lundi 31 août 2015

Doctus cum libro

Je viens de me souvenir que j'avais promis de causer de mes lectures de vacances. Donc avant que le mois d'Août soit fini, il est peut-être temps que je m'y mette.

Et avec les voyages en train, les soirées pastaga-moustiquaire, les nuits où il faisait trop lourd pour roupiller et les après-midi de crise de flemme (ou de panne d'inspiration), j'ai fait un peu le plein. Et comme d'habitude, ça aura été du vrac, de l'éclectique et une espèce de foutoir.

Aventuriers des Etoiles, de Roland C. Wagner, est un recueil de deux romans de space op' se déroulant dans le même univers, un univers foutraque avec des personnages hauts en couleur (le pilote d'élite est bleu, par exemple). C'est ressorti chez Hélios, la petite collection de poche des Indés de l'Imaginaire (le collectif dont font partie nos amis les Moutons électriques), tout comme La Voix du Feu, d'Alan Moore, lu juste avant les vacances (ça aussi, c'est foutraque, mais pas du tout de la même façon).

Toujours en Wagner, j'ai déniché dans un fond d'étagère le deuxième épisode des Futurs Mystères de Paris, les Ravisseurs Quantiques, que je n'avais pas lu. J'ai réparé cet oubli.

Toujours chez Hélios, j'ai lu Le Sentiment du Fer, de Jaworski, qui se situe dans le même univers que Gagner la Guerre, et qui est un recueil de nouvelles avec de très jolies choses. L'une d'entre elle pourrait être un démarquage du Hobbit, avec une troupe de nains explorant une ancienne cité de leur peuple, sauf que c'est beaucoup, beaucoup plus grinçant que Tolkien.

Dans un tout autre style, j'ai enfin lu Extension du domaine de la lutte, de notre droopy littéraire national, qui me conforte dans mon opinion sur le bonhomme : autant, quand il écrivait des articles exposant crûment la misère intellectuelle, sexuelle et morale de son temps, je le trouvais incroyablement pertinent et efficace, autant en roman ça m'emmerde aussi puissamment qu'une télé-réalité.

Tous les étés depuis quelques années, je me lis un Dumas et un Reverte, histoire de me prendre une bonne dose d'aventure picaresque ou à la pointe de l'épée. Cette fois-ci, le Reverte n'a pas été ouvert, alors que je l'avais acheté cet hiver tout exprès pour préparer les vacances. à la place, j'ai lu un Houellebecq, faut vraiment que je sois maso ou con. Bref, l'été n'est pas fini, je me le ferai peut-être la semaine prochaine, le dernier Alatriste. Par contre, j'ai bien lu un Dumas, La Tulipe Noire. Qui m'a parfaitement désarçonné. En effet, j'avais un souvenir assez lointain (remontant a priori à un après-midi de vacances de Noël chez mes grands parents), quoique net par endroits, du film bondissant et spectaculaire avec Alain Delon. Et le bouquin était pas du tout capes et épées, pour le coup. C'est quasi un huis-clos, c'est hyper calme, et ça cause d'horticulture. Pris d'un doute, j'ai été vérifier que je ne confondais pas avec Fanfan la Tulipe, et en fait, non. C'est juste que le film avec Alain Delon n'a que dalle à voir avec le bouquin de Dumas.

Rayon grosse SF qui tache, j'ai lu Gens de la Lune, emprunté à la bibliothèque. C'est un John Varley se déroulant dans le même univers que le Canal Ophite, que j'avais relu il y a quelques temps de ça. Bouquin étonnant, sans intrigue discernable au départ, qui évoque assez un proto-Transmetropolitan avec son journaleux cynique évoluant dans un monde en voie de déculturation rapide, dans lequel l'identité corporelle et sexuelle est fluctuante. C'est blindé d'idées, de personnages mémorables, et ça s'inscrit dans une vraie tradition SF, en ce sens que ça ne parle pas que du futur, mais aussi de la façon dont notre appréhension du futur évolue à mesure qu'il se réalise. Du coup, je me suis relu tout Transmetropolitan au passage, ça fait toujours du bien par où ça passe.

