mardi 26 janvier 2016

Angoulème

C'est le festival d'Angoulème cette semaine, et donc vous pourrez m'y trouver tout le week-end.


Au conservatoire Gabriel Fauré :

Vendredi 29 janvier à 12H00,rencontre avec l'auteur canadien Jeff Lemire (Sweet ToothGreen ArrowJustice League Dark)

Samedi 30 janvier à 13H00, conférence sur La bd à la conquête de l'espace 

Dimanche 31 janvier à 11H00 conférence sur Dr. Strange et les magiciens des comics



Et Bulle New York, sur le stand du MOTIF, avec les éditions La Cafetière, où je dédicacerai vendredi et samedi après-midi.

dimanche 24 janvier 2016

Annonce officielle

Ah, tiens, visiblement ça a été annoncé officiellement, avec la couve et tout. Donc :



Eschatôn, « la bibliothèque voltaïque »
Auteur : Alex Nikolavitch
Couverture par Melchior Ascaride
ISBN 978-2-36183-254-4
17 cm × 21 cm
diffusion & distribution Harmonia Mundi
à paraître

La grande armée de Foi avait déployé deux légions de diacres pour en finir avec un monde maudit, siège d’une très ancienne et très abominable Puissance qu’il était grand temps de faire périr par le feu, comme l’ordonnait le Saint Catéchisme.

Quand Wangen se réveille de sa transe de combat, de la boue jusqu’à la taille, il découvre avec horreur que ses pouvoirs guerriers l’ont abandonné. Lui et ses quelques camarades survivants doivent échapper à la jungle et à l’ennemi qui y rôde. Mais un autre ennemi se profile alors, infiniment plus redoutable et retors. Une science que l’on croyait oubliée depuis des générations sans nombre. Celle-là même qui une fois déjà avait condamné tout un univers…

Scénariste de BD et traducteur de comics, auteur de quelques essais, Alex Nikolavitch nous livre son premier roman, au confluent du space opera et de la dark fantasy. Eschatôn brouille les frontières entre fantastique et science-fiction, entre futur lointain et passé plus lointain encore, entre foi et raison, entre ami et ennemi.

La fibre métaphysique du meilleur space opera se livre ici intimimement mêlée à l’horreur lovecraftienne, pour un roman d’une force remarquable, d’un souffle puissant.

(et normalement, ça sort en juin prochain)

Liens : 
Le site de l'éditeur
Le blog de l'éditeur

vendredi 22 janvier 2016

Planet Nine from outer Space


Tiens, voilà qu'on nous refait le coup de la dixième planète. Sauf que cette fois, c'est la neuvième du fait de la dégradation de Pluton, pourtant la star de l'année astronomique écoulée, au rang de "planète naine". Non que je critique la décision de "déplanétiser" Pluton (on en causait ici même pas plus tard que y a pas longtemps), mais ça complique encore plus la nomenclature si la fameuse "planète X" après laquelle tout le monde court depuis près d'un siècle comme autant de Bogart à télescopes après un Faucon Maltais même pas vrai n'est plus que la neuvième.

Bon, tout le monde s'excite sur la "Planet Nine", et les explications fournies par ses découvreurs (qui justement ne l'ont pas encore découverte) ont l'air solides. Comme de juste, il s'agit de s'intéresser aux anomalies orbitales de corps tournant dans le secteur. Et des anomalies, il y en a, semble-t-il. Des orbites très excentriques (voir schéma) qui s'expliqueraient pas mal par la présence d'un gros corps tournant loin, très loin au-delà de l'orbite de Pluton.

Et c'est peut-être ce qui me conduit à la prudence : c'est loin, très, très, très loin, et même avec les moyens modernes (et New Horizons qui se balade dans le secteur), on n'est pas prêts d'avoir catalogué tous les machins et les bidules qui tournent par là. On ne comprend même pas très bien ce qui s'y passe (la falaise de Kuiper est l'un des mystères locaux, qui avait d'ailleurs déjà conduit à postuler une grosse planète dans le coin, qu'on n'a jamais trouvée) et Sedna, l'un des objets pointant vers notre "Planet Nine" de la semaine, n'est tout au plus qu'un blip, un pixel sur des photos astronomique, qui se balade entre trois et trente fois la distance de Neptune au Soleil.

