lundi 30 avril 2018

samedi 28 avril 2018

Frontière de l'Infini (air connu)

Je ne sais pas si beaucoup d'entre vous ont mis le nez dans mon bouquin sur les Cosmonautes, sorti il y a quelques années chez les Moutons électriques (si le sujet vous intéresse, foncez, je ne crois pas qu'il en reste énormément en stock) (vous voyez comme je suis subtil dans ma communication et ma pub, moi ?), mais la lecture de ce blog vous aura peut-être convaincu que la conquête de l'espace est un sujet qui m'intéresse depuis un bail.

Et donc, j'ai aujourd'hui tapé les premières pages d'un projet de BD qui va taper pile dans ce thème. Et ça me donne l'impression de revenir à la maison, d'une certaine façon…

vendredi 27 avril 2018

The Game

Ah, j'avais pas fait gaffe, mais l'interview que j'ai donnée sur Game One pour la sortie de H.P. Lovecraft, celui qui écrivait dans les ténèbres est passée le mois dernier. Je vous la livre ici :



mardi 24 avril 2018

La petite souris va sortir

Bon, ma BD sur Lovecraft vit sa vie, et comme de juste il est temps de passer à autre chose. Curieusement, cette autre chose dont je voulais vous parler aujourd'hui a été finie, de mon point de vue, bien avant le Lovecraft. J'ai bouclé le scénario de Disney & Disney, Deux frères à Hollywood un an au moins avant de terminer le gros de l'écriture de Howard P. Lovecraft, Celui qui Ecrivait dans les Ténèbres. Mais les aléas de la production font que l'album a mis plus longtemps à se faire, et ne sortira donc qu'à la fin de l'année (on avait pensé à la Rentrée, à un moment, mais d'autres facteurs encore sont intervenus).

Son thème ? La façon dont Walt et Roy Disney, partis de rien, ont fondé un empire du divertissement qui demeure quasi hégémonique, un demi-siècle après leur disparition. Une autre ambiance que Lovecraft, donc, mais néanmoins un recouvrement de période et le fait que, malgré tous leurs défauts, Oncle Walt et H.P. Lolo ont tous deux été de grands créateurs qui influent encore sur notre imaginaire.


lundi 23 avril 2018

Dédales

Ça fait un bail que je ne vous ai pas posté une nouvelle. Celle-ci n'est pas inédite, elle a été publiée dans le premier numéro de Fiction quand Les Moutons électriques ont relancé la revue, il y a de ça un bail.


