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Articles

Etat des travaux

Bon, j'avais entamé l'été dernier la rédaction d'un nouveau roman, un truc de fantasy un peu mixée avec d'autres trucs. On en saura plus là-dedans sur le mystérieux "bateau-carnaval" que les lecteurs de la rubrique onirisme de ce blog ont peut-être déjà croisé, ainsi que ceux de ma nouvelles Caprae Ovum , publiée il y a déjà quelques lunes de ça dans une anthologie de chez Mnémos. Cet hiver, plusieurs facteurs ont complètement torpillé mon avancée dans ce bouquin. Le premier d'entre eux fut le boulot, vu que j'ai accepté pour la première fois depuis longtemps un poste régulier en extérieur, pour faire face aux soucis posés par le nouveau statut des auteurs (insérer ici jurons, malédictions lovecraftiennes, blasphèmes hideux et invectives en plusieurs langues, adressés aux trois ou quatre derniers gouvernements de ce pays, et particulièrement à certains ministres chapeautant la culture et ceux des affaires sociales). Avoir un poste salarié, même à mi-t...

Quand vient la fin

Les super-héros sauvent le monde, c'est leur métier, c'est bien connu. Même un petit joueur comme Peter Parker l'a fait une bonne quinzaine de fois, alors des poids lourds comme Supes ou Reed Richards, je ne vous en parle même pas. Ce besoin quasiment maniaque de sauver le monde tous les quatre matins est une des données du genre, mais pas que de lui : James Bond lui aussi sauve le monde assez régulièrement. Mais tel la demoiselle en détresse attachée au rails par le super-méchant, le monde a parfois besoin d'être plus souvent sauvé à certains moments qu'à d'autres. Car si le super-héros n'est jamais autant à la mode qu'en des périodes d'incertitude et de tension, ces tensions ont parfois été plus délirantes que tout ce qu'il pourrait imaginer. Mais revenons un peu en arrière. Dans la deuxième moitié des années 1940, la menace nazie est conjurée. Deux grandes visions du monde se retrouvent face à face : le capitalisme libéral des Américai...

Le temps d'un week-end

Bon, fin en fanfare pour ma saison de signatures, et après, je me calme jusqu'à la rentrée (sérieux, l'année a été chargée professionnellement, et je me traine, là, faut vraiment que je prenne un peu de repos et que j'arrête de cavaler). Ben alors, mon Niko, t'es trop vieux pour ces conneries, c'est ça ?  Mais bon, pour finir en beauté, je signe à Paris et Lyon ce week-end. Samedi 8 juin, c'est à dire ce soir, Je serai de 18 à 20 h (et sans doute un poil plus),à la Brasserie de l'Être, dans le cadre de leur Salon de l'Ivre, et c'est au 7 ter rue Duvergier, Paris 19, à un jet de canette du métro Crimée. Y aura du Lovecraft , du Deux Frères à Hollywood et du Trois Coracles . Et de la bière. De la bonne. Dimanche 9 juin, c'est à dire demain, je serai au festival Lyon-Bd pour signer Deux Frères à Hollywood avec les éditions 21g et surtout le dessinateur Felix Ruiz ! C'est au Palais de la Bourse, Stand 17, pas loin de la ...

Faire une fin

Je l'ai souvent dit, j'écris généralement mes fins assez tôt dans le processus de création. Arrivé à un quart ou un tiers dans l'écriture d'un bouquin, quand je bute sur les premières difficultés narratives sérieuses, je rassemble les fils déjà tissés dans l'intrigue, et ceux déjà bien développés dans mes notes, et je reboucle tout ça, écrivant la ou les scènes finales. Sur mon prochain roman, ça arrive un peu tard. J'ai plus de 40% du truc dans la boite, et ce n'est que maintenant que la fin de cristallise. J'ai buté il y a déjà plusieurs mois sur mon mur narratif, et je suis resté coincé dessus jusqu'à il y a récemment, la situation étant compliquée par la nature du projet : un roman choral, dont chaque grande partie suit un narrateur différent, pas forcément à la même époque, le lecteur se chargeant pour partie de reconstituer le puzzle. Du coup, les problèmes de structure se posent d'une façon différente de mes bouquins précédents. La fin...

