jeudi 31 mars 2016

Luca Brasi day

Ah, demain, c'est Premier Avril et c'est Vendredi, donc doublement jour de poisson. Bon, moi j'en mange assez peu, moi, du poissecaille, parce que je préfère le vin rouge au vin blanc (et il parait que c'est meilleur pour l'organisme, le vin rouge, alors quand on me dit que le poisson est un aliment plus sain, je ricane) (et en fait, à tout prendre, le vin blanc je le préfère sans poisson). Bon, par contre, du calmar, tiens, je dirais pas non. Mais un calmar d'avril, ça risque de pas le faire. Alors que faire ?

mercredi 30 mars 2016

Horselover Fat lives !

Comme j'en parlais dernièrement, je me relis ces temps-ci pas mal de Philip K. Dick (sans doute poussé subliminalement par l'émission passée sur Arte y a quelques semaines). Alors que j'ai plein de trucs "à lire" sur ma pile, on pourrait croire que je n'ai pas le temps de replonger dans des choses déjà lues. Mais ce temps, je le prends quand même parfois, parce que c'est aussi une façon de recharger certaines batteries, de s'apercevoir qu'on a tout oublié d'un bouquin, ou d'à quel point tel autre a pu avoir une influence, ou quel chemin l'on a parcouru entretemps, aussi, ce qu'on mesure aux regards divergents qu'on porte à vingt ou vingt-cinq ans d'intervalle sur un même bouquin.

Après, la relecture a un caractère plus directement pratique : quand on relit, on justifie mécaniquement l'entassement de bouquins. Quel besoin de garder des trucs dont on sait qu'on ne les relira jamais ? Alors que s'il existe une chance de remettre le nez dedans... Du coup, je ressemble à ses dragons de conte, vautrés sur leur trésor dont ils appellent chaque pièce par son petit nom. Sauf que mon trésor à moi est en papier, et c'est plus confortable.

Donc, Dick. J'ai remis le nez dans ses bouquins considérés comme mineurs, et dont on sent parfois en effet qu'ils ont été écrits à la va-vite pour payer des traites, comme les Joueurs de Titan, aux concepts épatants, mais à la fin bâclée.

Une chose me frappe, avec plus d'acuité d'ailleurs qu'à l'époque où j'avais lu tout ça une première fois : le décalage temporel. Dick a essentiellement écrit au cours des années 60, et situé l'action de ses bouquins dans un futur proche, c'est à dire dans le courant des années 80 ou au début des années 90, beaucoup plus rarement dans les années 2000 et suivantes. C'est précisément l'époque où je lisais ces trucs, à un moment exactement contemporain de l'action, et qui maintenant se trouve dans le passé depuis près d'un quart de siècle (un peu comme ce qui est arrivé dernièrement à l'octobre 2015 de McFly). L'effet produit, du coup, se rapproche d'une autre œuvre de l'auteur, son célèbre Maître du Haut Château (ça me fait penser que je n'ai vu que le début de la série qui en a été récemment tirée, et qu'il va falloir que je m'y remette), présentant des années 60 alternatives, un présent présentant une déviation par rapport à celui de l'auteur, et devenu maintenant un passé déviant.

Cet aspect-là se plaque donc naturellement sur tous les romans situés nominalement dans les années 80 et 90 : dans un passé d'autant plus révolu qu'il n'a jamais eu lieu. Et ce qui m'a frappé à la relecture, c'est que ce passé a encore un niveau d'épaisseur temporelle de plus. Dick écrit dans les années 60, et ça se sent. C'est un futur des années 60, et il fait un tri entre ce qui est resté familier et ce qui a changé, et en ce sens, certains de ses romans de SF finissent par évoquer ses romans de "littérature générale" comme Confessions d'un Barjo ou Humpty Dumpty à Oakland.

