vendredi 31 décembre 2010

Bon, ben c'est pas tout ça...

Mais j'ai bien l'impression que 2010 ne passera pas l'hiver.

Je pense donc qu'il est temps de passer à autre chose. L'an a vécu ce que vivent les ans, le temps d'un printemps et des saisons connexes, il faut s'y faire, et le voilà qui tire sa révérence sous les flonflons et la préparation intensive de crises de foie homériques.

Bien entendu, c'est pile juste avant le réveillon que j'ai eu une fuite et qu'il a fallu que je file chez Casto pour choper la pièce pour la réparer. Je note que tous les gens qui étaient dans le Casto avaient l'air dans le même état de stress que moi, sentant bien que s'ils ne trouvaient pas rapido une solution technique, le passage à 2011 s'effectuerait la clé à molette à la main, alors que normalement ça se fait avec le tortillon qui fait pouet quand on souffle dedans. Bon, réussi à contenir les dégâts. Je finirai la réparation demain, si je suis d'humeur.

Quant à vous, j'espère que vous ne lirez ce texte que demain, ça voudra dire que vous avez une vie.

à l'année prochaine, bisous à tous. Même à ceux qui piquent. Je suis d'humeur généreuse ce soir.

jeudi 30 décembre 2010

Variousse niouzes

Bon, après quelques jours de pause pendant les fêtes, me voilà de retour. J'en ai profité pour me reposer, pour avancer des trucs très en retard, et pour bouquiner un peu.

C'est comme ça que j'ai un peu creusé la légende de Cuchulainn, un héros celtique des temps anciens. Je connaissais mal, je savais juste qu'il avait eu de gros soucis avec la Morrigane. Là, j'ai découverte sa fin : cerné d'ennemis, déjà transpercé de plusieurs coups de lance, il s'est adossé à un menhir, s'y est attaché avec sa ceinture en hurlant "je veux mourir debout !" et a attendu la charge finale une épée dans chaque main. C'est pas mal, je trouve, Mel Gibson dans Braveheart fait petit joueur, à côté. C'est bien épique, bien badass, comme on dit de nos jours. Les héros celtiques gagnent à être connus.

J'ai bossé aussi à l'iconographie de mon bouquin sur les super-héros, aussi. Là, je suis content, j'ai trouvé une page de Batman par Dick Sprang avec un épis de maïs géant. C'est chouette.

J'ai découvert aussi des pubs sur internet proposant aux gens de devenir traders en bourse. C'est clair que trader par correspondance, ça peut pas être pire que les vrais. Je me demande si des gens se laissent prendre à ces trucs, quand même. Les gens sont moins cons qu'il n'y parait. La preuve, ils ont boudé le réseau social de l'UMP. Et même les Belges sont malins : ils viennent de découvrir qu'on peut se passer de gouvernement pendant 200 jours et pas être plus malheureux pour autant. On devrait faire pareil ici, pour voir. Rien qu'en salaires et en frais de ministres, on devrait économiser un petit milliard sur le budget.


Bon, et sinon, je viens d'apprendre le décès de Bobby Farrell, le chanteur de Boney M*.

Vu qu'il est mort à St Petersbourg, autant y aller à fond dans l'hommage :

Le fantôme du moine fou a-t-il frappé ?


(bon, dans le clip ça se voit trop qu'il porte un faux nez**)

*Et non pas bonnets M, comme le croient sottement les amateurs d'implants mammaires. L'implant, c'est mal, même à Noël et même mammaire.

**hommage à Orson Welles et au petit Marcel G.

vendredi 24 décembre 2010

Grelots, houx et autres décorations saisonnières

Bon, je vois que le 24 tombe un 24, cette année, et donc que c'est Noël ce soir (en tout cas, Noël pour les cochons de papistes occidentaux qui ne savent pas qu'en vrai, chez les gens sérieux, ça tombe début janvier)(m'en fous, ça me donne une occasion supplémentaire de m'en mettre plein la lampe*. par ce froid, c'est pas négligeable).

