vendredi 20 octobre 2017

Galactique !



Je serai aux Galactic Days dimanche, de 10 à 18 heures, au complexe sportif des hauts d’Auxerre, boulevard de Verdun. J'y dédicacerai l'île de Peter et les Dieux de Kirby, et sans doute d'autres choses en fonction de ce qu'aura prévu le libraire, et à 11 heures je donnerai une conférence sur le voyage interstellaire. Il devrait y avoir aussi une table ronde sur les littératures de l'imaginaire, et je passerai sur le stand Monolith pour participer aux présentations du futur jeu Batman.

jeudi 19 octobre 2017

Je serait Chateaubriand ou sinon ça va chier des bulles, motherfucker

Peut-être est-ce le fait de veiller tard pour finir un boulot urgent dans les temps, mais il m'est venu une idée dérangeante.

Pas forcément aussi dérangeante qu'un panty shot de R2D2, mais pas loin


Quand on examine l'œuvre de George Lucas, son côté ultraréférentiel apparait vite. Star Wars est un patchwork post-moderne qui mêle films de Kurosawa, pulps, serials de Flash Gordon, esthétique de Valérian et comics de Jack Kirby. American Graffiti est un hommage aux films des années 50 (et l'Episode One revient à cette esthétique avec ses vaisseaux spatiaux à la Raymond Loewy ou à la René Leduc). Quant à Indiana Jones, quoique réalisé par Spielberg, il porte en maints endroits la patte de Lucas, et les Aventuriers cite plus qu'à son tour le Secret des Incas avec Charlton Heston. Lucas, c'est la revanche des je cite.

Et en fait, je crois que George Lucas, il voulait être Quentin Tarantino à la place de Quentin Tarantino. Mais que comme Quentin Tarantino n'existait pas encore, du coup il n'a pas pu.

dimanche 15 octobre 2017

Débris

Non, par ce titre, je ne voulais pas parler de nos sénateurs qui prévariquent comme des gorets, mais tout simplement poursuivre, comme promis, ce que j'ai commencé cet été dans ce post : publier de vieilles nouvelles qui dormaient dans mes tiroirs. Celle-ci a vingt ans et est totalement inédite. J'y repensais dernièrement, parce qu'une expression tapée dans mon prochain bouquin faisait vaguement écho à certains trucs que je développais dans ce texte. Oh, à la relecture, il me semble maladroit, et la symbolique un peu assénée avec des moufles. J'ai résisté à la tentation de l'amender, et je vous le livre tel quel.



Débris

“Il y eut tempête d’épées et nourriture de corbeaux.”
Saga de Grettir


La neige était souillée de sang.

Deux corbeaux tournoyaient au dessus de la plaine. Les yeux mi-clos, Eghill contemplait leurs évolutions complexes. Qui connaît les tours et les détours de la pensée, et ceux de la mémoire ? Car tels étaient leurs noms, Huggin et Munnin, les yeux d’Odin parcourant le monde… L’un d’entre eux - Munnin ? - se posa à ses pieds.

Eghill tenta de se redresser mais n’y parvint pas. La lance qui l’avait transpercé lui avait ôté l’usage des jambes. Il ne ressentait aucune douleur, pourtant. Pas même de gène. Il regardait le corbeau, tentait de le comprendre. Mais le regard noir de l’oiseau n’offrait pas de prise à ses interrogations. Munnin picorait ici et là, gobant un oeil ou arrachant un lambeau de chair.

Suivant les corbeaux, des pillards se glissaient entre les corps, achevant les blessés pour leur prendre leurs armes ou leurs ceintures ouvragées. Il y avait là des Saxons autant que des Sanois, réconciliés dans leur sinistre besogne, parfois se disputant un casque ou une fibule d’acier. Eghill savait que l’un d’eux viendrait s’emparer du médaillon et se préparait à se défendre, à mériter sa place dans les halles d’Odin. Mais son bras était désormais trop faible pour brandir le glaive ; Eghill perdait trop de sang. Peut-être le pillard n’aurait-il même pas à le tuer…

- Je te salue, Eghill Skaldaspillirson.

Eghill leva péniblement la tête vers l’arrivant. Il avait parlé en Danois, mais portait le costume fourré des Saxons d’Angleterre. L’homme s’accroupit au pieds du blessé et commença à l’examiner.

- Je n’y survivrai pas, je le sais.

