samedi 31 décembre 2011

Bon, tel que c'est parti, 2011 ne passera pas l'hiver non plus

Alors que l'année s'achève dans les frimas et les crise de foie qui couvent, j'en profite pour vous glisser, comme ça, un petit bout de Crusades, extrait du tome 3 à sortir, tel que c'est parti, en février prochain. Comme d'habitude, c'est signé moi, Izu et Zhang Xiaoyou, et c'est aux Humanos, vous pourrez pas dire qu'on vous aura pas prévenu.


Voilà. Après, c'est l'occasion de souhaiter une bonne année 2012, dans le désordre, à tous les maniaques de la fin du monde, à tous les ministres de droite qu'on espère au chômage en mai, à Kim Jong-Trois qui a quand même un nom difficile à porter, aux chirurgiens qui implantaient des prothèses PIP pour faire dans le discount mammaire, on souhaite bien sûr une bonne à nez à DSK, bon téléchargement au type du ministère de la Culture qui s'est fait gauler sur un site torrent à ramasser du David Guetta et du Justin Bieber, et c'est là qu'on comprend aussi pourquoi tout va mal, si c'est ça la Culture des gens qui nous gouvernent, on souhaite de ne pas trop crever de faim à tous les gens qui seront fauchés par la crise d'ici la fin du monde, et puis bonne année aussi à mes éditeurs qui attendent de pied ferme mes boulots en retard. C'est à leur santé que je vais me resservir un petit Muscat, tiens.

Et puis bonne année à vous aussi, chers lecteurs et parfois amis, voire lecteurs et gens que je ne connais pas (il y en a aussi), et à tous les amis et non lecteurs, à la famille, aux gens sympathiques que je connais, et aux gens sympathiques que je ne connais pas, sait-on jamais, tiens, il est vraiment bon, ce Muscat, je vais m'en servir encore une lampée, allez.

Non, sérieux, c'était assez nul, 2011, vivement 2012, qu'on voit à quelle sauce on va être mangés, cette fois-ci.

jeudi 29 décembre 2011

Bonne ambiance de fête

Histoire de rester dans un style guilleret, je vous fais tourner ce magnifique document qui m'a été ramené par mes agents en Estonie ;


Voilà, je pense que ça résume assez bien 6000 ans de spéculations théologico psychopompeuses, et ça réussit même à convoquer de loin l'image de ce bon vieil Anubis, qui n'en demandait sans doute pas tant.

mardi 27 décembre 2011

Ergonomie monumentale

Dans mon rêve de cette nuit, nous étions allés pique-niquer sur les hauteurs vers Saint Cloud, parce qu'on n'y avait une bonne vue de Paris. Et c'était le jour où il fallait faire ça, celui du Pliage de la Tour Eiffel. En effet, dans le cadre du Grand Paris, les édiles avaient décidé de déménager la Tour Eiffel. Et comme un démontage-remontage aurait pris trop de temps, il avait été décidé de la coucher sur le flanc et de la replier, de la mettre à plat. Une brochure avait été distribuée, expliquant avec force schémas comment la structure en croisillons de l'édifice permettait pas mal de fantaisies, notamment d'imbriquer les quatre grands pieds les uns dans les autres, ce qui permettait au tout d'être posé sur un wagon plate-forme spécialement dimensionné, et emmené sur les lieux de l'érection nouvelle. La grosse difficulté de l'affaire était bien sûr le passage du tunnel de Meudon, long et étroit, donc le pliage devait économiser au maximum l'espace.

Mais moi, la question que je me posais, c'était comment ils allaient se débrouiller pour mettre la Tour sur le flanc sans qu'elle se rompe. Je les voyais assembler de grosses grues, mais leurs formes étranges ne me renseignaient guère sur la façon de les mettre en oeuvre. Je compulsais les schémas de la plaquette explicative et je regardais à la jumelle le chantier, au loin, taraudé par cette lancinante question...

