vendredi 28 mars 2014

Assemble !

Aujourd'hui, j'ai été me faire une expo. C'était à l'invitation d'un journaliste de France Cul*, qui voulait visiter l'évènement Marvel organisé au musée des Arts Ludiques en s'attachant les services d'un guide quasi indigène, sachant repérer à trois kilomètres les vénéneux dangers d'un encrage de Vince Coletta, où éviter ces terribles confusions qui conduisent à se mélanger les pinceaux au risque d'y laisser des plumes.

Bref, j'ai pu me rincer l'œil dans cet espace où, je me souviens, quand j'étais jeune et que j'avais moins de poil, j'allais à ce festival qui s'appelait... Bedexpo, je crois.

Et l'expo Marvel, c'était très chouette. On voyait néanmoins assez vite les néophytes en super-héros, qui scotchaient devant le vrai bouclier de Captain America qu'on voit dans le film, ou le vrai marteau de Thor du film, ou le vrai casque d'Iron Man du film (en résine bien surfacée, mais résine quand même, et c'est là qu'on juge du boulot de post-prod pour lui donner une allure métallique), et les vieux de la vieille qui hallucinaient, bavaient et ouvraient de grand yeux devant les nombreuses planches originales exposées. Du Zeck sur Captain America, une couve de Nick Fury par Steranko, du New Mutants par Sienkiewicz, des tas de planches de notre Coipel national, du Buscema à ne plus savoir qu'en faire, du Kirby et du Ditko en veux-tu en voilà, du Colan, une planche du Daredevil 191 de Frank Miller (à mon sens le sommet de sa carrière), du Byrne sévèrement byrné, du Jim Lee, et même une magnifique page de Don Heck sur Iron Man avec la Veuve Noire et Peper Potts, qui démontre à qui ne le savait pas déjà que pour la grosse baston, c'était pas forcément l'homme de la situation, mais que pour la jolie gonzesse, il s'y entendant quand même vachement.

Bref, comme disait un pote dessinateur que j'ai croisé là-bas "je bande des yeux". Y avait des pages mythiques. Des couves mythiques. Des petites merveilles. De la super came. Et un gros service d'ordre, qui m'a empêché de partir en courant avec certains trucs. Note à moi-même, revenir avec un tank si je veux braquer les originaux.

Et y avait un gadget photo où il a fallu que j'aille faire le kakou


Bref, pendant tout ce temps, je me suis retrouvé à causer dans le micro, à expliquer pourquoi Tom Palmer était meilleur que Vince Coletta, pourquoi le Daredevil 191 est un chef d'œuvre, pourquoi Les Inhumains sont Parmi Nous est un jalon pour les lecteurs français, pourquoi c'était con d'avoir Gene Colan sur Doctor Strange au moment où on essayait d'en faire un titre de super-héros classique, comment utiliser une brosse à dents pour faire des effets de finitions rigolos sur une planche, et ainsi de suite.

Après deux heures de ce régime (on ne me surnomme pas Blablavitch pour rien), j'étais rincé et ma gorge était parcheminée. J'ai été prendre une bouteille d'un truc rafraichissant à la sandwicherie d'à côté. Et bon, l'eau gazeuse aromatisée concombre/menthe, c'est intéressant, mais je n'en boirai pas tous les jours (oui, y a une "cité de la mode" juste à côté, alors la sandwicherie vendait que des trucs détox, des chips de brocolis, des jus de machins bizarres, et des trucs qu'on ne voit que dans Transmetropolitan).

Bref, c'était cool. Et c'était pour le site de France Cul, je vous enverrai le lien dès que ce sera en ligne, bien entendu.






*La radio qui apprend des trucs intelligents, pas le comité de soutien de DSK.

mercredi 26 mars 2014

Eh ben c'est pas gagné, tout ça.

Ma ville, ça fait presque quarante ans qu’elle est à Gauche.

Le maire actuel, qui s’est fait élire sénateur en prime il y a quelques temps de ça, est un peu du style technocrate froid, pas glamour, mais plutôt efficace*. Par contre, il a fini par se fâcher assez gravement avec les instances du PS, dont il s’est barré cet automne en claquant la porte.

