dimanche 18 mars 2018

Les fossiles qui rendent marteau

Dans mon rêve de cette nuit, on exhumait pas loin de chez moi des fossiles bizarroïdes, plus ou moins polypeux, assez gros. Et en fait, il s'avérait qu'au contact d'êtres vivants, ces machins se réveillaient, et crachaient des spores qui s'infiltraient partout, se collaient partout, infectaient tout. Et en fait, ces gros fossiles 'étaient les têtes d'une sorte de ténia géant. Et du coup, on comprenait en cours de route que quand les spores prendraient vie, on se ferait bouffer de l'intérieur.

Au réveil, avant même d'aller pisser et même de mettre mes binocles, j'ai été me frotter les mains jusqu'au coude avec du gel hydroalcoolique de qualité industrielle. On sait jamais. J'avais touché ces fossiles à la con, moi aussi.

Va vraiment falloir que j'arrête, avec Lovecraft, ça commence à m'esquinter.

samedi 17 mars 2018

L'H.P. près de chez vous



Le Vendredi 23 Mars à 18h, avec Karim Berrouka (Le Club des Punks contre l'Apocalypse Zombie, lecture fortement recommandée, et plus récemment Celle qui n'avait pas peur de Cthulhu) et Christophe Thill (qui prépare l'édition française du Je Suis Providence de T.S. Joshi) je participerai à une rencontre et dédicace autour de Lovecraft à la librairie le Nuage Vert. Ça vient d'ouvrir et c'est 41 rue Monge, Paris 5e.

Venez nombreux.

jeudi 15 mars 2018

Bat-fiches

J'en ai déjà causé à plusieurs reprises par ici, je suis consultant en Batman pour le jeu de plateau Batman : Gotham City Chronicles édité par Monolith et qui sort l'an prochain (et fait l'objet d'un kickstarter qui approche des 3 millions de dollars, là).



En quoi ça consiste, au juste ? Eh bien à plus ou moins valider le matos de jeu (mais il y a assez de fans de comics dans l'équipe pour que cette partie là soit assez pépère) et à produire les fiches concernant les personnages jouables.

Et là, ça pose plusieurs problèmes intéressants, et c'est précisément de ça que je comptais vous causer aujourd'hui. Car si tout le monde connaît à peu près Batman ou le Joker, et qu'à la limite on pourrait se passer de fiches les concernant, il est déjà plus délicat de s'y retrouver dans les nombreux Robin et Batgirl, par exemple. Et donc, on est amené à faire une fiche pour Cassandra Cain, Barbara Gordon ou Damian Wayne afin d'expliquer d'où ils sortent, ce dont ils sont capables et qui ils sont dans le fond. Pour quelqu'un qui traduit du DC Comics depuis 18 ans ou presque, et en lit depuis… pfouuu… une quarantaine d'années… ça ne présente pas de difficulté particulière, bien sûr.

Mais… Mais l'univers DC est difficile en soi. Si le jeu ne présente pas de version "pré Crisis" des personnages (et Batman n'a pas été aussi impacté par l'événement de 86 que ne l'ont été Superman et Wonder Woman), il y a un certain nombre de figurines qui relèvent de l'avant "Flashpoint" ou du "New 52". Vous avez l'impression de patauger, d'un coup ? C'est normal. Car DC Comics a rebooté son univers il y a quelques années, et modernisé plein de personnages. Le Sphinx de maintenant n'a plus grand-chose à voir avec celui d'il y a dix ou vingt ans.

Alors si le personnage dispose de deux figurines, c'est simple : on fait deux fiches.

D'autres personnages ont évolué notablement, mais sans changer particulièrement d'apparence. C'est le cas par exemple du Commissaire Gordon. Il n'a qu'une figurine. Rédiger sa fiche, c'est donc jongler avec les deux versions, en ne mettant en avant que les éléments communs aux deux, ou ceux qui sont suffisamment passés sous silence dans une des versions pour qu'on puisse les évoquer sans se heurter à une contradiction frontale. Ça, c'est un peu plus délicat à travailler, donc. Surtout pour des personnages qui en plus sont bien connus du public via les versions ciné ou dessin animé, version qui peuvent elles aussi présenter des points de divergence avec les comics. Alors comme les droits auxquels se raccroche le jeu sont ceux des BD, je ne suis pas censé avoir à me préoccuper des versions sur écran, mais je dois partir du principe qu'une portion conséquente des joueurs ne connait que celles-là, et autant ne pas les heurter quand je peux l'éviter.

