dimanche 26 juillet 2015

Et pourtant, il tourne ?

Je viens d'apprendre (tout bêtement en lisant la presse) que la Chine continuait à mettre en place son système Beidou, qui est tout simplement un GPS en Tching-tchang-tchoung (oui, c'est dimanche matin, je n'ai qu'un seul café dans le bide, j'ai mal dormi alors je parle simple pour me ménager les neurones). Outre le GPS américain, le système chinois doit aussi concurrencer le Glonass russe. Ce n'était pas le cas jusqu'ici, parce qu'il ne couvrait que la zone Asie-Pacifique, les Chinois l'ayant initialement développé pour leurs besoins personnels et locaux.

Et donc, à présent, les grandes puissances ont chacun un système de géolocalisation indépendant. Ça pourrait s'avérer pratique en cas de brouille ou de coup dur.

Les grandes puissances, sauf l'Europe, bien sûr, dont le système Galiléo, censé rendre le même service, continue à peiner à se mettre en route. La décision de lancer le système a été prise en 1988. Le cadre opérationnel mis en place en 2001. Les premiers tests ont eu lieu en 2005.

Vous me direz, les bases théoriques du GPS américain ont été lancées sous Nixon, et il n'est devenu opérationnel qu'une vingtaine d'années plus tard. La différence, c'est qu'à l'époque, tout était à inventer, et que l'électronique permettant d'en livrer une version grand public n'existait tout simplement pas. En général, dans l'histoire des technologies, la création d'un premier dispositif fonctionnel accélère la mise en œuvre de ses concurrents, qui l'utilisent comme "proof of concept". Du coup, le Glonass russe, lancé bien plus tard, a été opérationnel au niveau local à peu près à l'époque où l'Amérique achevait de déployer le GPS.

La Chine a lancé l'idée de se doter d'un tel système en 1983 mais n'a pu s'y mettre qu'en 1990, le temps de se doter des technologies correspondantes. En dix ans, arrivée en 2000, elle disposait déjà d'une flotte suffisante pour couvrir son territoire et les alentours et a continué à se déployer de proche en proche depuis lors.

En Europe ? Eh bien… Les pays impliqués ont passé beaucoup de temps à se pouiller, et chaque différent a été réglé par l'adjonction d'une couche bureaucratique ad hoc. Il existait un système relayant le GPS grâce à des bases au sol pour en augmenter la précision ? Il reste séparé. Interopérable, mais non intégré à la structure. Face au temps de déploiement trop long, l'Europe a finalement décidé de tout financer elle-même plutôt que de s'associer avec des financiers privés, mais n'arrive pas à débloquer les fonds permettant de venir à bout de l'entreprise, et certains états veulent faire des économies sur le système, retardant encore d'autant son déploiement (l'une des économies, proposée par l'Allemagne, consistait à lancer les satellites à l'aide de fusées Soyouz. L'une d'entre elle s'est avérée incapable de les placer au bon endroit) (Galileo est censé à terme créer entre 15 et 20.000 emplois qualifiés en Europe, inutile de dire que par les temps qui courent, ça devrait peser aussi dans la balance).

L'affaire grecque montre que l'Europe est en crise. Mais on pourrait tout à fait objecter que cette crise est née de l'inconséquence des Grecs. Sauf que quand on regarde de plus près, il y a beaucoup de choses que l'Europe s'avère incapable de faire fonctionner correctement, et que plus elle essaye de les faire fonctionner, moins ça marche. Galileo en est un exemple patent. Il y a vraiment un nouveau mode de gouvernance à trouver. Et vite.

samedi 25 juillet 2015

Considérations scripturaires

Au fur et à mesure que j'avance dans la rédaction de mon roman, mon écriture s'affranchit de son côté scénaristique.