Dédales
Alex Nikolavitch

- Attendez-moi ici.
L’arpenteur partit en pataugeant dans l’eau boueuse et disparut à l’angle des tunnels. Son client resta là, grelottant dans le vent humide qui soufflait à cet endroit, provenant d’on ne savait où dans ces interminables catacombes. Il savait qu’il ne fallait pas discuter la volonté de l’arpenteur, alors il se décida à attendre en comptant les rats, les pieds dans la boue.
Pris d’une inspiration subite, il sortit son couteau, cherchant des yeux une surface dégagée pour y inscrire son nom. Un détail attira son regard, un réseau de fines rainures gravées sur la paroi dégoulinante. L’érosion avait mis l’inscription à mal, mais on y lisait encore un nom, on devinait une date ancienne.
L’homme sursauta soudain. L’arpenteur était revenu et lui faisait signe de le suivre. Alors il rangea sa lame et obéit. Ils s’engagèrent dans un boyau étroit et sinueux, aux murs glaiseux et irréguliers, un conduit qui avait plus l’apparence d’une faille naturelle que d’un passage creusé par l’homme. Les deux hommes cheminèrent en silence pendant une petite heure. De loin en loin, à mesure que le tunnel s’élargissait, le client remarquait des ouvertures, parfois des échelles métalliques semblant conduire à l’extérieur, au-dessus du dense réseau de tunnels. Mais son guide n’y prêtait visiblement pas attention.
Finalement, le client se décida à lancer quelques mots, des considérations sans doute banales sur l’étendue des catacombes. L’arpenteur sourit.
- Oh, fit-il. Ça va aussi loin que l’imagination peut le concevoir. Plus loin, même.
- Tant que ça me conduit là où je veux aller…
- Là où l’on trouve des émaux ciselés, du vin à la cannelle et où la lune n’est pleine qu’une fois tous les trente trois jours…
- Je n’aurais pas dit mieux moi-même. Vous connaissez l’endroit ?
- Non, mais il est décrit dans mes tablettes. Dès lors je peux vous y conduire.
Le client fronça le sourcil.
- Vous n’y êtes jamais allé ? Vous n’y avez jamais emmené personne ?
- Non, jamais. Mais de toute façon je laisse les gens en bas de l’échelle. Je ne remonte pas, je ne sors pas avec eux. Ce qui se passe en haut ne me concerne pas.
Cela coupait court à toute autre question sur le sujet. En silence, les deux hommes continuèrent de longer un mur de briques rouges marqué ici et là de motifs en fer forgé à demi rouillés. L’arpenteur obliqua sans hésiter dans un couloir taillé à même un grès dans lequel on devinait des veinures dorées.
Les couloirs s’élargissaient, et l’ensemble s’asséchait. Les deux hommes pataugeaient moins dans les eaux d’écoulement. La lampe de l’arpenteur éclairait des frises de calcaire rongées représentant des scènes mythologiques, sans qu’il soit possible de déterminer précisément de quelle mythologie il était question.
- C’est encore loin ?
- Assez. Nous ne sommes pas à la moitié du chemin. Si vous ressortiez ici, vous tomberiez sur ce lieu où les hommes sont plus grands qu’ailleurs, où l’on ne connaît pas le travail du métal, mais où les massues de bois sont délicatement ouvragées.
- Je n’en ai jamais entendu parler.
- Peu de gens y vont. L’endroit n’a que peu d'intérêt et il est dangereux.
Après qu’ils aient longé sur quelques kilomètres le rivage d’un lac souterrain, l’arpenteur décida d’une pause. Ils s’assirent sur un banc de pierre et déballèrent leur repas. La viande avait l’apparence du lapin, mais le client n’osa pas se poser trop de questions à son sujet. Les champignons étaient excellents, ainsi que la trouble liqueur que l’arpenteur lui proposa en guise de digestif.
Quand ils reprirent la route, ce fut pour descendre le long du gouffre où se jetait le lac. Ils suivirent longuement un étroit sentier de mulet, puis l’arpenteur avisa une faille dans la paroi et il s’y glissa prestement. Son client le suivit, trébuchant sur les blocs schisteux qui encombraient le chemin. Le souffle d’air provenant de l’autre extrémité lui irritait les yeux.
Les deux hommes arrivèrent enfin dans une grande caverne au plafond hérissé de stalactites. Le sol était fangeux, mais l’arpenteur n’avait pas l’air d’y prendre garde. D’un coup de fronde, il abattit un petit serpent qui descendait vers eux en spiralant autour d’une des pointes minérales.
- Il se nourrit habituellement de rats, mais son venin est foudroyant. Surveillez la voûte, car il y en a d’autres.
Ils empruntèrent un escalier taillé à même la roche pour sortir de l’endroit. Le client scrutait les ombres, craignant d’y voir apparaître des formes sinueuses et menaçantes. Quand il débouchèrent dans un couloir dallé, signe tangible de civilisation, il respira plus librement.
Le granit était érodé, mais on reconnaissait des motifs taillés dans la roche, une procession de rois aux costumes sophistiqués. Puis la procession était interrompue par une fissure béante et reprenait après, avec d’autres costumes, différents des précédents. Le client s’était arrêté pour examiner ce travail dont on discernait encore la finesse et la précision, mais l’arpenteur lui fit signe de venir et il dut s’arracher à la contemplation des sculptures.
Les échelles conduisant à l’extérieur étaient elles aussi d’un travail différent, d’une couleur rappelant le bronze patiné. Çà et là, les parois étaient rayées d’éclats, comme si on s’était battu à cet endroit. Le client buta sur une aspérité du sol. C’était le squelette calcifié d’un homme encore crispé sur sa hache. Quelque chose dans la forme des mains -ou était-ce l’implantation des dents?- le mit mal à l’aise. Il accéléra le pas pour rattraper son guide.
- Que c’est-il passé, ici ?
- Un peuple qui vivait à cette sortie, là-bas -le guide désigna une échelle corrodée au fond d’un couloir latéral- a voulu s’emparer des richesses d’un endroit situé en haut de l’échelle que vous venez de dépasser. On s’est battu en surface, mais aussi dans les catacombes. Finalement, la région agressée a appelé d’autres peuples à son secours et la situation en est restée là depuis.
- C’était il y a combien de temps ?
- Je l’ignore. Longtemps, sans doute.
L’humidité recommençait à imprégner le sol. Il y avait des écoulements le long de certains murs, formant de véritables ruisseaux qui allaient se perdre dans les fissures du sol. Le couloir descendait en pente douce, s’étrécissant à mesure.
C’est au bord d’un puits à la margelle de grès rose que le guide fit signe à son client de s’arrêter.
- Vous voyez cette échelle, là-bas ?
- Oui.
- Eh bien, c’est en haut que vous trouverez l’endroit que vous cherchez.
Le client s’approcha de l’échelle et examina les montants métalliques corrodés. Il tira dessus, pour en éprouver la solidité et, satisfait, monta les premiers barreaux.
Puis il redescendit et tendit une petite bourse de cuir à son guide.
- Merci pour tout. J’imagine que, pour le retour, la procédure est à peu près la même partout ?
- À peu de choses près, oui. Trouvez le gardien Généralement cela suffit.
- Merci.
L’homme grimpa à l’échelle et disparut dans l’ombre du conduit vertical. Le guide s’assit au bord du puits pour souffler un peu, puis reprit le chemin du retour.
Il savait qu’il ne reverrait probablement jamais son client.


