dimanche 31 octobre 2010

Encore des traditions qui foutent le camp

C'est pas violent, Halloween, cette année. Je dirais même que c'est mort. Dans ma rue, à part un type déguisé en biker tatoué (et il ne réclamait pas des bonbons, alors si ça se trouve, c'était pas un déguisement), c'était le calme plat.

Halloween, c'était un peu une greffe frankensteinienne de tradition et ça n'a pas vraiment pris. En plus, comme la boulangerie est en vacances, les bonbecs, c'est plus dur à trouver le dimanche. Non, les conditions n'étaient pas réunies. Y a juste le bar du coin qui a mis une citrouille en plastique et tendu de la fausse toile d'araignée en vitrine.

Dans le genre traditions qui ont la vie dure, par contre, il y a encore eu cette semaine une condamnation de Jean-Marie L., de St Cloud, pour incitation à la haine raciale. Dans la logique pénale actuelle impulsée par notre bien aimé Leader Minimo, les récidivistes devaient être soumis à des peines plancher incompressibles. Je note que, visiblement, ça ne s'appliquait pas à ce multirécidiviste là, qui est condamné à une peine symbolique avec sursis, plus une période d'inéligibilité qui se terminera bien avant la prochaine échéance électorale. Soit il y a deux poids deux mesures (selon que vous serez puissant ou misérable, blabliblabo), soit le genre de délits auxquels se livre ce monsieur ne sont pas pris au sérieux par un gouvernement qui n'a pas eu les cojones de sortir Brice H. à grands coups de pompe au cul. L'histoire jugera.

Autre belle tradition, c'est celle qui consiste à organiser Grenelles, tables rondes et autres états généraux dès qu'un truc déconne, histoire de bien noyer le poisson. Cette semaine, c'est le Football. Je note que personne n'a proposé la mesure, pourtant de pur bon sens, qui consisterait à abolir le football, ce truc nuisible véhiculant des valeurs malsaines qui truste en toute impunité nos médias et qui a encore fait 14 morts ce week end rien qu'au Honduras.

samedi 30 octobre 2010

Darth wide shut

Tiens, en flânant sur le ouaibe, je viens de trouver le premier concept art pour Darth Maul (vous savez, celui qui a fini en demi Maul) dans Star Wars :

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Ah, on me souffle dans le téléscripteur qu'en fait c'était un concept art pour Eyes Wide Shut, de Stanley Kubrick.

Alors, George, encore pris la main dans le sac de confiture à regarder par-dessus l'épaule des grandes personnes ?

Rhoooo, c'est pas joli-joli, tout ça !

lundi 25 octobre 2010

Ils nous doivent plus que la lumière, là...

Alors, il parait que l'électricité va encore augmenter. C'est marrant, mais j'en était resté dans l'idée que l'ouverture du marché devait bénéficier au consommateur. Une hausse des prix ne me semble pas tellement être un bénéfice pour le consommateur, mais je dois avoir mauvais esprit. Ou je dois comprendre de travers la notion de bénéfice. Ou alors c'est un nouvel avatar de la novlangue, c'est possible aussi, vu qu'elle a l'air d'être devenue langue officielle, ces derniers temps. Un peu comme quand mamie Roselyne invoque le "principe de réalité" pour dépenser des fortunes à combattre des épidémies imaginaires. Bref. La douloureuse va le devenir plus encore. Rien de nouveau sous le soleil, en somme. Sauf que le soleil éclaire gratuitement, lui.

Ce qui est amusant, c'est que c'est justement ce bon vieil astre du jour qui est présenté comme le grand responsable de l'augmentation. Il n'en demandait pas tant, j'imagine, et ça doit sérieusement lui en boucher un coin. De fait, depuis quelques années, on a poussé les consommateurs à s'équiper de panneaux solaires sur leur maison. Des panneaux qui produisent une électricité gratuite, c'est quand même formidable. Et pour les pousser à l'achat des fameux panneaux (et c'est pas donné, ces machins), plein de dispositifs de type niche fiscales ont été inventés, dans lesquels se sont engouffrés tout une ribambelle d'installateur véreux (j'ai encore eu deux fois du démarchage téléphonique pour ce genre de produits, ce mois-ci, et j'ai un principe simple : si quelqu'un se croit obligé de me téléphoner pour me vendre sa soupe alors que si j'avais envie de ce genre de matériel, ce ne sont pas les boutiques qui ont pignon sur rue qui manquent, c'est forcément une escroquerie quelque part). Le plus beau de l'affaire, c'est que le consommateur qui se fait installer le panneau n'en bénéficie même pas directement : le courant ainsi généré n'est pas pour lui, il est réinjecté dans le réseau, revendu aux opérateurs électriques. S'il veut du courant, le propriétaire du toit doit en racheter. Ou comment faire de l'électricité avec une usine à gaz. Or, un des effets du système, c'est que cette énergie gratuite est revendue aux opérateurs au-dessus du prix du marché, pour inciter les gens à s'équiper. Et comme tout le monde s'est équipé pour en profiter, ça commence à coûter très cher. Et donc, pour compenser, le tarif de l'électricité doit augmenter.

