vendredi 18 mai 2018

Vrac et morceaux variés

J'ai découvert avec horreur que mon antispam, qui laissent passer des invitations à des stages de reiki ou des offres de crédit que j'ai déjà passé huit fois en "indésirable" a par contre foutu à la corbeille quantité de mails de boulot. Des relances d'un éditeur pour un boulot urgent, des questions d'un dessinateur pour un futur projet (dont voici un extrait en avant-première mondiale)


des mails de membres de ma famille, etc. Mon opérateur a vraiment chié dans la colle, mais genre bien fort. Le problème c'est que j'ai tardivement pris conscience de ce souci, et que si des trucs sont passés à l'as en avril, je n'en ai pas trace. Du coup, si jamais vous avez tenté de m'écrire et que vous avez reçu un message d'erreur, ou bien que je n'ai jamais répondu, envoyez-moi un mot en commentaire, ou renvoyez un mail. Je regarde la boite à spam tous les jours, en ce moment. Et je passe pas mal d'adresses en greenlist. Sans être certain que ça suffise.

Sinon, j'étais le week end dernier au festival Le Rayon Vert à Thionville, et c'était super. Je recommande le lieu et la manifestation. Merci encore aux organisateurs.

Et je me suis payé un gros coup de blues cette semaine : un atelier à animé m'a amené à quelques centaines de mètres de la maison où j'ai passé mon adolescence. J'en ai profité pour arriver en avance dans le coin, et pour flâner en repartant. Mon ancienne rue n'a quasiment pas bougé depuis la dernière fois où j'y suis passé. Hormis la petite bibliothèque municipale qui semble avoir été déplacée, ce qui m'a fait un petit pincement au cœur. J'ai vraiment aimé cet endroit, où j'ai découvert Andreas, Philip K. Dick, Frazetta, Moebius ou Frank Herbert. Où j'ai commencé à parler vraiment BD avec un autre habitué qui bricolait dans son coin les nouvelles aventures de Jean Gabin. Voir ce lieu converti en habitation, ça m'a fait bizarre. Je crois l'avoir su, parce que la fermeture est ancienne, et l'avoir déjà constaté, mais mon esprit avait miséricordieusement occulté la chose. Une bibliothèque ou une bonne librairie qui ferme, ça me fait toujours un peu mal.

Mais le gros coup, ça a été quand je suis descendu sur l'avenue, en bas de la ville. Il y en a un segment où je n'ai pas refoutu les pieds depuis un bon quart de siècle, au bas mot. Et là, ça m'a secoué. Tout une rangée de vieux bâtiments a été abattue et remplacée par des immeubles modernes. Des endroits où j'ai eu des amis, ou j'ai vécu des choses, des fous rires, des bonnes bouffes, des engueulades, des découvertes, des moments partagés pour le meilleur et le pire… Tout a disparu d'un bloc. En tout cas à mes yeux, puisque je prends conscience des changements cumulés d'un seul coup. La papèterie où j'achetais du matériel de dessin n'existe plus, et apparemment l'immeuble où elle se trouvait non plus. Du bar où j'allais boire des coups avec des copains, plus la moindre trace. Alors que 300 mètres plus loin, dans la ville d'à côté, l'avenue est totalement conforme à mon souvenir. J'ai un rapport conflictuel à la nostalgie, un sentiment qui m'affecte généralement peu. Mais là, je m'en suis pris un gros fix bien chargé à bloc. De la pure.

Je me suis arrêté chez un vieux brocanteur que je n'avais jamais vu dans cette rue (mais peut-être est-ce celui des arcades qui s'est déplacé de 200 mètres) et je lui ai acheté une jolie édition de Lord Byron. Je n'ai jamais lu de Lord Byron auparavant, seulement un peu de Shelley. C'est l'occasion de combler une lacune de ma culture. J'ai attaqué le Pélerinage de Childe-Harold dans le train du retour, et c'est un texte curieux, qu'on croirait situé au Moyen-Âge au départ, mais qui multiplie les considérations sur la situation de l'époque napoléonienne parce qu'il est plus ou moins autobiographique. Je l'ai pris par le mauvais bout.

Dans la série je-suis-très-emmerdé, il m'arrive le même coup que l'an passé : mon Île de Peter était sortie à peu de distance du roman Moi, Peter Pan, qui chassait en partie sur les mêmes terres. Dieu merci, cet excellent bouquin part dans de toutes autres directions et donne une lecture du personnage qui, si elle recoupe parfois la mienne, le prend par un tout autre bout. Et du coup, les deux romans ne font pas doublon. Eh bien je viens de voir sortir un Uter Pendragon qui s'attache à ce personnage important mais peu développé du mythe arthurien. Et mon prochain bouquin est justement une réinterprétation d'Uther. Apparemment, ce roman-ci part sur la version purement médiévale de la légende, donc ça doit être très différent de ce que j'ai essayé de faire. On verra bien.

