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Crise de la quarantaine

 Quarante ans de Tchernobyl. Ça fait drôle quand même. Voilà un événement qui a changé pas mal de choses en notre monde. Il a servi de révélateur à la décomposition de l'empire soviétique, a poussé à réévaluer pas mal de systèmes de sécurité, a semé la peur dans le coeur des gens, et il en reste un monument de béton et d'acier à la gloire des défauts de l'humanité : négligence, incapacité à assumer, j'en passe.


 De façon un peu gratuite

deux pages de la série Havok/Wolverine : Meltdown

Un peu oubliée mais que j'ai toujours bien aimée 

 Il y a aussi là dedans une part d'héroïsme, parfois contraint ou involontaire, qui a empêché la catastrophe d'être bien pire. Alors qu'elle était déjà bien gratinée, hein. Certaines leçons ont été tirées de tout ça, certains ajustement ont été apportés, mais saviez-vous qu'il y a encore une demi-douzaines de réacteurs de ce type encore en service dans le monde ?

Quarante ans, quand on arrive au bout, on se dit que ça passe un peu vite quand même et en même temps que ça fait beaucoup. J'ai déjà causé ici et là de l'importe symbolique d'une telle durée. Dans la bible, "40 ans" ça a une valeur symbolique, celle d'un temps accompli. Les quarante ans dans le désert, les quarante ans de règne des plus grands rois, avec des variantes, les 40 jours du déluge et celle de la retraite au désert. Le chiffre est rond... ou plutôt carré, combiné avec 3 ça permet de faire des douzaines, il est omniprésent.

Quarante ans depuis Tchernobyl, en ce sens, ça signifie qu'on a changé d'époque, qu'on a bouclé un cycle. De fait, le monde des années Sida, des années Reagan, de la Guerre Froide finissante, de la Cohabitation, ce n'est plus du tout celui d'aujourd'hui. Pourtant, l'aspect cyclique est là, certains problèmes ressurgissent, les mêmes sous d'autres masques. On a fait un tour de manège et on repasse à la caisse. Mais les gens de mon age se souviennent encore bien de la période.

Quarante ans, par ailleurs, ça n'a pas réellement de contrepartie astronomique. En Amérique Centrale, leur période de référence dans le genre, c'était 52 ans ans parce que ça correspondait à un grand cycle cosmique dans lequel les orbites de la Terre et de Vénus coïncidaient à nouveau : le jour de l'an du calendrier solaire tombait pile sur le jour de l'an du calendrier sacré basé sur le cycle de Vénus et il était donc temps de se réjouir, de refaire les temples, de zigouiller quelques ennemis aux dieux, etc.

52 ans depuis Tchernobyl, en 2038, ça ne nous fera sans doute pas grand-chose. Et ça n'a pas d'importance. J'ai une gueule de bois homérique, je bosse sur le remaniement d'un boulot d'il y a dix ans (après avoir relancé un projet qui en avait quinze), je vois ces cycles autour de moi. Ou alors j'ai juste la tête qui tourne, c'est possible aussi.

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