dimanche 22 novembre 2009

Ça va très mal

Dans mon rêve de cette nuit, je débarquais dans une sorte de café concert tenu par Bernard Blier, censé me devoir du fric parce que son nouveau spectacle était tiré d'un truc que j'avais écrit. J'arrivais accompagné de Pierre Richard déguisé en berger landais et de Lino Ventura, d'assez mauvais poil. Micheline Dax faisait la meneuse de revue, déguisée de façon peu convaincante en Mireille Darc (ou alors c'était l'inverse). Ça a dégénéré, mais j'ai réussi à avoir mon fric (Blier avait tenté de s'échapper en mettant une perruque et un combiné lunette-faux nez-moustache façon Groucho Marx, mais on ne me la fait pas).

Depuis que je me suis réveillé, la question me taraude, lancinante. Pourquoi Pierre Richard sur des échasses de berger landais ???

Pourquoi ???

samedi 21 novembre 2009

Je rêve...

Hop, en faisant ma pause entre deux pages de traductions, je viens de remettre le nez dans les stats google du blog.

Je suis atterré. D'ailleurs, vous êtes atterrants.

"Patate Plus" fait son grand retour en tête de classement. Je comprends juste pas.

"Crusades Humanos" se maintient, ça c'est sympa.

"Fulchibar" fait une entrée remarquée. Ça peut se comprendre, mais ça en dit long.

"Dracula", "Vlad Tepes" et "le Volcan" font de la figuration (mais divers détails me donnent l'impression que le volcan, c'était un gamin qui cherchait des trucs pour un exposé).

et en queue de liste, un "j'arrive pas à bander", dont je vois même pas le rapport avec le site, vu que je n'ai pas encore parlé de spam. Incroyable qu'une phrase soit formulée comme ça dans google (les gens n'ont toujours pas compris la notion de mots clés, depuis le temps ?), et surtout qu'elle donne la War Zone dans les résultats.

C'est mystérieux, quand même, toutes ces conneries.

Merde, quoi, Fulchibar, je veux bien. Mais Patate Plus ? Grands dieux...

vendredi 20 novembre 2009

Général Jean-Joseph-Amable Humbert


"- Mais que comptiez-vous faire avec si peu de monde?

-Aller à Dublin et libérer une nation qui souffre sous votre joug.

- Voilà bien une idée qui ne pouvait germer que dans une tête française.
"

(Général Jean-Joseph-Amable Humbert, 1767-1823, dialogue avec le général Lake)

Il y a des gens qui ont la poisse. Ils accomplissent des exploits incroyables, et sont néanmoins disgraciés et oubliés. Le général Humbert est de cette sorte : héros des Révolutions Française et Irlandaise, de la défense de la Louisiane et de la flibuste, il est mort en exil, renié par sa patrie.

Avant de devenir général, l'homme avait été tanneur de peau de lapin. La Patrie étant en danger, il fut promu capitaine de la garde nationale de Lyon, participa au siège de Mayence puis à la guerre en Vendée, et fut nommé général de brigade à 26 ans. Devenu second de Lazare Hoche, il l'accompagna lors de la première opération (ratée) de soutien à la révolution en Irlande.

Après une deuxième tentative, Humbert prit le commandement d'une dernière expédition et débarqua en 1798 à Killala avec 1030 hommes. Son sens tactique et l'appui de volontaires irlandais lui permirent de défaire 6000 anglais à Castelbar, et de proclamer l'éphémère République du Connaught. Après deux autres victoires sur les troupes anglaises, Humbert fut contraint à se rendre au général Lake à Ballinamuck.

Humbert fut traité avec beaucoup d'égard par ses adversaires, qui avaient apprécié le côté sportif de son expédition. Les volontaires irlandais qui l'avaient soutenus furent pour la plupart pendus, parce que l'amour du sport des Britanniques a quand même ses limites.

Humbert participa ensuite à l'expédition de Saint Domingue, mais fâché avec le général Leclerc (pas celui de la 2ème DB), il fut disgracié par Napoléon.

Par la suite, il recommença à combattre les Anglais, mais en Louisiane cette fois-ci, avec le général Andrew Jackson, futur président des USA. Il se battit aussi aux côtés des flibustiers Dominique You et Jean Laffitte, ce qui lui permit de devenir gouverneur militaire de la république de Campeche (dernière place forte des pirates des Caraïbes), puis s'impliqua dans la guerre d'indépendance du Mexique.