Bref… Sur ces entrefaites, pipi, pâte à dents, livre en papier puis dodo.

lundi 7 mai 2018

Et j'ai crié, criéééhé Alien pour qu'elle revienne

Vous m'avez déjà entendu, ici et là, gueuler sur la "duologie" (oui, il paraît que c'est comme ça qu'on dit, maintenant. "quadrilogie" n'était que le début de la barbaritude en ce domaine. de mon temps, par contre, on disait "diptyque" et "tétralogie" mais ce sont sans doute des mots qui sonnent trop savant pour les commerciaux qui vendent des coffrets DVD) de Ridley Scott consacrée au massacre général de la licence Alien crée par Dan O'Bannon et Ronald Shusett (de l'archiduchesse).

Liste de mes vaticinations sur le sujet :
Prometheus, première partie
Prometheus, deuxième partie
Covenant
et un papier plus général sur les théories d'intelligent design en SF dont Prometheus est une illustration assez pataude

Les plus acharnés d'entre vous pourront également aller voir ce que je disais des Aliens versus Predator, mais ça nous éloigne de notre sujet. (même si Prometheus est, en fait, un mauvais remake du premier AvP, quand on y pense)

Pourquoi reviens-je retourner le couteau rouillé dans cette plaie purulente, me direz-vous ? Tout simplement parce qu'à la suite d'un de ces échanges de bouquins que je pratique avec des collègues, j'ai récupéré le comic book Alien Apocalypse, the Destroying Angels, de Mark Schultz (Cadillacs et Dinosaures) et Doug Wheatley (qui a signé une palanquée de comics Star Wars). Cette toute petite centaine de pages a été publiée il y a une vingtaine d'années chez Dark Horse, éditeur qui a pas mal écrémé les grosses licences cinématographiques de ce genre, avec parfois des pépites (le Alien Salvation de Mignola, le Robocop vs Terminator de Miller et Simonson, etc) et parfois des trucs qui relèvent du tout venant.

Et à la lecture du machin, outre le hibou qui pourrait presque être un clin d'œil à Blade Runner, force est de constater que Scott, qui a fait profession dans Prometheus et Covenant de chier à jet continu sur tout ce qui avait été fait après lui autour de l'Alien, a pillé comme un goret. Ou alors il n'a pas fait exprès, mais dans ce cas c'est pire, il démontre son manque complet d'originalité, surtout quand il se croit malin.

Alors ça raconte, quoi, au juste, ce comic book ? Tout simplement qu'un groupe de mercenaires spécialisé dans les opérations de sauvetage doit aller récupéré un scientifique parti étudier des vestiges étranges. En fait, ce scientifique avait fouillé des dossiers de la Weyland-Yutani concernant l'incident du premier film Alien, et avait cherché une autre épave du même genre. Et a commencé des expériences sur ce qu'il y a trouvé.

Comparatif avec le duoptyque… dilog… les deux films de Scott ? Un androïde qui infecte délibérément un collègue ? Check. L'éradication complète de la race des space jockeys/ingénieurs par les aliens ? Check. Le fait que la terre ait été visité dès l'origine ? Check. Un personnage qui accueille les protagonistes, mais les plante en jouant à Dieu et projetant une mystique démente sur les xénomorphes ? Check. Un androïde auquel on rattache la tête au passage ? Check.

Je déconne pas, tout y est. Mais le plus intéressant, à la limite, ce sont les différences. Car si l'espèce de cosmogonie/eschatologie toute pétée de Ridley Scott n'a convaincu personne, celle de Schultz, pourtant jouée sur un mode plus mineur, est très sympa. Mieux encore, elle est présentée comme la théorie d'un semi-dément, et le lecteur (et les protagonistes avec lui) est libre de la prendre au sérieux ou pas, ou de l'amender à volonté.