- C’est ce qu’il me semble, mon frère. Et tu as quelque chose qui dès lors me revient.

Eghill frémit. Ainsi, le médaillon resterait dans la famille, à défaut de rester dans le clan.

- Pourquoi le veux-tu, banni ? Quelle valeur saurait-il avoir pour un homme chassé de ses terres, déchu de son nom ?

- Déchu de son sang, c’est cela que tu veux dire, Eghill ?

- Je ne le crois pas. Même combattant sous la livrée des Saxons honnis tu demeure mon frère, Brodir.

Une clameur retentit au loin. Brodir se redressa et jeta un coup d’oeil derrière lui, puis se tourna à nouveau vers son frère.

- Sache que c’est ton camp qui a gagné, Eghill. Les saxons sont en déroute.

Eghill tenta à grand peine d’esquisser un sourire.

- Mais c’est toi, le vaincu, qui te tiens debout malgré la défaite honteuse. Moi, je soupe ce soir chez Odin.

Sa poigne se desserra et il laissa tomber son épée. Le corbeau vint se poser sur la garde et le regarda d’un œil critique. Brodir tenta de le chasser du revers de la main, mais l’oiseau resta là, impassible.

Un cavalier passa au loin, brandissant un étendard à tête de dragon. Un Franc, peut-être, sans qu’on sache ce qu’il pouvait venir faire là, ou un Danois exhibant une prise de guerre. Brodir passa la main sur le front brûlant de son frère.

- Il est triste que ce soir nous ayons combattu dans des camps ennemis. La guerre est un jeu martial tant que le frère ne se dresse pas contre le frère. Là, elle se fait sombre et porteuse de mauvais présages.

- Les frères ressentaient-ils de la haine en combattant, Brodir ?

- Non. Je prie Odin que non.

- Alors elle n’est que jeu, comme l’étaient nos batailles dans le fjord. Qui l’a emporté, cette fois ?

- Je te l’ai dit… Ton camp… Non, pardonne-moi.

- Tu m’as compris. Le médaillon de Skaldaspillir, qu’il tenait de Skirnir, reviendra au dernier de ses fils.

- Un fils qui l’a renié.

- Le médaillon reviendra à son meurtrier. Peut-être vaut-il mieux qu’il en soit ainsi, finalement… Brodir. Mon frère.

Eghill ferma les yeux et se détendit. Son frère le veilla quelques instants, puis prit le médaillon. Il se releva et s’éloigna à pas lents. Le corbeau le suivit à peu de distance. On aurait cru qu’il se lasserait vite, mais quand Brodir atteignit les collines l’oiseau était toujours là.


vendredi 13 octobre 2017

Du haut de ces murs vénérables, le Cardinal vous contemple

Bon, reviendu de ma petite intervention à la Sorbonne, aux côtés de ces forts estimables camarades que sont Jean Depelley, Alain Delaplace et Mickael Géreaume pour causer de Jack Kirby, le ze king de les comics. Merci d'ailleurs à Guillaume Prevost pour cette opportunité de causer d'un sujet qui nous tenait à cœur à tous dans cette institution prestigieuse.

Bref, nous nous sommes retrouvés sous le regard sévère du Cardinal de Richelieu (le premier vrai super-vilain de l'histoire de la littérature, grâce à Monsieur Alexandre D. de Villers-Cotterêts, ce qui nous a semblé curieusement approprié) pour la première conférence consacrée par la vénérable institution à un auteur de comics. Que de chemin parcouru depuis le premier mémoire de maîtrise consacré à ces sujets il y a 25 ans (si jeune Mabuse, il était signé par un certain Jean-Marc Lainé, qui a continué à sévir dans ce domaine par la suite) (son bouquin sur Stan Lee est en vente dans toutes les librairies) et du coup nous étions tous un peu émus et tendus.

Plutôt que de résumer mon intervention (à base de fins du monde, de batailles eschatologiques originelles et de comparaisons avec Tolkien), je vais vous faire part d'une astuce de vieux briscard pour ce genre de colloque où l'on arrive en mode terrorisé. Garder sa contenance est primordial. Et il suffit d'un rien pour la perdre. Genre partir dans une boucle à répéter un argument déjà donné trois minutes avant, se décaler par rapport à son iconographie, louper un enchaînement, etc.