Je m'explique : mon approche de la BD fait que j'envisage mes personnages d'une façon essentiellement "comportementaliste". Leurs actions doivent parler pour eux. Si à mes débuts j'ai usé et abusé de la voix off, c'est un outil qui était trop "facile" et j'ai fini par m'en débarrasser, n'y revenant que pour des projets particuliers, qui restent d'ailleurs un peu dans les tiroirs (dont les deux projets Tablettes d'Argile que j'évoquais dernièrement). Sans la voix off, les personnages ne s'expliquent plus, ne se justifient plus. C'est leur manière de fonctionner qui doit idéalement donner au lecteur l'intuition de ce qui se passe à l'intérieur. C'est le vieux principe du "show, don't tell" qui me semble être au cœur de la bonne bonne BD (ou en tout cas de ce que personnellement, j'apprécie en BD). Que le résultat soit à la hauteur des intentions ou pas est un autre problème, bien entendu.

Du coup, depuis longtemps, mon écriture "littéraire" restait très froide, très scénaristique. Presque utilitaire. Et plus j'avance dans ce roman, plus je reprends les parties déjà écrites, et plus je rentre dans une approche beaucoup plus "psychologique" des personnages, m'attardant plus sur leurs impressions et sensations que je ne le fais en BD. Ce qui est curieux, c'est que par le passé, il est arrivé que ma manière d'écrire un projet "infecte" un autre truc sur lequel je bossais en même temps. Et là, non : je travaille sur des scénars de BD, et les choses ont l'air de bien se cloisonner dans ma tête, cette fois-ci.

Comme dit le proverbe : "deux dingues qui s'entredécoupent, c'est une paire de schizos."

sinon, et ça n'a rien à voir (ou presque), la couve des Dieux de Kirby :


dimanche 19 juillet 2015

Pas de repos pour les braves

Mine de rien, j'aurai bouclé en ce début juillet les versions finales de deux projets. La monographie Les dieux de Kirby, qui sort cet automne aux éditions Confidentiel, et qui décortique les hiérarchies cosmiques du King des comics, mais aussi un scénar de BD dont le nom de code est Projets Grandes Oreilles, parce que les annonces officielles du truc n'ont pas encore été faites.

Et si je continue d'avancer sur un autre gros projet, mon roman, ça m'a quand même libéré la tête, et j'ai lancé  et relancé divers trucs. Un projet pour le même éditeur que Grandes Oreilles, et dont le nom de code est Projet Tentacules, qui sera aussi une BD, et j'ai réactivé deux projets liés entre eux, pour de la BD aussi, que je réunirai sous le titre collectif de Projet Tablettes d'Argile, mais pour lesquels il me reste à faire la tournée des éditeurs. Du coup, ça bouillonne.

L'été sera studieux, une fois encore.

mercredi 15 juillet 2015

La nuit est un monstre fait d'yeux (suite)

Forcément, il a fallu qu'un petit malin passe à la moulinette du logiciel de reconnaissance graphique que j'évoquais dernièrement une des dernières photos de Pluton envoyée par la sonde New Horizons.

Ça a donné ça :




Et du coup, je n'ai qu'un mot à dire.

Et c'est "Yuggoth".

mardi 14 juillet 2015

Sur Pluton au plus tôt

Ah, ça me fait toujours des nœuds à la tête, ces grands défilés militaires donnés le jour où l'on commémore la mort de Léo Ferré.

Mais ce n'est pas l'info importante de la journée. Le truc qui m'intéresse, là, c'est New Horizons, la sonde lancée il y a neuf ans et qui arrive enfin à destination. Elle vole à une vitesse qui lui permettrait de faire Paris-Mickeyland et retour en une seconde (soit plus de 4000 fois plus vite que le RER, pour situer), et pourtant il lui a fallu près d'une décennie pour approcher de Pluton. C'est dire si c'est loin, cette affaire.

Et donc, nous commençons à avoir des gros plans de ce caillou qui n'était jusqu'alors qu'un blip un peu mystérieux sur les radars, ou au mieux une forme floue, aux taches incompréhensibles, accompagnées d'autres blips qu'on ne parvenait qu'à étudier que grâce à la spectrographie (outil déjà très riche d'enseignements, notons-le).

