dimanche 26 juin 2016

Le programme

Alors, c'est peut-être pas mal de refaire un point sur les prochaines dédicaces d'Eschatôn :

Samedi 2 juillet à la librairie La Dimension Fantastique (106 rue Lafayette, Paris 10) avec Stéphane Przybylski, à partir de 17 heures.

Dimanche 3 juillet au Grand Cercle d'Eragny (95) (c'est au centre commercial Art de Vivre, à trois encablures de l'échangeur de l'A15/RN186, si je me mélange pas dans les chiffres).

Mercredi 24 Août à la librairie Critic à Rennes, suivi d'une soirée au bar L'Heure du Jeu.

Semble-t-il à la Fête de l'Huma début septembre.

Et le samedi 26 novembre au festival SF et Fantasy de Sèvres (au SEL).

samedi 25 juin 2016

Colisionneur de particules musicales

M'étant trouvé à attendre quelques minutes dans un couloir empli de musique différentes venant de pièces différentes, j'ai eu l'occasion de me livrer une fois encore à cette expérience amusante qui consiste à se concentrer alternativement sur l'une et sur l'autre, à entraîner son oreille à les discriminer.

Au départ, on se retrouve face à un brouhaha qui emplit l'espace. Puis quand on se décide pour une musique, on arrive peu à peu à faire le tri, à faire graduellement surgir une des musiques de la cacophonie ambiante, en rejetant l'autre à l'arrière-plan de la conscience. C'est ce pouvoir qu'on emploie quand, dans un endroit animé on poursuit une discussion en petit comité, en entendant son interlocuteur, et en renvoyant toutes les autres voix au rang de bruit de fond.

Dans le cas de ces deux musiques emplissant le couloir, il était même possible, au bout d'un moment, de passer de l'une à l'autre à la volée, de se concentrer sur l'une, rejetant l'autre dans le bruit, puis d'aller chercher la deuxième en "effaçant" la première, et ainsi de suite, alternativement. C'est aussi le même processus que quand, dehors, on arrive à différencier (et localiser approximativement) quatre ou cinq oiseaux différents qui chantent, bien planqués dans des arbres.

Mais cette capacité de discrimination ne recèle-t-elle pas un piège ? Ne nous empêche-t-elle pas de saisir pleinement une musique inconnue, dont certaines strates un peu étranges se retrouvent dès lors rejetée inconsciemment à l'arrière ? Qu'est-ce qui fait qu'on va cataloguer ceci ou cela comme "bruit", et quand, pourquoi ? Est-ce qu'à force, la possibilité de filtrer ce qu'on entend ne nuit-elle pas à la capacité à entendre la nouveauté ?

Je n'en sais que couic.

vendredi 24 juin 2016

On en est là…

Je suis très partagé par l'annonce du Brexit, le départ du Royaume-Uni de l'Union Européenne.

Et en fait, ce qui résume le mieux ma pensée, c'est la classique malédiction chinoise : "puissiez-vous vivre des temps intéressants", parce que j'ai dans l'idée que nous y voilà.

Dès le résultat connu, Ecosse et Irlande du Nord ont fait part de leur volonté de rester dans l'UE (et donc de quitter le Royaume-Uni). En ce qui concerne l'Ecosse, ça posera des problèmes rigolos comme les statuts du Duc d'Edimbourg et de Balmoral, ainsi que celui de la Bank of Scotland qui risque d'avoir à changer de nom, mais globalement on sent bien que nos amis du pays du Kilt étaient sur le départ. Sur l'Irlande du Nord, par contre, il va falloir faire avec la capacité de nuisance des Orangistes, qui est quand même considérable. D'ici que ça pète à nouveau, il n'y a pas loin.

Un beau bordel en perspective de ce côté là.

Le truc, c'est que les gens horrifiés par l'évènement étaient grosso-modo les mêmes qui, pendant toutes les années 90 et la première moitié des années 2000 nous expliquaient que la mauvaise volonté des Britanniques était ce qui avait mis l'Europe le cul entre deux chaises pendant tant d'années, et qu'entre le "chèque Thatcher", l'exemption d'Euro et la capacité à maintenir des paradis fiscaux sur le sol européen, on sentait bien que ça n'aidait pas à simplifier les choses. Du coup, est-ce que l'Europe n'est pas mieux sans l'Angleterre (et le Pays de Galles) ? La question mérite d'être posée.