Et de fait, c'est presque à un présent des années 60 que nous sommes confrontés, et surtout à son imagerie. Dans le Dieu venu du Centaure, la poupée Barbie est reine. Dans les Joueurs de Titan, les extraterrestres ont leur propre version du Monopoly (Bilal s'en est-il souvenu dans La Foire aux Immortels ?), dans Simulacres, une pseudo Jackie Kennedy, en apparence immortelle, est devenue la matriarche de fait. Et si les preneurs de son disposent d'enregistreurs bioélectriques à base de protoplasme ganymédien, le microsillons reste l'alpha et l'oméga de la consommation musicale. Les ombres terrifiantes de l'Union Soviétique et de la Chine Populaire continuent à obscurcir l'esprit des américains. Les voitures volantes, copropriétés gigantesques et colons martiens ne sont qu'un décor. Même sur Mars ou après la guerre nucléaire, l'idéal de vie reste celui des compagnies d'assurances des années 50, le pavillon de banlieue avec la famille, le chien et la barrière repeinte en blanc, et pour ceux qui le vivent, l'intolérable ennui qui finit par accompagner ce modèle normatif, et les indigènes aux mœurs de hippies qui constituent un contre-modèle encore séduisant.

C'est donc à un voyage dans le temps d'un genre un peu particulier que nous convient les mânes de Philip K. Dick, et chaque décennie qui passe y ajoute une couche de relecture possible, de signification, de distance potentielle.

mardi 29 mars 2016

Avril is coming

Bon, petit rappel, en ce mois de mars finissant, de mes activités publiques en avril :

Je serai à Paris Comics Expo le vendredi 15 et le dimanche 17 avril au Parc Floral le Vincennes. J'y dédicacerai Les dieux de Kirby sur le stand des éditions Confidentiel, ou vous pourrez retrouver également, exceptionnellement sorti de son antre, Jean-Marc Lainé pour Comics et Contre-culture.

Et le samedi 16, me direz-vous ? Pourquoi ne suis-je pas à Vincennes ? Eh bien parce que je serai à Lyon, pardi (et non pas à Lyon Part-Dieu, qui est un quartier que je trouve décidément tristoune). J'y participerai au Colloque du Héros organisé par la Faquinade et la librairie Trollune. Et j'y signerai, outre Les Dieux de Kirby, mes ouvrages aux Moutons électrique, comme Mythe & Super-héros.

Edit : l'évènement à Lyon est reporté, sans doute à la Rentrée.

Vous voilà prévenus ! (mais je risque d'en remettre une couche d'ici là)

vendredi 25 mars 2016

Haut, bas, haut (ad lib)

J'étais à l'école de musique, j'attendais la fin d'un cours pour récupérer l'un de mes rejetons. En attendant, je bouquinais gentiment dans le couloir. Un bouquin vachement bien sur les mutations culturelles entre le 4 et le 7ème siècle de notre ère, absolument passionnant (c'est mon bouquin "de déplacement", cette semaine. bon bouquin "lecture à la maison", c'est un Philip K. Dick, je me relis plein de Philip K. Dick, depuis quinze jours).

Et puis des notes m'ont sorti de la lecture. Ça fait quinze jours ou trois semaines qu'un élève, quelque part, travaille un air asiatique (pour en savoir plus sur la musique asiatique, je vous renvoie à l'excellente explication donnée par A. Astier dans Que ma Joie Demeure). Ces quelques notes m'étaient familières, mais je n'arrivais pas à remettre le bout de la langue dessus, si je puis dire.

Et puis le jeune musicien a trouvé le bon tempo. Et, comme dirait l'autre, "ça a fait chboum dans ma tête". Cette musique semblait surgir d'outre tombe, oui, d'outre tombe.

C'était celle des vieilles pubs Obao. Je ne sais même pas si cette marque de bains moussants et autres produits d'hygiène existe toujours et en fait je m'en fous un peu. En tout cas, le môme jouait exactement le même air que la pub Obao de quand j'avais six ou sept ans. Celle dans laquelle la nana, tel que je m'en souviens, avait un cul extraordinaire. Ça marque. Ou bien c'était juste le fait qu'elle montre son cul, que je trouvais extraordinaire. On n'en voyait pas tant que ça à la télé, en ce temps-là. Ah, ces premiers émois enfuis, où sont les neiges d'antan et tout ça.