Il faillit être pendu pour piraterie par les Américains, seules ses relations avec Jackson lui évitant la corde. Assigné à résidence à la Nouvelle-Orléans, il continua de toucher sa solde, qu'il mettait un point d'honneur à aller chercher en uniforme de général de la République, mais la Restauration le priva de cette dernière ressource. Il vécut alors en paria parmi d'anciens esclaves et pirates, voire des prêtresses Vaudou comme la célèbre Marie Laveau.

Le général Humbert repose toujours en Louisiane, dans un parfait anonymat. De nos jours, seuls les Irlandais se souviennent encore de ce vaillant soldat. La France, elle, l'a oublié, on voit le résultat.

jeudi 19 novembre 2009

Philip Kindred Dick




"La réalité, c'est tout ce qui ne disparaît pas quand on cesse d'y croire."

(Philip K. Dick, 1938-1982)

On a coutume de penser que les écrivains sont généralement un peu fous. Et que les grands écrivains le sont beaucoup. À ce tarif-là, Philip K. Dick était un grand écrivain. En tout cas, fou, il l'était probablement.

Il l'a dit lui-même : "De tout temps, les hommes ont parlé à Dieu. Et les ennuis ont commencé quand Dieu s'est mis en tête de répondre." Pour Dick (qui a de toute façon eu une existence agitée) les vrais ennuis ont commencé en 1974, quand Dieu (ou une entité extraterrestre supérieure, ou un effet secondaire d'une anesthésie dentaire un peu violente) lui est apparu sous la forme d'un rayon de lumière rose.

La vie de Dick en fut bouleversée, et il devint encore plus paranoïaque qu'il ne l'était avant, comme en témoigne sa réaction quand ses papiers personnels furent fouillés par la police : "Dieu merci ! Ça prouve que je ne suis pas paranoïaque", a-t-il confié à l'époque. Il voyait des complots partout, et Nixon comme la réincarnation de la puissance conquérante et persécutrice de Rome. Ses romans ultérieurs, comme SIVA ou l'Invasion Divine se ressentent de cette expérience mystique à laquelle il ne croyait lui-même qu'à moitié. Manque de chance, c'est à peu près vers cette époque que la célébrité internationale lui vint. Inutile de dire que ceux qui l'ont entendu donner à Metz sa célèbre conférence Si ce monde vous déplait, vous devriez en essayer quelques autres furent surpris de voir l'auteur vaguement gauchiste de Ubik ou du Dieu venu du Centaure leur parler d'épiphanie et de réalités parallèles peuplées de Chrétiens originels. Cerise sur le gâteau, Dick était à présent doté de superpouvoirs : il pouvait tuer les puces par imposition des mains. Le crucifix en sautoir, blindé de café et sans doute d'amphétamines (une drogue dont il faisait une importante consommation quand il écrivait un roman en trois semaines), le Californien illuminé avait de quoi faire peur.

Heureusement pour les marchands du temple, cet inquiétant et pourtant très sympathique personnage finit par s'éteindre, sans doute suite à ses abus médicamenteux. De nos jours, même Spielberg et John Woo peuvent s'attaquer à l'adaptation de ses nouvelles sans crainte de passer pour des thuriféraires d'une version non homicide de Charles Manson, Dick étant entré au panthéon de la culture populaire par des moyens moins radicaux.

Profitons en pour tordre le cou à une légende tenace : Dick ne détestait pas l'adaptation filmée de son roman Les Androïdes Rêvent-ils de Moutons Électriques, sortie sur les écrans sous un titre emprunté à Burroughs (William, pas Edgar Rice), Blade Runner. Si Dick n'aimait pas trop la voix off (encore une autre légende : la voix off y était dès le départ, quoi qu'ait pu en dire par la suite ce révisionniste de Ridley Scott), il adorait l'ambiance du film, (qu'il avait vu dans un prémontage peu de temps avant sa mort) et son aspect visuel, comme en témoigne une de ses dernières interviews.

Le plus drôle, dans tout ça, c'est que si Dick adorait la science-fiction, il ne supportait pas d'y être confiné. Il écrivit plusieurs romans de "littérature blanche", qui ne furent publiés qu'après sa mort, à l'exception notable des Confessions d'un Barjo. Rassurez-vous, ils étaient aussi barrés que ses histoires de SF.

mercredi 18 novembre 2009

Le début de la gloire



Tiens, en jetant un oeil aux stats du blog, je note que les gens commencent à taper "Crusades Humanos" dans Google pour se renseigner. C'est peut-être le début d'un buzz, c'est bien.

J'en profite donc pour donner quelques news.

