dimanche 21 avril 2013

samedi 20 avril 2013

Non, quoi !

Ma petite avait allumé la télé dans la pièce à côté. Il y avait un dessin animé. Tout en bossant, j'écoutais d'une oreille distraite les aventures de gamins ayant balancé accidentellement leur ballon dans le jardin du voisin, situation clichesque de base de pas mal d'histoires de gamins.

Et là, paf, un mot a suffi à me tétaniser à mon poste de travail, puis à me faire jaillir de mon bureau, l'œil injecté à la bave au lèvres. Et quand je suis arrivé devant l'écran, le protagoniste tenait à la main un ballon rond, décoré de pentagones noirs caractéristiques. Et il a répété l'ignominie que j'avais bien cru entendre.

"Mon ballon de soccer."

Je ne sais pas qui est le collègue qui a assuré la traduction de ce machin. Mais si j'ai un conseil à donner à ses employeurs, c'est de prendre le Manufrance et la chevrotine (du zero, mettons, ça marche sur les sangliers, ça doit pouvoir marcher sur un traducteur qui cochonne son travail) et d'aller s'occuper de lui. Et d'abattre tout le troupeau au passage. Parce qu'en moins de cinq minute, ce triste sire, ce colonisé culturel boursouflé d'ignorance crasse, cette honte de la profession, a traduit au moins cinq fois le mot soccer par... Soccer.

Alors qu'en Français, ça se dit football, cuistre ! Je sais, c'est un affreux anglicisme et je le déplore, mais c'est celui qui est passé dans les mœurs depuis plus d'un siècle. Et ce n'est pas parce que les ricains appellent football un sport où on tient le ballon essentiellement à la main (ce qui confirme ce qu'en disait John Cleese, à savoir que nos amis d'outre atlantique ne savent même plus parler correctement leur propre langue) qu'il faut suivre leur terminologie absurde ! Déjà que nos gamins, sur la console, jouent à FIFA Soccer (rien que le titre est une absurdité, vu que dans l'acronyme FIFA, c'est bien de Football qu'il s'agit, vu qu'à moins de ne plus savoir lire, je ne crois pas qu'il y ait de S dans FIFA) parce que les studios ne veulent plus localiser les boitages et la promo, mais là, trop c'est trop.

Du coup, l'avanie suivante qu'a fait subir ce lamentable à sa traduction, le fait de traduire hamburger par hamburger (vu qu'il s'agissait dans l'histoire de faire griller de la viande dans le barbecue du jardin, n'importe qui d'un peu civilisé aurait compris qu'on parlait là de steak haché) semblait quasiment véniel.

C'est que cet abruti-là, il quand même réussi à faire de moi un intégriste du football. C'est quand même pas donné à tout le monde. C'est ajouter la blessure à l'insulte, et le vinaigre à la blessure. Et le poivre au vinaigre.

Grmbl.

**s'en va en maudissant le ciel de ses petits poings rageurs**

vendredi 19 avril 2013

Plus près d'Ator

J'avais entendu pis que pendre des films Alien versus Predator. Ce qui me chagrinait, je dois bien le dire, tant j'avais pu apprécier les comics que j'avais pu lire sur le sujet, et le jeu vidéo avec lequel je m'étais bien amusé en mon temps (ah, les bastons en réseau dans le métro ou dans l'immeuble de bureaux, c'était de la balle) (et de la grenade, aussi) (et de la griffe) (et du laser).

J'appréciait trop la saga Alien, et les films Predator*, pour vouloir tenter ces films dont on ne me disait qu'ils n'étaient pas au niveau de leurs modèles. Et la façon dont Prometheus démontrait avec brio (ou plutôt, justement, avec une formidable absence d'icelui) qu'on pouvait très facilement bousiller cet univers m'avait convaincu qu'il valait peut-être mieux ne pas insister, et que la dernière incarnation valable sur grand écran des bestioles était probablement Pitch Black.

Et puis du coup j'avais pas tenté de les voir, les AvP.

Mais, dans ces périodes où j'ai vraiment trop de boulot au point que ça me stérilise la tête, j'ai un penchant immodéré pour les films lamentables, comme vous l'avez sans doute remarqué à la lecture de ce blog, ces derniers temps. Et donc, dans ces moments où je ne suis plus moi-même, où la fatigue me ravage les neurones qu'il me reste et qui ne sont pas encore totalement disjonctés par l'abus de café, je me suis infligé les dernières incarnation pelliculaires de ces concepts.

