mardi 12 avril 2016

Starshot in the face

Un peu secoué par la nouvelle : ce soir (55ème anniversaire du vol de Gagarine) a été annoncé le projet Breaktrough Starshot, soutenu par des gens du calibres de Stephen Hawking et Freeman Dyson (celui de la sphère du même nom).

Ça tient en deux mots : "sonde interstellaire".

Voilà. Et je viens de mettre le nez dans le détail du truc, ça a l'air très sérieux. Vous me connaissez, vous comprenez que je sois un poil sous un nuage ou sur le choc, à moins que ce ne soit l'inverse.

Rien n'est fait, hein. Mais le concept proposé, des "nanosondes" de quelques grammes accrochées à des voiles solaires, propulsées par laser, est d'autant plus crédible qu'il n'est pas, sur le principe, fondamentalement nouveau. La différence, c'est qu'on commence à disposer de solutions technologiques pour tout ça, et que 100 millions ont été mis sur la table comme mise de base pour explorer ces solutions, les développer et les viabiliser (en l'état de la technologie, le laser et l'énergie pour l'alimenter coûteraient jusqu'à 10.000 fois cette somme, et il s'agit de trouver le moyen de réduire la chose).



Comme ils le notent, le plus lourd dans un téléphone actuel, ce sont la coque et l'interface. L'électronique et l'optique pèsent seulement quelques grammes. Il suffit d'y coller un émetteur assez puissant (et d'avoir ici des récepteurs assez sensibles, mais les radiotélescopes sont là pour ça) et roulez jeunesse. En théorie, ce système peut atteindre 20 % de la vitesse de la lumière, soit, hors phase d'accélération, 20 ans pour atteindre Alpha du Centaure. Si le truc s'avère faisable et le développement pas trop long, ça signifie qu'au moins une partie d'entre nous verrons ça de notre vivant.

J'ai plein de questions, bien sûr, par exemple comment la voile résistera à l'impact du gaz interstellaire (sur cette distance et à cette vitesse, rien que le gaz diffus va présenter un facteur d'érosion terrible, et je ne parle même pas de micropoussières), mais rien que le fait qu'on commence à mettre de pareilles sommes sur des projets aussi ambitieux, visant si loin…

Je suis tout chose. Ça me redonnerait presque foi en l'humanité, tiens.

Je…

Gnnnn… me retenir… Non… Ne… Gnnnnn…




VERS L'INFINI, ET AU DELAAAAAAAAAAAAAA !

Désolé, c'est parti tout seul.

2 commentaires:

  1. Je ne comprends pas ton explication technologique : un Dyson, ça aspire de l'air (et sa poussière) et cela renvoie cet air (filtré) par ailleurs. Donc, si on place bien les tuyères,on doit bien pouvoir réussir à avance, par le principe de réaction. Mais de là à atteindre 20 % de c, je suis surpris. Et depuis quand y-a-t-il une voile sur un aspirateur ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et y a une célèbre séquence dans la Folle Histoire de l'Espace qui montre qu'on peut facilement militariser un tel appareil.

      Hum.

      **médite intensément**

      Supprimer