...Quand je me suis réveillé. En me demandant quels symboles étaient encore à l'oeuvre là-dedans.

dimanche 25 décembre 2011

Noël mammaire

Haro sur les pipelettes pipées à coups de prothèses Pip*. Alors de belles âmes s'insurgent que ces sacs de silicone aient été mis sur le marché, mais semblent faire l'impasse sur la conformité initiale du bazar : en fait, c'est en cours de route que le gérant a changé la formule pour foutre dedans des mastics de silicone un peu moins classe que le silicone à ropoplos normal. Beau phénomène, ce gérant, d'ailleurs : il est recherché par Interpol pour conduite en état d'ivresse. Il a au moins fallu qu'il picole comme un combo Depardieu/Borloo pour justifier ça, il devait être sacrément à la Mas au volant. Ou alors il a le même avocat que Julian "Couilles de Tonnerre" Assange. C'est possible aussi. En tout cas, encore un qui n'aura jamais le prix Nobel. ça aurait pourtant été sympa, j'aurais pu titrer "le père Nobel est une ordure".

Dans l'intervalle, c'est la panique dans les pays où l'on a massivement implanté ces prothèses, notamment en Amérique du Sud. Mais pas au Maghreb, mais peut-être est-ce parce que là-bas, c'est Silicone Voilé.

Hein ? Oui, bon, avec Noël, j'ai un peu picolé aussi, alors je raconte n'importe quoi. Mais au moins, je ne prends pas le volant, moi. Entre boire et conduire, j'ai choisi il y a bien longtemps.

Allez, joyeux Noël et beaux nénés à tous !



*Ce qui n'est pas le cas, parait-il, de Pipa Middleton.

lundi 19 décembre 2011

Bal tragique à Pyongyang : un mort

Tiens, dans la série plus c'est gros, mieux ça passe, le gouvernement veut contraindre la SNCF à la rigueur. Et dans l'article du Figaro expliquant cela, on nous expliquait doctement que le déficit cumulé de la SNCF et de Réseaux Ferrés de France dépassait les...

Mais....

Réseaux Ferrés de France, ça n'avait pas justement été créé pour séparer la compta ferroviaire entre le réseau (dont l'entretien est un gouffre) et l'exploitation ? Or, le plan annoncé par l'état (embauche hors statut, économies diverses) pèse essentiellement sur l'exploitation. On déshabille Jacques pour habiller Paul, en faisant croire qu'ils ont de toute façon une garde-robe commune, alors qu'elles ont été statutairement séparées. La belle arnaque, mais après tout, il n'y a rien de nouveau sous le Soleil.

Sauf que ces annonces arrivent au moment où l'on libéralise le transport des voyageurs.

Et les nouveaux opérateurs, ils mettent la main à la poche pour financer RFF, dont ils exploitent le réseau, ou pas ? C'est marrant, l'article que j'ai lu semblait ne pas se soucier du tout de cette question. Une omission involontaire, sans nul doute... Parce que le foutage de gueule caractérisé à ce point, c'est pas le genre de la maison, non non non ! D'ailleurs, ça ne s'appelle pas du foutage de gueule, mais de la propagande, confondons pas tout non plus.

Autre exemple, c'est la Corée du Nord où on essaie de nous faire croire que le nouveau patron est Kim Jong Un, alors que tout le monde sait que c'est Kim Jong Trois, le fils de Kim Jong Deux, pardon, Kim Jong II. Comme quoi, c'est l'autre qui avait raison : les chiffres, on leur fait dire ce qu'on veut.

dimanche 18 décembre 2011

Nouvelles DC et d'ailleurs

Ceux d'entre vous qui ont épluché le programme d'Angoulème 2012 auront peut-être repéré que le samedi  27 janvier à 17 heures, je donnerai une conférence sur l'historique des DC Comics, des origines à nos jours, et donc sur Superman, Batman et consorts. Ça tombe bien, puisque ça coïncidera avec la reprise en France des comics DC par les éditions Urban Comics, dont le programme est fort alléchant (et m'occupe pas mal vu que je traduis pour eux).

Donc voilà, à vos agendas. Tout ça aura lieu au Conservatoire Gabriel Fauré, place Henry Dunant à Angoulème. Et on en reparlera d'ici là.