L'astuce, et les assistants hier (et à d'autres confs) l'auront peut-être remarqué, c'est quand on bugge, de se racler la gorge, éructer un "scusez-moi", prendre le temps de se servir un verre d'eau et de la boire. Les cinq à huit secondes permettent de se remettre dans le fil, ou de balancer un "par ailleurs" qui permet d'enchaîner sur tout à fait autre chose sans que ça ait l'air random.

Bon, c'était cool, et le public était super avec plein de questions intéressantes. Merci à tout le monde !

mardi 10 octobre 2017

Végétations

L'ami Sébastien Célimon causait tout dernièrement de Vegeta sur son blog pop culturel. Il s'interrogeait sur la popularité durable de ce personnage pourtant conçu pour être antipathique. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Vegeta est un personnage de Dragonball Z, apparu au départ comme méchant, puis rejoignant les héros sans pour autant se départir d'une morgue et d'un mauvais caractère à rendre jaloux un Alan Rickman des grands jours.

C'est lui, pour faire simple.

Moi, de mon côté, j'ai toujours eu comme un menu souci avec ce super-saiyan (pour en savoir plus long sur les super-saiyans, n'hésitez pas à consulter ce petit article que j'avais commis il y a quelque temps), dès que je l'ai découvert à l'occasion d'une diffusion de Dragon Ball Z à la télé. Quand son nom a été prononcé, j'ai éclaté direct d'un rire tonitruant. Parce que pour moi, "Vegeta" ça renvoyait à un truc très précis et beaucoup moins bad-ass qu'un super-saiyan. Vegeta, pour moi, il a forcément la tête de ce cuisinier rigolard dont la toque ornait les boites en fer de cette épice bonne à tout (soupe, sauce, rôtis, rails à la sauvette après une cuite au rakija) que toutes les cuisinières yougoslaves connaissaient bien. Maintenant, signe des temps, le bazar est vendu dans des sachets mous, bof, et le cuistot a des joues plus roses avec un dégradé photoshop moche, mais en vrai, Vegeta, pour moi, c'est ça. Forcément, j'ai du mal à prendre le guerrier au sérieux.

bon, lui, je l'imagine pas avec la voix d'Eric Legrand


lundi 9 octobre 2017

Bouffer du Lyon

Bon, le week end aura été tendu. Très agréable, mais voué à la cavalcade. Un atelier samedi midi, un cours en début d'après-midi (pas dans la même ville) puis une conférence (dans la même ville que l'atelier) puis TGV, puis assister à une improbable partie de jeu de rôles, puis visiter accidentellement Lyon By Night et le tunnel de la Croix Rousse, puis dormir (un peu) puis tourner en rond dans Villeurbanne, puis dédicacer et participer à une table ronde, puis revenir. Ouf. On peut dire que je je n'aurai pas eu le temps de m'ennuyer. (encore merci à la médiathèque Visage du Monde, et à l'organisation d'Octogônes)

Et en fait, si. Au retour, dans le TGV. Parce qu'avec la fatigue cumulée depuis plusieurs semaines plus ce week-end en mode Jack Bauer, je n'étais plus dans un état de nerfs me permettant de lire posément dans le train, ni de roupiller.

Donc, je me suis ennuyé.

Dans l'économie actuelle, dite "de l'attention", l'ennui en tant que tel ne trouve plus sa place. Plus qu'un ennemi à abattre pour les marchands de temps de cerveau disponible, l'ennui est un vide dont ils semblent avoir horreur et qu'ils comblent avec des besoins. Ou qu'ils ouvrent sur des besoins, peut-être, créant une forme d'aspiration. Mais nous leur avons facilité la tâche en prenant plein de mauvaises habitudes, en allumant la télé à tout bout de champ ou en blindant nos ustensiles nomades de "passes-temps". Du coup, nous n'avons plus l'occasion de nous ennuyer.

Pourtant, quand il est convenablement domestiqué, l'ennui peut s'avérer autre chose qu'un gouffre vide. Dans bien des mythes des origines, le gouffre est le lieu du chaos fécond d'où peuvent sortir des mondes (et des monstres, d'où l'importance de le domestiquer). Je ne répéterai jamais assez ce que ma carrière doit à l'ennui généreusement prodigué par le système scolaire (puis par le monde de l'entreprise, avec ses tâches absurdes et répétitives, même quand d'aventure elles étaient qualifiées), qui m'a permis de bâtir des histoires et des mondes.

