Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du mars, 2015

Encore un petit bout

Tiens, vu que j'ai passé du temps à remettre de l'ordre dans les notes correspondant à ce bouquin, voici un autre extrait du roman sur lequel je bosse depuis quelques temps :



Wangen risqua un œil à son tour. L'objet qui approchait dans la nuit immense n'était ni une nef, ni une barge. Cela ressemblait plutôt à une monture sur laquelle était juché le drone le plus répugnant qu'il eut jamais contemplé en face. Installé à califourchon sur une selle d'orichalque, l'être difforme fixait la barge des fugitifs avec des yeux grands comme des assiettes, aux pupilles immenses, des gouffres sans fond conçus pour y voir même dans les ténèbres séparant les mondes. Ses doigts filiformes au bout de bras démesurés s'agrippaient à des pommeaux répartis le long des flancs de son étrange cavale et dansaient, bondissant de l'un à l'autre à chaque fois qu'il avait un ordre à lui transmettre. Derrière lui, l'on devinait d'autres formes semblables. C'ét…

Ça devient n'importe quoi

En passant faire mes courses dans une supérette du coin, j'ai découvert que les "quenelles" s'appelaient à présent "soufflés lyonnais". Genre pour désolidariser le produit des facéties dieudonnesques. Je trouve ça assez misérable, en fait. C'est donner beaucoup trop d'importance à des courants ultra minoritaires de frappadingues paranoïdes. Et c'est, je crois, rentrer dans le jeu de la paranoïa, d'ailleurs, en essayant de modifier le réel en modifiant le langage jusque dans les cuisines.

Et il faut se méfier de la paranoïa. Elle tue. Elle a encore tué cette semaine. Si le commandant de bord de l'avion qui s'est planté l'autre jour avait pu accéder à son cockpit, il aurait pu sauver 150 personnes. Sauf que c'est un peu comme la mort de Staline : les dispositifs de sécurité finissent par contrarier l'accès des gens susceptibles de sauver ceux que le dispositif est censé défendre.

Soufflés lyonnais et portes d'avion de l…

Y a de la poix

C'est le printemps, au fait.

Je ne m'en étais pas trop rendu compte. Primo parce que je suis dans une de ces phases bunkerisées où je pisse du texte dix heures par jour, secundo parce qu'à vrai dire, à part Lundi, il fait plutôt un temps de Toussaint. Au point que l'éclipse de vendredi, vue de chez moi, elle a plutôt ressemblé à un passage orageux, genre.

Outre les traductions qui constituent mon ordinaire, et les articles pour les prochains Château des Etoiles (le numéro 4 sort en mai !), je travaille sur un scénario de BD (dont je vous parlerai bientôt)  et deux bouquins très différents dont je vous balance deux extraits, du coup :

Ça, c'est un bout de mon roman :

Serrant les dents, il regarda le paysage autour de lui. Les hommes n'étaient arrivés que depuis peu de temps sur ce monde. Quelques siècles tout au plus. Ils n'avaient pas encore réussi à le modeler, à le rendre totalement vivable. Travailler une terre, la pousser à porter du fruit et à se transf…

Glow in the dark, et surtout là où le soleil ne brille pas

On vit dans un monde extraordinaire, mais il l'a été encore plus en des temps reculés, comme le prouve le document ci-dessus : mieux que le viagra, on se foutait jadis du radium au cul pour bander comme Hulk. Magnifique.


Et sinon, à propos de suppositoires, le syndicat des transports d'île de France estime à 10 millions d'Euros ce que lui coûtera la gratuité des transports en commun imposée du fait du pic de pollution. Comme de juste, l'état et la région mettront la main à la poche pour compenser (donc, in fine, c'est vous et moi qui réglerons la facture). Mais je me pose quand même une question : d'où sortent-ils ces chiffres ? Ça me semble un peu beaucoup, vu qu'un gros paquet d'usagers payent un abonnement et que pour eux, gratuité ou pas, ils payent quand même leur voyage. Par contre, comme les tourniquets sont ouverts, plus personne n'est comptabilisé, abonnement ou pas. Donc ce chiffre n'est que ça, une estimation somme toute assez fantai…

Que sont-ils devenus ?

Vous vous en souvenez, à la fin du Seigneur des Anneaux, une bonne partie des personnages se tire à l'Ouest, ou change radicalement de vie.

Tant d'années après, il est temps de faire un bilan.

Frodon, Gandalf et Elrond ont pris le bateau pour passer en Amérique. Leurs destins personnels seront très différents.

Elrond s'installe à San Francisco où il ouvre une boîte de nuit très courue, le Fondcombe.

Encore secoué par son expérience, Frodon se voit diagnostiquer un stress post traumatique. Sans la présence apaisante de Sam, et parce que les services sociaux viennent de subir un plan social et ne peuvent le prendre en charge, il finit par craquer, et tue 17 personne dans un centre commercial de la banlieue d'Austin, Texas, avant d'être abattu par la police.

C'est dans ce centre-là que Gandalf a lui-même trouvé un emploi. La qualification de sorcier païen pouvant attirer des ennuis dans le Sud profond, c'est ainsi qu'il se retrouve avec un emploi de Papa N…

Papa was the king of Mongo

Ah, si vous écoutez France Culture, je passe dans l'émission Cultures Monde de jeudi prochain. C'est à onze heures.