Je souhaite donc un joyeux Noël à tous mes amis cochons de papistes et assimilés, parce que je ne suis pas sectaire, hein, manquerait plus que ça. Bon Noël au papa Noël des pubs Coca Cola (qui a quand même un teint rubicond qui conduit à s'interroger sur le contenu de ses bouteilles). Bonne fête du Sol Invictus à tous mes amis néo-païens, voire même archéo-païens s'il y en a. Bonne fin d'année festive à tous les laïcs qui ont quand même quelques bonnes bouteilles au frais, et mes amitiés quand même à tous les autres, y compris à ceux que je serais foutu d'oublier, par la faute des dites bonnes bouteilles. Parce que bon, j'ai tenté de conserver mes neurones dans l'alcool, et je ne suis pas certain que le résultat de l'opération soit tout à fait satisfaisant.

Voilà voilà.



*l'expression "s'en mettre plein la lampe à Noël" vient des bougies de Hannukah, vu qu'on en met plein. Je parie que vous ne saviez pas. Moi même, j'ignorais cette étymologie curieuse avant de l'inventer, ce matin même.

mardi 21 décembre 2010

La courte vue n'est pas le monopole des courts sur pattes

Oui, parce que pour une fois, notre Petit Mamamouchi national n'est pas seul responsable des problèmes du pays. Là, c'est plutôt une forme de myopie collective des décideurs qui me conduit à me caresser la barbe d'un air pensif.

Deux affaires ont coup sur coup posé la question du contrôle des substances chimiques et pharmaceutiques, celle du Mediator et celle des tapis-puzzle. Comme, sur le Mediator, certaines alertes semblent avoir été données il y a longtemps, ça permet aux décideurs actuels de se défausser avec élégance sur leurs prédécesseurs. Mais l'affaire des tapis-puzzle montre que les mêmes processus sont encore à l'œuvre.

L'affaire des tapis-puzzle, c'est la découverte que des agents ajoutés aux plastique pour l'assouplir peuvent avoir des effets délétères sur la santé, surtout quand l'usager numéro un est un nourrisson. Les produits concernés sont donc retirés de la vente pour enquête complémentaire. C'est louable. Frédéric Lefebvre est même monté au créneau sur les sujet, ce qui démontre contre toute attente qu'il peut servir à quelque chose d'intelligent, des fois, ne serait-ce que par inadvertance. Oui, mais...

Mais l'année dernière, ce sont sur des biberons et autres bouteilles de ketchup qu'on avait posé exactement le même problème. Un agent de texture des plastiques qui était peut-être délétère, et qu'on a retiré par précaution. Qu'est-ce qu'on parie que l'année prochaine, ce sera l'agent de texture du lino, des bottes en caoutchouc ou des cirés bretons qui sera mis en cause ? L'affaire des biberons aurait pu être l'occasion de lancer une évaluation de TOUS ces agents de texture. Mais non, on agit au coup par coup, dans la précipitation, en espérant que la prochaine fois, ça tombe sur le successeur, parce que c'est pas tout ça, mais les industriels gueulent quand on leur demande de retirer des produits.

Mediator, c'est un produit qui, depuis longtemps, n'est plus prescrit pour son indication première. C'était un produit contre le diabète, mais on l'utilise depuis des années en complément de régimes amincissants. Or, ça fait vingt ans que le législateur resserre les vis sur les médicaments amaigrissants, les coupes faim, les extraits thyroïdiens, diurétiques et autres saloperies qui finissent par sérieusement esquinter. Sauf que là encore, c'est du coup par coup.

Quand Isomeride a été retiré de la vente, on a fait semblant de ne pas voir que Mediator posait le même problème : facile de se défausser, ce n'était pas un amaigrissant, c'était un produit pour le diabète. Pas d'évaluation globale de tous les produits prescrits hors de leur champ normal d'indication et détournés de leur usage pour que madame entre dans son maillot de bain. Il faut dire que la pression est terrible. Madame réclame à son médecin, et change de médecin si elle n'obtient pas satisfaction. à tel point que même les nutritionnistes, pourtant censés savoir que certains mélanges sont dangereux, prescrivent à tour de bras et sans contrôle. Pourtant, avec la Carte Vitale et son traitement automatisé des données, rien ne serait plus simple pour la Sécu que d'épingler en masse les médecins qui prescrivent hors AMM. Sauf que la clientèle de ces médecins, ce sont aussi les femmes de députés ou de ministres...

