jeudi 26 septembre 2013

Ïa ! Ïa !

Le terrible séisme qui a frappé le Pakistan a eu une conséquence étonnante : au large du port de Gwadar, c'est une île qui a émergé, de plusieurs centaines de mètres de long et de vingt mètres de hauteur. On imagine bien les algues luisantes, les pierres fleurant bon la vase des profondeurs, les flaques où clapotent encore des créatures étranges arrachées aux grands fonds.

Des gens sont allés y voir. Et moi je leur dirais bien "n'y allez pas, malheureux ! fous !"

Mais en fait, je n'ai qu'une chose à dire.

Et c'est : "Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn".

lundi 23 septembre 2013

Des nazes à la Nasa ?

Le secteur spatial entame depuis quelques années sa privatisation. En plus des énormes agences étatiques, des entreprises privées (mais pas encore d'USS entreprise) se lancent dans la construction et le déploiement de vaisseaux spatiaux, avec en ligne de mire, des vols habités, voire des vols touristiques.

Hoc cygno non vince, pour l'instant


Fatalement, vu les modes managériales actuelles, il n'a pas fallu attendre longtemps pour qu'apparaisse la sous-traitance dans ce secteur. Et c'est ainsi que la Nasa a demandé à une entreprise privée, Orbital Science, d'assurer un vol de ravitaillement vers la station spatiale internationale avec une capsule automatisée. L'arrimage de Cygnus à l'ISS devait avoir lieu aujourd'hui.

En cause, je cite : "l'incompatibilité entre les formats de données des systèmes de navigation respectifs de l'ISS et de Cygnus". Et là, je me dis... Le cahier des charges n'a pas été transmis ? La compatibilité des logiciels n'a pas été testée avant le tir ? C'est quoi ce bordel ? Pour Apollo/Soyouz, tout avait été testé avant, on avait même fabriqué des adaptateurs et tout. Et là, on a fait quoi, on a filé le bébé au sous-traitant en disant "démerdez-vous" ? En fait, je ne vois même pas pourquoi je mets un point d'interrogation. Les managers d'aujourd'hui refilent TOUJOURS le bébé au sous-traitant en disant "démerdez-vous", ou en tout cas en le pensant bien fort. C'est même d'ailleurs à ça qu'on les reconnait.

vendredi 20 septembre 2013

In ze niouzes toudé

Tiens, en lisant le journal, j'ai vu qu'il y avait eu une condamnation hier pour un appel au boycott. Ce qui m'a conduit à m'interroger : comment caractériser un appel au boycott, quand le consommateur a le droit d'acheter ou de ne pas acheter ce qu'il veut (si le consommateur se retrouve obligé d'acheter ce qu'il ne veut pas, ça s'appelle la vente forcée et ça tombe aussi sous le coup de la loi). Et de fait, comme souvent dans ces cas-là où deux principes se heurtent de front, l'affaire est compliquée.

De fait, visiblement, l'appel au boycott ne relève pas, ou pas que de la liberté d'expression.

Dans le cas de la condamnation d'hier, l'appel était ciblé sur un pays, et les gens qui appelaient au boycott ont envahi une grande surface pour coller sur les produits des étiquettes appelant à les boycotter (ou le coup des étiquettes, c'est une autre affaire, j'ai lu distraitement la dépêche en diagonale, ce n'est que le lendemain matin, aujourd'hui, donc, que j'ai pris le temps d'y réfléchir). Et en fait, c'est ça qui est sanctionné, l'entrave physique à l'activité économique, et la discrimination sur critère d'origine ethnico-nationale (mais ça aurait été pareil si le critère était l'appartenance religieuse, les idées politiques ou l'orientation sexuelle).

Autrement dit, s'il est légal d'appeler au boycott de l'Huma, par exemple, il n'est pas légal de le faire en expliquant qu'on boycotte parce que l'Huma, "ce sont des pourritures communistes". Et pareil, il est illégal de boycotter Tétu sous prétexte de l'orientation sexuelle des journalistes de la revue (et il serait stupide de les boycotter sous prétexte de communisme).