Du coup, il risquait pas de l’avoir l’investiture du PS. Comme il y a la loi de non cumul qui entre en vigueur dans pas si longtemps, il a décidé de toute façon de ne pas se représenter. à la place, celle qui se présente, c’est sa femme, qui est accessoirement conseillère générale PS.

Là, le PS lui tombe quand même dessus et décide d’investir un candidat écolo. Du coup, on a deux liste de Gauche, une soutenue par le PS local (la liste écolo), l’autre par une partie quand même du PS national (sauf Harlem Désir, dont le maire avait dit tout le bien qu’il pensait. c’est à dire un truc du genre « connard », mais je ne sais plus quel était le terme exact).

En face, l’UMP s’est enfin aperçu que le vieux bonhomme pas méchant mais pas très vaillant qu’elle présentait habituellement aux élections locale a un peu niqué sa date limite de péremption. Elle sort donc de son chapeau un gamin de 29 ans, à la tête d’échappé d’école de commerce. Cravate, gilet en laine bleu roi sur jeté négligemment sur les épaules, c'est pas forcément le candidat idéal pour un gars comme moi, et c'est rien de le dire. Accessoirement, son programme consiste à expliquer que tout ce qu’a fait la Gauche depuis trente ans c’est caca, et qu’il fera donc mieux, mais sans dire exactement quoi ni comment.

Et derrière lui, une liste Mariniste, et une liste Lutte Ouvrière.

Voilà les personnages du drame.

Et puis les gens votent. Et là, ça devient marrant.

Le gamin de droite arrive en tête à 29 %
Talonné par la femme du maire sortant (le maire sortant est présent sur la liste pour être juste conseiller municipal et garder un encrage local. ou peut-être une emprise) à 27 et quelque %.
L’écolo arrive à 23 %.
Le Mariniste à 17 %.
Lutte ouvrière, à un poil en dessous de 3 %, à peu près ce que j'avais pronostiqué quand on m'a demandé.

La Gauche aurait fait front commun, elle aurait gagné dès le premier tour, comme à chaque fois depuis bien des lunes.

Mais là, le résultat, c'est que 4 listes sont éligibles à rester au deuxième tour.

Devant le désastre, Madame Maire appelle l’écolo pour proposer de fusionner les listes.

L'écolo répond un truc du genre "d'accord, mais seulement si on ne recycle pas le sortant". Il faut dire que l'écolo avait le maire dans le collimateur depuis longtemps, il préfère la tactique de la terre brûlée (alors que je parie qu'il est contre la culture sur brûlis au Brésil), sans doute histoire d'être en meilleure position dans six ans.

Deux jours de discussion, et on en revient aux noms d’oiseaux qu’ils s’échangeaient depuis des mois.

Résultat, dimanche, on aura quatre listes au deuxième tour. Et une probabilité non négligeable que la Droite l’emporte avec un type tellement tocard qu’il ne doit y avoir que sa maman et trois idiots sur twitter pour le prendre au sérieux.


Des fois, je me dis que c’est Céline qui a raison «  J'ai toujours su et compris que les cons sont la majorité, que c'est donc bien forcé qu'ils gagnent ! »

Mon toubib m'avait demandé de réduire le fromage, qui était mon aliment antistress de base, et dont je faisais ces derniers temps une consommation sans doute pas raisonnable. Mais là, c'est trop dur. Ce soir, je me suis préparé une pizza maison viande hachée et Morbier, parce que bon, faut au moins ça pour me calmer les nerfs.

Ah, j'ai retrouvé l'expression employée par Monsieur le Maire quand il a claqué la porte du Parti. "Mort aux cons". Ouais, ben c'est les vautours qui doivent se lécher les babines, là.

*Attention, hein, je cautionne pas tous ses choix non plus, dans la gestion de la ville. Mais disons que dans la ville où j'étais avant, c'était tellement pire que là, le gars me semble raisonnablement compétent. Par les temps qui courent, c'est déjà pas si mal.

lundi 24 mars 2014

Alors, procédons par élimination....

J'aime bien piller le web pour de zoulies photos de vieilles machines déglinguées de l'ancien temps.
Et parfois, je n'ai pas la moindre idée de ce à quoi elles servent...