(et faut que je les boucle, quand même, le plan et le texte de cette conférence)

samedi 17 décembre 2011

Clémentine à ressort

Je vous avais promis il y a quelques temps de ça de vous exposer mes vues en matière de terrorisme mémétique, l'art de créer de subtiles dissonances cognitives qui s'avèrent dérangeantes. Et, comme l'exemple est encore la meilleure école, j'ai décidé de le faire en étudiant les grands maîtres du passé.

Ceux que ce sujet intéressent peuvent donc aller , lire le petit article que j'ai posté sur Superpouvoir.com, site de référence auquel il m'arrive encore, de temps à autres, de collaborer.

Photobucket
C'est trop de la balle, je vous dis !



Edit : Vu que Superpouvoir a connu quelques accidents dernièrement, l'article n'y est plus dispo. Je l'ai donc reposté ici.

vendredi 16 décembre 2011

Il faut protéger nos enfants !!!!

Là, c'est bientôt Noël. Et donc, pouf, les pubs de jouets partout, les gens qui cherchent LE truc que veulent leurs mômes cette années, etc.

Et, en discutant avec des collègues, j'ai découvert LA série de jouets de l'année. Les mômes d'une collègue la tannent pour des Zu-Zu Trucs, ou Rhoo-Rhoo Pets, je ne sais plus le nom, mais un truc du genre. En tout cas, c'est un improbable machin à base de hamsters en peluche* à roulette et à moteur et, à force de ne pas regarder la télé, j'étais passé à côté des pubs sur le sujet. Et bien entendu, ces hamsters existent en plein de modèles (bébés, avec des coupes de cheveux eighties de la mort, en jupe écossaise dont on ne sait si c'est une écolière japonaise ou un highlander bourru, il y a le hamster cowboy et le hamster plongeur, celui en ciré breton et celui en ski, ceux avec des symboles divers sur la fourrure, comme une spirale, un cœur, un papillon ou l'étoile de l'US Army, et puis il y a les accessoires, conçus pour toucher aussi bien les garçons que les filles, parce que ces licences de jouets ont le gros défaut d'être souvent sexuées, et que y en a marre, qu'il en faut une, à présent, qui puisse toucher TOUTES les catégories de mômes sans exception, avec une stratégie du rouleau compresseur qui ratisse large. Et là, on touche au sublime, parce qu'en plus des voitures et autres véhicules pour hamsters, il y a le burger drive-in, le salon de coiffure, l'armure ninja, l'hélicoptère de police, la pizzeria AVEC la mobylette du livreur,  les méca walkers, les circuits de course, les arènes de combat, la nursery et les pièces de labyrinthes transparents qui se raccordent entre elles et aux bâtiments. Le truc totalement oecuménique ! Les mecs ont inventé un univers de jouets dans lequel un hamster ninja peut piquer la mobe du livreur de pizza pour déposer bébé chez l'esthéticienne.

Rien que le concept du hamster ninja, ça me terrorise, ça me donne envie de me resservir un truc fort distillé dans sa baignoire par un vieillard sénile qui défend sa ferme croulante avec le manufrance chargé à la chevrotine pour sanglier, et de m'en resservir encore un autre derrière, et puis un autre encore. **insérez ici le bruit d'un Nikolavitch qui se chie dessus**

Des hamsters ninjas à roulettes. Voilà les jouets qui font rêver les enfants de nos jours. (et j'ai, pour le coup, un bol incroyable : mes enfants sont soit trop grands, soit vraiment trop petit pour avoir accroché au truc, ils ne m'en ont même pas parlé et ont réclamé des trucs qui n'étaient pas particulièrement aberrants pour leur Noël) et d'un coup, je me dis que les Barbie Greluche et Action-Joe Para sur Kolwezi de mon enfance étaient des jouets assez anodins, finalement.


*D'après le site officiel que j'ai été consulter, l'avantage du hamster en peluche sur le vrai hamster, c'est qu'il ne fait pas ses besoins partout, ne sent pas mauvais et ne meurt pas. Je suis ravi de l'apprendre.

jeudi 15 décembre 2011

Psycho translator party

Ouéééé, j'ai quasiment fini la trad du tome 2 de l'Âge d'Or de Mickey Mouse. Il me reste encore quelques sunday pages à boucler et c'est bon. C'est quand même assez délicat à traduire, ces vieux Mickey. Entre les accents farfelus des cannibales, cuisiniers chinois et autres personnages hauts en couleur, la peur de l'anachronisme de langage et les variations de style de l'auteur (qui s'amusait visiblement comme un petit fou), j'ai eu de quoi me payer de belles migraines.