Dernier point, il s'agit de fiches dans un manuel de règles du jeu. Règles qui, pour pouvoir parer à toute situation, sont parties pour être conséquentes (les mécanismes du jeu sont relativement simples, mais peuvent générer des configurations qui le sont moins). Infliger au joueur des tartines sur des personnages parfois obscurs, ce serait contre-productif. Mes fiches se doivent donc d'être le plus synthétiques possible. Une dizaine de lignes tout au plus, permettant de faire connaissance avec le personnage. Au pire, pour ceux qui voudraient approfondir, des BD comme Silence ou Long Halloween sont disponibles, et mettent en scène une partie conséquente de l'immense galerie de personnages secondaires accumulée par Batman au fil des décennies. (Silence fait d'ailleurs partie des références visuelles assumées des sculpteurs des figurines, avec le run de Snyder et Capulo).

Voilà, c'était mon mini making of, me permettant d'expliciter un peu ma philosophie quand j'aborde ce genre de boulots.

mardi 13 mars 2018

Cap ou pas Cap ?

Ça fait quelques années que je ne lis plus qu'épisodiquement du Marvel. Il y a des auteurs ou des personnages auxquels je m'intéresse encore, mais les convulsions de l'univers Marvel lui-même, les grands événements qui changent tout, ça m'indiffère assez depuis un bout de temps.

Forcément, ça me conduit à louper des trucs pas mal, alors je me fais régulièrement des sessions de rattrapage. J'ai récupéré il y a pas longtemps les Hulk de Mark Waid, par exemple, que j'ai trouvé plus plaisants que ce qu'on avait pu m'en dire. J'avance dans les Thor de Jason Aaron, bien fichus.

Et puis on m'a prêté dernièrement les Captain America de Nick Spencer. Ceux qui suivent tout ça se souviendront peut-être qu'ils avaient fait scandale y a une paire d'années quand il avait été révélé que Captain America était un agent d'Hydra DEPUIS LE DEBUT !


L'épisode dont la case ci-dessus constituait la dernière page n'était même pas encore sorti que cela s'offusquait d'une telle trahison par les auteurs de ce qui constituait l'essence même du personnage, de la volonté de ses créateurs, du lectorat, etc, etc.

Et comme dans beaucoup de scandales de ce genre, je remarque que les plus bruyants sont les moins concernés.

Parce qu'on peut démontrer que ceux qui ont inondé internet de vociférations ne lisaient pas la série.

Cette case est extraite de Steve Rogers Captain America n°1,  écrit par Nick Spencer. Un premier numéro, c'est l'occasion de faire bouger les lignes, d'accrocher de nouveaux lecteurs. Mais Marvel étant ce qu'elle est en ce moment, c'était loin d'être le premier numéro que Spencer consacrait au personnage. En fait, quand il arrive à cette révélation, ça fait près de deux ans qu'il anime un titre appelé Sam Wilson, Captain America. Et qu'en fait, si on lit cette série précédente, on voit bien que cette révélation scandaleuse était préparée de longue date et ne saurait constituer une surprise… que pour ceux qui ne l'ont pas lue.

Car une bonne partie de la fin de SWCA tourne autour de manipulations du SHIELD avec un Cube Cosmique, un objet dont, depuis de vieux épisodes de Kirby consacrés au Captain, on sait qu'il permet de réécrire le réel. Or, lors d'un de ces épisodes, Steve Rogers se trouver ainsi "réécrit". Oh, la modification qu'il subit est positive (il retrouve sa jeunesse et ses pouvoirs) mais il n'empêche. D'autant que dans les mêmes épisodes, le Cube a surtout servi à réécrire des méchants pour en faire de bons citoyens (ce qui pose de très intéressants problèmes éthiques que la série tente de développer).