Bon, déjà, je ne crois pas que ce soit un genre d'alambic.

samedi 22 mars 2014

Perdus pour la cause

C'est tous les jours que je tombe sur des titres du genre "avion disparu, la colère des familles". Dès le surlendemain de la disparition, à peu près. On va finir par comprendre que les gens sont en pétard. Il faut dire qu'ils ont de quoi. Moi je sais ce qui est arrivé à ces malheureux : ils se sont retrouvés sur une île où les lois de la logique et de la causalité se délitent et disparaissent, au pouvoir de cet âne bâté de Damon Lindelof*.

En dehors de ça, dans mon rêve de cette nuit, j'avais participé à une révolution. L'élite du nouveau gouvernement s'était réunie dans ce théâtre immense que je visite parfois en rêve, avec des centaines de rangées de sièges, un plafond à des dizaines de mètres d'altitude, et une scène que même Cecil B. De Mille aurait du mal à remplir complètement.

Nous en étions à tenter de trouver un système de gouvernement efficace et qui responsabilise ses membres**, quand un des camarades est arrivé, catastrophé, les bras chargés de grosses enveloppes qu'il a posées sur un des sièges. Derrière lui, des aides et des assistants apportaient des enveloppes eux aussi. Des tas. Des monceaux. Des milliers, des dizaines de milliers de grosses enveloppes en kraft.

"C'est quoi, ce bordel ?" fut l'interrogative résolution votée spontanément et à l'unanimité par l'assemblée.

"C'est la cata, voilà ce que c'est. On a fait la révolution pour donner leur chance dans la vie aux pauvres gens, aux sans grades, aux déclassés. Et je crois qu'on aurait mieux fait d'aller à la pêche ce jour-là."

"Ton défaitisme est une insulte au sang versé par nos camarades, camarade. Tu le sais ?"

"Oui. Mais regardez."

Il a ouvert une des enveloppes, et a commencé à lire. Puis une deuxième, prise au hasard dans le tas d'un des assistants. Il allait en ouvrir une troisième, quand un des camarades, livide, lui a fait le geste l'intimant d'arrêter. Chacun avait de toute façon pris une enveloppe pour juger par lui même et en lisait fébrilement le contenu.

Toutes les lettres disaient peu ou prou la même chose. Signées pour certaine d'une croix, d'autres visiblement écrites sous la dictée par une assistante sociale, d'autres manuscrites en style SMS, elles se recoupaient sur le fond. Ces gens pour lesquels ont s'était battus nous demandaient si les virements de l'aide sociale allaient continuer comme avant.

J'ai ramassé mon paletot et, les mains dans les poches, je suis allé à la gare toute proche. Là, j'ai avisé un train express prêt à partir. Agitant ma carte du Parti sous le nez du contrôleur, je suis monté sans autre ticket. Le train a démarré pour une destination inconnue, mais probablement lointaine.

Et je me suis réveillé.






* Et encore. J'ai trop de respect pour les ânes, en fait, qui sont des animaux plutôt sympathiques, dans le fond. Pour ceux qui n'ont pas tout suivi, ce Monsieur Lindelof est aussi le scénariste qui a pondu le script de Prometheus, ou sa dix-huitième version, en tout cas l'imbécilité crasse qu'on a eu sur nos écrans, et dont il est très content, qu'il trouvait fine, maligne et bien branlée.

** La responsabilisation, c'est important. Sinon, on se retrouve  avec des situations grotesques, comme d'anciens membres de l'exécutif qui viennent pleurnicher piteusement qu'on les a mis sur écoute en application de lois qu'ils ont eux-mêmes fait voter. Ils sont la démonstration cinglante qu'en politique, le ridicule ne tue effectivement pas.

mercredi 19 mars 2014

L'oeil dans le ciel

J'ai pas trop aimé la dernière mise à jour de Google Maps, que je trouve assez malcommode, en fait, avec des réactions bizarres et tout. Du coup, j'ai testé l'appli Plans de chez Apple, dont tout le monde s'était tant moqué l'an passé, mais qui a été corrigée depuis, parait-il, et qui est maintenant disponible sur mon ordi.

Un truc dont je me suis vite aperçu, c'est que les photos satellite d'Apple sont plus récentes que celles de Google. Sur des endroits que je connais bien, on voit tout de suite la différence, sur des endroits qui ont changé en quatre ou dix ans.

Et puis, je ne sais pas pourquoi, j'ai été regarder à quoi ça ressemblait du côté de Polyarny. Pour ceux qui ne connaissent pas, Polyarny c'est un fjord très profond, dans l'oblast de Mourmansk, en Russie.