Plus amusant, il est donc illégal d'appeler au boycott des spectacles de Jean Roucas sous prétexte qu'il soutient le FN (un parti légal, donc relevant de la liberté d'opinion de Roucas). Alors qu'il aurait été légal d'appeler à les boycotter sous prétexte qu'il n'est plus drôle depuis longtemps*. Sauf qu'avec le boycott d'une mairie à son encontre, il est redevenu amusant, comme je l'ai noté en début de paragraphe. Sauf que là, c'est à son corps défendant et à l'insu de son plein gré**.

Amusant aussi : peut-être que les appels du ministre du redressement productif (après l'affaire DSK, était-ce bien raisonnable de confier un ministère à un type qui s'appelle Monte-et-bourre, et que même Audrey veut p'u l'voir ?) à consommer Français constituent une discrimination envers toutes les autres origines nationale (et dans un domaine qui m'intéresse particulièrement, la BD, conduirait assez vite à ne consommer que des albums des éditions du Triomphe).

Autre info de la journée : un type déguisé en "Ça" (le clown malfaisant de Stephen King) terrorise la ville de Northampton, en Biflandie. C'est amusant à deux titres. D'abord, les gens ont vraiment la trouille, alors que jusqu'ici le type n'a rien fait de répréhensible (il se contente de déambuler dans les rues en regardant les gens). Ensuite, Northampton est le fief du sorcier le plus velu du monde depuis Raspoutine***, j'ai nommé Alan Moore en personne.

Et un duel magique entre Ça et wookieman, moi je dis, ça peut donner grave.





*Notons que je ne boycotte pas Libé parce que leurs jeux de mots à eux ne sont pas drôles : ils sont juste aussi mauvais que les miens. Ma raison de lutter, c'est qu'eux, on les paye pour ça et que je trouve ça assez vexant, en fait.

** Et c'est l'intention qui compte, on ne le rappellera jamais assez.

*** Et à propos du vieux Grigori, je recommande vivement la lecture de Petrograd, qui vient de sortir chez Urban, c'est vraiment bien.

mercredi 18 septembre 2013

L'occasion fait le luron


Il arrive que, quand je traduis un truc encré par John Tartaglione et qu'il est crédité "John Tartag" (sans doute parce que le lettreur avait une crise de flemme ce jour-là), j'ai une envie irrépressible, au lieu de mettre "John Tartag : encrage", d'écrire "John Tartag : Heulalarécré".

C'est une pulsion viscérale contre laquelle je lutte à chaque fois (bon, pas souvent, parce que Tartaglione, c'est un encreur des années 70-80, donc je ne traduis son boulot que quand on me confie des rééditions de vieilleries) et c'est dans ces moments-là que je me dis qu'on est bien peu de choses, et aussi que je ne suis plus assez suicidaire pour me livrer à ce genre de petits jeux traductifs (en fait, si, mais de façon plus discrète*). J'ai peur que mes éditeurs me fassent les gros yeux. Il était arrivé, comme ça, dans un épisode de Star Wars où les héros cherchaient Chewbacca, que je glisse un "il était où, hein, le Wookie ?", et que ce soit corrigé par l'éditeur. Ou que des citations de "De l'or pour les braves ?" soient retoquées.

Bref.

Je m'assagis un peu avec l'âge.

Et ça m'inquiète terriblement.






*Le coup du professeur Uderzo et de la gamine qui tombe dans la potion magique, dans The Boys, je décline toute responsabilité : c'était déjà Uderzo en VO. Plaignez-vous auprès de Garth Ennis, moi j'y suis pour rien.

vendredi 13 septembre 2013

Voyages, voyages

On s'en doutait depuis quelques temps, mais les nouvelles analyses des mesures transmises par la sonde Voyager 1 sont formelles : ce bidule bardé d'antennes lancé il y a des décennies a quitté le système solaire et s'aventure dans l'espace interstellaire, là où la main de l'homme n'avait jamais mis le pied, tel l'USS. Enterprise moyen. Et puisqu'on en parle, si vous vous rappelez bien, dans le vieux film Star Trek (le célèbre "not in motion picture"), c'est une sonde Voyager qui revient des profondeurs intersidérales pour nous péter la gueule.