Bon, pour l'instant, les découvreurs se donnent huit ans pour voir la fameuse planète, en poussant les calculs pour essayer de découvrir dans quelle portion du ciel elle se trouve actuellement, si elle existe.

Alors attention, hein, je joue les rabats-joie parce que c'est la nième "Planète X" qu'on nous sort, et qu'on n'a jamais trouvé les autres. Mais le truc a l'air solide, et c'est une quête grisante.

jeudi 21 janvier 2016

La semaine des comics




J'en ai déjà parlé dernièrement, mais j'en remets une couche : la médiathèque Blaise Cendrars et le Ciné-ville de Conflans organisent début février une "semaine des super-héros" (et des comics en général).

Je participerai directement à deux des évènements prévus :

La projection de Birdman, le vendredi 5, qui sera suivie d'un débat avec Xavier Fournier (de comic box), Claude Forest (auteur de du héros au super-héros) et moi,
L'apéro comics, le vendredi 12, avec Bruce Tringale (alias Bruce Lit)

Normalement, on devrait pouvoir dédicacer sur place. Donc si vous avez des bouquins à faire signer, amenez-les. Et si vous n'en avez pas, il devrait y en avoir pour vous !

lundi 18 janvier 2016

Plein d'histoires entre les oreilles

Tiens, j'ai oublié de vous signaler ma participation au dernier numéro paru de la revue La Grande Oreille, consacrée à l'art du conte. Ce numéro, le 63, est consacré à la figure du héros mythologique, et j'y signe donc un papier sur la façon dont nos super-héros préférés ont pris la relève.


vendredi 15 janvier 2016

"Tu peux pas test"

Intéressant, cette histoire de test médicamenteux tragique révélée aujourd'hui par la presse.

Intéressant non pas du fait de l'accident très grave qu'il a engendré, mais du fait de son traitement médiatique. Et un traitement médiatique à l'ancienne pour des tests de nouveaux traitements, c'est malvenu. En tout cas, je suis tombé sur l'histoire en allumant la télé deux minutes au moment du café. Et du coup, je l'ai laissée un peu en tâche de fond après, parce que ça me semblait intéressant.

Et la situation a évolué dans l'après-midi. Ou plutôt non, pas la situation, mais la façon de la présenter.

Et donc, première phase "c'était un médicament contenant du cannabis".

Deuxième phase, "c'était un médicament dérivé du cannabis".

Troisième phase, "en fait on s'est plantés, rien à voir".

Les trois versions insistaient que, dans tous les cas, ils s'agissait d'un antalgique.

Mais pourquoi cette erreur sur le cannabis ?

Alors, à l'heure où j'écris ces lignes, les communiqués qui circulent font été d'une "molécule à « visée antalgique » agissant sur les récepteurs cannabinoïdes" pensée dans le cadre de traitements de compléments pour les malades atteints de Parkinson.

Là on comprend tout de suite mieux.

"Cannabinoïdes". Il n'en fallait pas plus pour que le sensationnalisme à deux sous prenne le dessus, surtout avec la démocratisation graduelle du cannabis à usage thérapeutique. Le message sous-entendu, c'est du coup "regardez, en fait le cannabis médical tue !" et on sent, sous-jacent, le "mouah-ah-ah" des journalistes bien pensants à costard cravate pour qui, de toute façon, et c'est un syndrome de classe, la seule drogue récréative qui vaille qu'on s'y intéresse, c'est celle de Don Pablo de Bogota. On peut pas vraiment leur en vouloir, ils sont montés comme ça à l'usine, les pauvres.

Bref. Petit rappel. On appelle récepteurs cannabinoïdes des sites protéiques du systèmes nerveux qui expliquent sa sensibilité aux effets du cannabis, mais qui existent principalement pour réagir à certains neurotransmetteurs (naturellement produits par l'organisme) dont l'action est encore mal comprise à ce jour et qu'on a appelés du coup cannabinoïdes puisque leur action avait été caractérisée grâce au cannabis (c'est exactement la même chose pour les récepteurs morphiniques, atropiniques, nicotiniques et autres). Mais on peut dès lors synthétiser des molécules faisant réagir ces récepteurs sans pour autant qu'elle soient dérivées du cannabis. Apparemment, c'est le cas de celle qui était testée dans l'affaire qui nous occupe. Mais avant que ce ne soit compris par les journalistes, ça (si tant est qu'ils aient compris le fin mot de l'histoire), il a fallu du temps.

