Dimension Fantastique d'avoir organisé ça.

Je n'ai pas pu causer à tous les auteurs présents (ni même les entrevoir, dans certains cas), parce que c'était un joyeux foutoir où chacun allait et venait, mais j'ai adoré. Excellentes bières artisanales (bien amères, goûtues, charpentées) (et servies avec le sourire, vraiment, on est super bien accueilli là-bas) , gens super sympas et très enthousiastes, j'ai vu des tas de copains, signé des piles de bouquins, c'était vraiment bien.

Et ça me permet de revenir sur un sujet dont j'ai déjà causé ici : Uter Pandragon de Thomas Spok, vu que j'ai pu causer avec l'auteur. Et ça, c'était super. Comme je l'ai déjà dit, j'ai vraiment aimé son bouquin, et on a pu discuter de nos approches respectives du sujet, et c'était passionnant. Et en plus c'est un type charmant. Donc n'hésitez pas à aller y voir de plus près.



Sinon, rappel :
Cet après-midi, à 14h30, je présenterai une projection de Ant-Man And The Wasp au théâtre André Malraux de Chevilly-Larue. le film sera suivi d'une petite conférence sur les super-héroïnes.

mercredi 17 octobre 2018

Trois Coracles…




Bon, voilà que mon éditeur, les Moutons électriques, vient de m'envoyer la couve de mon prochain bouquin, qui s'intitule simplement Trois Coracles Cinglaient vers le Couchant. Ça sort au printemps, normalement. L'image est signée Melchior Ascaride, comme pour mes deux précédents romans, et je suis tout fou, là. J'adore.

Bon, du coup, je vous donne aussi le texte qu'il y aura au dos :

Trois coracles cinglaient vers le couchant.

À leur bord, Uther, un chef de guerre de l'île de Bretagne, et ses compagnons de toujours. Leur destination, une île au bout de la mer, là où dit-on vivent les fées et les morts glorieusement tombés au combat. Que va-t-il chercher si loin des terres habitées par les hommes ?

Alors que l'Empire romain n'en finit pas de mourir, et qu'un monde nouveau se refuse encore à naître, Uther sait-il seulement qu'il va enfanter d'une légende destinée à traverser les siècles ?



Et un extrait ici.

mardi 16 octobre 2018

Biodiversité de proximité

Un truc pour lequel je suis content d'habiter dans un patelin encore un peu vert et assez éloigné de Paris pour ne pas être sous le smog, ce sont les bestioles. L'autre jour, je suis tombé sur une mante religieuse, elle faisait genre 5 cm de long. Je savais même pas qu'on pouvait en trouver dans la région. à 400 mètres de chez moi, il y a un mur dans les anfractuosités duquel vivent au moins deux espèces de lézards, et qu'on voit se prélasser aux temps chauds (le truc est orienté plein Sud, ils ont adopté l'endroit). Près de la gare, le square abrite trois espèces de bourdons. J'ai chez moi des abeilles charpentières, d'énormes trucs bleus gros comme des scarabées. Il y a des lucanes. Des libellules certaines années. Des demoiselles, aussi (j'ai appris à les différencier des libellules il n'y a pas si longtemps). J'ai encore croisé une poule d'eau avant-hier, et il y a parfois des cormorans et des martins pécheurs. Bon, et j'ai croisé déjà deux fois des frelons asiatiques. Ça c'est plus emmerdant.

Je ne suis pas à la campagne, pourtant, mais la verdure alentour est suffisante pour abriter et favoriser ce foisonnement. J'aime bien me poser pour observer les sauterelles. Ça me fait tout drôle de croiser un renard ou une belette (ça m'est arrivé une fois ou deux) voire un faucon crécerelle. Peut-être d'ailleurs est-ce cet entre deux, le fait de n'être ni dans une grande ville, ni au milieu de champs pesticidés qui permet tout ça, je n'en sais rien. En tout cas, ça me fait du bien. Je profite des derniers beaux jours pour observer ces voisins de plus ou moins petit format.