J'avais examiné la zone sous toutes les coutures sur Google Maps, l'été dernier, pour faire des recherches. Parce qu'il faut le savoir, Polyarny c'est une très grande base de sous-marins nucléaires, sans doute la plus importante de toute l'Arctique, c'est celle d'où partait l'Octobre Rouge dans le film de John McTiernan. Et sur les photos vues cet été (hélas, Google Maps ne date pas ses sources), y avait de quoi voir. Cargos, remorqueurs, sous marins d'attaque, sous marins nucléaires lanceurs d'engins. De tout. Y compris des trucs en cale sèche, des trucs à la couleur inquiétante de rouille avancée, des trucs sentant l'abandon.

Là, tout à l'heure, en ce connectant sur Plans, je pas trouvé grand-chose : deux SNA et autant de SNLE. Alors je suis retourné voir sur Google. Je me disais, il y a peut-être eu de la censure côté Apple, après tout ils sont coutumiers du fait.

Je regrette de ne pas avoir fait tout plein de copies d'écran l'été dernier.

Parce que pour le coup, Google Maps semble avoir mis à jour ses photos, et on ne voit plus que trois petits sous-marins d'attaque, et deux, peut-être trois SNLE qui ont l'air de s'emmerder ferme dans leur coin. Point barre (à babord). C'est tout. La base est quasiment vide.

Alors j'ai plusieurs théories. La première, c'est que le gouvernement Russe a gueulé, et Poutine a demandé à deux entreprises américaines de faire le ménage dans ses photos. C'est possible. Ça s'est déjà vu. Mais pourquoi, alors, y avoir oublié quelques submersibles quand même ?

La deuxième théorie, c'est que la Russie a achevé le démantèlement de ses sous-marins trop esquintés pour servir, et qu'il ne reste du coup plus que ce qu'elle a les moyens de financer. Il est vrai qu'à l'époque Eltsine, il y avait eu un énorme scandale à ce sujet : les sous-marins rouillaient, la tripaille nucléaire à l'air, courant le risque de déverser en mer leur contenu de métaux radioactifs oxydés. Je crois me souvenir qu'une entreprise britannique avait offert des câbles de grues pour aider aux travaux, ayant constaté que ceux servant à relever les cuves des réacteurs étaient déjà rapiécés de partout. Si c'est ça, la situation s'est pas mal assainie. C'est bien.

La troisième, c'est que l'immense flotte du Nord a repris du service, et que des dizaines de cigares d'acier et de titane, chargés ras la gueule de bidules à tout faire péter, parcourent les mers et les océans. Au moment où le ton monte (mollement, hein, c'est l'Europe qui fait péter les galons, pour l'instant) contre la Russie, c'est peut-être un paramètre à prendre en compte.

La même zone, selon Google…


… Et Apple.

mardi 18 mars 2014

On the road again

Alors, toutes ces histoires de circulation alternée sur les routes, histoire de limiter la pollution… Ça vaut pour les embouteillages d'hélicos, aussi ?

En plus, ces salauds-là, la ligne blanche ils en ont rien à carrer


Sinon, j'ai mis de l'ordre dans le dossier Saint Louis. Parce qu'on ne se rend pas compte, mais quand on travaille à deux scénaristes, et qu'en plus deux historiens contrôlent tout par-dessus, la moindre scène a vite fait d'exister dans cinq ou six versions différentes. Et quand on se répartit l'écriture du premiers jet séquence à séquence, on se retrouve vite avec cinq ou six fichiers texte pour chacune des séquences, multiplié par le nombre de séquences, puis divers fichiers assemblant les séquences entre elles, et impliquant diverses modifications a posteriori. Et comme je suis un maniaque qui ne jette rien, parce que c'est toujours bien de pouvoir reprendre l'évolution d'une scène de son stade initial à son résultat final quand on a le moindre doute, on finit par avoir un dossier "scénario" encombré de plus d'une centaines de fichiers Word avec des dénominations bizarroïdes.