Le voyage solaire du Chevalier Noir

Ce qu'on appelle le Voyage du Héros, ou plus improprement le « mono mythe » est un gabarit narratif dont le cinéma use et abuse, surtout quand il cherche à donner un tour épique à un récit. J'en ai déjà discuté longuement ici et là (voir mon bouquin Mythe et Super-héros , où j'évoque aussi le problème), mais autant préciser quand même de quoi l'on parle ici pour ceux qui ne connaîtraient pas. La bonne soupe de M. Campbell Tout part des études de Joseph Campbell, spécialiste de la mythologie qui repéra des parallélismes dans un grand nombre de sagas anciennes et autres mythes. Il n'est pas le seul à s'être livré à ce genre de comparaisons : Frazer et Dumézil restent des références dans le domaine. Mais Campbell dégagea un squelette de récit qui permettait de décrire et de raconter tous ces mythes.   Ninin-ninin-ninin-ninin-Bat-Maaaaaan ! Ce schéma est simple : nous avons un personnage bêtement normal qui est arraché à son quotidien par...

Le Totoro par les cornes

Mon voisin Totoro est devenu l'un des films les plus emblématiques d'Hayao Miyazaki et du studio Ghibli, au point que le bestiau leur sert à présent de logo. Complètement transgénérationnel, il supporte aussi bien la vision par des petits, qui s'identifient aux personnages, ou par des adultes, qui y voient un récit sur le rapport à l'enfance et à l'imaginaire, ainsi que sur le rapport à la nature, qui est un des thèmes récurrents de l'auteur. Mais il est l'occasion également de se pencher sur le fond culturel qui l'a produit.    Ça a changé, le terrier du lapin blanc… Et c'est celui du Shintoïsme, la religion traditionnelle du Japon. Et qui dit Shinto dit animisme (et on explique généralement la passion des japonais pour les robots par leur animisme et la capacité associée à projeter leurs émotions sur des objets), mais surtout chamanisme. Et là, ça n'en a pas l'air, mais on est en plein dedans. Pour situer, le chamanisme est ...

Journeys and deeds of the Niko

Alors je suis passé il y a quelques semaines à Bordeaux pour une causerie lovecraftienne à la Librairie Mollat. Et comme ils font les choses bien, ils m'ont interviewé pour que je cause de mon actualité. Donc de la traduction de Je suis Providence (bon, tout comme Jeff, je ne suis pas tout seul sur le coup, mais là, l'interview, c'est sur moi que c'est tombé) :  Et puis j'ai causé d'un autre sujet sur lequel je suis intarissable (bon, comme sur de nombreux sujets, paraît-il. Oui, je suis bavard. Tu vas faire quoi, hein ?) à savoir mon dernier bouquin : Sinon, les habitués l'auront remarqué, j'ai fait quelques travaux de réfection de ce blog. Après quelques tâtonnements, je pense avoir stabilisé le truc. Ça faisait dix ans qu'il avait peu ou prou la même interface, il était temps de moderniser le bidule. J'en profite également pour remettre en ligne de vieux articles, je pense faire ça au rythme de deux fois par semaine le t...

Nietzsche et les surhommes de papier

« Il y aura toujours des monstres. Mais je n'ai pas besoin d'en devenir un pour les combattre. » (Batman) Le premier des super-héros est, et reste, Superman. La coïncidence (intentionnelle ou non, c'est un autre débat) de nom en a fait dans l'esprit de beaucoup un avatar du Surhomme décrit par Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra . C'est devenu un lieu commun de faire de Superman l'incarnation de l' Übermensch , et c'est par là même un moyen facile de dénigrer le super-héros, de le renvoyer à une forme de l'imaginaire maladive et entachée par la mystique des Nazis, quand bien même Goebbels y voyait un Juif dont le S sur la poitrine signifiait le Dollar. Le super-héros devient, dans cette logique, un genre de fasciste en collants, un fantasme, une incarnation de la « volonté de puissance ».   Le surhomme comme héritier de l'Hercule de foire.   Ce n'est pas forcément toujours faux, mais c'est tout à fait réducteu...