dimanche 16 février 2014

Space is the place

Entre deux pages d'un Mickey à traduire (sur lequel je suis un poil en retard, il aurait pour bien faire fallu que je rende tout vendredi dernier), j'ai trouvé le temps d'avancer sur Cosmonautes !, et surtout sur son iconographie, parce que l'icono, c'est le genre de truc, je m'y prends toujours trop tard, et ça dégénère facilement en trois ou quatre jours d'abominables prises de tête juste avant le bouclage du bouquin. Là, je suis content, j'en ai un bon tiers de choisi et formaté (pas encore complètement trié, ni du tout légendé, ceci dit), et ça m'a permis de dénicher des petites pépites, comme cette affiche tchèque de Solaris qui me plait beaucoup :


Bref, je ne suis pas en avance sur ce bouquin, mais il commence à gentiment prendre forme.

Je vous en glisse un petit extrait, juste histoire de vous faire baver. Et histoire de prouver que le navrant accoucheur de Prometheus était capable de faire des trucs cool, il y a bien longtemps :

L'Alien de Ridley Scott (1979), fait lui aussi de l'espace une chose banalisée, mais dont le sense of wonder semble délibérément exclu. Les mécanos ne semblent pas impressionnés par les décors insolites et grandioses qu'ils traversent, et préfèrent discuter droit syndical et primes de charbon. Le Nostromo, énorme tanker spatial dans lequel se déroule l'essentiel de l'histoire, est un monstre démesuré, mais surtout crapoteux, rouillé comme un cargo panaméen battant pavillon maltais. La conquête de l'espace est une chose actée, intégrée, totalement digérée. A l'aube de la révolution conservatrice des années 1980, place à l'exploitation de la ressource par des gens banals qui n'ont rien de héros, des personnages avec lesquels l'identification est une évidence horizontale, et non un effort vertical.


Dans l'imaginaire collectif, l'espace est devenu une chose de tous les jours, peuplée de gens de tous les jours. En une décennie, on est sorti du mythe du héros pionnier pour aboutir à l'image de Yaphet Koto et Harry Dean Stanton en marcel maculé de cambouis et casquette frappée du logo de leur employeur, maniant la clé à molette et négociant leur plan de retraite. Heureusement qu'il y a l'alien lui-même pour venir nous rappeler qu'à l'instar de l'océan duquel surgit le requin des Dents de la Mer, l'espace n'est pas encore complètement exploré, pas encore dompté. Il recèle encore des dangers auxquels les armateurs exposent délibérément leurs équipages. Mais en cela aussi, justement, il est normalisé.

3 commentaires:

  1. Eh bien tu as réussi ton coup, avec ton extrait : je bave d'impatience de le lire.

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  2. I'd love to read your new book! Tell us when it will be available please.
    About Alien....A thought for you.
    Considering that humans share about 50% of DNA with bananas...Well I don't know what kind of fucked up things the "Engineer" did in Prometheus but it's quite disturbing.

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  3. Ce qui est vrai pour le nostromo s'applique aussi bien pour l'univers des premiers Star Wars, rouillé et poussiéreux, univers banal pour les protagonistes. C'est ce que les "nouvelles éditions" ont fait de pire, en insérant des incrustations en image de synthèse (dénué du grains de la pellicule, ce qui faisait tache), ils incorporaient des vaisseaux et des E.T. propre et lisse, enlevant cette banalisation de l'espace qui donnait à la série ce qu'elle avait de plus spectaculaire : l'illusion du réel

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