Accéder au contenu principal

Bas de chausses

Ça commence à peler grave. J'envisage très sérieusement de remettre des chaussettes quand je suis chez moi (c'est intéressant, hein ?).

Et d'un coup, je repense au vieil Albert. Einstein. Vous savez, le moustachu tellement obsédé qu'il voyait des courbes partout.

Einstein a dit : "du jour où j'ai compris que les chaussettes ne servaient à rien, j'ai totalement cessé d'en mettre".

Et là, pourrait-on dire, c'est le drame.

Parce qu'en effet, Einstein ne portait pas de chaussettes, même quand il donnait des cours à Princeton. Un personnage du roman Au dessous du volcan pourrait dire "que hombre" en le voyant, quoi.

Le gros problème, ce n'est pas la présence ou l'absence de chaussettes aux pieds, en ce qui me concerne, mais le fait que du coup, au lieu de mettre des chaussures, il portait de ces infâmes sandales de cuir façon Birkenstock. Alors vous pourriez me dire (à bon droit) ça pourrait être pire, il aurait pu porter des chaussettes AVEC ses sandales. Mais bien heureusement, la déchéance du personnage n'est pas allée jusque là (ça aurait pu, hein : sa langue maternelle, c'était quand même l'allemand).

Bref. à ma connaissance, papy Albert a été le premier à porter ce genre de sandales autrement qu'avec une toge/couche-culotte façon Gandhi. D'une certaine façon, il a contribué à rendre respectables ces horreurs, ouvrant la voie dans les décennies suivantes à tout ce que les universités comptaient de psychiatres hippies et de gauchos va-nu-pieds (c'était avant qu'Ivan Illitch popularise l'idée de médecins aux pieds-nus, qui constituent je crois le stade suivant de cette évolution).

C'est une très lourde responsabilité qui pèse sur les épaules d'Einstein. Pire que celle du développement des armes nucléaires : la fameuse lettre à Roosevelt, même s'il l'a signée, était essentiellement due à son collègue Leo Szilard (à sa place, un type portant un nom de super-méchant dans Heroes m'aurait demandé de signer un document pareil, je me serais méfié).

Donc voilà. Dites non aux sandales, avec ou sans chaussettes.

Commentaires

CathyB a dit…
Fais gaffes, y'a de grandes fan de Birkenstock dans la bibliothèque que tu fréquente. Tu risques de te faire des ennemies sur ce coup là !
Alex Nikolavitch a dit…
fichtre, heureusement que tu préviens.
Hello Alex. Honnêtement, je ne comprends pas ton aversion pour les sandales (avec ou sans chaussettes). Perso, quand les chaleurs de l'été arrivent, l'un de mes grands plaisirs est de me dire que "ouais, je vais pouvoir me mettre en short et en sandales". Quel est le problème ? Allons, tu peux tout nous dire, nous sommes entre amis.
Alex Nikolavitch a dit…
peut-être es-tu plus en phase que moi avec ton hollandais intérieur, va savoir ?
Marianne Ciaudo a dit…
Je suis sans voix. Dire que je me prends toujours la tête sur les sujets que je traite sur le blog (et par conséquent mes mises à jours sont épisodiques).

(La prochaine fois qu'on se voit, je vérifierai quand même que tu portes des chaussettes)

Posts les plus consultés de ce blog

Quand vient la fin

Les super-héros sauvent le monde, c'est leur métier, c'est bien connu. Même un petit joueur comme Peter Parker l'a fait une bonne quinzaine de fois, alors des poids lourds comme Supes ou Reed Richards, je ne vous en parle même pas. Ce besoin quasiment maniaque de sauver le monde tous les quatre matins est une des données du genre, mais pas que de lui : James Bond lui aussi sauve le monde assez régulièrement. Mais tel la demoiselle en détresse attachée au rails par le super-méchant, le monde a parfois besoin d'être plus souvent sauvé à certains moments qu'à d'autres. Car si le super-héros n'est jamais autant à la mode qu'en des périodes d'incertitude et de tension, ces tensions ont parfois été plus délirantes que tout ce qu'il pourrait imaginer. Mais revenons un peu en arrière. Dans la deuxième moitié des années 1940, la menace nazie est conjurée. Deux grandes visions du monde se retrouvent face à face : le capitalisme libéral des Américains et…

Nietzsche et les surhommes de papier

« Il y aura toujours des monstres. Mais je n'ai pas besoin d'en devenir un pour les combattre. » (Batman)
Le premier des super-héros est, et reste, Superman. La coïncidence (intentionnelle ou non, c'est un autre débat) de nom en a fait dans l'esprit de beaucoup un avatar du Surhomme décrit par Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra. C'est devenu un lieu commun de faire de Superman l'incarnation de l'Übermensch, et c'est par là même un moyen facile de dénigrer le super-héros, de le renvoyer à une forme de l'imaginaire maladive et entachée par la mystique des Nazis, quand bien même Goebbels y voyait un Juif dont le S sur la poitrine signifiait le Dollar. Le super-héros devient, dans cette logique, un genre de fasciste en collants, un fantasme, une incarnation de la « volonté de puissance ».
Le surhomme comme héritier de l'Hercule de foire. Ce n'est pas forcément toujours faux, mais c'est tout à fait réducteur. Primo parce que ça ne voit…

Walt !!!!

Ayé, il est dans les bacs !
C'est aujourd'hui que sort Deux Frères à Hollywood, la BD que j'ai écrite sur la vie de Walt Disney, avec aux dessins l'excellent Felix Ruiz !