Je passerai assez vite sur les Pratchett empruntés eux aussi à la biblio, toujours excellents et drôles, à ne pas lire au lit parce que j'ai le rire tonitruant qui réveille les voisins. Je passerai aussi rapidement sur Cormac Mac Art, de Robert E. Howard, recueil de distrayantes histoires de pirates de l'époque suivant immédiatement la chute de l'empire romain. Ça charcle comme il faut et ça coule tout seul, même si c'est nettement en dessous d'autres cycles du même auteur situés sur les mêmes territoires mais à d'autres époque, comme par exemple Bran Mac Morn. à ce propos, le Guide Howard, de Patrice Louinet, chez ActuSF, est très bien fichu.

Hors fiction, c'est le cirque. J'ai mis le nez dans les Somnambules, de Koestler, qui est passionnant mais que je consomme à petites doses pour bien l'apprécier. C'est une histoire du regard porté par l'homme sur l'univers, via l'astronomie. Très chouette.

Dans le même esprit, deux Etienne Klein, le physicien. Par contre, son recueil des chroniques radio est très agréable, mais n'apprend pas grand-chose au lecteur fidèle de ses bouquins.

Les proto-Ioniens, de Jean Faucounau, est l'exposé d'une hypothèse hétérodoxe, mais très intéressante, sur les premiers peuplements de la mer Egée et de ses abords. J'avais lu le bouquin du même auteur sur les Peuples de la Mer, et je l'avais trouvé passionnant. C'est de la querelle d'experts, mais ça dévoile bien la complexité de la mise en corrélation de l'étude archéologique d'un lieu et de son histoire linguistique. En tout cas, les thèses exposées dans ces bouquins tiennent plutôt la route.

Choses vues, de Victor Hugo, est un truc déniché dans une brocante. Ce sont des extraits du journal de Totor, et c'est pas mal du tout.

Picoré dans les Cahiers Secrets de la Cinquième République tome 4. Pas passionnant. Avec un titre pareil, on s'attend à un éclairage a posteriori, et en fait c'est plutôt de la note prise sur le vif, de la confidence et de la petite vacherie. Déçu aussi par le 4000 ans de Mystifications Historiques de Gérald Messadié. Quelques éclairages sympas mais pas nouveaux, mais aussi beaucoup d'hypothèses démentes dont certaines ne tiennent guère la route. Et puis picoré un peu aussi dans de la philo, là où j'étais en vacances.

Et maintenant, va falloir se remettre au boulot. Sur mon bureau, plusieurs bouquins à lire dans le cadre du "projet Tentacules". Nombre d'entre eux sont déjà gavés de post-its et de marque-pages. Faut que je fasse gaffe à pas flinguer les reliures, à force.

mardi 25 août 2015

Si tu vas à Riooooo....

.... N'oublie pas de prendre Tengu-Dooooooo......

Ouais, parce que Tengu-Do sort au Brésil, figurez-vous. La preuve en image :



Et pour info, je vous rappelle qu'en France, Les dieux de Kirby sort le premier octobre.


Et je vous mets au passage le lien vers le site de l'éditeur.

lundi 17 août 2015

The Look !

Un petit appel à contribution, pour ceux d'entre vous qui ne seraient pas trop avachis dans la torpeur estivale, ni partis trop loin dans des steppes sans internet (mais ce sont les meilleures : en général, on n'est pas dérangé, et on peut bouffer et boire loin du regard inquisiteur de son toubib) (quoi ? Me regardez pas sur ce ton. Oui, j'ai fait des orgies de fromage et de charcuterie pendant que j'étais en Bretagne, pourquoi ?).

Bref, la question est la suivante :


Oui, oui c'est une question. Mais si vous y tenez, je vais en préciser les termes.

