mardi 26 avril 2016

Dans le gourbi de Gorby

Ah, aujourd'hui c'est la journée des Moutons à Cinq Pattes, celle des souvenirs laissés à l'Ukraine par l'Union Soviétique, celle de l'anniversaire de Tchernobyl.

Trente ans et toutes ses dents. Enfin non, pas toutes ses dents, à cause des radiations, bien sûr.

Du coup, et histoire de ne pas trop vous saouler avec des extraits d'Eschatôn, bientôt en vente dans toutes les librairies (c'est bon, Soy, pas la peine de coller le compte à rebours), j'ai décidé de vous sortir un extrait de ce qui est déjà une vieillerie, mon petit bouquin Apocalypses ! Une brève histoire de la fin des temps, dont je signale au passage (wink wink, nudge nudge, comme dirait l'autre) qu'il n'en reste plus des masses chez l'éditeur et donc que si vous en voulez, faut pas trop traîner.

Bref, voilà ce que je disais de Tchernobyl il y a quatre ans :

L’écriture sur le mur

Il n’y a que les diamants et les impôts qui sont éternels. Et donc, l’Empire du Mal que dénonçait Reagan devait bien finir par s’effondrer sous son propre poids, tel un dinosaure rouge frappé d’obsolescence. Entre la sénescence de ses dirigeants, conduisant à leur remplacement accéléré, et la pesanteur croissante de la bureaucratie, le pays souffre d’une paralysie graduelle jusqu’à ce que le Soviet suprême accepte un dirigeant issu d’une génération plus jeune et plus dynamique, Mikhaïl Gorbatchev. Ce dernier en profitera bien entendu pour réformer tout le système en profondeur, à la première occasion.
Mais comme il l’a fort bien dit lui-même : « Aucune révolution ne donne exactement les résultats escomptés. » Le grand signe avant-coureur de la fin fut, comme de juste, une énorme catastrophe. Le 26 avril 1986 (soit trois mois après l’explosion au décollage de la navette spatiale Challenger, qui aurait pu être un signe avant-coureur de la chute de l’Amérique, sauf que cette chute n’a pas eu lieu, comme quoi il faut se méfier des signes avant-coureurs), le 26 avril, donc, l’explosion du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl est le révélateur des faiblesses structurelles du régime. Malgré la Glasnost, la toute nouvelle politique de transparence, il faut trois jours à l’Union Soviétique pour admettre le problème. Pis encore, l’accident démontre l’obsolescence des technologies, le manque chronique d’entretien, la pesanteur et l’inadaptation des procédures.
Et avec un moteur économique déjà en train de se gripper, impossible de renverser la tendance. Les coutures craquent de partout, et trois ans plus tard, le régime communiste est bien forcé de lâcher du lest, et pas qu’un peu. Des incidents de frontière à répétition conduisent à lâcher les alliées d’Europe de l’Est et à démanteler d’un coup le rideau de fer et sa matérialisation la plus évidente : le mur qui sépare à l’époque Berlin en deux secteurs.
Ce n’est pas la fin du monde que l’on annonce après la chute du mur, mais la fin de l’histoire (curieusement, la fin de l’histoire avait précédemment été annoncée lors de l’avènement des sociétés communistes, puis de l’instauration de l’équilibre de la terreur). Le concept sera remplacé par la suite par la mal nommée fin des idéologies, prétexte paradoxalement à l’instauration d’une idéologie hégémonique.
De fait, le mur de Berlin était un symbole fort, et comme tout bon symbole, à multiples facettes. Il représentait une partition du monde, et toute partition vaut mise en ordre. Après le mur, c’était un espace autre, c’était l’Est, l’ennemi, le contre-modèle. Un célèbre graffiti sur le mur indiquait bien : « prochain Coca Cola, 10000 kilomètres ». La fin du mur, c’est de façon insidieuse le retour du chaos, d’une certaine indifférenciation, et par là une perte de tous les repères. D’ennemi ultime, le Russe devient si ce n’est un allié, du moins un partenaire face à un monde qui a d’un coup besoin d’ordre. Ce n’est probablement pas une coïncidence si l’Amérique se cherche dès lors de nouveaux ennemis (monsieur Saddam H., de Bagdad, pourrait longuement en parler) et si George H. Bush parle à l’époque d’un « nouvel ordre mondial » qu’il est urgent de bâtir, notion qui fera beaucoup parler d’elle.