Alors il faut des morts pour qu'on ouvre le dossier. Et qu'on le referme vite fait, pour éviter les éclaboussures. En attendant le suivant. Et des médicaments sortent encore avec des dossiers bidonnés, des études bâclées, des pattes graissées.

Et on continue à gérer au coup par coup, quand il est sans doute trop tard, en essayant de refiler le bébé au voisin, au prédécesseur ou à tout bouc émissaire commode, sans prendre de recul. En attendant le suivant. Et celui d'après. Et ainsi de suite.

samedi 18 décembre 2010

Ecritures, majuscules et paroles

Borges est un auteur auquel je reviens régulièrement. S'il est souvent jugé aride par ceux qui l'approchent une première fois, la fréquentation assidue de sa prose (et parfois de ses vers) est riche de plaisirs métaphysiques intenses.

J'ai épluché des dizaines de fois certains de ses recueils, comme Fictions ou Enquêtes. D'autres, découverts parfois plus tard, m'ont moins marqué. L'Aleph est un de ceux-là, relu moins souvent. Mais néanmoins, un des textes qu'il contenait m'avait particulièrement frappé, et je l'ai relu récemment avec plaisir : l'écriture de Dieu. C'est un texte crépusculaire, l'histoire d'un prêtre aztèque prisonnier des Espagnols, dont la cellule jouxte celle d'un jaguar. Se souvenant d'une ancienne légende évoquant un message laissé par son dieu, une formule magique de toute puissance, il puise dans ses souvenirs pour trouver l'endroit où elle a pu être écrite. Puis finit par s'aviser que le dieu y a pourvu : la formule est écrite sur le jaguar, ce sont les taches de son pelage, et il ne reste plus qu'à les décrypter. Le prêtre s'attache donc à la tâche absurde et grandiose qui consiste à lire les taches du jaguar.

J'adore ce texte. Il est fort, il est fondamentalement magique, et il est beau.

En feuilletant le livre pour picorer des passage, je retombais sur le titre de la nouvelle. Et je m'avisai d'une curieuse anomalie. Pour moi, depuis des années, sans même me poser la question, il s'agissait depuis le départ de l'écriture de Dieu. Et en fait, avec ma manie de la lecture rapide, je ne m'étais jamais aperçu que la nouvelle s'appelait en fait l'écriture du dieu. Ce n'est pas la même chose. Ce n'est pas du tout la même chose.

Fébrile, je relisais une nouvelle fois la nouvelle, craignant que cette rétrogradation (on passe de Dieu, Tout Puissant, illimité, éternel et incréé, à un dieu, à une chose à la prééminence moins évidente, peut-être créature de dieux plus anciens) n'amoindrisse la portée du texte. Que cette écriture soit moins fondamentale, moins universelle que si elle était le langage ultime de l'univers.

Une lettre et un artifice typographique, la majuscule, et le sens de tout un texte peut en être subtilement changé.

Et pour vous en convaincre, je vous propose un exercice amusant : recopiez le premier verset de l'Evangile Selon Saint Jean, en omettant les majuscules, en le recopiant intégralement en minuscules. Veut-il dire tout à fait la même chose ? Et maintenant, posez-vous la question : majuscule/minuscule, la distinction typographique existait-elle à l'époque de la rédaction du dit évangile* ?

C'est aussi pour ce genre de vertiges que j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer Borges.




*Il me semble qu'elle a été introduite sous Charlemagne. Sacré Charlemagne, toujours à foutre la merde.

jeudi 16 décembre 2010

Dernière minute

On vient de m'annoncer la mort de Jean Rollin.

Je viens vous en parler ici parce que, dans les morts cinématographiques, elle va immanquablement être éclipsée par celle de Blake Edwards.