Et je partais d'un a priori forcément défavorable, parce que c'est comme si je te dis, t'es un Alien mais t'as pas de Ripley, ça le fait pas.

Non mais allô, quoi.

Et de fait, le premier AvP est, il faut bien le reconnaitre, un film très con. Oh, on sent bien un réelle bonne volonté (hop, on ressort Bishop, ou en tout cas son modèle humain, et on nomme un des personnages Verheiden, en hommage au scénariste qui le premier avait télescopé les deux licences, et les décors de la pyramide sortent directement du jeu), mais le manque de rigueur est patent. L'intérieur du vaisseau des Predators est un intérieur générique de vaisseau de SF, alors que Predator 2 avait montré que les extraterrestres chasseurs avaient un goût esthétique qui les éloignait quand même pas mal du look coursive métallique et néons qui brillent. Les Aliens ont un cycle de vie ultra accéléré qui leur permet de passer du stade d'oeuf implanté dans un hôte à celui d'adulte énorme et en pleine possession de ses moyens en... Si j'en juge par la grammaire cinématographique de la chose et par le comportement des persos... En moins de deux heures. Ils ont dû bouffer les glands de Panoramix, ceux qui accélèrent la croissance. Et ça, ce ne sont que les bourdes par rapport à la logique de la série. Parce que le guignol qui dit que les Aztèques comptaient en base 10 et donc que le temple a un cycle de dix minutes, je ne sais pas où il est allé à l'école, mais c'est sans doute chez Dan Brown. Parce que justement, les Aztèques comptaient en base 20, et leur système de comptage du temps ignorait royalement la minute. Accessoirement, si la civilisation à l'origine de la pyramide est l'ancêtre à la fois des Egyptien, des Cambodgiens et des Mésoaméricains, alors on n'a probablement pas affaire à des Aztèques, mais plus probablement à des Mayas voire à des Olmèques. Qui comptaient eux aussi en base 20 d'ailleurs. Et puis on découvre qu'en plus de voir dans l'infrarouge, les casques des Predators font aussi les rayons X, le scanner et l'IRM. C'est vachement pratique, mais pas remboursé par la Sécu, à m'a connaissance. On sent le rajout présent uniquement pour donner visuellement des explications aux spectateurs malcomprenants.

Et puis LE concept du film :
l'Alien écossais


Hormis ces (nombreux) détails, le film est quand même distrayant. On a, à défaut de Ripley, une Riplette qui fait bonne figure (mais évite de citer son modèle en traitant la reine Alien de bitch. Elle préfère citer Schwarzie en traitant le Predator d'ugly motherf*cker). C'est punchy, y a des idées rigolotes, deux trois belles scènes. Et le contexte antarctique permet de justifier la connaissance des entreprises Weyland de l'existence des aliens tout en conservant l'ignorance du grand public. Film couillon, donc, mais pas déplaisant. Mieux foutu, ça aurait pu faire un honnête succédané d'un film des Montagnes Hallucinées. Sauf que non, mais on voit que ce film est là, en germe, avec les Predators dans le rôle des Anciens, et les Aliens dans celui des immondes Shoggoths.

C'est donc un peu plus confiant que j'abordais AvP Requiem, censé en être la suite. Et là, j'ai pris la mesure de la fourberie des producteurs. Après un film pas si mal, ils nous balancent... Un truc totalement improbable. Mais revoyons l'action au ralenti.

Le vaisseau des Predators du premier film se plante dans le Colorado. Et les Aliens infectent la population. Et donc, un genre de Predator flic vient faire le ménage dans le patelin. Ni les enfants ni les chiens ni les femmes enceintes ne sont épargnés, ce qui serait un bon point, mais...

Mais avait-on besoin d'une vague romance adolescente dans un Alien ? Je veux dire, c'est déjà un crossover avec Predator. Y avait-il vraiment une nécessité absolue d'y ajouter les clichés des films de type slasher, avec le groupe d'ados, le triangle amoureux, et la scène qui commence en lorgnant vers le torride et qui se finit dans le sang et les boyaux ?

En  fait, je crois que non.

Si le premier AVP nous présente "l'ancêtre" de Bishop, le second nous balance un possible ancêtre de Dallas, le capitaine du Nostromo dans le premier Alien. Et le personnage est tellement antipathique qu'on aurait préféré qu'il s'appelle autrement.

