Accéder au contenu principal

Monnaie de singe

 J'ai pas encore beaucoup causé d'IA par ici. Je me tiens à l'écart de la hype. J'ai été regarder comment ça marchait, j'ai vu des trucs intéressant, des trucs bien moches, pour un boulot compliqué on a testé les nouveaux trucs de traduction automatique (et il a fallu repasser derrière à la truelle tant ça avait besoin de replâtrage) (malgré tout, on a constaté les progrès étonnants dans ce domaine).

 


J'ai ricané comme tout le monde en voyant ces types essayer de montrer que l'IA pouvait faire mieux que les grands peintres (un mec avait refait Nighthawks de Hopper en expliquant qu'il ne comprenait pas pourquoi ce tableau était un classique, passant complètement à côté du travail sur la lumière blafarde et les couleurs tristes exprimant la solitude profonde des personnages, et il était tellement fier de se ridiculiser publiquement, ce garçon). Ensuite, j'ai été passablement amusé par les gens qui expliquaient doctement que créer des prompts étaient un art, puis qui s'entre-écharpaient en s'accusant de se repiquer les prompts les uns aux autres, j'ai vu les inquiétudes sur la baisse de qualité des résultats quand, faute de savoir discriminer, les IAs ont commencé à nourrir leur algo avec du contenu généré par d'autres IAs, ce qui a donné des résultats... curieux.

Là, par contre, je me suis énervé tout dernièrement. Je consomme pas mal de contenu scientifique sur Youtube, y a plusieurs chaînes bien faites qui se tiennent au courant de l'actualité de la recherche et font de chouettes décryptages, d'autres qui réexpliquent des concepts à l'aide d'infos à jour, ça me nourrit énormément.

Et maintenant, y a des fausses chaînes qui se montent, avec l'audio généré par IA et des images "de science" collées un peu au petit bonheur la chance. Vous avez une vignette "Edward Witten a encore dit une dinguerie sur la théorie des cordes" et derrière, un contenu tout à fait inintéressant qui récite les bases, en s'auto-paraphrasant toutes les 35 secondes, pour finir par ne jamais traiter le sujet de la vignette, ni même balancer de concept un peu approfondi. Ça parasite et pollue le fil d'actu, en faisant descendre les vrais vidéos faites par des gens intéressant, c'est la vision qu'une IA a de la vulga, c'est une perte de temps invraisemblable (durée moyenne de ces pensums, 8-9 minutes) et ça ne vous apprendra pas grand-chose, vu que ça n'énonce que des platitudes.

J'imagine que ça doit être pareil dans d'autres domaines (je suis tombé sur des shorts en Histoire basés sur ce principe, et on m'a signalé des vidéos people générées de la même façon). Par mesure d'hygiène, si l'algo vous affiche ces merdes, clic droit et "ne plus recommander cette chaîne". Il ne faut pas que les fermes à IAs qui produisent ces contenus moisis à la chaîne ne soient mises en avant ni monétisées. On est sur une pente bien glissante et assez dangereuse. L'internet s'est pas mal merdifié ces dernières années, on arrive peut-être aux clous dans le cercueil, un chaos numérique, l'apocalypse du savoir. IA, IA, fhtagn.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tombent les renards en feu

Ça faisait des années que j'utilisais et que je défendais Firefox, ce navigateur internet qui est le très lointain héritier de l'antédiluvien Netscape. L'outil était puissant, rapide, efficace, des lieux devant l'immonde Explorer. Mais depuis les mises à jour de cet été, tout déconne. Gestion du Java complètement aléatoire, persistances d'affichage anormales, perte de la prise en compte de balises HTML pourtant classiques... Et à chaque nouvelle mise à jour, je me prends à espérer que ces problèmes seront réglés, et à chaque nouvelle mise à jour, c'est pire. Tout se passe comme si la Mozilla Corporation, éditeur du logiciel, était devenue Microsoft de la grande époque. Firefox 6.0 sur Mac, c'est un merdier total. Et la version 5, sortie deux mois plus tôt, déconnait déjà dans les grandes largeurs. J'envisage très sérieusement de passer à un autre navigateur. Je n'aime pas ça : j'ai mes habitudes, mes paramétrages, mes kilos de signets, et il v...