Car pour lui la vie est apparue très tôt sur Terre, il y a 3,2 milliards d'années (en fait, son chiffre est pas mauvais, ont montré des découvertes, sauf que cette vie ancienne n'a pas dépassé le stade unicellulaire procaryote pendant encore 2 milliards d'années). Elle a fleuri et donné des formes complexes, avant d'être brutalement éradiquée, puis de renaitre péniblement. Les Ingénieurs ont été éradiqués aussi, un peu plus tard, il y a un milliard d'années, juste après que la vie ait refleuri chez nous et ce retour de la vie sur terre est peut-être de leur fait. Et les traces retrouvées, dans chaque cas, pointent vers une infestation des Aliens. Ces monstres seraient peut-être alors l'expression d'un univers hostile à la vie consciente, qui l'élimine dès qu'elle parvient à quitter les limites de son propre monde. Plein de choses sont laissées dans l'ombre, mais cette histoire esquissée à grands traits est plus cohérente avec la symbolique de l'Alien que tout ce qu'en a fait Scott. Mieux, elle n'est pas prescriptive, libre au lecteur de l'accepter ou pas dans le cadre de cet univers fictionnel, quand Covenant nous martèle un "réel" qui contredit tout ce que nous savions du monstre.

Le problème de Scott n'est dès lors pas qu'il se la raconte, et qu'il raconte mal, mais surtout qu'il soit totalitaire et révisionniste dans sa façon de raconter…

dimanche 6 mai 2018

Billy Black, dans les pays de l'est, on l'appelle Tcherno-Bill

Changement d'ambiance pour mon prochain bouquin. Alors que mon roman arthurien est en cours de relecture chez l'éditeur, j'ai attaqué un nouveau roman, destiné au tout nouveau label Les Saisons de l'Etrange (qui faisait hier soir un petit happening à l'excellente librairie le Nuage Vert, rue Monge). Le concept, c'est de faire de l'aventure pulp, du mystère, du un peu perché, aussi. Du coup, sans vous en dévoiler plus mais pour que vous puissiez juger de la différence de décor, je vous en balance un extrait tout frais :


« Tu as un GPS qui capte à cette profondeur ? »
Branko étouffa un rire.
« Je pourrais te faire marcher en te disant oui, mais en fait… Non. »
Il lui tendit le téléphone qu’elle examina, curieuse. L’écran affichait un plan des rues, mais pas à la façon dynamique d’une application GPS. Un pointillé rouge clignotant marquait leur progression. Dans un coin de l’écran, huit triangles formaient une sorte de rose des vents simpliste.
« Ne le secoue pas, Marie-Jo. Ça déréglerait le truc.
— Explique…
— C’est une appli qu’un copain m’a bricolée à partir du podomètre utilisé pour le jogging. Tu uploades une carte à la bonne échelle de la zone où tu te promènes, et l’appareil compte tes pas. Et quand tu tournes, tu consultes une bonne vieille boussole low-tech avant d’indiquer la nouvelle direction sur les flèches, pour que l’appli puisse suivre. »
Elle lui rendit le téléphone.
« Tu l’as fait faire exprès pour moi ?, lui demanda-t-elle.
— Tu rigoles ? Non, elle a été conçue pour mon groupe d’UrbEx. Comme on pénètre parfois dans des sites interdits, on retire la puce de nos téléphones pour ne pas être repérés, et on s'oriente hors-ligne.
— T’es vraiment un fondu, Branko. C’était où, ta dernière expédition ?
— Tu n’as pas envie de savoir.
— Allez, dis-moi !
— Pripyat.
— À Tchernobyl ? Mais c’était il y a deux ans !
— On y est retournés depuis. »
Secouant la tête, elle lui adressa un regard navré.

vendredi 4 mai 2018

Go East

La semaine prochaine, et plus précisément le dimanche 13 mai, je serai au festival Le Rayon Vert de Thionville-Volkrange  pour y dédicacer mon album Howard P. Lovecraft, celui qui écrivait dans les ténèbres. Je ne préviens que maintenant parce que, du fait des grèves de train, on n'était pas bien sûrs de la logistique. Des solutions ayant été trouvées, je pourrai sauf imprévu m'y rendre. Si vous êtes dans le coin, n'hésitez pas à passer me voir !

mercredi 2 mai 2018

Pastiche 51

Sonnez tambour résonnez trompettes, c'est le mois prochain que devraient débouler sur vos étals les nouvelles aventures de Séraphin Dulac, héros du Château des Etoiles écrit et dessiné par l'estimable Alex Alice. Ce premier chapitre du tome 4 sera prépublié dans le 10e numéro de la Gazette des Etoiles, revue à laquelle j'ai l'immense honneur de collaborer en tant que rédacteur de la partie journal, dans laquelle je tente de pasticher le style d'époque.
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Et donc, histoire de vous donner envie, voici un tout petit extrait de la partie en question :