C'est magique. Une source d'énergie gratuite (le soleil), devient le prétexte d'un surcoût pour celui qui la consomme. C'est du bonneteau grand style ou je ne m'y connait pas.

Continuez à stocker le riz, le sucre, le gasoil et la farine, ça devient urgent. Quant aux bananes, c'est quand même surprenant que notre beau pays n'en soit pas le premier exportateur mondial.

dimanche 24 octobre 2010

Nos belles valeurs foutent le camp

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Ne nous voilons pas la face. D'ailleurs, il me semble que c'est désormais interdit. Mais le fait demeure : la France est dans la rue, se levant telle un seul homme pour secouer le prunier de l'ordre despotique qui porte ombrage à son système social que les ouvriers du Tiers-Monde nous envient (le système social, pas l'ordre despotique). Et à l'avant-garde de cette révolte se tient, le regard clair et le front marmoréen, notre jeunesse enflammée, en application de vieilles traditions bien françaises de contestation de l'injustice. Il était temps que quelqu'un se souvienne d'un des pans les plus constitutifs de notre identité nationale, quand même. Or, quand on compare les évènements des semaines passées (voir ci-dessus) et ceux des siècles glorieux de notre histoire (ci-dessous), on constate un phénomène extrêmement troublant :

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Vous l'aurez noté : du temps de Delacroix, il y avait des nichons dans les manifs.

Et plus maintenant.

Et là, au risque de passer pour un indécrottable passéiste, je me dois de m'insurger.

PAS DE NICHONS ?????

Merde, quoi, les jeunes, faites un effort ! Faites revivre les saines traditions, nom d'un bordel à queue !

Et en plus, je suis sûr qu'il y aura bien plus de monde aux manifs, du coup, et bien plus de monde pour les soutenir.

C'est vrai, quoi. La tradition, merde ! Ces jeunes. Vraiment. Faut toujours tout leur expliquer. Pfff.

samedi 23 octobre 2010

Quand on n'a pas de pétrole (et qu'on préfère avoir des idées)

Vous devez, vous aussi, avoir pas loin de chez vous une de ces grandes surfaces pour pauvres qui, dans un cadre assez morne proposent des produits de marques improbables et à bas prix, mis en tas dans le magasin, sans souci d'organiser un linéaire ni d'offrir une quelconque diversité : il y a une marque de raviolis, une marque de yaourts, etc. et des offres ponctuelles dont les catalogues distribués dans les boites aux lettres se font parfois l'écho, genre la plante verte géante en plastique à prix fracassé, le service d'assiettes à soupe en imitation faïence à prix imbattable, et le dérouleur à pécul au prix du rouleau de pécul. En général, le seul bouquin qu'on puisse y trouver est, selon les semaines, un album à colorier Bob l'Eponge ou un album photo d'une quelconque équipe de foot.

Il y a une de ces grandes surfaces dans ma ville, mais à l'autre extrémité, juste au bord du département. Traverser la rue devant cette grosse supérette, c'est changer de territoire administratif. C'est presque la Frontière. Comme la ville est étendue, et que la plupart des bus ne vont pas jusque là, c'est un quartier où je ne mets que rarement les pieds. Mes affaires m'y ont néanmoins appelé aujourd'hui. Juste de l'autre côté de la Frontière, d'ailleurs. Dans l'autre entité administrative, celle dont le numéro est différent. Dans l'ailleurs. Oh, à présent, avec la nouvelle normalisation des plaques, le changement se perçoit moins d'emblée. Mais quand même.