Dans le cadre d'un petit article sur Kubrick que je suis en train de gratouiller tranquillement dans mon coin (je ne sais pas encore s'il finira ici, ou sur Comics Sanctuary ou ailleurs), j'aurais besoin d'en savoir un peu plus sur cette photo, que j'ai repiquée dans un montage trouvé sur Youtube, et sur laquelle je n'ai du coup ni source, ni contexte. Donc si quelqu'un en sait plus, les commentaires sont là pour ça. Et accessoirement, si quelqu'un l'a plus complète et dans une meilleure définition (et pas écrasée, parce que j'ai bien l'impression qu'elle a souffert d'une bidouille qui en a savaté l'homothétie), ce serait encore plus mieux.

Merci d'avance !

mardi 11 août 2015

Die, universe, die !

Je lisais un article en ligne expliquant comment, en analysant la lumière de galaxies vieilles de deux milliard d'années, des scientifiques en sont venus à la conclusion que l'univers produit moins d'énergie aujourd'hui qu'à l'époque et donc que les processus de mort thermique* de l'univers seraient déjà bien enclenchés. Je vous rassure tout de suite, ce sont des processus longs, et il faudra encore quelques milliards d'années, dans le pire des cas, avant que ça ait des conséquences sur la vie courante. D'ici là, la mort tout court de notre soleil sera un problème nettement plus urgent.

On peut bien évidemment contester ces analyses sur des problèmes de taille d'échantillon, de méthodologie, etc. C'est le processus normal de la science, et il y a gros à parier que des labos vont s'emparer de ces résultats pour les passer à la loupe et à la moulinette, pas forcément dans cet ordre. Ce qui validera ces recherches ou les invalidera, on n'en sait encore rien.

Après avoir lu cet article assez court, j'ai eu le malheur de descendre sur la page. Et de tomber sur les commentaires. Et pourtant, dans la presse quotidienne, j'ai à peu près totalement arrêté de lire les commentaires, qui sont généralement des nids de trolls, de crétins divers et de petits soldats de l'extrême droite commentant tous les faits divers par "tiens, on ne parle pas de l'origine du suspect, étonnant, non ?" ou truc fielleux du genre.

Là, c'est ma souris qui a ripé. C'était un accident. Elle est toute neuve, je l'ai achetée l'autre jour à cinq euros pour remplacer celle dont le fil** avait lâché (et que j'avais payée nettement plus cher à l'époque).

Et donc, là, ça a été un festival. Du coup, fasciné par le truc comme un conducteur sur la route des vacances qui ralentit pour regarder un accident de bagnole, j'ai lu TOUS les commentaires de l'article. Et tous, presque sans exception, m'ont conduit à me demander s'il n'y aurait pas moyen de militariser le virus ebola pour l'envoyer par mail à ces commentateurs. La connerie n'est pourtant pas un crime. Il parait même que dire des conneries est un droit constitutionnel (je site quasiment verbatim Michel Rocard, qui parlait je crois de Ségolène Royal). Mais bon, ça commençait fort : dans un long post mélangeant un peu tout et ne comprenant visiblement pas que quantifier de l'énergie n'est pas si compliqué, un brave garçon balançait cet argument massue "Comment des scientifiques pourraient quantifier et mesurer l'énergie il y a de cela 2 milliards d'années puisqu'ils n'étaient même pas nés !".

En fait, c'est ce commentaire là qui m'a bien énervé (la moitié des commentaires de la page suivante, très mesurés,  précisait que la notion de mort thermique n'avait rien de nouveau). Ce qui m'a énervé aussi, c'est que personne n'a été rappeler à ce triste personnage une notion complètement basique en astronomie : la vitesse de la lumière étant énorme, mais finie, la distance d'un objet céleste quelconque peut se mesurer en années-lumières. C'est à dire précisément en fonction de la distance parcourue par la lumière en un temps donné. Ce qui signifie que l'on voit des galaxies éloignées de deux milliards d'années-lumière telles qu'elles étaient il y a deux milliards d'années, et non telles qu'elles sont aujourd'hui. Ce qui signifie que pour savoir à quoi ressemblait l'univers il y a deux milliards d'années, il suffit d'examiner les objets situés à deux milliards d'années-lumière. Ce qu'on tout simplement fait les scientifiques à l'origine de la mesure dont parlait l'article. Et accessoirement, c'est tout l'enjeu des explorations en champ profond de Hubble, qui nous permettent de voir des objets situés à plus de dix milliards d'années-lumière. Et l'intérêt, alors, ce n'est pas que ces objets soit très éloignés, mais qu'ils se présentent à nous dans l'état où ils étaient il y a très longtemps.