On se rappelle aussi que l'appareil embarque avec lui un message de l'humanité à nos frères d'outre-espace, aussi tentaculaires et globuleux soient-ils parfois. Pour mémoire, je vous remontre à quoi ça ressemblait :


Ce disque d'or est intéressant à plus d'un titre. Déjà, j'espère que les extraterrestres sont mieux équipés que nous. Parce que de nos jours, ce genre de pressage, très peu de gens ont encore la platine pour les passer dessus : les mamies qui ne jettent rien (et qui s'en servent pour passer des vieux Luis Mariano, en général), et les DJs un peu hipsters sur les bords qui trouvent que ouais, quoi, franchement, le numérique, c'est trop de la merde et qu'il faut revenir à l'analogique vintage qui a une âme, lui. Et qui le postent sur fèces-bouc, d'ailleurs.

Car il faut bien le dire, la technologie de ce bidule correspond à un moment assez bref de l'histoire des technologies. Imaginons que la sonde soit récupérée par des aliens qui n'ont pas inventé la roue, et donc que le mécanisme axial d'un tourne-disque pourrait désarçonner, voire choquer (rigolez pas, hein : les Mayas avaient prédit la fin du monde et construit des pyramides, mais n'avaient pas la roue, et on peut très bien imaginer des Mayas de l'espace nantis de moteurs fusée, et de technologies basées sur autre chose que la rotation axiale, la roue étant apparemment tabou, chez eux). Imaginons que la sonde soit récupérée par des aliens qui n'ont pas d'ouïe. Le microsillon leur semblera être une information codée selon des paramètres absurdes. Et imaginons des aliens équipés en tout numérique, là on sera sérieusement dans la merde, ils nous considéreront comme des espèces de tiers-mondistes.

Autre curiosité amusante, outre des chants traditionnels et autres concertos brandebourgeois (plus des salutations en Sumérien, Telugu et Polonais, pour faire bonne mesure), le bidule embarque un message de Jimmy Carter, et aussi du secrétaire général de l'ONU à l'époque. Un certain Kurt Waldheim. Eh oui, un ancien Nazi (les Yougoslaves gardent un souvenir ému de son passage dans les Balkans, d'ailleurs).

Je trouve pas mal qu'on ait envoyé un message d'un ancien Nazi aux extraterrestres. Ceux qui arriveront à décoder le disque malgré toutes les difficultés que j'évoquais débarqueront un jour chez nous en disant "on a reçu un message d'un vieux monsieur très gentil de chez vous, un certain Kurt Waldheim, nous aimerions lui rendre un vibrant hommage", et ce jour-là, je pense que la gène qu'on lira sur les visages du comité d'accueil sera assez drôle.

mercredi 4 septembre 2013

Et bateau, il vécut ce que vivent les bateaux...

Tiens, en cherchant tout à fait autre chose, je suis tombé là-dessus :

http://www.boreally.org/industrie-abandon/casse-peniche-conflans-sainte-honorine/


Le site d'un photographe fan de vieux trucs rouillés, et qui est allé photographier une vieille casse qui se trouve à quelques encablures de chez moi. J'avais moi-même voulu y faire un tour en mon temps (notamment quand il y avait le sous-marin), mais le côté acariâtre du proprio m'avait dissuadé d'approcher pour prendre des photos. Et puis le truc a été abandonné, puis vidé. Et maintenant il n'y a plus grand-chose à voir.

J'en profite pour vous balancer quelques une des photos du gars, mais allez voir son site, y a plein de trucs super dans le genre.