Parce que qui dit écroulement de l’ordre ancien dit aussi, souvent, brouillage des frontières et renversement des alliances. L’ennemi d’hier (Russe ou Libyen) peut devenir le nouveau meilleur ami, tandis que l’allié d’hier (Irakien, ou moudjahiddine en Afghanistan) peut très bien devenir un ennemi mortel…

lundi 25 avril 2016

The final countdown

Des esprits taquins s'acharnent à me rappeler que le compteur tourne, et qu'Eschatôn, mon roman à paraître chez les Moutons électriques, est à paraître très bientôt, justement. Genre le 3 juin prochain, c'est à dire dans vraiment pas longtemps. C'est vraiment vilain de leur part, parce que sur ce genre de sujets, je suis un angoissé chronique. (c'est 39, là, c'est ça ?)

Mais pour conjurer tout ça, je me suis dit que j'allais vous en balancer un nouvel extrait. Et pour le coup, un extrait maquetté, dans son jus, tel qu'en lui-même.

Hop :


Et puis ces temps-ci, je bosse sur les prochains bonus du Château des Etoiles, superbe série de mon très estimable camarade Alex Alice, et je m'éclate comme toujours. Attendez-vous à des nouvelles de mes divers alter-egos (oui, j'étais schizophrène, mais nous allons beaucoup mieux), dont le secrétaire de rédaction Alexis-Nicolas de la Vitche, que j'imagine portant le haut-de-forme, les bésicles et les favoris. Ce qui me change agréablement de mes jeans fatigués, de mes pulls informes et de ma barbe en vrac, vous en conviendrez sans peine.

jeudi 21 avril 2016

En vrac

Bon, ben c'était bien cool, la Paris Comics Expo. L'occasion de revoir les amis, de discuter, de signer des bouquins, d'en acheter (et merci encore au libraire qui avait les 2001 de Kirby, t'es un chef !) et surtout d'en négocier : après les Dieux de Kirby, je vais faire un autre bouquin pop culture chez les éditions Confidentiel. Plus d'infos bientôt.

Et puis le printemps s'installe. L'occasion donc de nettoyer l'escalier extérieur et la terrasse. De changer de la tuyauterie bouffée par une bestiole (j'avais jamais vu ça). De réparer des trucs. Ça me change de l'énorme traduction que je viens de terminer et qui me prenait la tête.

Et c'est le moment de lancer de nouveaux projets, et de remettre un coup de cravache sur les trucs en cours. Le projet Tentacules avance bien. Et faut impérativement que je rattrape le retard cumulé sur le projet Mouche.

Va être studieux, le printemps, c'est moi qui vous le dis !

mardi 12 avril 2016

Starshot in the face

Un peu secoué par la nouvelle : ce soir (55ème anniversaire du vol de Gagarine) a été annoncé le projet Breaktrough Starshot, soutenu par des gens du calibres de Stephen Hawking et Freeman Dyson (celui de la sphère du même nom).

Ça tient en deux mots : "sonde interstellaire".

Voilà. Et je viens de mettre le nez dans le détail du truc, ça a l'air très sérieux. Vous me connaissez, vous comprenez que je sois un poil sous un nuage ou sur le choc, à moins que ce ne soit l'inverse.