Je viens de passer une heure et demie à trier tout ça, en ne gardant dans le dossier "scénario" que les trois dernières versions du script complet. Tout le reste est archivé, on ne sait jamais.

dimanche 16 mars 2014

Loulou sur un bateau

Comme c'est Dimanche, et donc le Jour du Seigneur, il m'a semblé approprié de vous régaler de deux extraits de mon prochain album, le Saint Louis que je coécris avec Mathieu Mariole pour les éditions Glénat, dans la nouvelle collection Ils ont fait l'histoire.

Voici donc deux pages de storyboard, qui sont d'autant plus intéressantes qu'elles font écho à un autre de mes albums, le tome 3 de Crusades. Certains des personnages sont les mêmes, mais le traitement est subtilement différent, allez savoir pourquoi.





jeudi 13 mars 2014

The future is so 1950

En septembre sortiront chez les Moutons électriques, excellent éditeur dont je ne peux que recommander chaudement les productions* deux ouvrages dans la collection Bibliothèque des Miroirs qui pourront se lire en parallèle et se répondront l'un à l'autre. C'est d'autant plus chouette qu'on ne l'a pas fait exprès, on ne s'est pas consultés en cours de route, et ce n'est que dernièrement que nous avons pris conscience des parallélismes que présentaient nos démarches. Nous, c'est Nicolas Nova, l'auteur de Futurs ?, et moi, qui sue sang et eau pour finir Cosmonautes ! dans les temps.


Les deux bouquins ont en effet pour objet d'autopsier deux formes d'imaginaire assassinées par leur propre réalisation, sur l'air du "on nous avais promis les voitures volantes, et on a eu les 140 caractères".





*En toute objectivité, bien entendu.

mercredi 12 mars 2014

Racines

Alors, en prenant le métro pour me rendre à un rendez-vous chez un de mes éditeurs, j'ai vu que la Comédie Française, une de ces vénérables institutions culturelles qui font la gloire de notre beau pays, montait Andromaque, de Racine : Jean Racine est une des valeurs sûres de la Comédie Française. Il y a une élégance de la langue chez Racine sans équivalent, même chez ses contemporains*. Mais je note qu'à la Comédie Française, on joue souvent Andromaque, et jamais Levrette ni Missionnaire.

Faut-il y voir une nouvelle preuve de l'influence néfaste de la théorie du Genre ? De la décadence de la société ?

Ô tempura, ô mores, comme dit toujours mon restaurateur japonais, qui a le sens de la citation à froid.








* Ça, je n'en ai pris conscience que tardivement. Le fait d'avoir passé quelques années dans un collège portant son nom m'avait un peu conduit à blocage en ce qui concerne son œuvre. Blocage à présent levé, heureusement. Mais rien qu'un truc tout bête comme "Belle, sans ornement, dans le simple appareil d'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil" ça me met en transe à chaque fois. Et la version de Phèdre par Pierre Dac aussi, mais pour d'autres raisons.

mardi 11 mars 2014

Comme François, osons !

Alors, un vieux proverbe stipule "Qui ose, vaincra." Et une célèbre expression nous rappelle opportunément que "les cons, ça ose tout, c'est même d'ailleurs à ça qu'on les reconnait." Ce qui signifie que, dans toutes les configurations, ce sont les cons qui gagnent. On s'en doutait un peu, mais là, on en détient la preuve. C'est assez déprimant, quand on y pense.

lundi 10 mars 2014

Au bonheur des connards

Ah, je me suis aperçu que j'avais oublié de m'accréditer pour le Salon du Livre.

Qu'à cela ne tienne, je suis allé, comme tous les ans, me connecter au site du Salon (qui envoie de mails de ses évènements aux gens accrédités les années précédentes, mais ne les pré accrédite pas pour autant). L'idée était de demander un badge d'accès, que j'obtiens toujours sans difficultés (sauf il y a deux ans, souvenez-vous).

Et donc, cette année, je découvre que donner son numéro Agessa ne suffit plus pour faire la preuve qu'on est un auteur. Il faut scanner une carte d'un syndicat des auteurs, maisons des auteurs, etc. Mais être affilié au régime de sécu ne suffit plus. Alors que donner un numéro facilement vérifiable, c'est pas compliqué. C'était pas assez compliqué, visiblement. Et donc, c'est reparti comme y a deux ans, on filtre les auteurs au Salon du Livre. Les gens qui les font, les livres. Qui les créent. Mais la tendance de fond, visiblement, c'est de laisser la place aux distributeurs, attachées de presse, sous-ministres divers et candidats municipaux qui sont des gens sérieux, eux. Et aux cochons de payants, bien entendu, parce qu'on est là pour gagner des sous. La promotion de la culture, c'est un prétexte.