samedi 14 avril 2018

Point d'étape

Bon, mon prochain roman est terminé, en tout cas son premier jet. Parce que la deuxième phase, celle de la relecture et des corrections, elle ne fait que commencer. Alors on émonde, on taille, on rajoute, on réécrit. Et on remercie les ami.e.s qui se prêtent au jeu de la chasse à la coquille et à la phrase bancale, qui me commentent la structure, qui me disent si les buildups/payoffs marchent ou pas, etc.

Du gros boulot. Et en parallèle, bien sûr, j'ai attaqué le bouquin suivant, qui est prévu pour le nouveau label Les Saisons de l'Etrange. Ça va être une histoire d'enquêteur paranormal, avec un twist rigolo, je ne vous en dis pas plus.

Mais all work and no play make Niko a dull boy, c'est bien connu. Et donc, la semaine passée, j'ai passé le week-end à tester des jeux de société. Le Conan de chez Monolith, que je n'avais pas eu l'occasion d'essayer jusqu'alors, mais qui fut facile à maîtriser puisqu'il utilise le même système que leur Batman (dont le financement est bouclé). Mais j'ai aussi pu tester divers autres trucs, dont Blood Rage, dont le mécanisme m'avait semblé imbitable au départ, et qui en fait est assez génial. Le concept : des vikings envahissent une île magique dans le but de se couvrir de gloire, et les manières de récupérer de la gloire sont variées, y compris en perdant glorieusement des batailles. Retournements de situation garantis, encore plus brutaux que dans Game of Thrones. Je me suis fait défoncer, mais on s'est bien marrés. Je recommande le bazar.

Et un autre jeu qui m'a épaté, c'est La Flamme Rouge, un jeu de courses cyclistes, avec un mécanisme hyper simple, mais qui autorise de grandes subtilités tactiques. Vraiment une très belle surprise. Le système gère brillamment la fatigue graduelle des coureurs, les montées et les descentes, les effets de peloton, les échappées, mais de façon très fluide, et il est très équilibré. Pareil, je recommande vivement.

edit (emarcel) : passé l'après-midi de dimanche à jouer à Conan avec mes mômes. on s'est éclatés.

vendredi 6 avril 2018

Nocturnes

Héliocentrisme.

