mercredi 19 octobre 2016

Where no one has gone before ? En vrai ?

J'ai enfin vu le dernier Star Trek, comme d'hab avec un poil de retard. Et comme d'hab avec ces Star Trek non pas nouvelle génération, mais nouvelle formule, j'ai des sentiments vachement mitigés.

Y a plein de trucs que j'adore : les acteurs sont très bien, l'interaction entre personnages fonctionne nickel (le tandem Spock/McCoy, par exemple, est un classique qu'on retrouve toujours avec plaisir) et surtout, y a des caisses de sense of wonder. Du coup, comme avec les précédents, j'ai passé un bon moment.

Et puis y a les trucs qui me gênent plus, comme le scénario assez convenu quand même, les scènes d'action/catastrophe déjà vues, les enjeux un peu faciles. Le scénario multiplie d'ailleurs les "fusils de Tchekov" prévisibles, (gadget alien, moto, radio) mais n'en file aucun à ce pauvre Pavel. Rien de tout ça ne torpille le film, soyons clairs, mais on se dit que bon, ça aurait pu mériter un peu plus d'affinage : rien que sur les scènes d'action, le précédent en ménageait une belle avec la traversée en scaphandre entre les deux vaisseaux et l'univers Star Trek a déjà démontré sa capacité à utiliser de chouettes idées de SF/Space Opera à l'écran.

Mais à un niveau général, je me suis avisé d'un truc (en fait, je m'en étais même avisé avant, mais ce film m'a remis le nez dedans, comme on dit). On a un problème de méchants, en ce moment.

Prenons quelques uns des gros blockbusters de ces dernières années, et un schéma se dessine, qui a peut-être une signification quant à notre époque. Les méchants sont souvent des bons qui ont mal tourné, ou des gens censément dans le même camp, mais qui jouent contre. Dans le cas de Star Trek Beyond, [Spoiler] un ancien capitaine de Starfleet, héros de guerre, qui a basculé.

Regardez les deux derniers Captain America, les deux derniers James Bond et les deux derniers Star Trek ou le Batman v Superman (et même, d'un certain point de vue, le généticien de Jurassic World) et on a soit des retournements de veste, soit une corruption interne du système. La menace vient systématiquement de l'intérieur. Des proches. Du voisin. D'un retournement de notre propre système de valeurs. Ce n'est pas le même discours que dans Les Trois Jours du Condor ou Abyss, avec une opposition entre le citoyen normal et la machine militaire ou barbouzarde. Là, ce sont les défenseurs qui s'entredéchirent. On est dans la mécanique de Rambo contre les hommes du shérif, mais sans le discours sur la déshumanisation.

Qu'est-ce que ça nous dit sur notre monde à nous ?

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