L'intégrale Darkness dont j'ai lancé la trad en parallèle est bien reposante en comparaison. En plus, j'ai le droit de mettre dedans tous les gros mots qui me vaudraient de sérieux problèmes si je tentais de les glisser  dans un Mickey. (dire que je connais un mec qui glissait des insanités terribles dans Mickey et qui maintenant, n'ayant plus accès à la souris, fout des citations de Corinne Charby dans des trads de Marvel Comics. j'ai des copains qui ont le mal chevillé au corps. faut que je pense à acheter ce bouquin dès qu'il sort, d'ailleurs, pour constituer le dossier).

En attendant, j'ai rendu la semaine dernière le premier tome de la réédition chez Urban des Batman de Grant Morrison. Voilà encore un bouquin qui présentait des difficultés amusantes, vu le côté ultra référentiel de la chose. Difficultés pimentées par le fait qu'un des épisodes était en fait une nouvelle, dans laquelle Morrison s'amuse à faire de la fausse Série Noire avec métaphores polardeuses à deux balles (dans la tête). Ce foutu épisode m'aura pris plus de temps à traduire que les dix autres que compte le volume et m'aura obligé à twister d'autant plus sévèrement qu'en temps normal, je ne suis pas traducteur de prose (ou alors sur des documents plus techniques qu'une nouvelle). Il y aura sans doute un gros boulot de relecture là-dessus. Mais à l'arrivée, le bouquin devrait être hautement cool. Et permettra aux gens restés sur le carreau de l'édition précédente (c'était mon cas) d'enfin apprécier à sa juste valeur le boulot de Momo sur le Dark Knight.

Bref, un mois de décembre riche en boulot (je me lamentais à ce sujet il y a pas deux semaines) et qui n'est pas fini (j'ai un bout de scénar à finir de remanier pour... genre pour hier... ferai ça demain matin) (en attendant, pipi, pâte à dents, un peu de lecture et dodo).

mardi 13 décembre 2011

Ceinture noire de Jodo

Il y a un côté déprimant à voir les gens, dans les transports en commun, lire des manuels de ce qu'on appelle pudiquement "développement personnel" et qui est surtout une accumulation de lieux communs sous un joli emballage qui feraient passer Marc Levy pour un grand visionnaire excentrique et le manuel googletraduit de mon lave-linge pour une perle de sagesse cosmique recelant, pour qui sait y débusquer les pépites, les secrets de l'univers. Mars & Vénus a autant de tomes que bien des séries de tire-à-la-ligne-fantasy à succès (j'ai même cru voir une affiche pour une adaptation au théâtre. bientôt la comédie musicale), des tas de trucs inspirés de la PNL circulent en vente libre, et je ne peux même plus prendre le RER sans me retrouver assis face à une pauvre femme à l'air égaré qui compulse convulsivement Comment ne pas se noyer dans un verre d'eau. Je vous jure devant Dieu que ce bouquin existe. Je l'ai vu de mes yeux pas plus tard que l'autre jour (ou alors c'était Comment arrêter de se noyer dans un verre d'eau. whatever).

Ça a un côté dérangeant parce que c'est du pré mâché. Alors que les gens pas sûrs d'eux qui consultent à tout bout de champ tarots ou Yi-King, ça a un côté intéressant. Ce genre d'oracles fonctionne sur des symboles, sur un flou, sur un décalage entre une imagerie et le réel. Ils impliquent un état d'esprit, une légère ritualisation qui crée des conditions mentales particulières, et surtout un travail d'interprétation, d'analyse, de remise en question. Que ce travail soit bien fait ou pas, c'est un autre débat, mais au moins, la consultation d'un oracle symbolique suppose une démarche active de la part du consultant (à condition bien entendu qu'il manie lui-même l'oracle, pas qu'il se fasse tirer les cartes dans une baraque foraine). L'oracle, malgré son autorité, se pose dans un rapport horizontal avec le consultant. Le manuel de développement personnel est un mode d'emploi qui s'impose d'en haut, une autorité induisant une démarche passive de la part de celui qui y cherche des réponses. Pré mâché, comme je disais. Le manuel est dans un rapport vertical avec son lecteur. Et le lecteur est en bas de l'échelle.