Jean Rollin, pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est -c'était- une sorte de phénomène innexpliqué du cinéma français, un homme qui a patiemment labouré le même sillon narratif des années durant. Rollin, c'est Bunuel qui se serait pris pour le fils de Jesus Franco et d'Eric Rohmer, ou l'inverse, ce sont d'improbables films de vampires à l'érotisme étrange et à la narration complètement éthérée, ces longs plans séquence, ces mêmes brise-lames battus par les flots sur une morne plage qu'on retrouve d'un film à l'autre… C'est bizarrement fascinant et hypnotique, c'est un plaisir diffus qui se mérite.

Si vous n'avez jamais scotché devant un film de Jean Rollin, fin bourré à deux heures du matin, vous ne pouvez pas comprendre ce que je ressens ce soir.

Voilà voilà...

On se calme et on boit frais à Berchtesgaden

On le sait, à un moment où la neige risque de nous retomber dessus et de générer encore des tas d'embarras, voire de la pagaille, au point que certains se demande si l'ex gouverneuse de l'Alaska n'est pas la personne la plus qualifiée pour nous sauver (ou qu'en tout cas, elle ne pourra pas être pire que nos gouvernants à nous), il est utile de rappeler que le co-voiturage est déjà un début de solution au problème des bouchons. Mais sachez-le, le co-voiturage n'est même pas une invention récente, comme le démontre le document ci-dessous :

Photobucket


De nos jours, une telle campagne serait totalement non envisageable. Eric Besson et Brice Hortefeux se sentiraient visés à cause de leur voiture de fonction, et maintenant que Frédéric Lefebvre est trop occupé à confisquer des tapis-puzzles pour monter au créneau, ils n'ont plus personne pour les défendre. à part Nadine Morano. Et être défendu par Nadine Morano, je ne le souhaite à personne, par pure charité. Je ne déteste personne à ce point-là, quand même. L'intention de nuire a ses limites.

Enfin...

Pour conclure, et dans un souci de pluralisme, laissons quand même la parole au principal intéressé :


"De toute façon, si personne ne m'emmène, je fais un Mahler."



mercredi 15 décembre 2010

The horror, the horror

On le sait, le spam (ou "pourriel", en bon Français), c'est mal. Ça envahit nos boites mail en nous promettant monts et merveilles, d'assurances auto pas chères (j'ai pas d'auto), de mutuelles avantageuses (je suis satisfait de la mienne, et j'ai pas confiance dans des trucs basés Dieu sait où), de pilules à faire pousser la bite (euh...), de logiciels soit disant légaux à pas cher hébergés sur des serveurs en Sibérie (que du Windows, donc je suis pas concerné non plus, et puis bon, des serveurs russes, j'ai tendance à me méfier, on se demande pourquoi), de propositions de veuves/filles/arrière cousines de dictateurs en fuite pour faire sortir du pognon d'Afrique (l'Afrique n'a déjà pas assez pognon, je vais pas encore leur en soutirer, j'ai des principes), des invitations Fesses-Boucs (vous connaissez mon amour immodéré pour cet engin), etc.

Depuis le temps, mon logiciel de messagerie a appris a repérer tout ce fatras et à le zapper direct, tel un Flash Gordon armé d'un fulgurant à l'ancienne qui dézingue, le brushing impeccable et la conscience en paix, des créatures contrefaites aux yeux globuleux.

Et puis là, paf. C'est le drame. Je viens de recevoir un spam horrible. Une invention du diable. Un concept totalement blasphématoire et, bien entendu, fabriqué aux USA (ce n'est donc pas un gadget porno japonais. Les gadgets pornos japonais, ça entre encore dans une autre catégorie).

Ce pourriel tentait de me vendre une boite en plastique qui permet de faire cuire les nouilles au micro-onde. Imaginez le truc. Au micro-onde, putain ! Sans casserole, sans salière, sans cuiller en bois pour touiller amoureusement, sans fourchette pour porter l'estocade à une nouille dans l'eau frémissante pour vérifier qu'elle soit al dente ou carrément molle d'un claquement de langue. Non. Un truc en plastique pour faire cuire les nouilles dans ce machin stupide qui fait "bzzzzzzzt-ding" et "un coup c'est trop chaud, un coup c'est trop froid, mais c'est jamais bien".