Et sinon, je serai ce week-end aux Imaginales, à Epinal, pour dédicacer Trois Coracles Cinglaient vers le Couchant. Si jamais vous êtes dans le coin…

Tirer les cartes

Je vous parlais y a pas longtemps de mon prochain roman, dont l'idée me trotte dans la tête depuis deux ans, et sur lequel je bosse sérieusement depuis l'été dernier.

Et si, comme d'habitude, j'ai une foultitude de pages de notes (parfois incohérentes : je note plein d'idées, et à mesure que j'en développe certaines, je me vois obligé d'en supprimer d'autres, qui viendraient en contradiction avec la façon dont l'histoire et l'univers grandissent), j'ai pour la première fois depuis bien longtemps tracé une carte de mon univers pour m'y retrouver. Je n'en avais pas besoin pour les Trois Coracles, vu qu'elle existait déjà (c'était celle de la Bretagne à la fin de l'Empire Romain), ni pour mes autres romans.

En fait, j'ai produit pas mal de cartes de ce genre à mon époque rôliste, y a donc un sacré bail, et quand j'ai développé des univers de fantasy pour des projets de BDs qui ne sont pas allés bien loin, donc vers …

Le Totoro par les cornes

Mon voisin Totoro est devenu l'un des films les plus emblématiques d'Hayao Miyazaki et du studio Ghibli, au point que le bestiau leur sert à présent de logo. Complètement transgénérationnel, il supporte aussi bien la vision par des petits, qui s'identifient aux personnages, ou par des adultes, qui y voient un récit sur le rapport à l'enfance et à l'imaginaire, ainsi que sur le rapport à la nature, qui est un des thèmes récurrents de l'auteur. Mais il est l'occasion également de se pencher sur le fond culturel qui l'a produit. 
Ça a changé, le terrier du lapin blanc…
Et c'est celui du Shintoïsme, la religion traditionnelle du Japon. Et qui dit Shinto dit animisme (et on explique généralement la passion des japonais pour les robots par leur animisme et la capacité associée à projeter leurs émotions sur des objets), mais surtout chamanisme. Et là, ça n'en a pas l'air, mais on est en plein dedans. Pour situer, le chamanisme est probablement la …

Auteur, compositeur, interprète, ah non, pas compositeur

Ah, hier soir, j'ai fait l'interprète pour une rencontre avec S.T. Joshi, auteur de la monumentale biographie Je Suis Providence consacrée à Howard P. Lovecraft (si vous avez aimé mon album sur le sujet, ce bouquin en deux tomes est l'occasion d'approfondir jusqu'au bout). étaient présents également Christophe Till, qui a dirigé les traducteurs du bouquin (dont moi) et Jérôme Vincent, l'éditeur de l'ouvrage, en tant que boss d'Actu-SF.






Assez peu de tentacules autour de la table, curieusement
Traducteur pro depuis vingt ans (en fait, dix-neuf ans et neuf mois, mais vous n'allez pas chipoter, hein ?) je suis habitué à travailler dans le secret de mon alcôve (mot élégant pour décrire l'exigu foutoir qui me tient lieu de bureau) face à mon écran et à mon rythme. Et face à un texte écrit, surtout. Faire l'interprète, c'est un exercice d'un tout autre ordre, que je n'avais pratiqué qu'une seule fois jusqu'ici. Je remercie d'…

Intelligence des singes

La « querelle du singe » qui avait en apparence été tranchée par les tribunaux en 1925 n'a en fait jamais cessé de faire parler d'elle. Et figurez-vous que ces singeries sont importantes.
Mais peut-être faut-il revenir d'abord à la nature de cette querelle, parce que peut-être ne la connaissez-vous pas. Il s'agissait d'un procès opposant l'état du Tennessee à l'un de ses professeurs, un certain Monsieur Scopes. Celui-ci avait, en contravention des lois locales, enseigné le darwinisme alors qu'il était interdit aux enseignants de nier le récit biblique de la Création dans leurs cours. Etant donc un hors-la-loi caractérisé, il fut condamné à cent dollars d'amende, ce qui à l'époque représente une belle somme. (si le jugement fut ensuite cassé par la Cour Suprême de l'état en vertu du Premier Amendement, la loi Butler sur l'enseignement, cause de tout ce bazar, ne fut pourtant abrogée que 45 ans plus tard).
Mais au niveau de l'opinion,…

Pause toujours

Ah, depuis deux trois jours je peux lever le pied sur le boulot (un peu).

Ça me permet d'aller déjeuner avec des amis, traîner chez des libraires, me poser pour regarder les mésanges tourner autour des buissons, sur le chemin de la gare. Les lézards qui prenaient le soleil y a quinze jours se sont par contre planqués. On les comprends. C'est vache-qui-pisseland, en ce moment.

Parmi les petits trucs faits ces derniers temps, j'ai bouclé des traductions de comics, une préface et un appareil critique pour une grosse réédition de SF, un peu comme je l'avais fait pour Thoan y a quelques temps de ça, bricolé des illustrations pour ma prochaine nouvelle (l'extension de ce texte-ci pour le numéro 4 de la revue Le Novelliste à paraître bientôt) (les illus en question sont d'odieux trucages élaborés à partir de vieilles gravures, j'ai honte), j'ai attaqué la Saison 5 de la Gazette des Etoiles, envoyé le découpage d'un nouvel album de BD…

Cette illus contient u…