Rien n'est fait, hein. Mais le concept proposé, des "nanosondes" de quelques grammes accrochées à des voiles solaires, propulsées par laser, est d'autant plus crédible qu'il n'est pas, sur le principe, fondamentalement nouveau. La différence, c'est qu'on commence à disposer de solutions technologiques pour tout ça, et que 100 millions ont été mis sur la table comme mise de base pour explorer ces solutions, les développer et les viabiliser (en l'état de la technologie, le laser et l'énergie pour l'alimenter coûteraient jusqu'à 10.000 fois cette somme, et il s'agit de trouver le moyen de réduire la chose).



Comme ils le notent, le plus lourd dans un téléphone actuel, ce sont la coque et l'interface. L'électronique et l'optique pèsent seulement quelques grammes. Il suffit d'y coller un émetteur assez puissant (et d'avoir ici des récepteurs assez sensibles, mais les radiotélescopes sont là pour ça) et roulez jeunesse. En théorie, ce système peut atteindre 20 % de la vitesse de la lumière, soit, hors phase d'accélération, 20 ans pour atteindre Alpha du Centaure. Si le truc s'avère faisable et le développement pas trop long, ça signifie qu'au moins une partie d'entre nous verrons ça de notre vivant.

J'ai plein de questions, bien sûr, par exemple comment la voile résistera à l'impact du gaz interstellaire (sur cette distance et à cette vitesse, rien que le gaz diffus va présenter un facteur d'érosion terrible, et je ne parle même pas de micropoussières), mais rien que le fait qu'on commence à mettre de pareilles sommes sur des projets aussi ambitieux, visant si loin…

Je suis tout chose. Ça me redonnerait presque foi en l'humanité, tiens.

Je…

Gnnnn… me retenir… Non… Ne… Gnnnnn…




VERS L'INFINI, ET AU DELAAAAAAAAAAAAAA !

Désolé, c'est parti tout seul.

dimanche 10 avril 2016

Le point pas d'un fil

Bon, après encore dix jours le nez dans le guidon à bosser comme un ouvrier sud-coréen sous meth, faut que je sorte un peu la tête de l'eau pour faire un petit point de la situation :

Vendredi et dimanche prochain, je dédicace à Paris Comics Expo, sur le stand des éditions Confidentiel.

Le colloque de samedi à Lyon est par contre reporté, probablement à octobre mais je vous tiendrai au courant d'ici là.

Par ailleurs, Eschatôn est chez l'imprimeur, et sort le 3 juin. Il y aura le samedi 11 juin une séance de dédicaces à Gibert Jeunes, à St Michel.


Côté traductions, maintenant :

Chez Urban, un Batman, Des Cris dans la Nuit, réédition d'un truc bien noir de Goodwin et Hampton sorti il y a près d'un quart de siècle. Et Suiciders, une histoire d'anticipation bien dark et bien d'actualité, un peu dans le style Rollerball. Le mois prochain, il y aura un autre Batman, la Malédiction de Gotham, une fantaisie lovecraftienne écrite par Mignola.

Chez Delcourt, le tome 14 de l'intégrale Spawn, Annihilation, ainsi que le tome 4 des Star Wars Classics avec plein de vieilleries cool. Je signale également un autre album Delcourt que je n'ai pas traduit, mais que j'aurais bien aimé le faire, vu qu'il s'agit de Veil, par Rucka et surtout mon vieux complice Toni Fejzula, dont c'est le grand retour. Donc yeah, quoi.

Chez Glénat : le quatrième Lazarus.

Chez Huggin & Munnin, il semblerait que Supergods soit encore reporté. J'ai une date officielle à fin mai, là.

Voilà. Bon, c'est pas tout ça, mais je m'y remets. All work and no play makes Jack a dull boy. Et quand j'ai voulu me distraire, ça a été pour voir Batman v Superman, qui m'a encore bien énervé. Enfin, ce film aura quand même eu le mérite de me pousser à rétrospectivement trouver une ou deux qualités à Man of Steel, dont je m'aperçois qu'en fait, je l'ai un peu moins détesté que ce nouvel opus de Zack "je sais tenir une caméra, mais je comprends jamais rien à mon sujet" Snyder.