Mes affaires une fois réglées, et revenant sur mes pas pour rentrer dans mes pénates avec la satisfaction du devoir accompli, je suis repassé devant cet endroit, et je me suis avisé que je n'avais plus de biscuits pour le café, et qu'ils devaient bien avoir quelque chose de rigolo qui pourrait faire l'affaire. J'en suis ressorti nanti de toutes sortes de curieux biscuits et nougats grecs, parce qu'ils avaient un plot "semaine grecque" pas loin des caisses. Une semaine grecque avec des biscuits et du nougat grec, mais pas de feta ni de sandwiches. C'est pas mal, d'ailleurs, le nougat grec. Ça vaut bien la vodka irlandaise. Faudra d'ailleurs que je teste le nougat grec trempé dans la vodka irlandaise, un jour, pour voir. Mais ce n'est pas le propos, là.

C'est en ressortant que je me suis avisé de quelque chose. J'étais le seul, visiblement, à être venu à pied. Tout le monde chargeait ses courses (avec une nette sur-représentation des packs de soda) dans des voitures, sur le parking. Sachant que plus aucune des pompes du secteur n'est approvisionnée et qu'ils avaient donc dû passer du temps rien que pour pouvoir remplir le réservoir histoire d'aller chercher leur soda. Une partie des gens étaient de mon quartier. Des gens dont je savais qu'ils n'étaient pas au chômage et gagnaient à peu près correctement leur vie. Que leurs revenus étaient sensiblement les mêmes que les miens. Des gens que je n'ai néanmoins jamais croisés dans les grandes surfaces "normales" où j'ai mes habitudes, ni sur le marché, ni chez les petits commerçants du bout de la rue. La seule différence de train de vie avec moi, c'étaient ces fichues bagnoles. Une voiture, ça représente une sacrée somme d'argent. Au fil du temps, j'ai souvent vu les gens se plaindre du prix de la culture, du prix des bouquins, des disques et des places de ciné. Toutes choses qui sont pourtant naturelles dans mon environnement. Alors que rien qu'un plein, c'est le prix d'un paquet de livres de poche, de quelques BDs, de plusieurs heures de musique. Pour le prix d'une bagnole d'entrée de gamme, je nourris tout à fait convenablement ma famille pendant un an en me fournissant chez des commerçants conventionnels. Le prix annuel de l'assurance permet d'aller au ciné toutes les semaines.

La bagnole est un outil de paupérisation, d'asservissement et d'abêtissement des masses, maintenant, je crois que c'est clair.

vendredi 22 octobre 2010

Le Point Traductions et autres Bouquins

Je m'en suis plaint à plusieurs reprises, j'ai trop de boulot. C'est effrayant comme ça s'accumule.

Au rayon traductions, j'ai livré le Tome 9 de l'Intégrale Spawn, une palanquée de Star Wars divers, un Witchblade, le tome 2 d'Irrécupérable, le tome 2 de Swamp Thing, et encore un The Boys plus un Mickey pour faire bonne mesure (si, si, vous verrez). Et j'ai encore une pile longue comme le bras, tapie sur un coin de mon bureau, qui me contemple d'un œil torve. Et j'ai le bras long. Ça fait peur. Plein de bonnes choses que vous trouverez bientôt chez vos libraires, en tout cas.

Au rayon scenarii, j'avance sur le tome 3 de Crusades, n'ayez aucune crainte. On a à peu près bouclé Fly me to the Moon, restent uniquement quelques détails techniques (complexes) pour qu'il sorte. Il est programmé pour avril prochain. Outre No Thanks, qui avance à son rythme, je viens de signer un autre contrat chez Glénat. Encore un peu tôt pour en parler, mais sachez que l'album sera consacré à un de mes héros personnels, un grand capitaine dont le nom évoque celui d'un grand acteur. Et je suis en négociations sur plusieurs petites choses sympas en prime, dont je vous parlerai bientôt plus en détail j'espère.

Je suis par ailleurs assez formidablement à la bourre sur le bouquin pour les Moutons Electriques. J'ai bon espoir de boucler la troisième partie ces temps-ci, mais c'est quand même un projet assez complexe.

Voilà voilà, c'étaient les nouvelles du jour. Stay tuned, folks, same niko-channel, same niko-hour.

jeudi 21 octobre 2010

Solidarité !