La date de sortie n'est toujours pas fixée avec précision, mais c'est du début janvier (les premiers exemplaires ne devraient pas tarder à sortir de chez l'imprimeur).

Pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, Crusades est une nouvelle série signée Zhang Xiaoyu, Izu et Alex Nikolavitch (ça, c'est moi), qui renverra le Da Vinci Code 600 ans en arrière.

Le tome 1 fera près de 140 pages, histoire de bien installer le récit.

Le tome 2 est déjà écrit pour un quart, et j'ai eu une réunion hier avec Izu, le co-scénariste et initiateur du projet, pour nous répartir le travail sur le reste.

Et attention, il est possible que Zhan Xiaoyu passe par Angoulème fin janvier. Mais là aussi, je vous tiens au courant à mesure que les infos tomberont (et tout dépend de la tenue ou pas du festival, vu qu'il y a un feuilleton en cours à ce niveau, comme souvent).

Stay tuned !

mardi 17 novembre 2009

Le mot du jour

"Fulchibar"

Non, moi non plus, je ne sais pas. Vous vous démerdez avec Mantichore.

Werner Heisenberg




"L'univers n'est pas seulement plus étrange que nous le pensons, il est aussi plus étrange que nous pouvons le penser."

(Werner Heisenberg, 1901-1976)

Heisenberg, en faisant avancer la science, lui porta aussi un bien mauvais coup. En effet, il formula le célèbre principe d'incertitude (dit aussi principe d'indétermination) qui porte son nom, et qui consomma le divorce entre le sens commun et la science de haut niveau, jetant les bases de la physique quantique. Après Heisenberg, la physique devint relativement inaccessible même à la vulgarisation, brassant des concepts difficiles à exprimer sans un solide bagage mathématique, et dont la formulation verbale était obligée de passer par des métaphores hardies comme celle du Chat de Shö… Shü… Shreude… Schrödinger, putain, voilà, j'ai réussi à l'écrire, à la fois mort et pas mort, un état que l'on ne retrouve guère dans le monde à échelle humaine que chez les papes en fin de règne et les dictateurs soviétiques dont la date de péremption est dépassée.

Mais Werner Heisenberg aurait pu aussi devenir le père de la bombe atomique nazie, un cauchemar qui ne s'est heureusement pas réalisé. Quand il fut interrogé par les Alliés, il prétendit avoir fait de la résistance passive, se refusant à livrer au Reich une arme qui l'aurait rendu tout puissant. Les Anglais avaient néanmoins quelques doutes sur le bonhomme et son équipe, qui furent donc mis en résidence surveillée dans une petite maison tout à fait charmante, dûment truffée de micros. L'analyse des conversations en Allemand des scientifiques était tout à fait surprenante : ils semblaient s'étonner de cette obsession des Alliés pour l'arme nucléaire.

Et puis la vérité éclata un certain jour d'août 1945, quand les Anglais donnèrent à leurs invités le journal annonçant en première page le bombardement d'Hiroshima. La réaction d'Heisenberg fut édifiante. Pour lui, c'était de la pure propagande, un canular subtil et tordu : la bombe atomique, il le savait, il l'avait prouvé par calcul, c'était une vue de l'esprit, ça ne pouvait pas marcher, c'était impossible.

Aurait-il cru à la Bombe, peut-être Heisenberg aurait-il résisté aux demandes pressantes du régime nazi. Ou pas. Peut-être est-ce tout simplement son scepticisme qui a sauvé notre civilisation…

dimanche 15 novembre 2009

Go East (Wood)

On peut ne pas aimer le nain psychop... Le président de ce pays, force est de reconnaître que le voir décorer ce grand homme qu'est Clint Eastwood fait plaisir (d'autant plus grand homme que Clint doit faire deux têtes de plus que son décorateur) (pour situer, Clint est à peine plus petit que moi, il doit se cogner la tête tout pareil en montant dans le métro) (sauf qu'il ne se cogne pas, lui, parce que c'est Clint. Alors que moi, pas).

Donc, au lieu de pendre des gens à un croc de boucher, l'autre jour, le Président a pendu un insigne de commandeur de la Légion d'Honneur au Clint. C'est la classe.

Et le Président, tout content, a ajouté, je cite : "Le type qui a fait La Route de Madison, c'est énorme." Ça ne s'invente pas. Bon, pourquoi pas, après tout ? Mais bon, j'aurais peut-être, pour ma part, plutôt cité Bird, ou Impitoyable, ou Josey Wales Hors-la-Loi. Non que je n'apprécie pas Sur la Route de Madison, qui est un beau film. Mais... "Enorme" ?