Autre post qui m'a fait grincer des dents : "mais bien sur ... des milliards d'années d'univers résumés par une poignée de .. laborotin... quelle rigolade!" (orthographe et typo d'origine). Alors autant, dans le post précédent, la connerie venait de l'ignorance et est éventuellement pardonnable. Bon, ce niveau d'ignorance, c'est quand même celui de cette brave dame que j'avais eu à soigner jadis, quand je bossais dans le médical, et qui ignorait qu'on ne met pas les doigts dans une tondeuse à gazon qui vient de se coincer sur un bout de bois sans préalablement l'éteindre (maintenant elle sait, mais elle n'est plus concernée). Mais là, dans la rigolade de ce cuistre, dont je devine qu'il doit faire un métier élevé, passionnant et enrichissant lui permettant de prendre de haut les scientifiques, je devine ce mépris de l'intelligence et des questionnements fondamentaux qui a de plus en plus cours aujourd'hui, et qu'on retrouve aussi bien chez les barbus les plus arriérés des hauteurs de Ninive que chez les encravatés ultralibéraux de Neuilly et faubourgs pour qui, si ce n'est pas monétisable, alors c'est haram. Le terme technique, pour désigner ce genre d'individu, est "connard", je crois.

Et si le posteur qui rigole relève probablement de la seconde catégorie, celui dont la contribution au débat se montait exactement à "Si l'univers a un débiut et une fin, c'est bien qu'une intelligence supérieure l'a créé..." est probablement assimilable à la première, peut-être dans sa version bénitier über alles. Ceux-là, ils grouillent sur le net. Ils sont peu nombreux, mais ils multipostent comme des gorets dans tous les sujets de société et de science pour balancer ce genre de one-liner. Pas une découverte de dent de néanderthal ou de déterminisme génétique qui ne soit vertement admonestée par une charge créationniste ou une vaticination aigrie sur la théorie du genre.

Faut vraiment que j'arrête de lire les commentaires dans la presse. Vraiment. Faut plus repiquer au truc, ça fait trop de mal. Pour un peu, ça donnerait presque envie que le processus de dégradation thermique soit encore plus rapide que ça.





* Pas la place de vous expliquer le concept ici si vous ne le connaissez pas, mais en deux lignes, c'est lié à l'entropie et à l'aplanissement des différences de potentiel qui font que l'univers, à l'instar d'un lapin mécanique qui n'a pas été doté de piles Duracell, finit par s'arrêter quand les batteries sont mortes.

** Et ne venez pas me casser les roubignoles avec des histoires de souris sans fil, je déteste ces machins dont la pile lâche toujours au plus mauvais moment.

lundi 10 août 2015

Salades en orbite

Ah, après le café et les nouilles japonaises, nos vaillants astronautes en orbite à bord de l'ISS vont pouvoir manger de la salade de production locale !

En effet, ils ont mis en place un bac hydroponique dans lequel, sous une lumière scientifiquement étudiée, on peut faire pousser de la laitue.

La laitue venue d'ailleurs


Et donc, ce soir, ils ont pu pour la première fois manger des plantes produites en apesanteur. Par sécurité, l'autre moitié de la salade a été mise dans un container scellé qui sera renvoyé sur terre à des fins d'analyse. On ne sait jamais. En cas de drame. Ou juste pour voir si la salade n'est pas complètement mutante (je me souviens d'une BD terrifiante de Chris Lamquet, lue il y a une trentaine d'années, dans laquelle des pommiers ayant poussé sur Mars et muté pour s'adapter au conditions locales devenaient pathogènes et colonisaient tout l'environnement) (jamais retrouvé ce truc, c'était passé dans Spirou et je ne suis même pas sûr que ce soit ressorti en album) (traumatisant, le machin).

