lundi 6 décembre 2010

Wookie-leak, c'est quand Chewbacca va au petit coin ?

Je repensais à l'histoire de Julian "couille de tonnerre" Assange, à son mandat d'arrêt international pour une histoire de fesse douteuse, alors qu'il venait de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière diplomatique.

Que reproche-t-on au juste à WikiLeaks ? De révéler tout haut que ce que les diplomates disaient tout bas dans le dos des dirigeants du monde. On n'avait pas besoin de WikiLeaks pour savoir que Berlusconi était taré, Sarkozy en plein ego-trip maniaco-dépressif, que l'Iran chiite faisait flipper toutes les pétro-monarchies sunnites, etc. Mais dans les chancelleries, on affectait d'employer un langage plus feutré, pour éviter que quiconque ne perde la face. La diplomatie internationale est le règne de l'hypocrisie, ça fait partie du jeu. Et les fuites de documents diplomatiques sur WikiLeaks semblaient annoncer la fin du règne de l'hypocrisie en politique internationale. On se disait : maintenant, le peuple sait que c'est pipeau, flageolet et concert de violons désaccordés.

Il suffit de voir les réactions un peu partout pour voir que nombreux sont ceux qui s'accommodaient très bien de l'hypocrisie, et qui ont peur quand on commence à appeler un chat un chat. L'hypocrisie a toujours été sécurisante pour ceux qui ne veulent pas voir les failles d'un système.

Mais on a annoncé un peu vite la fin de l'hypocrisie. Le mandat contre Assange, les gesticulations de Besson, les pressions de toutes part pour assécher WikiLeaks avant les révélations sur les banques (dernière en date, la banque suisse qui ferme un compte d'Assange sous prétexte de "fausse adresse", parce qu'il ne résidait pas à Genève) , c'est un message. Un message discret et ô combien diplomatique, pour nous dire que de toute façon, l'hypocrisie n'est pas morte, que c'est business as usual. Que les bouffées de franchise annoncent encore plus de langue de bois et de faux semblants.

En attendant, puisque WikiLeaks a été shooté sur les serveurs DNS et ne peut donc plus être utilisé en toutes lettres comme adresse internet, voici les accès par IP de deux sites miroirs, juste au cas où. http://46.59.1.2/, et http://213.251.145.96/. Sait-on jamais, ça peut servir.

7 commentaires:

  1. Je vois qu'on est du même avis là-dessus, nos billets se recoupent pas mal ! Mais je dirais que le business as usual sur lequel tu conclus pue quand même sacrément.

    Entre les accusations de mœurs très douteuses, les banques suisses qui s'indignent d'avoir un client n'habitant pas le pays (on croit rêver, y a pourtant d'autres questions sur lesquelles elles sont moins réactives depuis 60 ans hein) et super besson, c'est quand même un sacré déchaînement. Quand le système s'abat sur un homme pour ne pas avoir à se corriger, je trouve ça bien dégueulasse quand même.

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  2. le mot "douteuse" dans mon texte évoquait surtout le fait que les deux demoiselles avaient déjà, par le passé, été impliquées (et condamnées, il me semble) dans une affaire de dénonciation calomnieuse.

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  3. Ah, je n'avais pas cette info. Ça renforce davantage encore les soupçons de manipulations dis-donc...

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  4. Un peu que c'est de la manip'...
    Mais trop tard.
    Les Brittons vont-ils extrader Assange ?
    Z'ont pas extradé Pinochet, alors...

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  5. Les Américains songent à une parade. Une parade sous forme de B.O.U.C.L.I.E.R. :

    http://www.bleedingcool.com/2010/12/05/joseph-lieberman-to-found-s-h-i-e-l-d/

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  6. Attendez, là ça devient de plus en plus fort : le chef du SHIELD traite wikileaks d'"Hydre".

    http://www.bleedingcool.com/2010/12/09/its-real-life-s-h-i-e-l-d-vs-hydra/

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  7. ah ouais, c'est trop fort !

    Bon, Assange fait pas encore un Baron Strucker très présentable. Faudra voir ce que ça sonne en version MODOK.

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