C'est curieux. On dirait qu'il assène les goûts de Carla avec ses mots à lui (note à moi-même, arrêter de dire "c'est énorme", ça vient de se ringardiser assez gravement), et forcément, ça donne un truc bizarre à l'arrivée. Et puis, venant d'un type dont tout le discours tend à démontrer qu'il a toujours pris l'Inspecteur Harry au premier degré, ça fait un peu tache. Ou alors c'est que, contre toute attente, il a vraiment changé*.








* Je sais, je n'y crois pas une seconde moi non plus, mais bon...

vendredi 13 novembre 2009

Oh pinaise !

Les Humanos viennent de mettre en ligne la bande-annonce de Crusades.

C'est con pour moi, je l'ai déjà lu, le bouquin.

Mais quand même.

ça donne envie.

Et c'est ici.

Vendredi 13, jour de poisson

Et, bien entendu, aucun rapport entre ce titre et ce que j'ai à dire ce matin.

D'ailleurs, je n'ai rien à dire, ce matin.

J'ai du boulot.

jeudi 12 novembre 2009

Rusticiano (ou Rustigielo, ou Rustichello) di Pisa , dit Rusta de Pise, dit Rusticien

Le roman de chevalerie a eu, au Moyen Âge, ses grands. On mentionnera bien entendu en tête de liste des gens comme Wolfram von Eschenbach, Chrétien de Troyes ou Thomas Mallory, dont les textes arthuriens font encore référence aujourd'hui.

Rusta le Pisan est sans doute moins connu. Son nom n'évoque plus grand-chose de nos jours. Pourtant, il était à l'époque un auteur renommé, écrivant en Français, et dont les ouvrages se retrouvaient jusque dans la bibliothèque d'Henry III d'Angleterre. On peut mentionner dans sa riche production un Tristan, un Palamède, un Merlin, un Saint Graal, un Lancelot et un Guiron le Courtois, oubliés de nos jours, mais fort lus à l'époque. Gageons d'ailleurs (je n'ai pas été vérifier) que quelques uns de ses textes faisaient partie de la bibliothèque de certain hidalgo de la Manche.

Toujours est-il que le Grand-Œuvre de Rusta n'a pas été publié sous son nom. Pourtant, c'est un livre qui a changé le monde. Certes, Rusta n'en fut que l'adaptateur, prenant en note les souvenirs de voyage d'un autre. Mais ces souvenirs, il les compila, les embellit, les embrouilla, parfois, leur donna une tournure à la poésie caractéristique, ses erreurs d'interprétation ajoutant à la force d'évocation d'un ouvrage qui fit date.

Il faut dire que celui qui dicta ses mémoires à notre nègre Pisan était un Vénitien d'origine dalmate, un certain Marco Polo, et que le Devisement du Monde, ou Livre des Merveilles, fut deux siècles plus tard le livre de chevet d'un Génois présumé (encore que d'aucuns le croient Portuguais) naviguant sous pavillon espagnol, un dénommé Christophe Colomb.

On ignore si Rusta était, comme Polo, en résidence surveillée à Gènes quand il recueillit les confessions du voyageur (certains auteurs l'ont affirmé, pour ma part, je n'y crois pas). C'était surtout, à mon sens, un badaud, un type qui passait par là et qui, flairant la belle source d'inspiration, attiré par la renommée de "Messer Millioni", est allé l'écouter. Pour notre plus grand bonheur (et indirectement le plus grand malheur des Indiens d'Amérique, mais c'est une autre histoire), puisque les mémoires du Vénitien, qui ne voyait pas l'intérêt d'écrire le récit de ses aventures, ont pu ainsi nous parvenir presque intactes. Presque, parce que les vocables chinois (ou asiatiques, mais rendus en Mandarin ou en Mongol par les interlocuteurs de Polo), restitués par un Vénitien à un Pisan qui les retranscrivait en Français, en deviennent illisibles, même s'ils sont en retour chargés d'un mystère et d'une magie certains.

mercredi 11 novembre 2009

la barbe

Bon, comme aujourd'hui, c'est le 11 Novembre, et que le 11 Novembre est le jour des Poilus, j'ai décidé de ne pas me raser.



Hein ?

Quoi ?