La crash financier qui a eu lieu aujourd'hui ne semble pas encore trop problématique : on n'a encore eu aucun suicide de trader, ce qui normalement devrait servir de baromètre. En toute logique ultralibérale, il conviendrait de laisser crever les institutions financières les plus exposées, ce qui pourrait contribuer à assainir un peu la situation. Bien évidemment, on ne le fera pas.

On ne pointera probablement pas du doigt un des responsables symboliques de tout ce bordel, Jean-Claude Juncker, qui a quand même pas mal organisé l'austérité en Europe après avoir organisé le dumping fiscal qui a pas mal mis à genoux certaines économies, et dont le pays traine en justice ceux qui ont eu le courage et l'honnêteté de dénoncer ses pratiques. Ni l'Allemagne qui, en décidant de se payer la Grèce, a créé les conditions d'un ras-le-bol et démontré que l'UE ne protégeait pas ses états membres, bien au contraire, sapant directement sa légitimité. Pourtant, tant qu'on ne mettra pas ça sur la table, on laisse la porte ouverte à d'autres sorties du même genre, et à une politique punitive envers la Grande Bretagne qui ne pourra que valider, quelque part, l'idée que l'Europe n'aime pas la démocratie. On ne peut pas se permettre d'avoir une Europe punitive.

Parce que c'est là la clé du problème : même s'ils ont voté peut-être en dépit du bon sens, les Britanniques ont voté. Et il va bien falloir l'admettre, et entériner leur volonté. Vox Populi et tout le bordel.

Après, pas mal de gens font se retrouver impactés de façon très négative : les expatriés des deux bords (et notamment les retraités anglais à l'étranger), tous les gens qui travaillaient ou commerçaient avec l'Angleterre, et le risque de récession dans le pays (et chez ses principaux partenaires) est très élevé. Qui plus est, certains animateurs de la campagne du "leave" ont d'ores et déjà admis qu'une partie de leurs arguments étaient bidons. Et quand on regarde de près, on voit bien que les arguments vraiment valables en faveur du Brexit on tous été occultés, en faveur de concentré de fosse sceptique façon Donald Trump.

Après, puisqu'on en parle, ceux qui applaudissent de tout cœur au Brexit sont des gens avec qui on n'aime pas trop être d'accord, parce qu'ils applaudissent pour toutes les mauvaises raisons.

Après, si le Royaume-Uni éclate, il passera du rang de puissance nucléaire à patelin provincial. Je ne suis pas certain qu'on y gagne grand-chose, si ce n'est l'affaiblissement général, au niveau géopolitique, de l'Europe de l'Ouest (avec la Russie en embuscade, qui se comporte de plus en plus comme le Tsar Nicolas 1er avant la Guerre de Crimée). Quels que soient nos tiraillements séculaires avec les Britanniques, c'était une puissance alliée depuis un siècle et demi. Et on a toujours besoin d'alliés puissants.

L'Europe doit changer. Elle doit évoluer. Elle doit réformer la philosophie sur laquelle elle tourne actuellement, et qui ne peut que conduire en l'état à lui mettre tous les peuples à dos. Si le Brexit permet ça, alors il aura été une bonne chose. Mais rien ne prouve qu'elle change. Tous les signaux envoyés d'en bas et appelant à un tel changement ont été ignorés. La Commission (instance profondément non démocratique), a tout fait pour se rendre détestable. Le lobbying au Parlement Européen a conduit à le rendre inefficace.

Ou alors nous nous retrouvons face à un choix : faire tomber les masques et renoncer à la démocratie, ou remettre la démocratie au cœur du projet européen. Et dans ce cas-là, en faire une démocratie beaucoup plus directe que ce n'était le cas jusqu'à présent.