Sinon, le cycle de vie des Aliens s'est encore accéléré, puisque maintenant, ils atteignent l'âge adulte en quelque chose comme un petit quart d'heure. Mais je dois dire que la temporalité du film est curieuse. Les journées semblent passer en douze minutes, et les nuits durer vachement longtemps. J'ignorais que le Colorado était si proche du cercle polaire, pour ma part. Mais ça a un avantage : les scènes nocturnes mal éclairées permettent de masquer l'insuffisance totale du budget. On ne voit rien. Jamais. Ce qui était un effet de dramatisation** dans la saga Alien devient ici un affreux cache misère.

Bon, j'ai quand même réussi à trouver une image où on voit un peu les monstres.
Y en a pas des masses.

La nouvelle Riplette (pas la même que dans le film précédent) est inexistante, les tentatives de dramatisation tombent presque toutes à plat. Le gadget du Predator, un acide rongeant même les Aliens résistants à l'acide est ridicule : il arrive même à ronger l'eau de la piscine, ça sent le très mauvais plot device de scénariste qui a kiffé Nikita et qui ne veut pas spoiler la bombe atomique finale. C'est un téléfilm de M6, quoi. Et pas un bon.

Du coup, c'est vraiment déprimé que j'ai tenté Predators, avec Adrian Brody. Et pour le coup, là, j'ai vraiment été agréablement surpris. Les acteurs sont pas mal (sauf Fishburne, qui cachetonne dans un rôle pourri de pur personnage fonction à deux balles), le script, sans être un chef d'œuvre, arrive à faire monter la tension et ménage deux ou trois surprises sympa (et une surprise ratée : on devine très vite qu'il y a un truc qui cloche avec le "toubib"). Il ne rechigne pas à se vautrer dans des tas de clichés, mais cite intelligemment le premier Predator. La fin est aigre-douce. Et puis  on revient au sources de la série, au style Chasses du Comte Zaroff sous testostérone. Franchement, ce n'est pas le film du siècle, mais c'est un bon actioneer bourrin bien rythmé, ce que le premier AvP parvient presque à être, mais que le deuxième échoue totalement à même évoquer.





* Particulièrement Predator 2, souvent décrié, mais que je trouve très classe. Contrairement à la plupart des gens, mon problème avec ce film n'était pas "il est où Schwarzie", mais "il est où Mel Gibson". Sans doute qu'il était trop vieux pour ces conneries.

** Oui, c'était aussi un moyen de masquer des budgets pas toujours au top, mais le montage permettait de rendre la chose efficace. Ici, avec un montage michaelbaysque, ça devient pire qu'illisible.

mardi 16 avril 2013

Le retour (temps de ma vie again and again)

J'étais dans le bus avec une de mes filles (oui, j'ai des ados à la maison. C'est épouvantable, c'est le genre de truc qui pousse à des extrémités terribles. Sans même s'en rendre compte, dans ce genre de situation, on se retrouve contraint à des trucs de dingues, genre acheter des DVD de Twillight pour les offrir à Noël) et on discutait, je ne sais plus trop pourquoi, des femmes qui se font refaire le nez.

Et forcément, Jennifer Grey* est tombée dans la conversation. Et donc, Dirty Dancing aussi, forcément. Et donc, forcément AUSSI, J'AI TIME OF MY LIFE QUI ME TOURNE DANS LA TÊTE DEPUIS PLUS D'UNE HEURE SANS VOULOIR EN SORTIR !!!!!!!!!!!

RHAAAAAAAAA !

Excusez-moi, je vais aller me taper la tête contre un mur, de façon violente et répétée. Et je reviens après.

Ou pas.




*Les plus attentifs d'entre vous auront remarqué tout le bien que je disais d'elle dans Apocalypses : une brève histoire de la fin des temps. Sauf que je ne parlais pas de sa prestation dans Dirty Dancing, mais dans l'Aube Rouge, premier du nom, qui reste quand même un grand moment de poilade pour les soirées pizza-bière devant un film.

samedi 13 avril 2013

Désobligeant

Je trouve extrêmement désobligeante l'attitude de Kim Jong-Trois (le fils de Kim Jong-II). En effet, alors que tout le monde attendait une Apocalypse Maya pour le 23 décembre de l'an passé, et que certains d'entre-nous avaient même anticipé la chose en écrivant de passionnants ouvrages consacrés à l'évènement (toujours en vente , par exemple) (mais les copains ont donné dans le genre aussi, comme par exemple dans le coin), voilà qu'en lieu et place du matos mexicain authentique, on est en passe d'avoir droit au bootleg coréen.

