samedi 22 décembre 2018

Vacances, j'oublie tout… ou pas

Bon, ayé, je suis officiellement en vacances depuis ce soir. Pfouuu… Voilà un concept qui était devenu un peu abstrait pour moi, au fil des ans. Travaillant de chez moi, je n'étais jamais vraiment "employé", mais du coup, jamais vraiment "en vacances" non plus. Rien que l'été dernier, quoique je sois parti une petite quinzaine, j'en avais profité pour écrire une grosse nouvelle de 70.000 signes (et sans forcer : je me suis vraiment reposé).

Là, ce poste qu'on m'a confié y a quelques semaines change totalement mon rythme de vie. Et aujourd'hui, j'avais encore à assurer mes ateliers habituels du samedi.

Donc là, vacances. Avec seulement à traiter :

- 1 petite traduction de moins d'une centaine de pages
- un bout de scénar à finir
- un séquencier à proposer (avec la phase de documentation qui va avec)
- un bouquin de commande à avancer
- mon prochain roman à avancer.

Et vous savez quoi ? Par rapport à mon rythme depuis la Toussaint, je peux vous assurer qu'on est dans le peinard, le pépère, la farniente.

Tenez, du coup, un extrait dudit roman. Ambiance très différente de celle des Trois Coracles :


Suzanne n’est jamais entrée dans le temple auparavant. Elle est souvent passée par Bourdon, et y a même fait une partie de son apprentissage, mais ses mentors de l’époque auraient eu l’impression de se souiller en pénétrant dans cette relique des temps barbares. Elle a entendu dire qu’on y pratique encore les anciens rites de sang, et les traînées d’ombre sur la pierre d’autel semblent le confirmer. Elle se promet d’assister au moins une fois à l’office pour se faire son idée. Pour savoir aussi comment ces gens rendent grâce au Prince.

« Que cherchez-vous, mon enfant ? »

La formule est un nouveau signe d’ancienneté. Un prêtre du rite rectifié se serait adressé à elle en l’appelant « ma sœur ». Elle sort son insigne.

« J’ai été envoyée par la Nouvelle Lougdun. La prévôté de Bourdon ne semble pas à même de venir à bout de vos problèmes.

— Ou elle n’en a guère envie. »

Suzanne scrute la pénombre du temple aux murs noircis. La source de la voix demeure invisible.

« Ça revient à peu près à la même chose, me semble-t-il.

— C’est une manière de le voir, mon enfant. »

Encore cette expression qui a le don de l’irriter.

« Il faudra vous contenter de moi, je le crains.

— J’ignorais même qu’il y eût des femmes prévôt. Ils procèdent différemment, dans l’Est.

— Dans l’Est et partout. Ma juridiction s’étend à tous les territoires, et même si besoin au Mitan profond. »

Le prêtre soupire, puis elle voit une chandelle se déplacer dans l’ombre, puis une silhouette dont la robe rouge se fondait jusqu’alors dans l’obscurité.

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