Faut vraiment être le fils à personne pour avoir ne serait-ce que l'idée d'inventer un machin pareil. Et au moins être adhérent à l'UMP pour avoir envie d'en vendre à des gens.

**s'en va en claudiquant et en maudissant le ciel d'un poing rageur tel un dessin de Berni Wrightson de la grande époque**

dimanche 12 décembre 2010

Le monde comme il va

Aujourd'hui, parce que c'est dimanche, la War Zone va, sous vos applaudissements nourris vous révéler deux documents étonnants qui éclairent d'un jour étrange la marche de monde sur lequel on a généralement les pieds dessus, sauf quand on prend l'avion.

Photobucket

Celui-ci nous vient du Mexique, une manifestation de soutient à Julian "Couilles de Tonnerre" Assange, l'homme par qui Wikileaks arrive, devant l'ambassade Britannique à Mexico. Vous noterez qu'avec un mois et six jours (le document date d'hier) de retard, les manifestants portent un masque de Guy Fawkes, le catholique qui avait tenté de faire sauter le Parlement à Londres. C'est aussi, et surtout, une référence à V pour vendetta, chef d'œuvre bédéistique dont l'excellente traduction est disponible dans toutes les bonnes librairies. Là où c'est vertigineux, c'est que la manifestation géante de gens portant le masque de V/Guy Fawkes n'existe pas dans la BD, mais uniquement dans le film qui en a été tiré, et qui est à la limite (et encore, je ne dis pas de quel côté de la limite) du contresens. Je comprends le soutien qu'apportent ces gens à Couilles de Tonnerre, j'apprécie qu'ils fassent référence à V pour ce faire (le retournement contre elle-même de la surveillance panoptique est un des thèmes de V), mais c'est dommage que cette référence se fasse par le biais de l'adaptation filmique. Ça gâche un peu.

Le document suivant :

Photobucket

…Je l'ai récupéré sur le blog de Warren Ellis. Là, on est dans un truc qui interpèle aussi à plein de points de vue. "Whisky japonais", déjà, sur le principe, ça inquiète. Mais "Yamakazi", en plus ? Là, ça terrorise. Je trouve assez épatante la capacité des adeptes du Parkour (qu'en France, par la grâce d'un Besson, pas Eric, l'autre, on appelle Yamakazis) à sauter tous les obstactes de façon à la fois spectaculaire, efficace et élégante. Mais l'ajout de whisky dans l'équation, c'est juste mal. Non que je me place dans le camp des ligues de vertus à la solde de l'idéologie bienétriste qui me donnent envie de sortir mon révolver dès qu'on me parle de jogging (calibre 44 magnum, le révolver, pour faire bonne mesure, punk), mais acrobaties + alcool, ça me semble un mauvais combo.

C'est pour ça que je ne fais jamais d'acrobaties.

Et faut que j'arrête de boire, c'est Yamaza... Zu... Merde. C'est pas exactement Yamakazi. Bref.

samedi 11 décembre 2010

Règles de bon usage

Je ne crois pas vous en avoir parlé avant, mais à titre personnel, je milite contre l'utilisation du terme "pouf" pour dire salope. Parce que j'aime bien les poufs. C'est confortable et cosy, dans un intérieur, surtout un pouf un peu mou, genre en cuir. Alors c'est dégradant pour ce noble ustensile de faire de son nom une insulte sexiste.

Alors que "pouffe" pour désigner une grognasse, là, d'accord. La nuance est subtile, mais elle a son importance. C'est là-dessus qu'on peut faire la différence entre quelqu'un de bien éduqué et un branlouze*.

C'est comme les gens qui écrivent "vioc" pour "vioque". Je supporte pas. C'est intolérable. Ou "barjo" à la place de "bargeot". Horrible. On sait que les gens ne savent plus parler la langue, mais il ne savent plus l'écrire non plus. Ces saloperies de SMS ont tout corrompu. Miserere nobis. Nous devons défendre la pureté de la langue, sans charre**.




*le branlouze, c'est genre le type qui lit pas le bulletin météo et qui dit après "la météo m'a pas prévenu", oui, c'est à toi que je pense, François F.