Dès lors, pour le lecteur familier des épisodes précédents, l'hypothèse d'une manipulation grâce au Cube tombait sous le sens. Et le n°2 de SRCA confirmait de toute façon cette piste. Fermez le ban, on a là une histoire certes construite sur un coup de théâtre un peu facile et conçu dans une idée de shock value, mais certainement pas de quoi se scandaliser. Pour l'ouvrir comme certains l'ont fait, il fallait n'avoir lu que la case incriminée et le résumé de l'épisode. Et accessoirement ne rien connaître aux mécaniques feuilletonnesques des comics, qui nous ont livré ce genre de retournements par paquets de douze depuis 80 ans que les super-héros existent.

Cela a été mis sur le compte d'un fandom de plus en plus toxique (comme précédemment le Gamergate et les Sad Puppies), mais c'est aussi un indice du fonctionnement (ou non fonctionnement, d'ailleurs) du débat, de nos jours. Les esprits s'enflamment à toute allure, et l'on remarque là aussi des déclarations très agressives de gens qui sont soit non concernés, soit se greffent sur des discussions pour verser de l'huile sur le feu. On l'a vu dans l'affaire de la gamine voilée dans The Voice, dans l'affaire de ce bouquin maladroit sur l'adolescence où le débat a tout simplement été confisqué par des pétitionnaires voulant le faire interdire (c'est très malin : la vraie discussion de fond sur le sexisme s'est éteinte d'un coup, pour céder la place à un débat biaisé et piégé sur la censure) (le même débat que nous ressortent les cadres du FN et autres supplétifs de l'extrême droite genre Zemmour qui pleurnichent qu'on les empêchent de s'exprimer, mais viennent l'exprimer à la télé, à la radio et dans la presse).

Il y a là une méthode qu'on voit appliquée de plus en plus souvent dans plein de domaine. Confiscation de débats légitimes par des agités qui le rendent impossible. C'est même devenu une méthode de gouvernement (il suffit de voir les déclarations de Collomb sur les associations d'aide aux migrants) et le problème n'est même plus celui d'une droitisation de la société (ou en tout cas de l'expression publique, et là aussi il y a une nuance à ne pas oublier) (et le problème, c'est qu'à gauche-gauche, on a de plus en plus recours à ce genre de méthodes aussi).

N'oubliez pas que c'est précisément ce genre de biais du débat qui a permis l'émergence de Trump… Nous ne sommes pas à l'abri. Et avec les nullités, mis en examen et autres échappés d'école de commerce qui sont au gouvernement, on a peut-être déjà perdu la guerre.

C'est fou comme, de nos jours, la simple lecture d'un comic book de consommation courante donne à réfléchir sur l'état du monde…

vendredi 9 mars 2018

Quand y en a plus…

On pourrait croire que le boulot du scénariste s'achève quand il tape le mot "fin" en bas de son texte et l'envoie au dessinateur et à l'éditeur.

Et bien entendu, une telle conception serait totalement éloignée de la réalité. Prenons par exemple le cas de mon dernier album (HP Lovecraft, celui qui écrivait dans les ténèbres, en vente dans toutes les bonnes librairies, commandable sur internet, si vous ne l'avez pas encore, c'est le moment de vous décider comment ça je profite des parenthèses interminable pour faire ma pub?), un exemple tout à fait choisi au hasard, ça va de soi.


Le gros du scénario (hors corrections, relectures, amendements et modifications de dernière minute) est bouclé depuis plus d'un an. Et entre le moment où j'ai bouclé le scénar et celui de la sortie du bouquin le mois dernier, il y a eu toute une phase de ping-pong entre moi, l'éditeur et les dessinateurs, histoire de se mettre d'accord sur plein de trucs, d'en corriger d'autres, de remanier… Tout un suivi, en somme.

Mais une fois que les pages sont validées, envoyées chez l'imprimeur, livrées au libraire, c'est fini, non ?

Ha ha.

Non, en effet.

Il y a tout le service après vente, comme chez Darty. Outre les dédicaces (j'ai calculé que j'ai signé un peu plus d'1% du premier tirage, déjà), il y a les interviews. J'en ai donné déjà quelques unes mais ça continue, puisque rien que cette semaine, j'étais dans les locaux de la chaîne de télé Game One pour en enregistrer une autre, et au téléphone avec la station Graph'it de Compiègne (qui doit répercuter la chose à d'autres stations locales) (pour la petite histoire, j'étais déjà passé chez eux il y a une dizaine d'années de ça, et j'en garde un excellent souvenir) pour causer du bouquin. Je vous dirais quand c'est diffusé et podcasté.