On nous signale que Lady Gaga soutient le mouvement des lycéens (chez lesquels se recrute 98% de son public) en se mettant en grève à son tour : le concert prévu à Paris ce soir n'aura pas lieu. C'est bien, de voir des icônes pop se découvrir une conscience sociale. Et en plus, ça fait un peu des vacances aux esthètes. C'est toujours ça de pris.

Par ailleurs, ceux d'entre vous qui êtes motorisés aurez peut-être remarqué une pé... Non, on n'a pas le droit de dire pénurie, paraît-il, c'est faire le jeu de l'anti-France, ou pire, des forces antidémocratiques de la gauche archaïsante. Il faut dire "difficultés logistiques" ou "perception de rareté", ce qui est nettement plus classe. Heureusement, le gouvernement veille et va faire débloquer les dépôts de carburant avant les vacances (il faut de son point de vue impérativement que ce soit avant les vacances, histoire d'envoyer au vert au moins une partie des manifestants).

La War Zone est donc fière de vous présenter en exclusivité et en intégralité le discours de messieurs Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux venus rencontrer les employés bloquant un dépôt de carburant dans le Sud :




Par ailleurs, si l'essence ne revient pas, on peut s'attendre à ce que les magasins ne soient plus livrés. Commencez donc à stocker sucre, farine, huile, nouilles, patates et riz. Quant aux bananes, on s'étonne presque que la France n'en soit pas devenue le premier exportateur mondial.

mardi 19 octobre 2010

Kohteliaisuus

La Finlande est un pays qui me fascine depuis bien longtemps. Et plus j'en apprends sur la Finlande et les Finnois, plus je suis admiratif. Les Finnois, c'est quand même le peuple qui s'est rendu à l'Union Soviétique au bout de 3 mois de conflit armé, mais seulement après avoir exterminé au fusil de chasse et au cocktail Molotov (qu'ils avaient inventé pour l'occasion, c'est dire) plus de la moitié d'une force d'invasion trois fois supérieure en nombre*. Notons qu'ils ne se sont rendu qu'au moment où ils se sont retrouvés à court de munitions pour les fusil, et à court d'essence pour les cocktails. Si la France et l'Angleterre avaient tenu leurs engagements envers la Finlande et fourni ne serait-ce qu'un appui logistique, le conflit aurait pu continuer et passer pour la Russie du statut de défaite beaucoup trop coûteuse à celui de déculottée magistrale.

Ce sont ces mêmes Finnois qui cette semaine, suite à un débat télévisé sur l'homosexualité, ont réagi aux déclarations homophobes d'une politicienne chrétienne-démocrate et surtout d'un évêque luthérien en quittant l'église luthérienne (comme quoi, Ben Sixtine n'a pas le monopole). 25.000 personnes d'un coup, quand même. Quitter une église, ce n'est pas juste arrêter d'aller à la messe, c'est faire la démarche de se faire rayer de ses registres. C'est un acte fort. Dans un pays de 5 millions d'habitants, ça représente un habitant sur 200 qui, d'un coup, se livre à cet acte fort. Ramené à la taille de la France, ça représenterait 300.000 habitants. Vous imaginez, 300.000 Français qui iraient d'un coup avoir cette démarche ? Ce serait un bel électrochoc, quand même. Ça ferait pas de mal. Ne rêvons pas trop, hélas. Une telle démonstration de laïcité positive n'est plus dans l'air du temps, ici bas, quand on voit notre Kim Jong-il de la Rive Droite aller se faire filmer en pleine prière au Vatican.

Miserere nobis.



*L'Armée Rouge avait massé aux frontières de la Finlande entre 460 et 500.000 hommes. Entre 250 et 290.000 d'entre eux n'ont jamais revu leurs foyers.

lundi 18 octobre 2010

Et merde...

J'avais une idée d'illus sympa, un petit détournement pour mettre ici et illustrer une vacherie sur notre Leader Minimo, histoire de tromper l'ennui que distille cette situation pré insurrectionnelle pataude et molle du chibre dans laquelle tente péniblement de se vautrer l'actualité.

Et donc, comme de juste en pareil cas, je m'en étais remis à gougueule pour trouver la base de mon détournement. Le truc fastoche, un peu potache, vite fait en prenant mon café. Sauf que gougueule est impitoyable et m'a mis sous le nez les oeuvres d'au moins deux type qui avaient exactement eu la même idée que moi. Les salauds. Notez que ça valide mon idée, d'une certaine façon. Mais quand même. C'est désobligeant. Ils auraient pu m'attendre. C'est un de ces cas que mon estimable et estimé collègue, le mystérieux J.W., appelle "plagiat par anticipation".