On me dira que ces manuels ne font que combler un des vides laissés derrière elles par les religions constituées, qui ont en effet implosé sur le plan conceptuel depuis bien longtemps et échouent à apporter un réconfort spirituel quelconque tant leur message est parasité par toutes les scories de leur histoire. Des sectes diverses parviennent encore à jouer le rôle de directeur de conscience qu'on assignait jadis à son confesseur, mais elles ne sauraient constituer un guide efficace dans un monde éclaté, constitué d'un maillages d'identités fluctuantes et souvent superposées, dans lequel le savoir circule comme jamais, et où la désinformation se dévore et s'alimente elle-même comme un monstrueux Ouroboros contradictoire, un Ouroboros de Möbius. Les vieux livres sacrés eux-mêmes demandent à présent un effort et un peu de culture pour être lus sérieusement.

Mais entre l'oracle, qui demande une certaine culture du symbole, et le manuel de développement personnel, qui est au développement de soi ce que que la pizza surgelée est à la terrine de canard amoureusement mijotée un dimanche matin en revenant du marché (oui, j'ai enfin résolu les derniers soucis de texture qui empêchaient ma terrine de foie de volaille au Porto d'être un chef-d'œuvre total, c'est tellement une tuerie que la dernière fois que j'en ai fait, ça a été torché en un repas, recta), il existe une troisième voie, un chemin plus tortueux mais plus intéressant, conservant le support du livre, tout en  y appliquant la démarche interprétative sus-mentionnée.

Prenez un bouquin, n'importe lequel, qui ne soit PAS un manuel de développement machin-truc, pas un modèle autoproclammé, pas une philosophie assumée comme telle. Prenez, je ne sais pas, moi, un traité d'épistémologie un peu ancien, un roman de SF (mais pas de Ron Hubbard, faut pas déconner non plus), un recueil de nouvelles d'un auteur obscur du XIXe siècle, l'autobiographie d'un type disparu de la circulation dans l'indifférence générale (mais pas une vedette de la télé ni de la chanson, et de préférence quelqu'un qui l'écrive lui-même, son autobiographie), un Que-Sais-Je sur une branche connexe de l'archéologie, n'importe quoi qui n'ait rien à voir avec la choucroute. Ou même mon mode d'emploi de machine à laver mal googlé, pourquoi pas, si vous êtes en mode warrior mémétique ultimate. Et lisez-le comme si c'était le livre sacré, la solution, l'énigme qui, une fois décryptée, vous ouvrira les portes de la conscience, du bonheur, de l'efficacité au lit ou au boulot, de la connaissance ou de n'importe quoi d'autre qui est votre graal de la semaine. Intériorisez le message contenu dans ce bouquin, faites-en le guide de vos pas, la grille d'analyse du monde qui vous entoure.

Le monde ne sera peut-être pas moins menaçant. Mais il sera sans doute plus rigolo, et par les temps qui courent, c'est déjà pas si mal.

lundi 12 décembre 2011

Crusades is coming (in winter)

Bon, si le temps se maintient et que les dieux ne nous jouent pas un tour pendable (genre avancer la fin du monde au 21 janvier au lieu du 21 décembre, et je me méfie, les dieux sont taquins), Crusades tome 3, la Bataille de Mansourah, sortira chez tous vos bons libraires (et même les moins bons s'ils font des efforts) d'ici la fin février, soit un peu après Angoulème (c'est pas de chance mais c'est comme ça). Crusades, c'est la saga de Guillaume de Sonnac et sa joyeuse bande de fous furieux qui, pour lever le mystère de la Cinquième Croisade, se greffent sur la Septième (vous suivez ?) et mettent au jour un secret aussi vieux que la bibliothèque d'Alexandrie !