Bref, bon appétit messieurs, et faudra suivre l'actu pour voir comment ils réagissent, là-haut (rien qu'une tourista en apesanteur, ça doit être velu, quand même).

vendredi 7 août 2015

Août-toi d'là que j'my mette

Journées un peu dispersées, ces temps-ci, avec un peu d'écriture, un peu de traduction, un peu de marche à pied, pas mal de lectures. D'ailleurs faudra que je fasse un petit point sur mes lectures d'été, c'est encore un joyeux bordel bien éclectique. Mais la lourdeur de l'air ne fait pas de moi un foudre de boulot, c'est rien de le dire.

Vision d'artiste du Niko à sa table de travail
(document non contractuel,
un peu comme les photos des burgers sur la carte des fastfoods)


Mais comme faut donner l'illusion que je bosse quand même, voilà un petit extrait des Dieux de Kirby, à paraître le mois prochain : 




jeudi 6 août 2015

Les polonaises pourront en lire au petit déjeuner

Pendant la petite semaine que je m'étais accordé dans un moment de sybaritisme débridé*, passée à m'empiffrer de charcuterie et de fromage, à bouquiner et à écrire (j'ai bouclé une jolie nouvelle se déroulant dans la dernière décennie du quinzième siècle, et je ne sais pas du tout quoi en foutre ni à quel éditeur la proposer), je suis tombé en arrêt sur des séries de panneaux. C'était sponsorisé par le Conseil Général (je ne sais plus si on dit encore comme ça) ou le Conseil Régional, ou une quelconque Chambre de Commerce, j'ai oublié.

Et donc, ça annonçait une dotation de 75.000 euros dans un concours des créateurs d'entreprises innovantes.

J'ai trouvé l'idée excellente. Par les temps qui courent, ce ne sont pas les banques qui vont aider à innover (j'ai lu dernièrement une statistique indiquant que les entrepreneurs se faisant le plus facilement financer par les banques, ces temps-ci étaient ceux lançant des trucs de proximité, genre ongleries, bars à frange, boutiques de vapotage et autres, ça en dit long sur la capacité d'imagination des fournisseurs de crédits) et que l'avenir économique du pays passera pourtant par la création de nouveaux concepts.

Et puis, vous me connaissez, j'ai commencé à réfléchir au truc. 75.000 euros, c'est une somme, mais pour de la recherche et développement, c'est pas non plus Byzance (ni le Pérou) (ni même Romorantin). Par contre, une campagne d'affichage tous azimuts, ça coûte des ronds. L'organisation d'un tel concours, la création d'un logo, le dépouillement des dossiers aussi. Et là, un rapide calcul me conduit à penser que l'opération aura coûté à la collectivité au moins quatre fois le prix donné à l'entreprise gagnante.

Et du coup, l'intérêt de l'opération me semble beaucoup moins évident.

Mais je sais, oui, je suis un cynique au cœur tout racorni et je vois le mal partout, c'est bien connu. Et en attendant, ma charcuterie et mon fromage, je les ai achetés directement aux producteurs, en circuit court. C'est toujours ça que messieurs Auchan et Leclerc n'auront pas.


Dans un tout autre registre, je viens de recevoir Krucjaty, l'édition polonaise de Crusades, dont le "Tom 1" est sobrement intitulé Srebrnookie Widmo. Et j'ai remarqué un petit détail rigolo...

Dans le scénario original, l'un des personnages, complètement inventé, s'appelait Arnaud de Sonnac, et c'était le petit frère du Maître des Templiers, Guillaume de Sonnac, qui lui était un personnage tout à fait réel et historique. Puis quelques semaines avant de partir à l'impression, j'ai découvert que Guillaume de Sonnac était réellement parti en croisade avec un de ses frères. Qui s'appelait Gautier. En catastrophe et, comme on disait au temps des frères Sonnac, in extremis, nous avons fait corriger le lettrage. Notre Arnaud s'appelait à présent Gautier. Ce qui était bien, c'est qu'on ne savait rien de plus de Gauthier de Sonnac, même en épluchant les chroniques d'époque, et donc que la biographie fantaisiste d'Arnaud n'était contredite en rien par nos découvertes sur Gautier.