Bon, c'est plutôt pas mal fait, hein.

Mais ça m'agace.

dimanche 17 octobre 2010

Ave atque val

Je profitai d'avoir deux minutes pour trier des factures, les hiérarchiser, payer celles qui étaient urgentes depuis longtemps et réfléchir à ma capacité à régler celles qui ne l'étaient pas encore devenues (urgentes depuis longtemps. faut suivre, un peu).

Et dans le tas, entre la cantine des gosses*, les assurances diverses et autres factures électriques, il y avait la redevance de l'audiovisuel. Contrairement à nombre de mes contemporains, je ne rechigne pas habituellement à verser mon écot aux radios et télés publiques de mon pays. Si je ne suis pas un énorme consommateur de télévision, je mets par contre la radio à tout bout de champ, et assez souvent sur des stations publiques. Alors oui, payer la redevance, c'était jusqu'à il y a peu participer au salaire de Stéphane Guillon. Mais bon, il y a maintenant prescription, et de toute façon le fait d'être un humoriste pas drôle est un péché véniel de nos jours. L'entrevue de Bigard avec le Pape avait bien démontré s'il en fallait que la profession n'était plus que vestigielle, un dinosaure sacrifié à la "modernité" rassie chantée par de grands poètes comme Xavier Bertrand et Frédéric Lefebvre, les Font et Val du Sarkozysme triomphant. Et puisqu'on en parle, Philippe Val est une démonstration vivante de la mort et de la putréfaction avancée de la profession d'humoriste.

C'est ça qui m'a gêné, en fait, quand j'ai mis mon coupon de Redevance dans l'enveloppe. Participer au salaire de Philippe Val. Ça a un côté désagréable. Ça me heurte un peu les hémorroïdes, en quelque sorte, comme si on essayait de les masser à force avec un extincteur en poussant bien fort. Je ne goûte que modérément cette sensation là.

Vivement la Libération, qu'on tonde tous ces collabos.

Ah, merde, pour Val, c'est déjà fait.





*j'aime bien employer à tout bout de champ le mot "gosses" à la place de "mômes", mais c'est en hommage à nos amis du Québec.

vendredi 15 octobre 2010

"La flemme de l'énergumène n'est qu'un dédale de simagrées" (Alain Bashung)

Avec tout ça, j'ai loupé la sortie de Crusades 2, le Tombeau d'Hermès. Pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, c'est le deuxième opus de cette magistrale saga médiévalo conspirationniste que je co-écris avec Izu, et qui est artistement enluminée par Zhang Xiaoyu, parce qu'il n'y a pas que la fabrication des Iphone qui est confiée aux Chinois, et qu'en plus, Zhang assure le spectacle avec brio et puissance.

Ouais. J'ai loupé la date de la sortie. C'était avant-hier. Mais je m'en fous, le bouquin, je l'avais déjà. Bref, courez chez vos libraires. Si d'aventure vous allez le prendre au Gibert Joseph qui est en face de Cluny, sur le Boulevard St Michel, faites un détour par le sous-sol et allez montrer du doigt en riant le triste sire qui tient le rayon polar/SF. Le plus maigrichon des deux (ils sont deux) (et le moins maigrichon, je le connais moins, j'ai rien contre lui, il m'est même assez sympathique)(en plus, il doit travailler avec l'autre, alors karmiquement il est bien assez puni comme ça). Montrez donc du doigt en riant ce triste sire en lui brandissant l'album sous le nez. Ça lui apprendra. Il est persuadé que je suis incapable de sortir un tome 2. Faut d'ailleurs que j'aille lui claquer la bise, à l'occasion. Ou pas. Il pique.