**'j'en veux beaucoup à la relectrice d'une de mes traductions qui avait orthographié un "'sans charre" de bon aloi en "sans char" absolument tristoune, d'ailleurs. C'est lamentable et déprimant.

mardi 7 décembre 2010

Un vent de Sibérie souffle sur les BM

Ce matin, quand je suis allé au courrier, il faisait plutôt beau. Pas radieux, hein, mais plutôt beau, ce qui par les temps qui courent est déjà pas si mal.

Le temps de manger, pouf, terminé, tout est couvert de neige et ça pèle. Et il a fallu que je ressorte pour aller au courrier, vu qu'il n'était pas encore passé quand il faisait beau. Pas conciliant, le facteur. Il m'a obligé à aller crapahuter dans la neige et la bouillasse. Et d'ailleurs, il aurait fait sa tournée plus tôt, il aurait échappé lui aussi à la neige et à la bouillasse. Le voilà bien puni, et par là où il avait péché, en plus. Dehors, tout est blanc. Les bagnoles sont recouvertes de poudreuse et perdent leurs forme, se transformant en tertres blancs le long de la route, comme un alignement de tombes de grognards le long des trajets de la Retraite de Russie.

Pas un temps à mettre un Nikolavitch dehors, quoi. J'ai encore froid au pied d'être allé au courrier. Pour récupérer un catalogue et deux relevés sans intérêts, en plus. Et il faudra que je ressorte chercher les enfants à l'école. Alors que je resterais bien claquemuré dans mon bureau à avancer sur des scénars parlant d'explorateurs de l'Afrique, de Croisés en Egypte ou d'archéologues dans les déserts d'Irak et faubourgs.

Note à moi-même : ne plus jamais me resservir un café dans le même mug qui m'avait servi ce midi à boire du bouillon de potée aux lardons. L'association des goûts est assez malheureuse.

lundi 6 décembre 2010

Wookie-leak, c'est quand Chewbacca va au petit coin ?

Je repensais à l'histoire de Julian "couille de tonnerre" Assange, à son mandat d'arrêt international pour une histoire de fesse douteuse, alors qu'il venait de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière diplomatique.

Que reproche-t-on au juste à WikiLeaks ? De révéler tout haut que ce que les diplomates disaient tout bas dans le dos des dirigeants du monde. On n'avait pas besoin de WikiLeaks pour savoir que Berlusconi était taré, Sarkozy en plein ego-trip maniaco-dépressif, que l'Iran chiite faisait flipper toutes les pétro-monarchies sunnites, etc. Mais dans les chancelleries, on affectait d'employer un langage plus feutré, pour éviter que quiconque ne perde la face. La diplomatie internationale est le règne de l'hypocrisie, ça fait partie du jeu. Et les fuites de documents diplomatiques sur WikiLeaks semblaient annoncer la fin du règne de l'hypocrisie en politique internationale. On se disait : maintenant, le peuple sait que c'est pipeau, flageolet et concert de violons désaccordés.

Il suffit de voir les réactions un peu partout pour voir que nombreux sont ceux qui s'accommodaient très bien de l'hypocrisie, et qui ont peur quand on commence à appeler un chat un chat. L'hypocrisie a toujours été sécurisante pour ceux qui ne veulent pas voir les failles d'un système.

Mais on a annoncé un peu vite la fin de l'hypocrisie. Le mandat contre Assange, les gesticulations de Besson, les pressions de toutes part pour assécher WikiLeaks avant les révélations sur les banques (dernière en date, la banque suisse qui ferme un compte d'Assange sous prétexte de "fausse adresse", parce qu'il ne résidait pas à Genève) , c'est un message. Un message discret et ô combien diplomatique, pour nous dire que de toute façon, l'hypocrisie n'est pas morte, que c'est business as usual. Que les bouffées de franchise annoncent encore plus de langue de bois et de faux semblants.

En attendant, puisque WikiLeaks a été shooté sur les serveurs DNS et ne peut donc plus être utilisé en toutes lettres comme adresse internet, voici les accès par IP de deux sites miroirs, juste au cas où. http://46.59.1.2/, et http://213.251.145.96/. Sait-on jamais, ça peut servir.

vendredi 3 décembre 2010

Une machine à transformer soi-même les chanteuses en saucisses, c'est un Herta-kit ?

