lundi 30 novembre 2015

De l'air !

Il y a des moments comme ça où le bazar d'un monde extérieur en voie de nazification rapide conduit à se bunkeriser un peu et à se réfugier dans le travail.

Le travail, c'est par exemple la phase de relecture intensive d'Eschatôn Diakonoï, mon premier roman qui sortira en juin prochain chez les Moutons électriques. Et par les temps qui courent, comme il y est fortement question de fanatisme religieux (et d'instrumentalisation de celui-ci), faut en fait que j'avance à petite dose.

Du coup, je me remets à la traduction. Et en fait, c'est pire. Dans un album traduit au moment des attentats, il est question d'un… D'un attentat. Dans une crèche. De quoi bien foutre le bourdon. Pas grave, passons à un autre truc, un autre bouquin, ça me changera les idées. Là, il a une scène de funérailles. Où ça pleure beaucoup et où ça s'engueule en cherchant des responsables. Bien, bien, bien... Bon, y en avait qu'un épisode, de celui-ci. Qu'est-ce qui reste sur la pile ? Oh, des soldats fanatisés à l'aide de drogue qui combattent dans une guerre dont les mobiles profonds leur échappent, au nom d'intérêts financiers. Cool. Suivant ! Mitraillade sur la terrasse d'un café. Bon, là c'est la mafia, en apparence. Ah, non, j'avance dans l'album et on pige que c'est un terroriste fanatique venu d'Asie centrale qui a fait le coup. Et deux de ces bouquins à traduire n'étaient même pas des nouveautés, en plus. C'est à un Zeitgest de longue durée qu'on a affaire, j'ai l'impression.

Non, se bunkeriser n'est décidément pas la solution. Ça rend fou. Venez me regarder par la fenêtre, j'ai l'œil injecté (et trop grand ouvert, Marisol Touraine style) (tiens, je m'avise que nos chers gouvernants n'ont pas encore compris que le principe du paquet neutre est déjà appliqué par l'ennemi, mais à leurs gonzesses), la main fébrile et le filet de bave aux lèvres. Légèrement mousseux, le filet de bave.

Gnnééééé.

Donc faut que je sorte. Et l'occasion se présente d'elle-même, dites donc !

Car le ouiquende prochain a lieu le Salon des Ouvrages sur la BD, Halle des Blancs Manteaux à Paris. Je viendrai y dédicacer Les dieux de Kirby vendredi après-midi, samedi soir et dimanche toute la journée, ainsi qu'y participer à une table ronde autour de la traduction de bande dessinée. Ça me changera les idées.

Quoique… Blancs Manteaux, Blancs Manteaux… C'est bien un truc lié aux Templiers, ça, non ? Et les Templiers, c'est ces mecs qui se sont fait défoncer sous de faux prétextes par un état en faillite, comme les premiers militants écologistes venus, je me trompe ?

Soit je deviens grave parano, soit on est tous foutus.

Et je ne suis même pas sûr que les deux options soient mutuellement exclusives.

vendredi 27 novembre 2015

Wilkommen zu Frank-Reich

Je ne suis pas resté silencieux, ces quinze derniers jours, c'est juste que je foutais au panier mes notules écrites sous le coup de l'émotion à mesure que je les écrivais.

Mais là, je m'interroge. Si je m'étais couché en rentrant de Paris il y a quinze jours (j'y avais passé la journée pour des rendez-vous que j'avais trop remis et pour voir un dessinateur qui coinçait sur un projet), et que je ne m'étais relevé qu'aujourd'hui, j'aurais sans doute l'impression d'être dans la peau du grand-père de la femme de Louis de Funès dans Hibernatus (on a les références qu'on peut) (mais c'est ça, la grandeur de la culture populaire française, oui Monsieur).

Outre le choc du massacre (et ma tentation première qui était de bouffer de la charcuterie et de boire du pinard en matant des vidéos de Dita von Teese) (ou tout autre plaisir aussi simple que pas recommandé par les barbus), je serais sans doute épaté de voir autant de drapeaux partout alors qu'il n'y a pas match, et surtout le basculement rapide, l'effet de rupture quant aux valeurs. On annonce ce matin une suspension possible des droits de l'homme (et on a échappé de peu, à quelques voix près, au contrôle de la presse la semaine passée), des arrestations et perquisitions "administratives" chez des militants écolos qui n'ont a priori rien à voir avec la choucroute et le bouclage de Bruxelles (c'est pas la France, mais c'est assez près pour qu'on ait la fâcheuse impression que ça sert de laboratoire), le couvre-feu à Lens. On interdit les manifs au motif de la sécurité, mais on maintient le foot (et à qui appartient le PSG, déjà, à ce propos ? Oups).