Bref. Si je ne me suis pas livré il y a deux jours à une annonce tonitruante de la sortie de ce magnifique album, ce n'est pas que je sois en grève pour défendre ma retraite. Ce serait plutôt le contraire, d'ailleurs : j'ai l'appel de cotisation sur mon bureau, et il faut que je bosse comme un Sud-Coréen* sous amphétamines pour pouvoir la payer, ma retraite. Putain, ils y vont pas de main morte avec le dos de la cuiller, les mecs. C'est d'autant plus drôle que jamais personne n'a été foutu de m'expliquer comment un auteur de BD fait pour la toucher, sa retraite. Ça vous en bouche un coin, hein, les salariés. Battez-vous pour défendre la vôtre tant que vous le pouvez. Moi, je sais déjà qu'en ce qui me concerne, c'est mort.

Mais n'allez pas croire que je déprime, hein. J'ai trouvé une panacée incroyable, un remède à tous les malheurs de la vie, qui éclate et de loin tous les régimes Dukon du monde : la mascarpone au sirop d'érable. Le dessert des champions. J'en bouffe des quantités incroyables, en ce moment**. Je fais passer avec du café dans lequel je mets du coulis de caramel au rhum dont j'ai retrouvé une bouteille au fond d'un placard. Et Ovomaltine a sorti une pâte à tartiner. Vous le saviez ? Moi pas. Mais maintenant, je sais***.

Et sinon, vu que je m'étais revu la série Rome il n'y a pas bien longtemps (et cette fois-ci en entier et dans l'ordre, c'est mieux), je me suis remis le nez dans Suétone. Suétone, c'est un peu comme Closer, mais avec des empereurs romains, c'est absolument génial. C'est du sang et du sperme quasiment à toutes les pages, ça détend vachement.

Bon, c'est pas tout ça, mais faut que je me remette au boulot, moi. J'ai des retraites à payer.





*Un Sud-Coréen qui bosse, hein, pas un champion de Starcraft.

**Oui, c'est pas comme ça que j'arriverais à l'âge de la retraite, je sais, foutez-moi tranquille, d'abord. Ma mascarpone au sirop d'érable, je la bouffe en écoutant des best-of de Tangerine Dream à fond et je suis le roi du monde dans mon cagibi et je vous emmerde, d'abord.

***Et pour le même prix, ça me fait un excellent produit de substitution au Fluff. J'essaie de décrocher, de me désintoxiquer. They try to make me go to rehab, I said no, no, no****

****Non, rassurez-vous, je ne me laisse pas pousser la choucroute à la Amy.

jeudi 7 octobre 2010

Real TV Power dans la place

Il parait que TF1 voit son audience s'éroder petit à petit. Certains, déjà , y applaudissent une victoire, certes tardive, de l'intelligence qui finit par se ressaisir. La théorie est séduisante, mais quand on voit ce que sont capables d'élire nos concitoyens, elle ne tient pas tout à fait la route.

Je crois que c'était Jack Warner qui disait qu'on n'avait jamais perdu d'argent à mépriser son public. TF1 n'en est pas encore à perdre de l'argent, l'adage a encore de beaux jours devant lui. Mais il va falloir se ressaisir, Monsieur TF1.

Et l'actualité récente m'a donné une idée pour ça (vous pourrez m'envoyer un chèque, Monsieur TF1) (un gros, de préférence, vu que la Redevance va pas tarder à tomber). Vous savez peut-être qu'en Hongrie, patrie de notre vénéré Leader Minimo, une boue toxique aux métaux lourds pollue bien des villages, et ne va pas tarder à se répandre dans le Danube, ce qui serait dommage, parce que le Beau Danube Rouge, ça sonne moins bien, et dans la région, ça peut en plus rappeler de mauvais souvenirs. Bref. Il y a de quoi faire une belle émission de télé-réalité. Prenez les crétins patentés de rigueur dans ce genre d'exercice. Nantissez-les de bottes en caoutchouc fournies par un quelconque sponsor (mettons Prada, s'ils fabriquent des bottes en caoutchouc. Sinon, Aigle, s'ils existent toujours), fournissez leur des pelles fournies par un autre sponsor (Jardiland, Castorama, ou alors Truffaut, pour faire Nouvelle Vague, on a un besoin urgent de combler 25 ans de déficit en mieux-disant culturel, chez TF1, paraît-il). Et envoyez-les prêter main forte aux équipes chargées du nettoyage de la fameuse boue. Echantillonnez bien votre joyeuse bande (avec par exemple 1 beauf raciste, 2,5 membres de minorités visibles, 3 bimbos, 1 beau gosse décérébré mais avec tablettes de chocolat en option, 1 folle du cul, 1 ressortissant des beaux quartiers plutôt fin de race et 2 prolos en fin de droits, les plus télégéniques candidats cumulant plusieurs de ces caractéristiques) pour assurer les bons psychodrames qui font de l'audience, et faites les patauger dans la boue toxique, en leur demandant de s'entraider, tout en favorisant ostensiblement ceux qui la jouent solo m'a-tu-vu. Pas la peine de faire voter le public pour les exclusions (hormis pour gratter le pognon des numéros surtaxés), normalement, la boue toxique doit se charger d'écrémer le groupe à votre place.