En fait, c'était juste pour vous refourguer une citation de Clint Eastwood que j'ai retrouvée dans mes archives.

"Cela aurait pu être l'un des meilleurs films de guerre jamais réalisés. Excellent scénario, excellente distribution, subtil message antiguerre. Mais les choses ont mal tourné. Le tournage s'est enlisé en Yougoslavie. Au final, on a eu une histoire sur un groupe de branleurs pendant la Seconde Guerre mondiale."

Il parlait, vous vous en doutez, de De l’Or pour les Braves. Un film dans lequel Donald Sutherland a quand même une des plus belles répliques du monde.

jeudi 2 décembre 2010

Ça devient n'importe quoi

Dans mon rêve de cette nuit, la municipalité organisait dans le parc un "concert des anciens", où pas mal de vieilles vedettes venaient faire leur show sur la pelouse, sous les ovations d'une foule clairsemées de parents venus accompagner leurs gamins au toboggan et autres pataugeoires.

Quand j'arrivais, Ozzy Osbourne faisait un boeuf à la guitare électrique avec Ernest Borgnine, les pieds dans la pateaugeoire à gamins, justement. Je me suis surpris à penser trois trucs :

"Tiens, il s'est remis à la guitare, le père Borgnine ? J'avais même oublié qu'il était musico, lui."

"Il va nous le refaire, le coup du 'et après, quoi ? on chantera des cantiques ?'"

et

"Dans la pataugeoire, avec toute cette flotte, le come-back risque de ne pas durer longtemps"

Bandant alors toute ma volonté pour m'arracher à l'open-bar Haribo, je fendais bravement les flots de la pataugeoire, qui m'arrivaient aux genoux, pour tirer le pauvre Ernest Borgnine de ce traquenard.

Puis je me suis pris les pieds dans le fil de sa guitare, je me suis vautré comme une grosse daube, et je me suis réveillé.

Va falloir que ça se termine vite, cette gastro, parce que les médocs me déglinguent sérieusement la tête, là.

mercredi 1 décembre 2010

"Alors il frappe, comme couille de tonnerre"

Bon, le titre de cette entrée est la traduction très libre du refrain d'une chanson de Tom Jones consacrée à l'agent 007. Mais je rappelle aux enfants que je suis un traducteur professionnel. Vous, ne tentez sous aucun prétexte ce genre d'exercice à la maison, je décline toute responsabilité. Surtout que je fais ça par pur vice, vu que la suite n'a absolument aucun rapport. C'est juste que je soigne ma gastro explosive en me passant des vieilles musiques de film et en avalant des médocs par poignées entière comme un Elvis en rut.

Après cette digression liminaire, forcément, je ne sais même plus de quoi je voulais parler au départ. C'est malin. La gastro, c'est une chose terrible. Terrible. Ah, ça me revient, c'était aussi une histoire de fuites, tiens, dont je voulais vous parler. Je trouve assez amusant qu'Interpol lance un mandat international (ou Red Notice) contre la patron de Wikileaks pile au moment de l'histoire des archives diplomatiques américaines qui sont colportées partout. Parce que l'affaire qui justifie officiellement ce mandat (une sombre histoire de moeurs) me semble un peu anecdotique par rapport à la puissance de feu engagée : ce sont 188 pays qui sont censés participer à la chasse à l'homme. Jusqu'à présent, il me semblait que ce genre de moyens étaient réservés à des criminels de haut vol, genre mafieux russes, voleurs d'enfants, trafiquants de drogue ou terroristes. Pas sur une affaire de fesse pour laquelle il n'est même pas encore inculpé, et sur laquelle il n'existe que des "suspicions raisonnables", pas des preuves. Avouez que c'est curieux.

Bon, après, les deux Suédoises, à force de sortir des secrets d'état, j'imagine que ce garçon a fini par se prendre pour James Bond (qui se tape contractuellement deux nanas par film, rappelons-le) et qu'il aura voulu leur montrer ses couilles de tonnerre.