Sale année pour le futur

Entre Ray Bradbury qui a passé l'arme à gauche avant  les vacances, Roland C. Wagner mort plus tôt ce mois-ci et Neil Armstrong décédé hier soir, on peut dire que ça va mal pour le futur. Notre futur se meurt à mesure que ceux qui le rêvent ou l'incarnent tirent la révérence et se retrouvent enfermés dans un passé figé. Vous noterez que je n'inclus pas Steve Jobs dans les incarnations du futur. Le futur vendu par Jobs (et Zuckerberg et les autres de cet acabit), en fait, il ne m'intéresse pas tellement, je le considère même comme une escroquerie : l'iphone et fèces-bouc, ce n'est pas le futur, c'est le culte de l'immédiateté, c'est l'enfermement dans le présent, justement, avec juste un petit vernis technophile qui, sur le fond, était déjà moisi à l'époque du futurisme italien. C'est baisser la tête pour voir ses messages inutiles genre "je like" ou "kikoulol", alors que Ray Bradbury et Roland C. Wagner nous forçai...

Arriver dans une ville neuve

En repensant à mes deux dernières notules sur ce blog, je m'avise que j'y développe deux discours en apparence contradictoires. Je semble y exiger de la SF ce que je ne réclame pas du tout aux films puisant dans les mythes : une fidélité à une forme de réel. La contradiction apparente n'en est pas une. La pensée scientifique et la pensée mythique ne fonctionnent pas sur les mêmes paramètres et vouloir appliquer aux œuvres relevant de l'une les outils conceptuels de l'autre n'aurait aucun sens. Il faut juste savoir ce qui rentre dans quelle catégorie. D'où ma mention de Star Wars comme relevant essentiellement de la seconde. J'y repensais à cause d'un film de science-fiction tout récent qui m'a fort impressionné. Il s'agit de Premier Contact ( Arrival , en VO), film du canadien Denis Villeneuve, qui relève clairement de la première catégorie. Si vous ne l'avez pas vu, disons qu'il narre les efforts d'une linguiste pour commun...

Seul au monde, Kane ?

Puisque c'est samedi, autant poursuivre dans le thème. C'est samedi, alors c'est Robert E. Howard. Au cinéma. Et donc, dans les récentes howarderies, il manquait à mon tableau de chasse le Solomon Kane , dont je n'avais chopé que vingt minutes lors d'un passage télé, vingt minutes qui ne m'avaient pas favorablement impressionné. Et puis là, je me suis dit "soyons fou, après tout j'ai été exhumer Kull avec Kevin Sorbo , donc je suis vacciné". Et donc, j'ai vu Solomon Kane en entier. En terme de rendu, c'est loin d'être honteux Mais resituons un peu. Le personnage emblématique de Robert Howard, c'est Conan. Conan le barbare, le voleur, le pirate, le fêtard, le bon vivant, devenu roi de ses propres mains, celui qui foule de ses sandales les trônes de la terre, un homme aux mélancolies aussi démesurées que ses joies. Un personnage bigger than life, jouisseur, assez amoral, mais tellement sympathique. Conan, quoi. L'autre...

Axe pour homme

Ça doit être le thème de la saison, mais après avoir profité de mes transports et de ma tablette pour me regarder le récent Conan avec Jason Momoa, je viens de regarder Kull le Conquérant , avec Kevin Sorbo. Kevin sort beau. Ou pas. Alors oui, je sais, à ce stade, ça ne pouvait que s'apparenter à une forme particulièrement perverse de masochisme. Et, de fait, il y a un peu de ça, je l'admets. Alors déjà, re situons un peu le contexte. Kull date de la fin des années 90, au moment où Kevin Sorgho, auréolé de sa performance sur la série Hercule , décide de passer au grand écran pour se faire du blé. Il intègre donc le casting de King Conan , qui aurait dû être le troisième volet de la série commencée avec notre Schwarzennator préféré. Sauf que notre héros voit venir le piège. Il préfère ne pas être comparé à Arnold. Et donc, le script de King Conan , librement adapté du roman L'heure du Dragon , est prestement transformé en un scénario de King Kull . L'Aqui...

Dédicaces et apparitions publiques

Tiens, je profite que vous êtes là pour vous signaler que je serai en dédicace samedi prochain toute la journée, le 13 Mars, au Leclerc d'Osny , en région parisienne, avec d'autres auteurs. Ils organisent un mini festival très sympathique, si vous êtes dans le coin, ça vaut le coup de passer. Et sinon Samedi 10 Avril à la Fnac des Halles, à 17 heures , j'anime un genre de Master Class avec Izu, pour parler de Crusades . Si vous avez envie d'entendre mes vaticinations en live, c'est le moment.