Mais la machine était lancée. Les chaînes avaient invité des "experts" pour en parler, et en parler de préférence de façon orientée. Une journaliste ayant écrit un bouquin sur les effets indésirables des médocs et leurs victimes*, bien embêtée pour parler d'une affaire dont elle ne savait visiblement rien et qui se bornait à des platitudes, et un toubib controversé connu pour être parti en croisade contre un paquet de médicaments courants, et qui lui s'interrogeait sur l'opportunité de créer une nouvelle classe thérapeutique d'antalgiques. Car à ce stade, personne ne parle encore de Parkinson. Et c'est pourtant bien, je crois, le nœud du problème.

Parkinson, c'est une maladie dégénérative, dont les traitements ne sont encore que palliatifs, ne faisant que retarder l'aggravation des symptômes. Du coup, tout ce qui peut contribuer à améliorer la qualité de vie des malades est bon à prendre, et cela semble être le sens de l'essai en cours (au moment où j'écris ces lignes, et dans la limite des infos à ma disposition). Du coup, heureusement qu'on essaie d'ouvrir de nouvelles pistes de traitements, parce que cette maladie ayant à voir elle aussi avec des neurorécepteurs (ceux de la dopamine), c'est très compliqué à mettre en œuvre, tout ça. Parce que des traitements de la maladie elle-même, non seulement on n'en a pas, mais en plus on n'est même pas certains de disposer de pistes théoriques.

Du coup, en tant que tel et sur le fond, le test ne me semble pas attaquable dans ses objectifs.

Ce qui s'est passé (et à ce stade, c'est très difficile à déterminer, mais je pense ne pas être trop loin de la vérité avec mon hypothèse, qui n'est que ce qu'elle est, c'est à dire une hypothèse informée tant bien que mal), c'est que les sujets sains qui sont tombés malades avaient reçu une forte dose du médicament, et le médecin expert a fort justement souligné qu'il faudrait examiner les lots pour vérifier qu'il n'y ait pas eu une erreur de dosage quelque part. Une forte dose justifiée par le fait qu'à ce stade (près de cent personnes ont reçu divers dosages de ce traitement, et seulement 6 sont concernées par les problèmes graves, dont une qui reste asymptomatique) il faut déterminer les dosages efficaces du machin. Et que pour certaines molécules, ce dosage efficace est dangereusement proche de la dose maximale que peut encaisser l'organisme (c'est le cas d'un truc tout con comme le Doliprane, par exemple, qu'on prend quasi systématiquement à la dose max). Et donc, à un poil près, peut-être que cette dose max théorique a été mal calculée. L'enquête nous le dira.

Malgré tout, un fait demeure, incontestable : la télé a vu "cannabis" et s'est ruée sur le sujet toutes affaires cessantes pensant tenir un bon truc pour le week-end. Sauf que non, le vrai sujet, il ne l'ont pas traité.





Bob réveille-toi ! Ils sont devenus fous !



* Attention, je remets pas en cause son boulot, qui est peut-être très bien, mais le mot "victime" dans le titre, à une époque où tout conspire à essayer de nous confire collectivement dans des rôles de victimes de tout et n'importe quoi pour pouvoir nous infantiliser, c'est problématique. Par ailleurs, il y a suffisamment d'affaires graves de magouilles pharmaceutiques et d'effets cataclysmiques de certains médocs pour que la prudence soit de mise, et que des bouquins explicitant ses affaires soient indispensables. C'est juste la présentation qui me gêne.

jeudi 14 janvier 2016

Au programme

Je redonne ici le programme de mes prochaines interventions :

Dans le cadre du festival d'Angoulème, au conservatoire Gabriel Fauré :