Et pourtant, dans le genre remake, nos amis Nord-Coréens ont tellement de potentiel pour faire des trucs tellement plus supers qu'un nouveau film catastrophe dans lequel Bill Pullman (joué pour l'occasion par Barak Obama) viendra sauver le monde.

Tenez : ils ouvriraient une succursale de Bollywood, ils feraient un malheur.

Ou un joli remake de la Mélodie du Bonheur, tiens
(quitte à faire passer les Sud-Coréens pour des Nazis
et la Chine pour la Suisse, on n'est plus à ça près)

Ou, dans le genre actionneer bourrin, un Red Hulk coréen

Ou, avec Ta Ranti-No aux manettes, un film de Djan-Go 


Voire un Star Wars (avec un épisode Kim Jong-Un présentant Jar Jar Binks)

Mais non, ces gens-là semblent partis pour faire très sérieusement la guerre. Petit tour des forces en présence.

Quoi qu'on en dise, le Mig 21 reste un excellent avion, très robuste.
Et puis la mode est au Vintage, en ce moment.

Et donner un peu de couleurs au sinistre exercice de la War Room
C'est tout à l'honneur de Kim, qui arbore pour l'occasion
Une très belle chemise Blofeld & Gabana


Bref, ça risque d'être croquignolet.

mercredi 10 avril 2013

Etonnant, non ?

Ma faiblesse me consterne et m'agace, parfois.

Tenez, pas plus tard que ce soir, j'étais à déambuler dans une gare, en attendant que mon train s'affiche enfin. Et forcément, mes pas m'ont conduit chez un marchand de journaux (j'étais arrivé trop tard pour piller la petite boutique qui fait des fudge de tuerie, dont sinon j'aurais bouloté un ou deux paquets entre le quai et le trajet, au mépris de la bienséance et de ma glycémie). Et donc, après avoir toisé les unes des magazines, j'ai reporté mon attention sur le rayon pochothèque.

Et j'ai découvert dedans une petite édition collector d'un Desproges que je n'avais pas. Oh, certes, j'en connaissais bien le contenu, mais celui-là n'ornait pas encore mes étagères. J'en profite pour présenter immédiatement mes excuses plates et sycophantiques aux mânes de Pierre Desproges. En effet, le lieu de l'achat (oui, coupons court à tout suspense, je l'ai acheté, le Vivons Heureux en Attendant la Mort en édition collector) réduit mécaniquement l'objet de l'achat à la catégorie littérature de gare, catégorie qui était jadis considérée comme infamante. Comme j'ignore totalement le regard que portait le littérateur en question sur ladite catégorie littéraire, je préfère m'excuser. On ne sait jamais.

Mais c'est quand même curieux, ce réflexe quasi pavlovien. Le bouquin en question, je l'ai déjà vu à droite et à gauche. Mais jamais en édition collector (c'est à dire avec page de garde colorée et couverture en papier joliment gaufré, mais aussi nettement plus fragile). C'est d'ailleurs un peu idiot, ce concept d'édition de poche collector. Mon achat d'impulsion (pour reprendre le jargon des marketeux) prouve que commercialement, c'est tout à fait intelligent, mais je maintiens que bibliophilement parlant, c'est parfaitement idiot.

Une édition collector, plus luxueuse et plus fragile, c'est quand même avant tout quelque chose qu'on ne sort que rarement de l'étagère, c'est presque une décoration d'intérieur. On ne la manipule qu'avec soin, dans le secret de son étude, majestueusement assis dans un fauteuil de cuir, dans une pose marmoréenne, pendant que dehors, le climat s'effiloche dans le vent mauvais de l'horreur d'une profonde nuit, que même Edgar Allan Poe n'en aurait pas poétisé d'aussi belle.