Un mot compliqué qui signifie simplement que nous tournons autour du soleil. Qu'il est le centre de notre petit monde.

Ce que cela signifie, aussi, c'est que quand il fait nuit, nous lui tournons le dos. La nuit n'est pas quelque chose qui se "fait", en fait. C'est une posture passive de notre moitié du monde. Elle est reposante : faire face au soleil nous aveugle. Elle porte aussi une potentialité morbide : si la terre s'arrêtait de tourner quand il fait nuit, alors ceux pour qui c'est la nuit gèleraient. Car le soleil est aussi au centre de notre univers à ce titre-là, il nous fournit l'énergie vitale qui nous alimente (bon, en cas de cessation de le rotation terrestre, ceux de la face jour crameraient. choisis ton type de camarde, camarade). Avec la réduction des éclairages ici et là, le citadin que je suis retrouve plus facilement le vrai goût de la nuit. On la sent quand, sur la route reliant les deux villes, désormais dépourvue de lampadaire, on croise un camion réduit à des alignements de loupiotes perçant l'obscurité et définissant une forme abstraite. Cette noirceur dans toutes les directions, seulement brisée ici et là par une lumière lointaine, a quelque chose d'à la fois pesant et libérateur.

La Nuit a toujours fait peur à l'Homme. Mais envisagée sous cet angle, cette peur a quelque chose de l'effroi pascalien : quand nous tournons le dos au soleil, nous faisons face au reste de l'univers.

mardi 3 avril 2018

Va, les forges

Une mode, en ce moment, ce sont les vidéos de relaxation, des trucs où une voix douce, susurante et hypnotique est censée vous détendre. Inutile de dire que ces trucs directifs me stressent et me foutent dans des états d'angoisse pas possible (j'ai essayé le yoga, aussi, et j'ai vite arrêté, ça me donnait envie de taper sur le prof en lui gueulant "mais tu vas pas la taire, ta gueule ?").

Et en fait, dans le genre, ce qui me détend à tout coup, ce sont ces vidéos de forgerons ou de types qui font de la restauration d'objets en métal, et qui ne blablatent pas dessus. On les voit couper, refondre, poncer, gratter, polir, redresser… Et ça me fait un bien fou, c'est absolument incroyable.

Je dois pas être tout à fait normal, en fait.

Ou alors c'est tous les autres qui sont dingues.

Pour ma tranquillité personnelle, je m'en tiendrai à cette seconde interprétation.

lundi 2 avril 2018

Suite des épisodes précédents

Et donc, le premier jet du roman est fini, et a été envoyé à mes relecteurs pour une première passe de corrections avant envoi à l'éditeur (les toujours estimables Moutons électriques). Sachant que j'ai déjà fait une relecture intégrale pour virer les coquilles les plus évidentes et les pains de continuité qui m'auraient échappé (j'ai encore fait le coup du personnage qui continue à faire des trucs alors qu'il est mort cinq pages plus tôt).

Et comme j'avais déjà fait un premier envoi des 3/4 du manuscrit, certains relecteurs m'ont déjà rendu des notes.

Vous vous rappelez de ce que je disais l'autre jour à propos des scènes indispensables, mais pénibles à faire ? C'est rigolo de les voir ressurgir dans ces occasions. Car on les reconnaît facilement, ce sont celles sur lesquelles le plus de choses se retrouvent biffées, annotées, amendées. Et donc, me voilà repartir pour chacune de ces scènes sur une deuxième tranche de galère. J'aurais envie de dire "merci les relecteurs", et je le dirai, mais au premier degré : retravailler ces séquences me semble en effet indispensable.

Et si le premier jet, sur un roman un peu complexe par sa structure et la documentation qu'il demande, n'est déjà pas simple, le retravail est encore un autre défi.