Vendredi 29 janvier à 12H00,rencontre avec l'auteur canadien Jeff Lemire (Sweet ToothGreen ArrowJustice League Dark)

Samedi 30 janvier à 13H00, conférence sur La bd à la conquête de l'espace 

Dimanche 31 janvier à 11H00 conférence sur Dr. Strange et les magiciens des comics


Dans le cadre d'une semaine super-héros organisée conjointement par la médiathèque Blaise Cendrars et le Ciné-Ville de Conflans Ste Honorine :


Vendredi 5 février à 20 heures, Une projection de Birdman, suivie d'une table ronde avec moi, Xavier Fournier (Comic BoxSuper-héros, une histoire française) et Claude Forest (Du héros au super héros. Mutations cinématographiques), au Ciné-ville, 5 rue Arnoult Crapotte.

Vendredi 12 février à 18h30, un "apéro-comics" à la Bibliothèque Blaise Cendrars, avec moi et Bruce Tringale (Bruce Lit).


mardi 12 janvier 2016

"Il est en conférence"

Ah, tiens, je vois que la médiathèque d'Antibes a mis en ligne ma conférence du mois de novembre dernier sur "Les villes rêvées des comics". Bon, il en manque les cinq ou six premières minutes, visiblement. Rien de bien grave, ceci dit, je m'y bornais à noter que la ville en tant que telle comme sujet de fiction commence avec le roman populaire du type Les Mystères de Paris.



lundi 11 janvier 2016

"TV screen makes you feel small - no life at all" (Iggy Pop et Goran Bregovic)

Pour en revenir aux sujets d'actu, faut vraiment que j'arrête d'essayer de mettre les infos quand j'allume la télé. La, hier, pendant que la tambouille cuisait, j'avais le choix entre le direct des gens place de la République sur I-télé et le direct des gens place de la République sur BFM-TV. C'est à dire un plan large de la foule, avec de temps en temps un insert, et des gens qui commentent en voix-off pour dire des platitudes. Le bandeau défilant en bas de l'écran était plus intéressant, quoi. Au moins, il donnait l'heure.

Heureusement qu'il y a Euronews, du coup, pour savoir un peu ce qui se passe dans le monde, parce que c'est pas la peine d'avoir plusieurs chaînes au nom du pluralisme de l'info si c'est pour que le résultat fleure bon l'ORTF à papy.

Alors après, j'ai eu du bol, hein, je suis pas tombé sur le concert de Johnny. Parce qu'après les cloches de Notre-Dame et les Marseillaises l'an passé, et cette année les choeurs de l'armée et Johnny, je trouve que cette manie du contresens dans les hommages à Charlie tourne au procédé. Je sais pas, c'est comme si on invitait le Comte de Paris à la tribune le 14 juillet, Michel Sardou à un hommage à Léo Ferré, ou qu'on zigouillait des gens au nom d'un Dieu d'amour...

Wait...

Enfin bref, plus que Johnny ou ma proposition d'hier, je crois que la bande-son idéale, en fait, c'est ça :


 

dimanche 10 janvier 2016

La citation du jour...

La citation du jour, elle est dans le Manuel :

"Expliquer, c'est déjà vouloir un peu excuser." C'est notre cher Premier Sinistre qui l'a sortie pas plus tard qu'hier, et il n'a même pas ri. C'était du sérieux. Et accessoirement, quasiment du Sarkozy dans le texte.

Et ça mérite donc explication.

Parce que de deux choses l'une :

Soit il ne croit pas ce qu'il raconte, et c'est un cynique malhonnête. Auquel cas, bon, pourquoi pas, en tant qu'homme politique, le cynisme et la malhonnêteté font un peu partie de la description de poste.

Soit il y croit, et alors c'est un crétin obscurantiste qui ne vaut pas mieux que les crétins obscurantistes de Daech, il est juste un peu mieux habillé (et juste un peu, hein. la cravate, personnellement, je trouve ça un peu ridicule quand même en tant qu'objet, et en tant que symbole, ça n'envoie de toute façon pas un bon message).