Alors qu'une édition de poche, c'est un truc qu'on traine partout, qu'on a à la portée de la main sur un tas de bazar, c'est le truc aux pages cornées vers lequel on va tendre la main quand on a besoin de se consoler l'âme (en tout cas, les éditions de poches de Desproges. Alors que par exemple, une édition de poche de Labro, je ne tendrai pas la main vers elle pour me consoler l'âme, ni même pour consoler l'âme de mon pire ennemi. Ou alors une fois où mon pire ennemi m'aurait vraiment bien escagassé, et que je me sentirais d'humeur particulièrement sadique). Une édition de poche, ça prend la pluie quand on l'a glissée dans la poche du manteau, ça se prête aux copains (et du coup on en rachète une deux ans plus tard, parce que le copain ne l'a jamais rendue, j'en suis à quatre Conjuration des Imbéciles, trois Au dessous du Volcan, trois Alamut, deux Nasreddin Hodja, trois Marilyn Monroe et les Samouraïs du Père Noël, deux Entretiens avec le Professeur Y, et j'en passe), une édition de proche, ça vit, ça souffre, ça se promène.

Bref, rien ne relève plus de l'oxymore* que la notion d'édition collector de poche. Je devrais boycotter. Eh bien non, c'est le troisième Desproges que je me prends en édition collector. Alors que je n'ai pas pris les Catherine Pancol en édition collector, ni les Philippe Delerm. Mais Desproges m'a toujours poussé aux pires extrémités. C'est par exemple à cause de Desproges qu'il m'est arrivé d'acheter Télérama, une fois (il y avait un DVD d'un de ses spectacles offert avec la revue).

Mais cette dévotion au grand homme est payée de retour. Car une fois le train là, alors que la foule s'y presse, que les places assises deviennent l'objet d'âpres luttes et de regards à congeler sur place une strip-teaseuse en pleine possession de son art et de son 95-D, les sombres pensées misanthropes contenues dans ce petit livre m'ont fait pouffer plus qu'à leur tour et le voyage, qui autrement aurait été morose et forcément trop long, s'est passé sans que je le remarque.

La semaine prochaine, cela fera pile vingt cinq ans qu'il nous faire rire d'outre-tombe.





*Hommage à Pierre Corneille. Car le Cid Campeador occit le More !

jeudi 4 avril 2013

Frères humains qui après nous vivez

Tiens, je viens de voir les deux premiers épisodes de Real Humains sur Arte.

Et j'ai plein de raisons de râler.

Pas sur la série elle-même, hein, dont j'ai trouvé le scénar très malin, et la prod très efficace. Le look des Bots et la manière dont ils sont joués sont très bons, et tout le design joue à plein sur la métaphore technophile (déballage et mise en service du Bot, avec le mode d'emploi ouvert à côté, comme on déballe un ordi ou un téléphone portable, cales en polystyrène comprises), mais aussi sur tout un tas de métaphores sociales intriquées (le sous prolétariat immigré, l'alter-mariage, Alzheimer, etc.). Tout amateur de SF bien pensée devrait regarder cette série. Sur le fond, elle reste dans du classique : la garde malade trop zélée renvoie directement à des textes de Jack Williamson qui ne sont pas du tout récent ; Les Humanoïdes datent de 1949, et Les Bras Croisés d'encore avant. La scène où le voisin fait planter la petite Anita, elle sort directement de vieux romans d'Asimov. Mais la transposition dans un contexte de futur très proche du présent marche à plein, et l'ensemble est bien construit. Du centre de recyclage où on se débarrasse des machines plutôt que de s'emmerder à les réparer au petit port USB qui permet de les reconnaitre, plein de petits détails nous renvoient directement à notre monde. Tout l'aspect graveleux est traité en hors champ, mais il est présent d'une façon habile (dont les américains auraient étés incapables : soit il aurait été passé sous silence, sur des grosses chaines genre la Fox, soit il aurait été montré dans ses moindres détails dans des scènes un peu gratuites, sur HBO).

Vraiment de la bonne came, cette série.

Non, ce qui m'énerve, ce sont deux choses.

D'abord, le titre. Le titre original est en Suédois. Pourquoi l'avoir traduit en Anglais (surtout pour mettre derrière un sous-titre français) ? Même les Allemands ont le droit à un titre dans leur langue !

Ensuite, l'absence de productions aussi bien fichues par chez nous. Toutes les séries à la con, de Julie Lescaut à l'Instit en passant par Louis la Brocante et Joséphine Ange Gardien jouent peu ou prou la carte du social. Mais le social est toujours joué sur le mode lourdingue* du larmoyant ou du dénonciateur au petit pied. Alors qu'Äkta människor (ouais, le titre en Anglais, ça m'énerve, alors tant qu'à faire dans le snobisme à deux couronnes, autant pas jouer les colonisés culturels qui trouvent qu'un titre en Anglais, c'est plus clââââââsse, n'pas ?) évoque plein de sujets sociaux de façon hyper fine, sans avoir à appuyer et à trouver des explications à deux balles. Et ça coûte pas plus cher à faire, en plus.