Comme ceux qui ont suivi ce qui précédait le savent probablement déjà, c'est signé Izu, Nikolavitch et Zhang Xiaoyu, et c'est chez les Humanoïdes Associés.

Et puisqu'on parle d'Angoulème, en plus d'y être en dédicace (probablement chez Vertige Graphic et La Cafetière) j'y participerai à un débat et j'y donnerai une conférence à propos des comics américains et des super-héros. Plus d'infos bientôt.


vendredi 9 décembre 2011

Gorby or not gourbi

Je suis complètement au taquet, en ce moment, avec à peu près deux fois trop de boulot, des obligations dans tous les sens, la cervelle qui commence à disjoncter et des nuits de sommeil plus tout à fait assez longues pour me permettre de récupérer sereinement. Et bien entendu, j'ai des amis malintentionnés qui m'envoient des vidéos rigolotes pour voir comment je pourrai réagir. Vidéos qui prennent bien entendu du temps à regarder. comme celle-ci, vibrant hommage à un grand homme de l'Union Soviétique finissante :


C'est d'une classe imparable, ça convoque et télescope trop d'univers symboliques à la compatibilité pas fondamentalement évidente, et forcément, donc, ça me plait. Néanmoins, et parce qu'il doit y avoir une justice en ce bas monde, si vous voulez punir quelqu'un d'avoir diffusé ce genre de trucs, allez emmerder le type qui tient le rayon polar/Sf du Gibert Joseph de la station Cluny-La Sorbonne. Vous pouvez pas le louper, il y a deux types à tête de geek poilu dans ce rayon, et le coupable, c'est le plus malingre des deux.

mercredi 7 décembre 2011

Mais... Mrs. Robinson, c'était un hommage à Vendredi ?*

Le phénomène cinématographico-superslipesque du moment, c'est Super. Je peux pas en parler, je ne sais pas si c'est vraiment super ou pas, vu que j'ai pas encore vu. Mais ce principe du type qui s'arme d'une clé à molettes pour combattre le crime m'interpellait, quelque part…

Jusqu'a ce que je voie la gueule de la clé à molette :


C'est juste moi, ou le designer/accessoiriste qui a pondu cet engin n'a jamais vu une clé à molette de sa vie, et a fortiori n'en a jamais utilisée une ? Parce qu'au vu du machin, bien malin celui qui arrivera à l'ouvrir en tournant le bitoniot. Elle a de la gueule, sa titine, mais elle ne peut juste pas marcher. à moins de s'en servir exclusivement pour taper sur la tronches des méchants (d'accord, c'est le concept du film, mais quand même).


Comparez les deux binious, vous verrez.








*Oui, je sais, le titre d'aujourd'hui n'a rien à voir avec le contenu de ce post. Et vous savez quoi ? Je m'en fous complètement.

mardi 6 décembre 2011

Trop tôt, trop vite

J'ai remarqué que l'hypermarché pas loin de chez moi avait déjà sorti les galettes des rois. Ils n'ont guère qu'un mois d'avance, ceci dit. Ils avaient sorti les jouets de Noël et les chocolats juste après avoir plié les trucs d'Halloween. Ça se tient, dans le fond. Le fait que les galettes soient juste à côté du stand diffusant de la musique antillaise avec un type vendant des accras de morue et du pikliz ajoutait un peu au côté surréaliste du truc. La grande surface moderne est une version en 3D du cut-up cher à Burroughs (William, pas Edgar Rice, quoique).

Un qui est un peu en avance aussi, c'est le petit cousin du Loiret d'Anders Breivik, un certain Maxime Buizard, émargeant à l'UMP (branche UMP Jugend) (il est encore étudiant qu'il s'affiche déjà en photo avec une cravate de vieux, c'est dire si c'est un dangereux). Il pensait que la Gendarmerie aurait dû abattre les militants Greenpeace qui avaient infiltré une centrale nucléaire. Et là, il est vraiment en avance d'au moins six mois. La répression à la Syrienne, ce sera seulement si Sarkozy est réélu et récupère le Sénat ensuite, voyons (je conseille à François Hollande de planquer son Blackberry et d'éviter les grands hôtels, on ne sait jamais, et aux Sénateurs de vérifier si le président a le droit de dissoudre le Sénat, on n'est jamais trop prudent). Bref, l'ordre nouveau qu'attendait notre pays semble avoir déjà ses défenseurs. Il a de l'avenir, ce petit. à moins que, dans un sursaut de responsabilité, les électeurs fassent leur travail, bien sûr.

lundi 5 décembre 2011

Un petit coup de Crouzadaisse pour la route


Faut dire ce qui est, les crayonnés de Crusades* il tabassent bien.