En fait, ça tombe bien que le Maître du Haut Château soit adapté à la télé en ce moment, parce que ce n'est pas dans un futur bizarre que j'ai l'impression de me retrouver (ou alors un futur de dystopie reaganienne, comme au temps de Robocop, Judge Dredd et autres) (ouais, Dredd c'est une dystopie thatchérienne, mais same difference, comme on dit là-bas), mais carrément dans un univers alternatif, un mirrorverse à la con.

Et plus j'y repense, plus je me dis que non, que c'est bien notre monde à nous tel qu'on l'a toujours connu, que de toute façon ça prenait ce chemin-là, celui d'un retour aux sociétés de contrôle. Le contrôle est plus faux-cul dans notre cas, c'est tout. Au lieu de distribuer des bons points et des mauvais points halal/haram, on met le paquet neutre sur des clopes et on décrète que la charcuterie est cancérigène. Au lieu de fouetter des blogueurs, on brocarde ceux qui posent simplement la question du "pourquoi notre pays produit ses propres ennemis ?" en les taxant d'islamo-gauchisme, et donc en sous-entendant qu'ils sont traitres à la nation. Ou on taxe d'immobilisme ceux qui refusent de céder sur l'esprit des lois, comme si les cinq ans de bougisme bas du front du quinquennat précédent ne nous avaient rien appris.

Oh, il n'y a pas que nous, hein, nous sommes d'accord là-dessus : notre alliée l'Amérique prend tous les mauvais chemins aussi.

Mais combattre un ennemi (et un ennemi bien réel, hein, que ce soit bien clair) en devenant aussi con que lui me semble rarement une bonne solution. Arrêtons de nous moquer de Donald Trump, nous ne valons pas mieux que lui à ce stade.

On bombarde, et le Rafale semble bombarder plutôt proprement, mais on applaudit quand les Russes le font aussi, et eux travaillent au bombardier stratégique et au missile de croisière, sans même tenter vaguement d'être chirurgicaux pour la galerie.

Et puis pendant ce temps on continue à acheter du pétrole. La France veut lutter efficacement ? Qu'elle mette en place une politique incitative pour la voiture électrique et on en reparlera. Et qu'elle convainque l'Europe de faire pareil, et là on aura l'impression de servir à quelque chose. Qu'elle ait également une vraie politique culturelle, avec une culture accessible et qui donne des perspectives, et on aura un contre-modèle à proposer.

Mais les coups d'épaule et les grandes déclarations, Mussolini faisait les mêmes. Caucescu faisait les mêmes. Sarkozy faisait les mêmes. Et ça n'a jamais marché. Et tout le monde le sait. Et c'est insultant pour nos morts.

dimanche 8 novembre 2015

Back in the action again

Ayé, revenu d'Antibes, où j'ai été faire ma conférence sur les Villes rêvées des comics, une promenade dans tous ces lieux imaginaires, comme Gotham et la Latvérie, ou contaminés par un imaginaire, comme le New York où se dresse fièrement le Baxter Building. J'y ai été très bien accueilli et ça s'est très bien passé. Bon, faut que j'arrête de vouloir faire l'exhaustif, ça fait salement déborder du timing, par contre.

Et ça m'a permis de découvrir Antibes, ville que je ne connaissais pas du tout, et donc le vieux quartier est vraiment très agréable. Et merci au patron de la Storia, rue Dugommier, qui m'a accueilli juste après la conf pour une platée de gnocchi au gorgonzola qui vaut le détour. Son gorgonzola est tout simplement une tuerie, je recommande vivement.

Avant de repartir le lendemain matin, j'ai croisé des marathoniens. Y avait apparemment un marathon entre Nice et Cannes. Et après avoir croisé des tas de gens en ville portant les shorts bouffants et les numéros de rigueur dans ces cas-là, j'en ai retrouvé une cohorte à la gare qui attendaient leur TER devant les conduire à la ville d'arrivée, et qui faisaient des tas d'étirements sur le quai. Alors j'ai peut-être pas bien pigé le concept du marathon, ou les règles particulières de celui-ci, mais je ne savais pas qu'on avait le droit de prendre le train en cours de route.

Parlons-en, d'ailleurs, du train. Pas des toilettes, dont j'ai été brièvement tenté d'aller me servir, avant de renoncer vu qu'elles donnaient l'impression de sortir d'un film de David Lynch ou d'un David Fincher des débuts, non. Ce qui m'a chiffonné, c'est l'annonce au micro du barman de la voiture bar, qui se présentait comme "votre barrista". Alors moi, connement, je croyais que "barrista" était un mot féminin. Faut croire que non. Ou alors j'ai pas tout compris non plus au monde étrange et merveilleux des vendeurs de cafés, que pourtant je respecte infiniment vu que moi, sans café, je serais pas en état de faire grand-chose. Donc bon. Rebaptiser les barmaids "barristas", déjà, je trouve ça un peu naze, mais les barmens, je pige vraiment pas.