Parce que rappelons ce fait tout simple : la loi de causalité, selon laquelle tout fait a une cause, et donc une explication, c'est juste un tout petit peu le fondement de la science en tant que telle, et plus généralement de la pensée telle qu'on la conçoit depuis quelques siècles dans la civilisation occidentale. Donc notre fier et preux défenseur des valeurs de l'occident, il prend un tout petit peu le problème par le mauvais bout, me semble-t-il.









Du coup, un peu de musique de saison, pour bien nous mettre dans l'ambiance :



Et ça se passe d'explication, ça, non ?

jeudi 7 janvier 2016

Voeux de saison

Au fait, joyeux Noël à tous ! En tout cas, à tous ceux qui n'ont pas été contaminés par l'hérésie papiste, bien entendu.

mercredi 6 janvier 2016

Angoulème, le planning

Le festival d'Angoulème approche, et donc il est grand temps que je vous donne mon programme sur place :


Vendredi 29 janvier à 12H00, j'animerai une rencontre avec l'auteur canadien Jeff Lemire (Sweet Tooth, Green Arrow, Justice League Dark)

Samedi 30 janvier à 13H00, je donnerai une conférence sur La bd à la conquête de l'espace

Dimanche 31 janvier à 11H00 je donnerai une conférence sur Dr. Strange et les magiciens des comics

Le reste du temps, je risque fort de traîner mes bottes du côté de la bulle New York, genre sur le stand du M.O.T.I.F. où devrait s'installer La Cafetière, mon éditeur qui m'accueille à chaque nouvelle édition du festival depuis un paquet d'années.

Vous voilà prévenus !

samedi 2 janvier 2016

Réveil en fanfare

Alors avant toute chose, un avertissement.

Cette notule sera blindée jusqu'à la gorge de

PUTAINS DE GROS SPOILERS
DROIT DEVANT

FULL FUCKING SPOILERS AHEAD

Donc si vous n'avez pas encore vu le film (et si vous ne savez pas de quel film je vais parler, c'est que vous étiez sur Mars ces deux dernières années), allez-vous en.

C'est bon ? Vous êtes partis ?

Alors je peux commencer.

Non, je t'ai vu, toi, qui consulte cet article sur ton iPhone en faisant la queue devant le multiplexe. Casse-toi.

Donc, j'ai profité du jour de l'an et du fait que ma salle de quartier le passait en VOST pour aller voir The Force Awakens hier avec deux de mes rejetons. L'idée était aussi d'éviter la foule, c'est pourquoi on avait attendu jusque là pour nous lancer.

Déjà, parlons des sujets qui fâchent. Oui, le scénar est sommaire. Oui, la temporalité globale est par ailleurs à peu près aussi inconsistante que celle des épisodes 4 et 5. Oui, l'arme ultime, c'est un peu too much, surtout les gens qui en voient les effets en temps réel de l'autre bout de la galaxie. Oui, Max von Sydow et Brienne servent globalement à rien. Oui, le McGuffin est bidonissime : un itinéraire pour trouver une planète alors qu'on a l'hyperespace, c'est naouaque. Il aurait plutôt fallu un jeu de coordonnées, quitte à ce qu'elles soient incomplètes, ou une piste. Asimov faisait ça très bien dans Fondation à une époque où George Lucas portait encore des couches.

à une époque où la Princesse Leia et R2D2
auraient ressemblé à ça, quoi


En dehors de ce genre de chose qui m'ont titillé à intervalle régulier dans le film, j'ai été un gosse pendant deux heures. Quelle pied. Enfin un bon Star Wars. Ça faisait une paye, quand même. Le père Jar Jar Abrams est pile là où je l'attendais, sur un fil infiniment ténu séparant l'hommage, la recréation et le mythe pur. Roublard et astucieux comme il l'est, il a réussi à contourner pas mal d'écueils (pas tous, mais il a réussi à éviter de s'écrabouiller sur eux qu'il a heurtés).