Romulus et Rémus sont dans un vaisseau

 Comme il y a des domaines sur lesquels je suis toujours un poil à la bourre, j'ai enfin vu Alien : Romulus . J'avais eu l'intention d'y aller en salle, mais pour des problèmes d'emploi du temps, ça ne s'était pas fait. Et de toute façon, vous le savez si vous me lisez depuis longtemps, j'avais signé l'avis de décès de la licence Alien il y a déjà quelques années. Bon, hier soir, après avoir passé quelques heures en recherches perso sur des sujets obscurs (le proto-canon paulinien de Marcion, ça vous parle ? Probablement pas), je me suis calé devant la télé, et en fouillant dans les menus des plateformes, je suis tombé sur Romulus et je me suis dit : allez. Y a quinze jours, en faisant la même démarche, j'étais tombé sur le documentaire de Werner Herzog sur Bokassa. Pas exactement le même délire. Je ne m'attendais pas à grand-chose. J'avais vu passer des critiques pas très sympa. Ceci dit, les bandes annonces m'avaient fait envie : décor...

Le Fils du Retour

J'étais allé traîner mes bottes dans une grande surface culturelle, une de celles dont le nom évoque une vieille chanson de Louise Veronica Ciccone, même pas pour y acheter des trucs, c'était sur le chemin d'une grande surface de bricolage où j'avais des trucs à récupérer d'urgence pour plier des travaux chez moi. Bref. Une jeune libraire était en train de ranger des trucs dans un rayon et de mettre un peu d'ordre (je sais pas si vous avez remarqué, mais en librairie, la plupart des clients semblent physiquement incapables de remettre un bouquin à l'endroit où ils l'ont pris pour le feuilleter, ce qui fait que n'importe quel rayon tourne au boxon en quelques heures dès lors que des gens passent devant, c'est ce ce qu'on appelle le Second Principe de la Littérodynamique ). J'en étais à remarquer que les éditions Bragelonne sortent du Robert E. Howard en mode rafale et qu'il va falloir que je rattrape mon retard en la matière. Le Bran M...

Doctus cum libro

Je viens de me souvenir que j'avais promis de causer de mes lectures de vacances. Donc avant que le mois d'Août soit fini, il est peut-être temps que je m'y mette. Et avec les voyages en train, les soirées pastaga-moustiquaire, les nuits où il faisait trop lourd pour roupiller et les après-midi de crise de flemme (ou de panne d'inspiration), j'ai fait un peu le plein. Et comme d'habitude, ça aura été du vrac, de l'éclectique et une espèce de foutoir. Aventuriers des Etoiles , de Roland C. Wagner, est un recueil de deux romans de space op' se déroulant dans le même univers, un univers foutraque avec des personnages hauts en couleur (le pilote d'élite est bleu, par exemple). C'est ressorti chez Hélios, la petite collection de poche des Indés de l'Imaginaire (le collectif dont font partie nos amis les Moutons électriques), tout comme La Voix du Feu, d'Alan Moore, lu juste avant les vacances (ça aussi, c'est foutraque, mais pas du to...

Ultimate power of the Niko

C'est effrayant, quand même, le pouvoir qu'on finit par acquérir sur les gens, sans même le savoir. Dans mon quartier, depuis que les gens savent que "le grand monsieur du 24 dont on se demandait s'il n'était pas au chômage, à force de la voir aller prendre son café au bistrot à n'importe quelle heure, là, eh bien vous savez quoi ? Il fait des livres ! Si, comme je vous le dis !", d'un coup, on me regarde différemment. Et on tend l'oreille quand je dis un truc vaguement intelligent, et on acquiesce d'un air entendu genre "il doit savoir de quoi il cause". C'est un peu comme ça que je m'étais retrouvé bombardé expert sur les bonus d'un DVD de japanime. Ça tombait bien, c'était un super film ( Jin Roh, la brigade des loups ), mais bon, il suffit de voir ma dévédéthèque pour voir que je suis loin d'être une pointure dans ce domaine. Il y a des Oshii, des Ghibli, et sinon deux ou trois trucs dépareillés grattés chez de...