(C'est fou, quand même, comme la pub peut nous graver des trucs en profondeur dans la cervelle. je dirais même que c'est horriblement flippant)

jeudi 24 mars 2016

Rediff'



Hop, si tout va bien, le machin ci-dessus doit vous permettre de réécouter l'émission d'hier soir.

mercredi 23 mars 2016

Radio kills the movie stars

Ah, ma lamentation de l'auteur enfermé dans son bunker pour y pisser du texte par paquets de 1500 signes a été semble-t-il entendue par la radio publique : ce soir, je dois aller causer super-héros dans l'émission Le Nouveau Rendez-Vous de France Inter.

C'est la faute de Zack Snyder, bien sûr, vu qu'il semblerait que son Batman contre Superman sorte aujourd'hui. J'irai en causer, et probablement en dire du mal, tant j'ai pas aimé Man of Steel, sans l'avoir vu (mais après tout, vu les experts en terrorisme qui alignent les conneries sur les ondes en ce moment, j'ai pas à rougir, mention spéciale à celui de l'autre matin qui parlait des "empreintes génitales" des terroristes, ce qui donne à penser qu'il existe un fichier des empreintes de bites, c'est absolument classe).

Donc voilà, c'est ce soir à 21 heures.

dimanche 20 mars 2016

Le Niko bouge encore, mais pas beaucoup

Il paraît que c'est le printemps. Mais j'ai pas trop remarqué parce que j'ai quelques gros boulots à boucler (ce qui explique mon silence de ces derniers jours) et des recherches pour un scénario sur lequel je bloque un peu (et d'une façon étrange : j'ai tous les éléments du chapitre sur lequel je travail, mais je n'arrive pas à les assembler en un tout cohérent (c'est une biographie en BD, donc je suis contraint par les faits, et "les faits sont têtus", comme disait Vladimir. Le vrai Vladimir, celui qui avait moins de cheveux et plus de barbe).

Bon, histoire de vous montrer que je ne suis pas mort, voilà des extraits de mes deux prochains albums :



lundi 7 mars 2016

Grumbl

Réveillé en sursaut par un rêve débile. Je ne me souviens plus pourquoi je me trimballais dans des rues de la proche banlieue Est avec sous le bras une plaque de marbre ébréchée de 50x50x2,5, qui pesait super lourd en plus, mais j'étais pressé et y avait pas de bus et le métro était trop loin et ce bazar me démontait l'épaule et ça me faisait passer devant un endroit où je bossais dans le temps et où j'avais pas envie de retourner et…

Et ce qui m'a réveillé, c'est une voix dans mon rêve, celle d'Henri Courseaux (celui qui faisait la voix française de Carlo le Calamar, pour situer) gueulant "Oh mon Dieu ! Un topinambour !"

Réveillé d'un coup, à 3h45 du matin. J'ai péniblement réussi à me rendormir trois heures plus tard... C'est à dire exactement dix minutes avant la sonnerie du réveil.

Ne m'adressez même pas la parole, ce matin, j'en veux à l'univers entier.

Pourquoi un putain de bordel de topinambour ?

dimanche 6 mars 2016

Faites gaffe, les mecs....

On n'en sait toujours pas plus sur la particule à 750 gigaélectronvolts qui aurait peut-être (ou pas) été découverte dans le LHC, conduisant si le fait était avéré à repenser tout le Modèle Standard de la physique des particules. Donc je n'en parlerai pas plus ici. Sauf qu'il paraît qu'on attend bientôt une déclaration formelle à ce sujet. Ce qui à ce stade nous renvoie au vieux sketch du "on s'autorise à penser dans les milieux autorisés" sans qu'on puisse affirmer quoi que ce soit, ce qui est très schrödingerien quand on y pense.

Mais ce qui m'a frappé en faisant deux trois recherches à ce sujet, c'est qu'un des responsables de ce programme est un certain Jim Olsen. Et là, vous me connaissez, ça m'a arrêté net. Jim Olsen ????? Et on l'a laissé grenouiller autour d'un accélérateur de particules de grande puissance ? Doux jésus. Par le fantôme d'Elvis. Nom de Zeus. Grand Rao, protégez-nous. Parce que si la lecture de vieilles BDs comme Superman's Pal Jimmy Olsen m'a appris quelque chose, c'est bien qu'il ne faut jamais laisser Jimmy Olsen s'approcher d'un bidulmuche scientifique qui émet des particules. Jamais. Il va encore se transformer en un truc à la con. Faut pas.


samedi 5 mars 2016

On vaut mieux que deux tu l'auras

Le gros sujet politique de la semaine, ce n'est pas Donald Trump, qui reste le connard qu'il a toujours été (déjà sous Reagan quand il était l'idole des yuppies) ni le fait de savoir si Sarko pourra se maintenir ou pas dans une primaire où tous ses amis, même ceux qui tentent sincèrement de le défendre, ne font que lui savonner la planche.