Ça s'appellera Kolontar, et ça fera un carton.

mercredi 6 octobre 2010

Countdown to Hermes' gate !

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Dans pile une semaine d'ici, le 13 octobre 2010, ruez-vous comme un seul homme (oui, même vous, mesdames, la langue française est ainsi faite, je n'y peux rien) chez vos libraires préférés pour vous emparer de Crusades : la Porte d'Hermès, tome 2 de vous savez quoi, signé Alex Nikolavitch, Izu et Zhang Xiaoyu.

Parce que bon, quand même, hein, vous achetez bien assez souvent les bouquins des autres, achetez un peu des miens aussi, de temps en temps, pour équilibrer.

mardi 5 octobre 2010

Mise à l'amende

C'est beau. On condamne enfin Jérôme Kerviel à rembourser tout l'argent que ses positions hasardeuses ont fait perdre (enfin non, pardon, que la crise de panique de ses collègues a fait perdre) à son employeur, la Société Générale. 4 milliards d'euros et des nèfles (un bon paquet de nèfles). La morale et le kapital sont sauf. On peut applaudir et passer à autre chose.

Notons que le principe sur lequel il est condamné et la SG exonérée de toute responsabilité est diamétralement opposé à celui qui fonde l'action Hadopi. Kerviel est condamné pour avoir contourné les sécurités inexistantes de la banque. En Hadopi, ce n'est pas le téléchargement qui est condamnable, mais le fait que quelqu'un puisse se servir d'une connexion insuffisamment sécurisée pour télécharger, auquel cas c'est le titulaire de la connexion qui est tenu pour responsable. Les poids et les mesures, c'est comme les Sith, toujours ils vont par deux.

Ce qui est bien, en tout cas, c'est que ça pose un beau et sain principe : faire payer le lampiste désigné coupable d'une gabegie jusqu'au dernier centime. Nous pouvons donc maintenant trainer un quelconque directeur de cabinet de Roseline Bachelot devant les tribunaux pour qu'elle rembourse les vaccins non utilisés de l'épidémie bidon de grippe de l'année dernière. Nous pouvons jeter au pieds du juge un contremaitre d'AZF pour qu'il rembourse jusqu'à la dernière vitre brisée de Toulouse. Nous pouvons trouver un quelconque cadre de chez Total pour lui faire payer la facture de l'Erika à lui tout seul. Nous pouvons faire rendre gorge à tous les édiles qui ont signé des permis de construire en Vendée. Et je suis certain qu'on doit pouvoir trouver un ministre sur le départ à qui faire endosser le déficit. Un téléchargeur illégal à qui faire payer les frais de mise en corrélation des adresses IP, ceux-là même que l'Hadopi refuse de rembourser aux opérateurs internet. Un concessionnaire auto pour à qui faire régler la note des inondations liées au réchauffement climatique. Un vigneron pour les morts sur les routes.

C'est marrant, cette façon de faire porter la responsabilité sur quelqu'un, en organisant par là-même l'irresponsabilité collective, à la façon de ces sociétés plus primitives et barbares qui sacrifiaient un quelconque, un sans grade, pour écarter de la communauté la colère des dieux. Ça augure d'un XXIe siècle encore plus rigolo que le précédent, qui au moins tentait d'ancrer sa barbarie, sa stupidité et son aveuglement dans un certain modernisme.

samedi 2 octobre 2010

vendredi 1 octobre 2010

Good Bye Hitler

Oubliez les détournements de vidéo à base de Hitler en train de gueuler sur n'importe quoi, du rickrolling à l'Ipad en passant par la mort de Michael.

Le nouveau même internet est arrivé.



Et il a le mérite d'être citoyen, en plus.

Bon, moins de Hitler, mais on parle quand même bien d'une forme de totalitarisme. Elle est juste plus insidieuse et moins assumée.