Sérieusement, les semaines et les mois à venir seront des "temps intéressants".

dimanche 19 juin 2016

La Raison des Mères (Dune saga l'autre 6)

Un copain m'avait exposé jadis (y a un bon quart de siècle maintenant) une théorie à lui selon laquelle Dune, c'était la Bible à l'envers. On commençait par le Messie pour ensuite avoir les Prophètes, puis l'Exode, puis le Déluge, grosso modo. Il arrivait même à y inclure ce roman qui avait été assez honteusement marketé comme "prélude à Dune", Et l'Homme Créa un Dieu (The Godmakers) dans son système, parce que pour lui, c'était grosso modo Les Actes des Apôtres et la constitution de l'église.


Retour au désert

Je ne sais pas s'il continuerait à défendre sa théorie en l'état (et entretemps, il a créé une saga de SF qui employait une terminologie biblique, mais dans l'ordre) et le problème de ce genre de théorie-cadre, c'est qu'elles butent facilement sur les détails. Il est impossible de savoir si Frank Herbert avait une idée dans le genre en tête quand il écrivait, ni si l'idée allait au-delà d'un fil conducteur très lâche.

Du coup, cette analyse aurait pu n'être que ça, un jeu de l'esprit qui se trouvait coïncider dans les grandes lignes avec les faits de la série. Il s'y ajoutait le petit frisson de l'inversion sacrée, puisqu'elle est la marque des satanistes du dimanche (et des complotistes fainéants qui quand on leur passe un disque à l'envers, y voient la preuve que Satan l'habite et trouvent donc une cible facile à anathèmiser). Peut-être que cette inversion, si elle existait, était la marque de l'entreprise de déconstruction à laquelle se livrait Herbert quand il démontrait le caractère terrifiant et fondamentalement nocif des religions organisées et conquérantes. Car rappelons-le, dès lors que Paul Atreides se retrouve bombardé messie des Fremen sous le nom de Muad'Dib, il se retrouve à la tête d'un jihad qu'il est incapable d'arrêter.


Et hélas, c'est un peu de saison, tout ça
(et dans Dune, tout est question de prophéties
alors ça fait méchamment flipper
quand on y pense)


Pire encore, contrairement à bien des messies l'ayant précédé, il parvient à accomplir de son vivant une transformation eschatologique du monde, et ce sont ceux-là même qui l'appelaient de leurs vœux qui découvrent qu'en fait, ce dont ils rêvaient les détruit à mesure que cela se réalise : de l'eau sur la planète Arrakis jusqu'alors réputée pour son aridité, et ce sont toutes les coutumes du peuple Fremen qui deviennent obsolètes, folkloriques et un peu ridicules quand quelques années auparavant, elles étaient une question de vie ou de mort. Le messie est venue abolir la Loi, et ceux qui se sont battus pour lui y perdent leur identité, et finissent pour certains par se retourner contre lui et tenter de le détruire. Sans résultat, il est bien trop tard. C'est d'ailleurs tellement peine perdue que quelques millénaires plus tard, dans le tome 4 de la série, les Fremen ne sont plus qu'une réserve indienne, un attrape-touristes.

Dernières visions d'un monde qui disparaît



Le messie de Dune est donc un messie de répertoire, avec tous les accessoires. Il amène une transformation radicale, et se trouve trahi et tué par ceux-là mêmes qu'il venait sauver.

Mais là où ce messie est un peu atypique, c'est qu'il n'est pas fils d'un dieu ni d'une vierge. Son ascendance n'est pas royale, elle prend même des tours et des détours peu ragoûtants (spoiler : il est par sa mère le petit-fils du Baron Harkonnen, le grand antagoniste du début de la série, que normalement on verrait bien, dans une perspective biblique, jouer plutôt les Hérode).

Parce que le gag, et là où ça se recoupe avec la théorie évoquée ci-dessus… C'est que le messie, dans Dune, est le père de ce que la série comptera de plus proche d'un dieu, le monstrueux Leto II le Tyran, qui mettra ses pouvoirs titanesques au service d'une cause prométhéenne : changer le futur.

Car Paul Muad'Dib partage avec Jésus cette terreur de son destin, sauf que contrairement au Galiléen, il n'a même pas un Père à supplier qu'il écarte cette coupe de ses lèvres, ou à qui demander pourquoi il l'a abandonné. Il voit sa propre fin, et surtout un cataclysme apocalyptique loin dans le futur, la destruction de l'humanité toute entière dans tout l'univers connu.
Messiah with a knife

Leto va réussir à conjurer ce futur terrifiant, mais au prix de massacres dans son présent, qui vont pousser l'humanité à un exode par-delà les frontières de l'univers connu. Ainsi, quand bien même celui-ci serait ravagé, l'humanité survivrait.