Voilà ce que nous avons déjà, et très bientôt, nous en aurons beaucoup plus !

Pluton et sa lune Charon


Pluton vu de plus près

Et en partant du centre
Styx, Nyx, Cerbère, et l'Hydre


lundi 13 juillet 2015

C'est mon dernier bal

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais dans le Bal des Vampires, de Polanski, les vampires ils étaient un peu usagés. Ça sentait bien la vieille fin de race décadente, un ancien régime (régime hématophage, ça va de soi) qui se serait survécu dans la poussière, la naphtaline et une nuit éternelle.

Et puis, les Bal des Vampires, c'est comme tout. Il fallait bien que quelqu'un en fasse un jour une comédie musicale à grand spectacle. Et donc, les affiches sont placardées dans tout Paris.

Et comme tout œuvre portée de la sorte, elle doit s'adapter à son nouveau public. Et donc, à la place de nos dégénérés ridés et poussiéreux, nous avons de quoi ravir la génération Twillight : l'affiche représente clairement une Bela et un Edouard. Et pour gratter aussi du côté des lectrices de mangas shojo, le Edouard local a une coupe de cheveux à la Lucius Malefoy, cette coupe aux cheveux très longs et lisses pour laquelle le terme technique est justement "coupe de vampire pédé dans un manga pour jeunes filles" (mais "coupe à la Lucius Malefoy", c'est plus court.

Après, je ne suis pas complètement persuadé qu'il soit tout à fait pertinent de rameuter un public jeune et féminin à un truc signé Polansky, à la base, mais je suis probablement mauvaise langue.









Et sinon, le mot du jour, c'est "électrocufier". Ce qui signifier "tromper son/sa partenaire à l'aide d'un amant marchant sur piles".

dimanche 5 juillet 2015

La fin du monde, "gong", la fin du mooooooonde !

Ah, d'après les premières estimations, les Grecs renverraient les FMI et les créanciers se faire voir... Eh bien, chez les Grecs.

Je note au passage, après avoir potassé quelques camemberts statistiques (oui, en toute logique, ils devraient plutôt être adeptes de la feta statistique, mais vous savez ce que c'est, le système français est tellement le meilleur du monde que les autres pays utilisent notre système) (bon, je sais que les Américains appellent ça genre des Apple Pie Diagrams ou une connerie dans le genre, mais vu que le quatre juillet est passé, qu'ils remballent leur patriotisme mal placé, merde) (sont cons, aussi, les Ricains, d'avoir le quatorze juillet le quatre. c'est vraiment n'importe quoi), donc, après avoir potassé quelques camemberts expliquant la dette grecque, j'ai découvert que les créanciers les plus bruyants et les plus exigeants ne détenaient qu'un pourcentage assez faible de l'ensemble de la dette, et se comportent donc exactement comme les fonds vautours qui tentaient de faire rendre gorge à l'Argentine il n'y a pas si longtemps (ça s'était finit comment, cette histoire, d'ailleurs ? faudra que j'aille vérifier).

C'est très rigolo de voir Juncker horrifié par toute cette histoire. D'autant qu'il a beaucoup à se reprocher, vu qu'il a méticuleusement organisé l'exil fiscal des armateurs Grecs en faisant du dumping quand il était le patron du Luxembourg. Mais bon, il suffit de se rappeler de l'histoire de l'Europe Orientale et de l'extension du domaine d'influence germanique au Moyen-Âge pour savoir tout le mal qu'il y a à penser des Junkers.

Ce qui était intéressant aussi dans toute cette histoire grecque, c'est qu'une partie de la dette était détenue par des états souverains. Dont la France. Et donc que des états endettés prêtent à leur tour à d'autres états plus endettés qu'eux. Et donc que ces états endettés (ceux qui prêtent), comme ils sont moins mal notés, prêtent à un taux supérieur à ceux auxquels ils empruntent eux-mêmes. Et donc, si j'ai tout bien compris, (et j'espère sincèrement que j'ai compris de travers), la France (et l'Allemagne) (et d'autres) réduisent leur déficit budgétaire en jouant les usuriers avec la Grèce.  (j'espère vraiment avoir pigé de travers) (mais hélas, je me fais tellement peu d'illusions sur la nature humaine, et la nature de nos dirigeants politiques, que bon...)