Comme je le disais, je sors d'une période très occupée. Je ne m'ennuie pas. Redécouvrir le goût de l'ennui sur mon fauteuil inconfortable de TGV a eu un côté surprenant.

Et j'en ai profité pour repenser à une plainte formulée un peu plus tôt dans la journée. Je n'ai pas le temps de m'ennuyer, mais ça fait quelques semaines que j'ai eu très peu de temps pour écrire. Oh, j'ai écrit quand même, j'ai même bouclé une nouvelle que j'avais promise à un anthologiste il y a déjà quelques mois. Mais ça fait quelques semaines que je calais sur mon prochain roman. Depuis, précisément, le début de cette période où je n'ai absolument pas eu le temps de m'ennuyer.

Coïncidence ? Je ne crois pas.

Non que j'écrive seulement parce que je m'ennuie. Mais parfois, quand mon écriture bute sur les chausses-trappes de mon récit, il faut que je le pense, mon roman. Trouver des solutions à des problèmes narratifs demande de prendre le temps de les nommer, de les décortiquer, de les retourner dans sa tête, de se projeter dans les situations.

M'emmerder dans ce train m'aura permis, en une heure de cogitation, de trouver si ce n'est une solution, tout au moins une piste me permettant d'avancer. Une heure pour résoudre une truc sur lequel je bute depuis au moins deux mois, parce qu'au départ, j'ai contourné le problème et poursuivi sur des séquences qui n'étaient pas impactées par le segment qui posait souci, même si elles étaient postérieures dans le récit. Mais ces contournements ne permettent d'avancer que jusqu'à ce qu'il ne soit plus possible de biaiser : il arrive fatalement un moment où tous les fils narratifs se regroupent, et où la suite dépend aussi de la séquence pas encore bouclée. Et là, il faut s'y attaquer de front.

Ça demande du temps de cerveau disponible. Impossible à trouver chez soi quand on a trop de boulot.  Et où plein de distractions sont à portée de la main, de ce blog aux étagères à bouquins en passant par la cuisine. Impossible à trouver dans une gare où le regard est sollicité par les étals de journaux. Un long voyage en train où l'on s'emmerde sec, dès lors, c'est idéal.

vendredi 6 octobre 2017

Asinus asinum invocat

J'ai une confession à faire. Il m'arrive assez souvent d'employer de façon péjorative des expression du genre "c'est un âne", "quel âne bâté" ou, sur du métal de dernière catégorie "c'est tout juste bon à ferrer les ânes", en appuyant le "â", d'ailleurs. Et c'est complètement idiot de ma part, parce que l'âne est un animal que j'aime beaucoup. Un âne bien traité est un animal très doux, très sympa, et pas du tout aussi têtu que ne le veut la sagesse populaire (en fait, ce sont surtout les mulets qui sont têtus). Bon, je dis bien traité, parce qu'enfant, j'avais une trouille bleue des ânes vu que le premier que j'aie vu de près était un âne assez psychopathe (mais malin, hein : le grand oncle, quand il allait voir ses vignes, se juchait dessus, laissait l'animal faire le chemin pendant que lui-même faisait sa sieste. L'à-coup de l'arrêt du bestiau suffisait à le réveiller une fois arrivé. c'était bien rodé) (mais si on n'était pas le grand oncle, fallait pas passer à portée de la bête) qui fait que ce n'est que bien plus tard, quasiment à l'âge adulte, que j'ai rencontré des ânes normaux et que j'ai appris à les apprécier.

Du coup, j'ai un peu honte quand je qualifie quelqu'un d'âââne. J'en profite pour demander pardon à mes amis les ânes, qui valent beaucoup mieux que les gens que je traite ainsi.

jeudi 5 octobre 2017

Permission de sortie

Samedi, je donne deux interventions à la médiathèque Visages du Mondes de Cergy le Haut :

à 11 heures, un atelier BD.
à 16 heures, une conférence sur l'histoire des comics.

Dimanche, je serai à Octogônes, à Lyon, pour dédicacer l'Île de Peter et participer à 14h une table ronde sur le jeu et l'imaginaire, avec Peter Watts et Davy Athuil, modérée par le Vil Faquin.

Si vous avez au passage des questions à propos du jeu de figurines Batman : The Board Game que prépare Monolith, ce sera l'occasion de me les poser !



(et Jeudi prochain, tous à la Sorbonne pour la conférence Kirby)