En attendant, je vous en balance un petit extrait :


Quand les feux et les rires commencèrent à s'éteindre, et qu'une servante fut allée coucher Ambrosius, Uther se pencha vers son hôte.
« J'ai été absent fort longtemps, je le sais. Et si loin de terres familières que j'ignore ce qu'il a pu survenir en mon absence. Raconte-moi les années écoulées.
— Ici, elles furent égales à toute autre, Uther. Parfois nous avons repoussé des pillards, et parfois nous avons commercé avec la côte. Parfois, les champs ont donné, et parfois ils nous ont laissés le ventre creux.
— Mais à l'Est, sur les terres de mon clan ? En as-tu eu des nouvelles ? »
Le vieillard jeta à Uther un regard lourd. Il ne souhaitait pas blesser un ami de son village en se faisant porteur de tristes histoires. Il fit signe à une femme de leur rapporter un cruchon d'épaisse cervoise noire, qu'elle leur servit dans des gobelets d'étain. Uther la laissa verser le breuvage, sans montrer le moindre signe de l'impatience qui le rongeait.
« Tu ne reconnaîtrais pas ton pays, Uther. Ton clan, sous le conduite de ton jeune frère, le défend pied à pied, et Camulodunum tient bon. La ville a même, me suis-je laissé dire, grandi. Elle attire à elle tous ceux qui fuient les Saxons. Son étendard à l'effigie d'un dragon est devenu un fanal, une lueur d'espoir pour tous, quand bien d'autres villes sont tombées.
— D'un dragon ? Mais pourquoi un dragon ?
— Tes ennemis ont déformé ton surnom de Pendraig t'ont appelé Pen-Drache, le dragon. Et ainsi, l'image leur rappelle que tu fus défenseur de ces terres et fléau de leurs frères. »
Uther s'aperçut alors qu'il avait posé la main sur la garde de son épée tandis que le vieillard parlait. Il en sentait la douce chaleur affluer en lui, réveillant le chef de guerre, et la bête, assoupis dans ses tripes. Il vida son gobelet d'un trait et le tendit à nouveau à la servante qui le remplit une fois encore. Un jeune homme passa devant la table, celui qui les avait accueillis à la porte, lui sembla-t-il, sans qu'il en soit sûr dans l'obscurité grandissante. Ce garçon respirait la vitalité, l’insouciance de son âge qui en faisait toute la force. Il était l’avenir. Et ne se souciait pas du passé, renvoyé à des récits de coin du feu. Uther eut soudain peur de voir tous ses combats, tous ses engagements, tous ses déboires et toutes ses souffrances se réduire à cela, une mention floue dans des histoires contées par des vieillards pour passer le temps, pendant les soirées d’hiver, jusqu’à ce que d’autres histoires prennent leur place, et que les anciennes soient graduellement déformées, puis oubliées.

dimanche 1 avril 2018

Dernière ligne droite

Alors même qu'une station chinoise va peut-être nous tomber sur la tête (enfin, peut-être sur la vôtre, mais pas la mienne : j'ai vérifié, je ne suis pas sur le trajet du bidule), je sue sang et eau sur mon prochain bouquin.

En fait, il est pour ainsi dire fini. J'ai attaqué depuis quelques semaines une phase intensive de relectures, avec l'assistance de quelques ami.e.s qui me font la grâce de me transmettre leurs annotations, ce qui me permet de débusquer fautes, imprécisions, tournures foireuses, moments où je me suis regardé écrire, et de traquer sans pitié les menues incohérences qui se sont glissées dedans.

Mais mon premier jet n'est pas pour autant terminé. Oh, à l'heure beaucoup trop tardive où j'écris ces lignes, il m'en reste une grosse quinzaine à injecter dans mon manuscrit. Une scène de dialogue explicatif, paumée dans un chapitre de transition, importante pour la cohérence générale du truc (dont la fin est par contre écrite depuis un bail).

Et c'est emmerdant comme tout, ces scènes d'explications. Parce que si elles sont souvent essentielles, elles ne doivent pas devenir lourdes et pesantes. Si je m'emmerde en écrivant la scène, y a de bonnes chances que le lecteur décroche aussi. Et donc je me retrouve à galérer comme un rat pour synthétiser le truc et le réduire au maximum, et le compléter proprement pour que ça s'intègre bien. C'est l'aspect assez technique du boulot, loin du mythe romantique de l'inspiration.