Le compliqué, là-dedans, c'est surtout la direction d'acteurs**, pour avoir une dichotomie entre le comportement humain et le comportement hubot. Pour le reste, on sent bien que la prod n'a pas cassé la tirelire sur les décors. Le maquillage est peut-être à la limite le gros poste un peu compliqué. Tout le reste, ça tient sur le facteur humain : acteurs de bonne tenue, bien dirigés, avec des rôles bien écrits. C'est quand même pas si difficile à faire par chez nous, si ?



* Et quand je dis lourd, je considère que l'écriture de série TV à la française s'est effondrée depuis longtemps sous son propre poids et génère autour d'elle des effets relativistes de distorsion luminique et spatio-temporelle. Le dernier à m'avoir bluffé sur de la série lambda, c'était Houssin sur les Bœufs-Carottes, qui arrivait à y injecter un vrai mauvais esprit. Depuis, chaque fois que j'ai tenté un téléfilm français, j'ai regretté. Quoiqu'il faut que je voie celui sur Louis XI qui était sorti l'année dernière.)
** Oui, c'est vrai que c'est concept aussi, à la télé française...

mercredi 3 avril 2013

The Lady was a List

Y a toujours des sites pour présenter des listes du genre "les dix meilleurs restaus où manger des palourdes", les "30 meilleurs films de gladiateurs de tous les temps", "les quarante applis indispensaaaaables pour votre iPhone", "les huit raisons pour ne pas partir aux Maldives cette année" et ainsi de suite.

Là, je viens de tomber sur une liste des "33 plus beaux endroits abandonnés", avec de zoulies photos qui flattent mon goût des lieux déglingués. Alors j'ai des réserves (on en a toujours, sur ces listes : il manque toujours le film qu'on trouve génial, le bouquin indispensable, et il y a toujours un restau où la serveuse est désagréable), notamment sur la photo de Pripyat, assez quelconque, alors que ce n'est pas ça qui manque, des photos impressionnantes de Pripyat. De même la fabrique abandonnée de fusées. Ça ressemble assez à l'usine des moteurs pour la fusée Soyouz, et ce qui est terrifiant, alors, c'est justement que ce n'est pas abandonné, que l'usine sert toujours.

Mais bon, toujours est-il qu'il y a de belles photos. Hop. "Mes cinq photos préférées dans la liste des 33".






Par ailleurs, et ça n'a juste rien à voir, j'entendais des journalistes sportifs qui, à propos d'un match de foot censé avoir lieu hier (ils en parlaient à a la radio une douzaine d'heures avant le match) comparer "la valeur marchande de l'effectif" des deux équipes. La formulation m'a fait tiquer. Parce que j'ai cru comprendre que dans les débats actuellement en cours à propos de la prostitution, un des arguments avancés en faveur de l'abolition pure et simple, c'était la lutte contre la "marchandisation du corps humain". Donc si une équipe de foot se mesure à présent en "valeur marchande de l'effectif", il faut lier les deux combats et ratisser large. S'il faut abolir les putes*, soyons impartiaux et abolissons aussi les footballeurs.


*Notons que c'était avec ce terme-là que Christophe Alévêque évoquait le problème du football, mais qu'il a été condamné en justice justement pour ça. Il doit y avoir une nuance qui m'échappe. Il aurait peut-être fallu qu'il dise "péripatéticienne" ou un truc du genre.

lundi 1 avril 2013

Nouveau projet

Je vous ai évoqué à plusieurs reprises un projet historique qui me prenait beaucoup de temps et m'occasionnait beaucoup de difficultés.

Bon, maintenant que l'éditeur a commencé à communiquer dessus, j'ai enfin le droit d'en parler. Il s'agira d'une vie de Baden-Powell en trois tomes, qui me permettra d'exprimer l'admiration sans borne que je voue au personnage et à son œuvre. Si tout va bien (on attend le retour des contrats) ce sera dessiné par un vieux pote avec lequel j'avais fait un album internationalement remarqué en son temps. Inutile de dire que ça va être somptueux, je posterai des planches au fur et à mesure de l'avancement des opérations.