Dommage, parce qu'en dehors des chiottes et du barm... ist... barmitzvah... Mec du bar, quoi, je continue à penser que voyager en train est quand même la seule façon vraiment civilisée de se déplacer (sur les grandes distances, hein, je ne parle pas des trains de banlieue). Les gens sont globalement plus aimables, plus discrets, c'est feutré, et on a le temps de regarder le paysage défiler à un rythme égal. Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu des pins parasols, d'ailleurs. Et j'aime bien ces montagnes de Provence, jaillissant d'un coup de leurs propres pentes et qui donnent du coup l'impression d'être les chicots d'un géant endormi...

Bon, dodo.

jeudi 5 novembre 2015

Le soleil vu de près





Je suis très impressionné par cette vidéo de la Nasa, des visions des turbulences solaires en gros plan. Esthétiquement, c'est épatant. Alors y a tout un retraitement de l'image à la clé, et ça nous renvoie à ce que je disais l'autre jours sur la représentation artistique de la science, mais là, justement, ce qui m'impressionne le plus, c'est la puissance visuelle brute du truc. Foutez ça en plein écran et tapez-vous vous aussi votre trip David Bowman.



Et sinon, rendez-vous demain chez Pulp's pour la dédicace des Dieux de Kirby !

mercredi 4 novembre 2015

Rappel !

Vendredi soir, dédicace chez Pulp's comics, rue Dante à Paris, à partir de 17 heures.

Samedi après-midi, conférence à la médiathèque Albert Camus d'Antibes !

lundi 2 novembre 2015

Droit d'inventaire

Vous avez peut-être remarqué sur le côté de ce blog une liste de liens. Ils pointent vers des articles que je rédige avec une absence de régularité qui dépasse l'entendement pour le compte du site Comics Sanctuary. Si globalement ils traitent essentiellement de comics (vu la nature du site en question), ils dérapent assez souvent sur la pop culture en général et mes fixettes mythologiques ainsi que mes court-circuits conceptuels habituels. Je me suis dit que ça pourrait vous intéresser de savoir un peu plus de quoi il retournait, et en voilà une petite présentation rapide, du plus récent au plus ancien :




En listant dernièrement un bouquin sur la mythologie celtique, je suis retombé sur une description de la fureur guerrière de Cuchùlainn, grand héros épique irlandais. Et là ça a fait tilt, je me suis dit "oh putain merde, en fait c'est un super-saiyan". Et l'article s'est écrit tout seul, du coup.


Tout le monde connaît Mon voisin Totoro, chef d'œuvre bucolique de Miyazaki. Je suis allé gratter un peu la surface pour en dégager les aspects mystiques et initiatiques.

C'est le plus super des super-méchants de Marvel ou peu s'en faut. Petit retour sur les marmites dont est sorti Thanos de Titan, que vous allez voir de plus en plus au cinoche si le temps se maintient.

Les convergences Marvel/Disney étant ce qu'elles sont, cela aurait-il pu influencer le scénario d'un des très gros succès du cinéma d'animation de ces dernières années ?

Le "voyage du héros" est devenu une tarte à la crème du récit épique. Mais aucun schéma n'est mauvais en soi : l'important, c'est comment on le détourne.

Retranscription à la louche de ma conférence de la PCE 2014.

Retour sur l'obsession apocalyptique dans les comics, et ça peut se lire en annexe de mon bouquin Apocalypses !

Les super-héros, alors, ils sont nietzchéens ou pas ? Ou comment y répondre comme un normand de calibre réglementaire.

Petit retour sur un des plus grands magiciens des comics. Et ça tombe bien, ce sera le sujet de ma conférence au festival d'Angoulème 2016, normalement.

Les super-héros sont-ils des polytraumatisés de la vie ?  N'est-ce pas dans leur nature même ?

Les articles suivants sont des remises à jour d'articles plus anciens publiés jadis sur Superpouvoir.com :

A-t-on perdu le sens du futur ?

Dialogue platonicien (et sérieusement éthylique) à propos d'une des séries culte de Grant Morrison.

Retour sur la notion de "Crise" chez DC comics.

Et trois papiers sur un cinéma de genre comme on n'en fait plus :
Je n'ai jamais fait le papier sur l'Exorciste Turc. Faudrait, quand même. Les gens ont le droit de savoir.