Et puis il y a l'édition de luxe. On a lancé un financement participatif avec l'éditeur et ça a bien marché : il n'en reste qu'un exemplaire à cette heure, et sinon on peut encore participer pour avoir l'édition normale et diverses contreparties.

Et justement, l'une de ces contreparties est un cahier making of. Alors vous qui lisez ce blog un peu régulièrement, vous vous doutez bien qu'une partie du boulot est déjà fait : j'ai assez parlé d'HPL dans ces colonnes pour avoir de quoi remplir une partie du fascicule. Reste l'autre partie, et je m'y suis employé avec entrain. Et le truc une fois rempli, faut le relire, le corriger, etc. C'est ce que j'ai fait ce matin.

Donc voilà… Moi qui croyais faire un métier de fainéant (on m'a toujours dit que c'en était un, et comme un con j'y ai cru, le piège quoi), j'arrête pas de bosser.

jeudi 8 mars 2018

Ja, Gut

La récente polémique allemande au sujet du Projet Gutenberg est peut-être l'occasion de revenir sur cet outil qui m'a toujours été précieux. Pour ceux qui ne connaitraient pas, il s'agit d'une ressource en ligne avec plein de bouquins libres de droits, aux formats html, pdf, ebook, etc. Très pratique, donc. L'ebook pour lire sur tablette, par exemple, et l'html pour pouvoir faire des citations.

En plus, c'est nettement mieux foutu que Gallica et moins le foutoir qu'Archive.org, donc c'est mon premier choix dès que je cherche quelque chose de précis. C'est là-bas que j'avais récupéré par exemple l'intégralité du rapport d'expédition de Burton à la Mecque qui m'avait été très utile pour un de mes albums de BD. Y a pas tout, chez Gutenberg, mais y a déjà plein, plein de trucs.

Le problème soulevé récemment, c'est la présence d'œuvres entre autres de Thomas Mann, alors que les délais de tombée dans le domaine public ne sont pas les mêmes aux USA (où est hébergé le Projet) et en Allemagne. Des ayants droits ont donc attaqué le Projet, qui s'est contenté de couper l'accès aux allemands (ce qui est toujours contournable, mais bon).

Notons que comme toujours, cela a dû donner lieu à des manœuvres d'avocats (grassement payés, j'imagine), et il y a eu beaucoup d'énergie de dépensée dans l'affaire. Et à notre époque qui place l'efficience et l'utilitarisme au rang des vertus cardinales, c'est pas mal d'auditer l'affaire maintenant que la poussière retombe, pas vrai ?

Et donc, allons voir les livres les plus téléchargés. Jane Austen est en tête, en VO, avec près de 40.000 téléchargements. Et derrière, ça dégringole très vite. Le premier auteur de langue allemande, c'est Kafka, mais en version anglaise, à 15.000 (9ème position au moment où j'écris), le premier français Dumas, en 30ème position (7500 ex), et en anglais aussi. Le premier bouquin pas en anglais, c'est au delà de la 70ème position, et il est… en tagalog, à 4000 ex. Les deux premiers bouquins en allemand, dans les 80-90èmes places (et entre 3 et 4000 ex) et ce sont Marx et Wittgenstein. Sur les bouquins suivants en allemand ou en français, l'ordre de grandeur, c'est 1000 ex. Le premier Thomas Mann culmine précisément à 1900 exemplaires au moment où j'écris ces lignes.

Donc c'est pour une poignée de droits d'auteur, nettement inférieure de toute façon à 5000 euros au total (si j'additionne tout ce qui a été téléchargé en Thomas Mann et que je calcule à la louche les droits correspondants par rapport mettons à une édition de poche) qu'on a sorti la grosse artillerie des avocats et fermé le robinet de TOUT le projet aux lecteurs allemands. En terme de pognon, je suis certains qu'il y a eu plus de frais que ces 5000 balles virtuels.

En termes de réaction, si je comprends tout à fait la réaction du Projet (c'est un truc non lucratif d'intérêt public, les mecs veulent pas être emmerdés ni mettre en péril TOUT leur site au niveau mondial pour une poignée de téléchargements), elle pose quelques questions.