Oui, bon, d'accord, ça ne change pas grand-chose par rapport aux autres jours.

mardi 10 novembre 2009

Charles Maurice de Talleyrand-Périgord, dit le Diable Boiteux




"Il y a trois savoirs : le savoir proprement dit, le savoir-vivre, et le savoir-faire, les deux derniers dispensant généralement du premier."
(Talleyrand, 1754-1838)


Il y a beaucoup à dire sur Monsieur de Talleyrand. D'ailleurs, nombreux sont ceux qui ont beaucoup dit ou beaucoup écrit sur lui. D'aucuns passent des pages et des pages à creuser les motivations de ce grand homme d'état qui servit un certain nombre de régimes et de maîtres, avec une constance dans l'infidélité qui force l'admiration. Mais sans doute est-ce parce que Charles-Maurice, Prince-Duc de Talleyrand, Comte de Périgord, Prince de Bénévent, Prince de Chalais, Marquis d'Excideuil, Comte de Grignols, Évêque d'Autun, Duc de Dino et Vice-Grand-Électeur a tout fait pour rester une énigme. Boiteux, pas forcément beau, capable d'une grande force d'inertie, jouant la montre quand les ordres lui déplaisaient, c'était aussi un diplomate-né, un homme de spectacle et d'apparences, un fin louvoyeur à la réputation de traître bien établie, mais le genre de traître qui restait indispensable, même à ceux qui se méfiaient de lui. Soyez proche de vos amis, et plus proche de vos ennemis, dit-on. (Sur les quatre derniers rois de France, le seul à avoir achevé paisiblement son règne était celui qui l'a pris comme ministre, ce n'est peut-être pas une coïncidence).

Une histoire restée célèbre donne la mesure du sens du spectacle du bonhomme. Au cours d'une période de pénurie de saumon, il réussit à s'en procurer deux, énormes, à prix d'or, qu'il se fit livrer par courrier spécial depuis le Rhin. Puis il convia à dîner chez lui la meilleure société parisienne. Au cours du repas, deux serviteurs apportèrent le plat d'argent sur lequel reposait un des deux poissons, artistement préparé par le cuisinier Carême (un homme qui ne méritait pas son nom). Soudain, l'un des serviteurs trébuche, se prenant les pieds dans le tapis. Le saumon tombe par terre, sous les yeux horrifiés de l'assistance. Sans se démonter, Talleyrand ordonne : "Qu'on en apporte un autre !". Ce qui fut fait. Inutile de dire que l'assemblée en resta médusée, et qu'on en parla dans tout Paris (et qu'on en reparle encore aujourd'hui, c'est dire).

Mais il était aussi l'homme qui, à l'approche des troupes alliées, fit croire qu'il partait avec l'impératrice, pour rester à Paris (après avoir organisé lui-même l'émeute qui l'empêcha de quitter la capitale) afin de complaire à la fois aux bonapartistes et aux royalistes, l'homme qui sauva la France au congrès de Vienne rien qu'en déstabilisant les diplomates sur des points de détail de protocole et de formulation, et qui pleura à chaudes larmes le jour de la mort de l'amant de sa femme, car il considérait qu'il avait sur elle une saine influence...

Un bonsoir en passant

Moins de War Zone ces jours-ci, vous l'aurez peut-être remarqué...

Il se trouve que la famille s'est agrandie hier (bon, c'est pas exactement une surprise, hein*) et donc que les heureux parents (moi et madame) sont très occupés.

Donc moins de vaticinations Warzonesques dans l'immédiat.

Je vais essayer de fouiller mes sauvegardes pour vous gratifier ce soir d'un bout de l'Encyclopédie des Connaissances Inutiles, quand même.








* la surprise, ce sont les conditions du truc. la clinique était en train de déménager. Je vous ferais bien un topo des opérations, mais vous n'y croiriez juste pas. C'est resté très bon enfant grâce au professionnalisme de tout le monde là-bas, mais, c'était du genre "tiens, y pas de lavabo dans cette salle ?" "non, il n'a pas encore été livré" ou la noria de chirurgiens en tenue qui poussaient des brancards chargés de cartons (je vous jure devant Dieu, je les vu de mes yeux et j'étais à jeun). Mais bon, ça s'est très bien passé.

dimanche 8 novembre 2009

Bande de patates

Alors Blogmachin, là, la plateforme sur laquelle je déverse mes éructations, propose des outils de gestion du blog. Je viens de mettre un peu le nez dedans, pour voir.

Et il y a entre autre un listing des mots clés tapés dans Google qui vous auront amenés ici.

"Nikolavitch War Zone" arrive en bonne position. Ce qui est assez flatteur.

Mais cette position n'est que la quatrième.

Et en première position (9 personnes, quand même) (vous 9, je ne veux même pas savoir qui vous êtes. vous me faites PEUR d'emblée), vient l'énigmatique expression "patate plus".

Non, franchement, je veux même pas savoir.