Attention, c'est là que ça commence à SPOILER GRAVE :

Le méchant d'abord. Oui, il a un côté Dark Vador du pauvre, et j'ai entendu ce reproche ici et là. Reproche qui n'a aucun sens, puisque c'est justement le concept du personnage. Ce pauvre gamin essaie de toutes ses forces et de toute sa Force (qui semble puissante en lui, voir l'épatante séquence du tir de blaster figé en plein vol, et mention spécial au sound design, dérangeant juste ce qu'il faut) s'est fixé un objectif dont il ignore qu'il est absurde et inatteignable. Il est esclave de l'image qu'il se fait de Vador, d'un Vador infiniment bad-ass et terrifiant, sans se rendre compte qu'à la base, Vador est lui-même un gamin paumé dans ses propres fantasmes et détruit par eux. Dès lors, Vafan-Kylo s'enferme dans ses névroses et son délire, qui le conduit aux pires extrémités. Sérieusement, c'est vraiment pas con. Plusieurs personnes m'ont dit que, pour elles, le voir retirer son casque le bousillait en tant que méchant, et au contraire, ça situe complètement les enjeux du truc. Star Wars est un mythe, mais lui est celui qui vit le plus pleinement cet aspect mythique : il est lui-meme prisonnier d'un mythe qui domine sa vie (alors que Solo tente d'échapper au sien), parce qu'il n'en a gardé que l'aspect archétypal sans s'interroger sur ses sources. Quand je vous dis qu'Abrams est roublard...

Le retour des papys. C'est conçu pour arracher une larmichette. Et ça marche très bien. Accessoirement, honte aux twittos qui ont avoiné Carrie Fisher sur son âge. Elle a pas plus mal vieilli qu'Harrison Ford, faut pas déconner. Simplement, dans nos sociétés, le poids de l'apparence pèse pas de la même façon sur les hommes et les femmes. Et dans son rôle de figure publique enfermée dans des combats depuis trop longtemps, et qui sur le plan personnel a tout perdu, elle est très bien. Ford cabotine, mais c'est le rôle, aussi. Bonne pioche pour Mark Hamill, qui a probablement battu le record détenu jusqu'alors par Marlon Brando dans Superman du caméo le plus cher du monde.

Bon, Han Solo qui nous fait une Obi-Wan. C'était attendu. C'était lui ou Luke, visiblement. Et "Noooooon !" est clairement, en fait, quand on y réfléchit, la réplique gimmick la plus emblématique de la saga.

Après, les nouveaux persos ne déméritent pas. Y a des trucs un peu rapides dans leur développement, c'est clair, mais ils tiennent la route et donneront lieu à des développements par la suite.

Bon, laissons à présent la poussière retomber, peut-être que mon analyse changera avec le temps et les revisionnages (c'est souvent le cas), mais le fait demeure : je suis retombé en enfance pendant deux heures, à égalité avec mes propres mômes, et ça, c'était cool.

vendredi 1 janvier 2016

Sweet sixteen

Bon, ayé, nous voilà en 2016, donc tous mes vœux à tous.

Et comme bonne résolution de nouvel an, et comme les années précédente, j'ai pris la résolution de ne pas prendre de bonnes résolutions. Parce que primo on ne les tient pas, et secundo on a mauvaise conscience de ne pas les tenir, donc c'est doublement contre-productif.

Hier soir, pour le réveillon, il a fallu que je me démerde pour servir un truc sympa un peu au débotté, à l'arrache, avec ce que j'ai pu dénicher à la supérette du coin, préalablement pillée par d'autres retardataires juste un peu moins retardataires que moi. Déjà qu'ils n'ont pas des masses de choix en temps normal, là c'était un peu le Sud Soudan.

Donc outre les entrées basiques, petits canapés agrémentés de garnitures sympas, j'ai préparé un truc un peu nouvelle cuisine, dont l'idée mes venue en furetant dans le rayon (bon, si ça se trouve, ça existe déjà, mais j'ai trouvé le truc, de mon côté, en faisant un jeu combinatoire de ce qui restait en magasin) (et au prix où ils faisaient le foie gras, c'était niet).

J'ai fait cuire des aiguillettes de canard dans du vinaigre balsamique et du romarin, et je les ai servies avec une mousseline de petits pois aux asperges et une touche de confiture de châtaignes. Et c'était à la fois très fin et un peu original.

Bref, j'étais content de moi et je me suis régalé.

Bon, bonne année à tout le monde, hein.