Qui est pénalisé ? Le lecteur. Le lecteur allemand. Mais combien de lecteurs ? Et c'est là le plus triste : si le site fonctionne bien en anglais, les langues étrangères, pourtant très bien représentées (c'est là que je me fournis en Alexandre Dumas pas forcément trouvables autrement pour mes lectures d'été, par exemple) sont globalement boudées par les lecteurs non anglophones.

Alors que c'est simple d'emploi, légal, gratuit. Et c'est mis en péril pour des arguties juridiques dans lesquelles on dépense plus de pognon que le manque à gagner dont on s'offusque. Bravo.

jeudi 1 mars 2018

Pause pub

J'étais plutôt sceptique, au départ, face au système du financement participatif, que je voyais comme un moyen de tendre piteusement la patte.

Le temps a passé depuis… Et j'ai contribué à divers petits trucs, et participé à divers projets financés de la sorte. Et je constate la puissance du mécanisme. Et la liberté qu'il donne à ceux qui y ont recours.

Là, ces derniers temps, ce sont plusieurs lancements qui ont cartonné, chacun à son échelle. Deux dans lesquels je suis personnellement impliqué, et un autre qui m'intéresse bien (vous comprendrez pourquoi quand je vous dirai ce que c'est).

Et puis y en a un autre qui décolle en douceur, et que je vous enjoins à aller voir.

Vous avez vu cet art consommé du teasing ?

Bon, ce dans quoi je suis impliqué, d'abord :

Le tirage de tête de mon album HP Lovecraft, celui qui écrivait dans les ténèbres est quasi épuisé. Il en reste un, adossé à la collection complète des biographies chez 21g. Un peu cher, donc, mais y a de jolies choses là-dedans (notamment la bio de Philip K. Dick par mon estimable confrère Laurent Q. Ueyssi). Du coup, on a rajouté des bonifications en cours de route, dont un mini making of, constitué notamment de reprises et de remaniements d'articles postés sur le sujet sur ce blog.

Je vous avais parlé du jeu de plateau Batman sur lequel je suis consultant. Ils ont pété la barre des 2 millions de dollar en 24 heures. Je crois que ça bat le record de leur jeu Conan financé de la même façon y a deux ans. Du coup ça débloque plein de chouettes figurines en plus, si je comprends tout bien. Et c'est un super jeu, dont les mécanismes sont chouettes, l'univers riche (allez voir la liste des figs prévues, c'est balaise) et sur un thème chouette.

Ce que je suis de près, dans lequel je ne suis pas impliqué personnellement, et qui pète les stats aussi (50.000 euros en moins de 24 heures !) : une intégrale des fictions de Lovecraft, traduite par David Camus. Même niveau d'édition que le coffret Clark Ashton Smith auquel j'avais participé comme contributeur puis traducteur.

Le dernier projet dont je voulais vous causer, c'est le Young Romance de Jack Kirby, lancé par les gars qui avaient fait Kirby and Me l'an passé. Il manque encore quelques contributeurs pour le lancer. Dont moi (j'attends des sous de divers éditeurs, dès que ça tombe, je contribue). Pourquoi j'en parle ? Parce que j'adore Kirby, d'abord, et que ce Young Romance est l'occasion de montrer qu'il n'était pas qu'un inventeur génial de super-héros, mais qu'il a fait plein d'autres trucs avec le même talent (j'aimerais voir passer une réédition de ses westerns, par exemple).

Voilà. Pourquoi j'en parle, du coup ? Parce que ce système, mine de rien, permet de financer de beaux projets, et de s'affranchir au moins pour partie de systèmes de distribution dont tout montre, ces temps-ci (entre la crise prévisible du dinosaure cacochyme Prestalis qui va condamner tout un pan de la petite édition presse, les problèmes des agriculteurs, des auteurs, des couturiers bengladais et assembleurs chinois et globalement de tous les producteur primaires) l'obésité morbide. Comme pour les salades ou les œufs fermiers, le financement participatif permet de mettre en place des circuits courts. Ce n'est pas la panacée, ce n'est pas approprié pour tout, mais c'est une alternative parfaite pour des projets… alternatifs.