Et là intervient si ce n'est un double paradoxe, au moins une double bizarrerie. La première, c'est que pour y arriver, Leto est obligé de se sacrifier de multiples manières. Et qu'en bonne logique judéo-chrétienne, c'est plutôt le messie qui se sacrifie, pas le dieu. La deuxième, c'est que parmi ces sacrifices, il y a le fait de devenir physiquement et historiquement un monstre. Physiquement en devenant une incarnation du ver des sables Shai-Hulud, historiquement en étant responsable de plus de morts encore que le jihad de son père et en devenant par là-même un sujet d'horreur et de mépris pour les générations suivantes (dans la logique messianique, le sacrifice "historique" est le fait de Judas, qui quoique rouage essentiel dans l'économie de la Passion, se retrouve chargé de tous les les péchés et de toute la noirceur, et connaît une mort plus infamante encore que le messie qu'il a trahi) (il se retrouve, rituellement, dans la position du bouc émissaire chargé des péchés du peuple et sacrifié à Azazel. ce que le christianisme n'a jamais voulu voir, c'est que toujours sur un plan purement rituel et symbolique, c'est par le sacrifice du bouc, et pas par celui de l'agneau pascal, que l'on obtient la rémission des péchés. Le rédempteur mort pour nos péchés, c'est donc Judas, eh ouais). 


Le ver est dans le fruit
Bon, d'accord, pour des vers pareils, faut des fruits balaises.
Mais quand même

Mais ce paradoxe n'est qu'apparent. Car dès qu'on sort d'une logique purement judéo-chrétienne, il tombe de lui-même. Car ce sacrifice d'un dieu qui, inquiet d'un futur apocalyptique, paye de sa personne pour acquérir des pouvoirs nouveaux au prix de souffrances physiques, mais aussi de son propre déshonneur, c'est celui d'Odin. Et dans une perspective odinique, Leto est un personnage qui se pose-là, sacrifiant tout pour conjurer un Ragnarok universel.

Et de façon amusante, ce qui ressemble le plus à une religion constituée, dans la série, c'est le Bene Gesserit, ces bonnes sœurs qui contrôlent les lignées pour produire des messies. Et qui une fois la chose faite, font l'inverse tellement le résultat les a terrorisées. Dans les deux derniers tomes, elles font leur possible pour que plus jamais ne naissent des êtres de cette sorte.

Les bonnes mères qui se renient, le messie père du dieu, la logique judéo-chrétienne qui débouche sur une perspective païenne… Dans les grandes lignes, ça se tient quand même pas mal, cette histoire de cycle qui reprend les choses à l'envers…



Note iconographique : j'ai tellement abusé des dessins de Moebius dans les précédents épisodes qu'hormis l'image juste ci-dessus, la carte et l'extrait du film de Lynch, j'ai mis Bill Sienkiewicz à contribution, cette fois-ci.


Rétrospective Dune :

jeudi 16 juin 2016

Kiss kiss splotch splotch

J'ai retrouvé dans mes tablettes cette antique analyse d'un mystère ô combien taraudant. J'ai commis ça y a déjà une treizaine d'années, ce qui démontre que j'étais déjà à peu près aussi con à l'époque qu'aujourd'hui. C'est peut-être rassurant, je sais pas.


Aujourd'hui est un grand jour. Non non, je vous rassure tout de suite, il ne s'est rien passé de particulier dans ma vie : je n'ai ni gagné au loto, ni été élu président du monde, et je n'ai pas non plus réglé les problèmes éditoriaux qui retardent Central Zéro. Ce que je veux dire, c'est que c'est un grand jour pour vous.

En effet, je vais percer pour vous, sous vos yeux ébahis et un tonnerre d'applaudissements, le mystère du deuxième effet KissCool.

La sagesse populaire voulait que les deux effets KissCool soient :

1-Je te kisse

et

2-Je t'en Cool.

Eh bien c'est faux. Et je le prouve.