On devrait causer de Cosmonautes ! et de diverses choses du même ordre, dont le space opera, Flash Gordon, l'art et la manière de vendre à l'Armée Rouge un vecteur nucléaire qui est en vrai une fusée spatiale, mais bon, vous savez déjà tout ça si vous avez lu le bouquin.

Vers l'infini et au-delà !

Quand j'étais tout minot, mais alors vraiment tout petit, il y avait un truc marrant à la maison. En bas de l'escalier, dans l'entrée, deux grands miroirs se faisaient face. Ils étaient énormes. Je ne pourrais pas vous dire quelle taille ils faisaient avec exactitude, parce qu'étant vraiment tout petit à l'époque (bon, je faisais déjà une demi-tête de plus que mes camarades du même âge, mais on était à la maternelle, alors ça ne faisait pas bien grand quand même), tout me semblaient énorme. Mais bon, c'étaient de belles pièces. Et ils étaient exactement face à face, dans un endroit pas hyper bien éclairé.

Le résultat était magique : les reflets formaient un tunnel démentiel s'étendant au loin, très loin, de chaque côté, jusqu'à se perdre dans une brume étrange due au mauvais éclairage et à l'ancienneté du tain, qui entraînait une légère déperdition à chaque reflet successif. Au loin, l'effets se dissolvait, et quand on le fixait assez longtemps,…

Zombouffe

La supérette du coin fait maintenant la sauce Worcestershire (celle qui va bien, de la bonne marque biflandaise, pas la version nulle de marque américaine) en grand flacon. C'est mieux. Parce que sinon, ça va vite, la sauce Worcestershire (un peu moins maintenant que je la remplace par du Viandox dans certaines préparations, mais vite quand même).

Donc, maintenant, je prends la grosse bouteille. C'est vraiment mieux.

Et je ne sais pas si je ne le voyais pas sur la petite parce qu'il n'y était pas ou juste parce que je suis trop myope, mais sur la grosse bouteille, il y a un slogan.

"Bring food alive !"

Et là, tilt. Ça a fait chboum dans la tête, comme dirait l'autre. La seule bouffe que je mange vivante, normalement, ce sont les huitres. Mais les Anglais, pervers culinaires comme ils le sont parfois, aiment peut-être sentir le kidney pie gigoter sous la dent. Mais ce slogan est un message. Un signe avant-coureur de la fin.

Je crois qu'en vrai Léa et P…

Classifications

En faisant des recherches (j'essayais un peu de piger les objectifs du programme New Horizons, qui va nous en apprendre sur Pluton d'ici cet été, si tout va bien), je me suis aperçu que mes connaissances sur le Système Solaire externe dataient un peu. Je veux dire, qu'elles dataient sérieusement. C'est un champ en pleine évolution, comme l'a prouvé il y a quelques années la rétrogradation de Pluton du rang de "Planète" à celui de "Planète naine". Ça a l'air anodin, mais ça ne l'est pas du tout : si Pluton a perdu son statut, c'est parce qu'on avait le choix entre cette petite humiliation... Ou un sérieux bordel.

Mais reprenons un peu du début.

Quand on parle de planète, on est à peu près d'accord sur le fait que les planètes sérieuses ont "nettoyé" leur orbite il y a longtemps. C'est à dire qu'elles ne croisent plus de gros cailloux, ou alors par accident, de façon complètement exceptionnelle, genre la malen…

Obsolescence programmée

Ça faisait longtemps que je n'étais pas venu m'épancher, pleurnicher et vitupérer ici même pour vous exposer mes soucis de cafetière. Ils sont pourtant récurrents. L'équation "appareil ayant besoin d'eau très chaude" + "eau très calcaire" = "grosses emmerdes", c'est bien connu.

Et donc, depuis quelques semaines, quand je versais de l'eau dans la cafetière, je retrouvais immédiatement l'eau sur le comptoir de la cuisine. Dans sa totalité. Le truc bien rageant.

Et cette cafetière nécessitait, pour l'ouvrir, deux sortes de tournevis pour les six vis du capot d'en-dessous : un cruciforme d'un des deux modèles-courants-qu'on-sait-jamais-lequel-est-le-bon-c'est-pour-ça-qu'on-nique-une-fois-sur-deux-soit-la-vis-soit-le-tournevis, et un truc à la noix à deux trous. C'est ce deuxième larron qui me posait souci, vu que je n'en ai pas dans mes caisses à outils, et que je n'avais pas le temps ces dernièr…

Histoire de se mettre de bonne humeur....

... Un petit cartoonski soviétique qui va bien :



Chères études

C'est toujours amusant de voir les gros titres de la presse généraliste, quand elle commente des études scientifiques.

Là, par exemple, il y avait une alerte sur les émulsifiants. Et bien évidemment, elle est reprise partout, avec des titres du genre "la vérité sur les émulsifiants", s'interrogeant sur la nécessité d'en mettre partout.

Alors déjà, pour commencer, les émulsifiants sont un des éléments essentiels de la production alimentaire actuelle. Ils permettent de mélanger de façon harmonieuse des choses qui sinon ne se mélangeraient pas, comme l'huile et l'eau. Ça n'a l'air de rien, mais dans plein de trucs, sans eux, on aurait des patouilles dégueulasses en ouvrant le pot. Impossible de faire une mayonnaise sans un émulsifiant correctement mis en œuvre, par exemple.

Mais comme il y a eu des croisades violentes contre les colorants et les conservateurs, il était naturel que les émulsifiants s'en prennent aussi un peu dans la gueule. (je la…