Okay, très bien. Dont acte.

C'est de plus en plus souvent que je n'y mettrai plus les pieds, à ce Salon, ça se confirme.

Messieurs les organisateurs (c'est toujours une filiale la société Elsevier qui organise, je crois, cette même société dont il me semble qu'elle se traine assez de casseroles pour remplir les cuisines de tous les restaurants de Paris du fait de ses méthodes dans le domaine de la presse scientifique), veuillez donc agréer l'expression de mon plus profond mépris.

Et il va de soi que les communications du SdL Paris finiront désormais toutes dans ma boite "indésirable".

vendredi 7 mars 2014

La citation du vendredi

"L'humour est ce qu'il y a de plus important après le foie gras."

Et c'est de Marcel Gotlib.

Et je la balance aujourd'hui parce que c'est jour de poisson, alors fini de rire.

jeudi 6 mars 2014

Evil evil evil !

Y a un truc très dur, quand on a des mômes, c'est de s'apercevoir à l'occasion d'une réunion au collège que l'éducation nationale s'est mise à la page et aux nouvelles technologies.

Du coup, maintenant, on a le droit à des powerpoints. Gavés de texte. Avec une dame qui lit le texte au cas où on aurait du mal.

Quand en plus c'est pour nous balancer des trucs qu'on sait déjà, alors on touche aux tréfonds du chiant total.

Au bout de dix minutes, j'avais déjà envie de faire ça à l'ordi qui hébergeait cet horrible fichier powerpoint.





Et ça a duré plus d'une heure.

Je sais bien qu'aucune technologie n'est intrinsèquement mauvaise, que le problème, ce sont les gens qui l'emploient. Mais y a pas, j'en reste persuadé, Powerpoint, c'est le MAL.

mercredi 5 mars 2014

Übermensch du boulevard

Hop, je rappelle que la table ronde "Super Héros à la Française" c'est ce soir à 17 heures, au Gibert Joseph du Boulevard Saint Michel.

Et ce sera suivi d'une séance de dédicaces.


samedi 1 mars 2014

Par intermittence

Ah, haro sur les privilégiés ! Il parait que le régime des intermittents est comptable d'un milliard sur le déficit de l'assurance chômage.

Et donc, qu'en le supprimant, on économiserait un milliard.

C'est logique, non ?

Par contre, si on supprime le régime, pas mal de gens seront obligés de passer au RSA. Et là, vu comme ça, l'économie n'est plus que de 250 millions, du coup. Mais ça ne compte pas, bien sûr, puisque ce n'est plus l'assurance chômage qui paye. Mais les collectivités locales. Ou comment déshabiller Paul pour mal fagoter Jacques.

Par ailleurs, peut-être que le régime se porterait moins mal si les employeurs cotisaient pour toutes les heures travaillées. Parce qu'au rang des "privilèges" des intermittents, il y a celui de bosser douze heures payées huit, par exemple. On file un contrat et un bon de commande à des techniciens pour huit heures d'installation d'une scène, par exemple, et tant pis si le chantier déborde à douze heures. Et tant pis s'il déborde sur tous les chantiers. Le régime compense, et comme l'intermittent est rarement en position de force pour négocier et faire valoir ses droits, parce qu'on menace de le remplacer par un plombier polonais, il ferme sa gueule.

Peut-être aussi le régime se porterait-il moins mal si on auditait la télé et les boites de prod télévisuelles qui ont des contrats réguliers pour des émissions régulières. Combien d'économies sont réalisées par les chaines et les producteurs en imputant les congés payés au régime chômage, pour des gens qui bossent pour eux dix ou onze mois par ans depuis des années ? Pourquoi n'ont-ils pas un CDI de droit commun ? Ils ne sont plus intermittents depuis longtemps !

C'est amusant, hein ? Tout porte à croire que ceux qui jouent le plus la comédie, ce ne sont pas les professionnels du spectacle, dans l'affaire. Au fait, on en est où de la réforme du régime de retraite des Députés et Sénateurs ? Nulle part ? Je me disais aussi...