La démarche scientifique pragmatique veut que, pour comprendre l'effet d'une quelconque substance, on jette d'abord un oeil à la formule portée sur l'emballage. Après, si on a du temps et du pognon à perdre, on peut passer l'objet de l'étude au spectrophotomètre ou au chromatographe. C'est souvent instructif aussi. Mais là, un simple coup d'oeil éclairé à la composition du bazar suffit.

Car le KissCool, en plus d'aromates divers, est composé pour l'essentiel de sorbitol (un édulcorant qui ne fait pas mal aux dents et est beaucoup plus naturel que le Canderel, et qu'on utilise aussi pour soigner les crises de foie) et de stéarate de magnésium (une poudre blanche à la con qui s'aglomère facilement sous la pression et est donc souvent utilisé dans les comprimés et tablettes). Or, quelle est l'intéressante particularité partagée par les sels de magnésium et le sorbitol quand on en abuse ? Je vous le donne en mille. Ce sont des laxatifs.

Donc voici résolue pour vous la ténébreuse équation KissCool.

1-Je te kisse avec l'haleine fraîche

et

2-(si j'en mange trop) Je repeins les chiottes

Voilà voilà voilà.

La semaine prochaine, la War Zone s'attaquera à un autre grand mystère de l'univers. Je ne sais pas encore lequel, mais c'est pour ça que je me donne une semaine pour y réfléchir. Et en attendant je vais me remettre au chocolat. Il paraît que ça constipe.

mercredi 15 juin 2016

Space Tito

Tiens, je viens de voir passer (c'est Warren Ellis qui faisait tourner l'info) l'annonce d'un film racontant le programme spatial secret de la Yougoslavie de Tito. Vous me connaissez, là ça appuie sur tous les bons boutons, il va impérativement falloir que je voie ce truc.


Sachant que ce n'est que de la science fiction. Je viens d'en retrouver la preuve, un extrait d'un truc que j'ai écrit il y a bien longtemps, en octobre 2003, ça ne nous rajeunit pas :


"Des gusses dans l'espace, ça devient banal, hein. Et c'est pas demain qu'on enverra des Yougoslaves dans l'espace. Ce que je trouve dommage mais que je peux comprendre : Un yougo dans l'espace, il est content. Un yougo content, il fait la fête. Un yougo qui fait la fête, il sort une bonne bouteille et il tire des coups de feu en l'air. Et l'espace, avec tous ces débris de satellites qui polluent l'orbite, c'est déjà bien assez le bordel sans qu'un yougo aille déclencher une décompression explosive."

vendredi 3 juin 2016

On avait dit "pas de débordements", merde !

Bon, comme vous le savez peut-être (ou pas. il est possible que vous vous en foutiez, aussi, et on ne peut pas vous en vouloir, vu que ce n'est pas non plus très intéressant), j'habite à genre cinquante mètres du bord de Seine. Sauf que depuis ce matin, c'est plutôt quarante-huit. Vu qu'elle a débordé dans la nuit.

C'est pas complètement une surprise, hein. Hier soir, quand je suis allé vérifier, elle était à quinze centimètres du bord. Il suffisait qu'une grosse péniche passe* pour que ça éclabousse sur la rive en faisant de grosses flaques.

Alors ça fait genre treize ans que je suis là, et pour moi c'est un peu nouveau, tout ça, vu que la dernière grand inondation remontait à deux ans auparavant. Bon, en achetant ma vieille bicoque, j'avais quand même été vérifier où se situait la cote 1910. Techniquement, en situation 1910, la flotte s'arrêtera à cinquante centimètres de ma porte. Je ne suis pas certain que ce soit si rassurant que ça, d'un coup.

Donc je surveille le fleuve. J'ai rentré des boites de conserve et des bouteilles de flotte, sait-on jamais. Et je consulte régulièrement Vigicrue, ce qui est assez fascinant, en fait.

En tout cas, j'ai pas super envie de me retrouver les pieds dans l'eau (boueuse) comme le premier zouave du pont de l'Alma venu.



Ah tiens, et les canards se sont barrés. Trop de flotte même pour eux.






*Et comme disait la bonne portugaise, "quand le groche péniche pache, qu'eche que cha mouille"