*Déjà deux tomes aux Humanoïdes Associés, par Izu, Nikolavitch et Zhang Xiaoyu, en vente dans toutes les bonnes librairies, réclamez votre exemplaire si vous ne l'avez pas déjà.

dimanche 4 décembre 2011

And more, much more than this, he did it Norway

C'est un joli tour de cochon que les experts viennent de jouer à Anders Breivik. Il ne faut pas s'y tromper : En le déclarant pénalement irresponsable, il ne le font pas échapper à la punition, ils le punissent de la pire des manières. Breivik se voyait comme un penseur politique prêt à affronter la prison pour défendre ses idées. En en faisant légalement un malade, les experts l'attaquent sur son seul point faible : l'image de soi. Pour un type de cet acabit, le procès est une tribune, et la prison une forme de martyre qui le conforte dans ses certitudes. La tentation du martyre est toujours très forte chez les exaltés, car elle induit toujours une sensation de supériorité sur les persécuteurs, c'est un réflexe mental bien ancré dans les cultures judéo-chrétiennes, (d'où la tendance systématique, et très inquiétante, de catégories sociales entières à la victimisation, y compris chez des bourreaux d'ailleurs -les récentes sorties d'intégristes catholiques l'ont encore démontré, ainsi que les dénégations gênées de l'UMP dans le Blackberrygate- se poser en victime, de nos jours, c'est le seul moyen d'exister quand on n'est pas solide dans sa tête). Renvoyer à un exalté une image de malade mental, c'est l'atteindre dans ce qu'il a de plus précieux, dans son moteur intime. C'est taper là où ça fait mal. C'est le seul espoir de fendiller un tant soit peu la carapace, la punition frontale ne faisant que l'épaissir et la justifier encore plus.

Poser Anders Breivik comme un pauvre dingue, c'est faire un pas dans la bonne direction. Maintenant, faudrait aussi expertiser les traders et tous les malades qui acceptent des postes genre Ministre de l'Intérieur. Faut être pas bien dans sa tête pour vouloir de ce genre de boulot.

vendredi 2 décembre 2011

Le gros problème, en fait, dans le monde, je crois que ce sont les gens

Aujourd'hui, c'est un peu la Saint Napoléon. Le 2 décembre est un jour qui tient à cœur à tous les bonapartistes, qu'ils penchent plutôt pour l'ogre corse canal historique ou pour Badinguet. Mais c'est aussi, j'ai pu en juger sur pièces, le début de la frénésie de consumérisme pré-noëlesque : c'est incroyable le nombre de gens qui faisaient leurs courses de Noël aujourd'hui. Les cons. Quelle idée de faire ça tous en même temps, je vous le demande ? Les bras chargés de sacs et de trucs énormes, ils ont failli réussir à m'empêcher de faire mes propres courses de Noël à moi. Ils se pressaient tellement partout, dans les couloirs du métro, dans les travées des magasins, partout, que j'avais du mal à passer avec mes propres gros sacs. Quel manque de savoir vivre, alors ! M'énervent, les gens.

Bon, ça m'aura permis de faire une pause dans les traductions. à force de faire plein de trucs en même temps, une page de la traduction de Mickey Chasseur de Baleine s'est retrouvée dans le fichier d'un Batman de Grant Morrison. Alors je pense que le père Grant ne dédaigne pas la technique Burroughs (version William, pas Edgar Rice) (quoique) du cut-up, mais quand même. Je pense que mes éditeurs n'auraient guère goûté la blague.

Et sinon, dans le cadre de la grande campagne pour le reslipage de Superman, un message de saison :

"J'ai deux amours : la coke, et mon slip rouge."