En tout cas, tous ces créanciers brandissent des risques d'apocalypse budgétaire si les Grecs leur mettent un gros doigt dans l'urne. De mon côté, je note que la loi française autorise les parlementaires à lancer des Référendums d'Initiative Partagée, et qu'il suffit pour ça de la signature de 185 parlementaires pour lancer le bazar.

Et là, ce "frout-frout" que vous entendez, c'est moi qui me frotte la barbe en réfléchissant.



Nous devrions écrire à nos députés, là....




Edit * :

Le résultat à l'heure où j'écris ces lignes : 65 % de participation, le non l’emporte à 61 %

C'est donc bien un gros doigt à la BCE et au FMI.

Vous connaissez la célèbre malédiction chinoise « puissiez-vous vivre en des temps intéressants » ?


Eh bien je crois que nous y sommes.




* Et Marcel.

jeudi 2 juillet 2015

HAL 9000 Powaaaaaaaaaaa !

Tiens, un ouvrier a été tué par un robot dans une usine Volkswagen en Allemagne.

Et l'enquête conclut à une erreur humaine. Car le robot, lui, c'est comme l'homme politique ou l'huile Lesieur, il ne fait pas d'erreur, c'est bien connu.

Et quand on creuse un peu l'histoire, on découvre que le jeune ouvrier était rentré dans la cage du robot et s'y est fait défoncer la gueule. Et donc, dans les faits, oui, l'erreur humaine est constituée : c'était un peu comme rentrer dans la cage aux lions ou aller asticoter la maman de Dumbo, c'est à vos risques et périls. Là, il a commis en fait une énorme bévue : il venait d'installer le robot et l'a mis en route. Et quand on vient de faire l'installe d'un nouveau système, que faut il faire immédiatement après, avant même de s'en servir ? J'en vois qui ont la réponse, là, au fond à droite, les informaticiens qui ricanent, je vous ai reconnus. Ne soufflez pas la réponse à vos petits camarades, ils doivent trouver tous seuls, leur vie en dépend.

Eh bien oui, après l'installe, on va se boire un café parce qu'il y a toutes les mises à jour de sécurité qui se téléchargent, et qu'on a tout à fait le temps de se faire un café, puis de le boire, puis d'aller s'en refaire un autre, puis de commander une pizza, d'attendre que le mobylettiste vous la livre et puis vous avez même le temps de la bouffer en prime en revenant vers votre machine.

Le jeune homme aurait suivi cette procédure de bon sens, il serait encore des nôtres. Quoi qu'en disent les diététiciens nazis, la pizza sauve des vies. Ne l'oubliez jamais.

(ou sinon, il aurait pu commander des tacos, à l'extrême rigueur :)

mercredi 1 juillet 2015

C'est les vacances ?

Longtemps que je n'avais pas bricolé un peu des photos. Vu que c'est un peu moins la course depuis ce week-end (bon, j'ai encore deux bouquins à finir d'écrire pour cet été, mais c'est pas pareil), j'ai décidé de faire un peu mumuse. Et donc, d'inventer un vaisseau spatial à partir de pièces mécaniques improbables.



(de toute façon, je sors plus de chez moi. pour tout plein de raisons, ma maison et mon allée sont très fraîches. Mais dès que je sors sur le quai, c'est à dire quand j'ouvre la porte du porche, je me trouve heurté par un mur d'air chaud. Et avancer dans cet air chaud, ne serait-ce que pour aller à la boulangerie à cinquante mètres, ça donne l'impression de marcher dans une sorte de sirop bouillant) (bref, je reste claquemuré dans mon bunker, comme d'hab)