Lors de la réalisation du tome 2, cela a donné lieu à des échanges rigolos, où nous avions encore tendance à appeler le personnage "Arnaud", et il a fallu faire la chasse dans les bulles à toute mention de ce prénom devenu entretemps obsolète. Qui plus est, j'avais une tendance naturelle à l'orthographier Gauthier, ce qui n'arrangeait rien.

Vers la même époque a eu lieu un échange rigolo avec un autre Gauthier, éditeur, et un de ses auteurs, que nous appellerons Philippe X. pour respecter son anonymat, qui publiaient une série appelée Croisade, dont le personnage principal s'appelait Gauthier. Ce que nous avions complètement oublié en validant le changement de nom d'Arnaud. Comme Gauthier (l'éditeur) et Phil sont des gens super, ça s'est réglé entre amis autour d'une bière, comme cela doit être entre personnes civilisées. Qu'ils en soient néanmoins remerciés.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Si, dans l'édition hollandaise et dans l'édition espagnole, les héros s'appellent encore Guillaume et Gautier, dans l'édition allemande (excellemment traduite, il est bon de le signaler), ils s'appellent Wilhelm et Gunther. Ce qui n'a rien de choquant, puisque nous mêmes appelons Empereur Guillaume le Kaiser Wilhelm.

J'ai oublié comment s'appelaient les personnages dans l'édition américaine (là, pour le coup, la traduction était épouvantable, et un de mes cousins, anglophone, m'a chipé mon exemplaire avec ma bénédiction) et je n'ai pas vu comment c'était en Italie. Mais dans cette édition polonaise, Guillaume s'appelle Wilhelm, d'accord, et Gautier... Walter.

Je sais pas pourquoi, mais cette valse des prénoms m'amuse assez, en fait, surtout pour un personnage dont la nature était de changer d'identité au fil du récit... C'est une couche d'histoire qui s'ajoute à l'histoire, en somme.



* Je n'ose dire échevelé, avec le peu de tifs qu'il me reste.

mardi 4 août 2015

Enfin !!!!

Ah, l'Amérique de Charlton Heston se dote enfin de législations restrictives sur les armes à feu ! Il était grand temps, après tout ce qui s'était passé.

Alors, voyons précisément ce qu'il en est...

Ah, flûte.... Ça ne concerne que l'état de New York.

C'est un début, me direz-vous. Faut bien commencer quelque part, alors pourquoi pas par la Grosse Pomme ?

Mais voyons les détails. Un officiel s'insurge que "6 400 armes en plastique vendues entre 2012 et 2014 n’étaient pas conformes aux lois de New York, qui stipulent que les jouets doivent porter un embout orange pour signifier qu’ils sont factices."

Ah. En fait, ce sont les pistolets jouets qui sont visés. Pas les vrais pétoires qui tirent de vrais balles et qui font trois Charlie par jour sur le territoire des Etats-Unis d'Amérique. Ces gens ont décidément un bien étrange sens des priorités.

Mais poursuivons....

"L’Etat de New York interdit en outre la vente de pistolets en plastique de couleur noire, bleue, argentée ou en aluminium. Dans la ville de New York, la législation est encore plus restrictive, puisqu’elle interdit également les armes en plastique de couleur vive ou transparente."

Ouah, et dire que je croyais qu'en France, la législation sur les armes était drastique ! Mais là, ça revient à de la prohibition pure et simple ! Alors qu'ici, des armes en plastique non conformes, j'en trouve à un euro sur les étals du marché du coin.

Et qui dit prohibition d'un côté et articles interdits disponibles à bas prix de l'autre dit profits potentiels considérables ! Une vie de crime et de profits s'ouvre à moi ! Je vais devenir le Pablo Escobar de la pétoire en plastoc, hahahaha !