Le truc qui ma semblé intéressant (dans les quelques moments où mon boulot m'a permis de souffler et de regarder un peu le monde qui m'entoure), c'est le phénomène #onvautmieuxqueça sur les réseaux sociaux, dont il est trop tôt pour savoir s'il va durer, mais qui vaut qu'on s'y arrête à plusieurs titres.

Primo, c'est un mouvement spontané complètement de l'ère numérique (je vais pas dire 2.0 parce que c'était un slogan publicitaire qui s'est bien ringardisé depuis) (et je ne vais pas dire 3.0 parce que je ne suis pas certain du truc). Des vedettes de Youtube, donc essentiellement des gens qui se sont formés seuls, de façon non institutionnelle, à la prise de parole publique, ont décidé de centraliser une partie de l'agacement rencontré par la nouvelle loi travail (qui montre au passage que le gouvernement n'est pas à une Khomri près) et par-delà cette loi, au management de droit divin qui est à mon sens le plus gros facteur de perte d'efficacité de l'entreprise française en tant qu'acteur économique (bien avant la bureaucratie, pourtant galopante, et surtout que la fiscalité, dont les entreprises bénéficient comme tout le monde via les infrastructures, subventions, etc.).

Parce qu'on l'a tous eu sur le dos un jour où l'autre, le manager sûr de lui qui vous prend pour des cons (et éventuellement finit par planter la boîte et est recasé dans le groupe, lui, contrairement à vous et vos collègues) ou qui refuse de répondre à vos questions sur la finalité de votre travail. (attention, j'ai eu aussi le cas inverse de chefs avec qui il était très agréable de bosser, avec qui on pouvait avancer de façon intelligente et tout. Mais bon, comme dirait l'autre "c'est comme les politiciens honnêtes. Ça existe, mais c'est pas la majorité du genre").

Donc, cette initiative née sur les réseaux sociaux et les plate-formes participatives visait à libérer la parole, à créer du lien et des solidarités, à casser l'isolement psychologique que le monde du travail en voie d'ubérisation rapide cultive à l'envi. Quelle sera la suite ? Difficile à dire, mais ce sont des choses qui vont dans le bon sens, et qui surtout remettent le doigt sur les vrais problèmes de notre société (et pas sur les trucs très spectaculaires, mais statistiquement peu significatifs dont les médias nous abreuvent).

L'autre truc qui m'a frappé, c'est cette notion que j'ai vu revenir à plusieurs reprises chez ceux des gens impliqués que j'ai pu entendre. "Ce n'est pas politique", "nous n'avons pas une approche politique". Je trouve ça très inquiétant, et même très grave.

Je m'explique.

Une telle initiative visant à recréer du collectif, à libérer une parole sociale, elle est politique par essence. Elle est même au cœur de ce que devrait être la politique si elle fonctionnait normalement et correctement. Cette insistance à se mettre en marge de la notion de politique est le symptôme de la dévalorisation profonde, de la démonétisation totale du fait politique dans notre société. La politique a tellement été confisquée par des partis qui dans les faits n'en font plus (ils ne débattent plus d'idées et de projets de société depuis longtemps, mais ne fonctionnent plus que part postures et personnalisation exacerbées) qu'un acte pourtant profondément politique, s'il veut être sûr de sa légitimité, doit occulter le terme, le rejeter. Ce que veulent dire ces jeunes gens, c'est que leur démarche n'est pas politicienne. Et ce n'est pas du tout la même chose. Toute discussion de nos modèles de société est forcément politique. Leur mouvement est donc politique. S'ils ne l'assument pas rapidement, il risque de retomber. Ce que je ne lui souhaite aucunement.