lundi 27 avril 2015

Get the Niko (live !)

Bon, mes prochaines conférences prévues, ça va être :

La représentation du Moyen-Âge en bande-dessinée,
Samedi 16 mai à 14h30 au festival BD Artias, à Retournac (Haute-Loire)
Je serai en dédicace au festival avec Filippo Cenni pour signer des Saint Louis.
Pour ceux qui ont vu ma conférence à Angoulème 2014, ce sera à peu près la même, en un petit peu affiné.

Une table ronde sur la traduction des comics, avec Jérémy Manesse
Samedi 23 mai de 15 h à 16 heures au festival Geekopolis, Paris Porte de Versailles
Ce sera suivi d'une séance de dédicaces. N'hésitez pas à amener vos bouquins à signer.

Conférence les villes rêvées des comics
Samedi 7 novembre à 16h30 à la médiathèque Albert Camus à Antibes.
Il y aura une séance de dédicace à la Fnac du coin en début d'après-midi.

Il y aura probablement d'autres trucs dans l'intervalle, je vous en reparlerai d'ici là.

vendredi 24 avril 2015

Même pas mort

Fichtre... Plus de dix jours sans mette à jour.

Je ne les ai pas vus passer.

Il faut dire qu'une fois de plus, j'ai le nez dans le guidon au niveau traduction, et que ça esquinte ma capacité à écrire. Il faut impérativement que je reprenne de bonnes habitudes d'écriture, pour ne pas être qu'un tuyau à transcoder l'écriture des autres en Francuz. Et non seulement ça finit par me torpiller les neurones, mais en plus je viens de flinguer un clavier que j'avais depuis sept ans, et dont une des touches (le "L", genre une qu'on n'utilise jamais, quoi) a fini par se mettre définitivement en grève, et est restée muette et atone même après un démontage et nettoyage en règle. Il a fallu que je file me racheter un clavier à dix balles à la boutique la plus proche. Sachant que celui qui m'a lâché ce midi et avait tenu sept ans m'avait coûté 45 euros à l'époque, si celui ci en tient au moins un et demi, je considérerai avoir fait une bonne affaire.

Bref... Il faut que je me réserve des moments d'écriture, sinon je me laisse déborder et ce n'est pas bon. Et la War Zone est un de ces moments d'écriture (même si je ne m'y mets, aujourd'hui, qu'après avoir passé deux heures à bosser sur mon roman, et deux heures à la file là-dessus, ça fait bien un mois que ça ne m'était pas arrivé, ce qui n'est guère sérieux. Et ce soir, il faut vraiment que je boucle mon prochain scénar de BD (je vous en parle prochainement, ce sera dessiné par Felix Ruiz, qu'on a vu sur Wolverine et bientôt sur Batman Eternal, mais qui sera pour le coup là où on ne l'attend pas, dans un style qui n'a rien à voir). Et puis il faut que j'avance aussi sur la mise au propre et en bouquin des Dieux de Kirby. Ça, j'en ai fait deux heures hier, mais j'ai dans l'idée qu'il m'en faudra encore une petite trentaine pour boucler le machin.

Histoire de vous tenir à jour de ce qui sort, j'ai reçu dernièrement (il sera en librairie le mois prochain) le quatrième numéro de la version journal du Château des Etoiles, dans lequel je continue à faire les articles pendant qu'Alex Alice fait tout le reste (tout l'épisode est très bien, mais la fin est carrément somptueuse, une vraie claque visuelle). J'ai aussi relu le bon à tirer du 5, et les articles vont je l'espère bien vous faire rire. Pareil pour le supplément numérique de Fiction, qui accompagnera le vingtième et hélas dernier numéro pour l'instant de la vénérable revue. Ce supplément continent entrer autres les articles de la rubrique "les mains dans le cambouis, la tête dans les étoiles" que j'avais livré d'avance, dans une poussée d'optimisme. Ils seront cette fois-ci consacrés au Robot et à l'Intelligence Artificielle, et celui de l'édition papier (sortie hier, normalement, mais je ne l'ai pas encore reçue) à la Cité Perdue. Ça me fend vraiment le cœur, parce que c'était vraiment très rigolo à faire, ces machins-là. Le tout était abondamment illustré par Gewll, dont je vous recommande le blog.

(un extrait de mon papier sur la Cité Perdue)


Voilà voilà. Et sinon, dans mon rêve de cette nuit, j'étais censé convertir pour le compte d'autorités supérieures inquiètes d'une éventuelle attaque de U-Boot une espèce de vieux bateau mouche décati en chasseur de sous-marin. Je bricolais ça sur un bord de canal, en essayant de greffer dessus une rampe permettant de faire décoller un avion de reconnaissance, et un nez immergé comme celui de la Calypso, ainsi que diverses toboggans à grenades et à mines. Le résultat était assez laid, mais aurait dû fonctionner, d'après mes calculs. Mais fut pris d'assaut par les gens qui s'en servait comme d'un bac ou d'un batobus, et qui ne goutaient guère mes géniales améliorations. Les gens tiennent trop à leur petit confort.

lundi 13 avril 2015

On n'a pas de pognon pour nourrir les pauvres, mais on en a pour les surveiller, c'est déjà ça

Je trouve très dommage que l'ancien député et ministre Bernard Stasi ne soit plus de ce monde.

Il aurait été parfait pour être rapporteur de la nouvelle loi sur le Renseignement en cours de discussion à l'Assemblée Nationale. Comme ça, on l'aurait appelé Loi Stasi, et ça aurait annoncé la couleur.

(dommage, d'ailleurs, qu'on n'ait pas eu de députés appelé Michel-Georges Gestapo, Alfred Securitate ou Wilfried Gépéou, ça l'aurait bien fait aussi pour donner un nom à la loi)

vendredi 10 avril 2015

The revolution will be televised. Ou pas.

Le matin, pendant que passe le café et cuisent les toasts, j'en profite pour relever les mails de la nuit. Dans le tas, il y a toujours un ou deux sites bizarres cherchant à m'inviter à des ventes privées de trucs qui m'intéressent pas, ou à me proposer de racheter mon or, mes crédits, ou de me vendre des pilules à faire pousser la bite et autres abonnements à un site me permettant de spéculer en ligne, selon la saison. Le bouton "indésirable" est fait pour gérer ce merdier, et je ne me prive pas de l'utiliser.

Il y a aussi les mails de copains et collègues insomniaques, débordés ou les deux qui en profitent pour me commenter en live l'improbable film d'action philippin qu'ils ont chopé sur une chaîne satellitaire allemande à trois heures du matin, ou qui ont une question relevant de problèmes de traduction, vocabulaires techniques divers ou références absconses.

Et puis il y a les mails automatisés provenant de sites que je fréquentes ou d'entreprises dont je suis client. Genre le fournisseur de ma box internet, qui se trouve diffuser aussi de la télé par ce canal. Et qui, ce matin, m'annonçait avec fierté et même des trémolos dans la voix (pour autant qu'on puisse en juger en lisant la froide typographie d'un e-mail, mais quand même, là les mecs semblaient heureux et émus de leur trouvaille) que leur service de télé proposait à présent une toute nouvelle chaîne avec un super nouveau concept qui tue.

J'avais déjà sans rien demander des télés pour ménagères de moins de cinquante ans, des télés pour gamers, des télés pour fans de sport, des télés pour otaku (celle-la, je l'aime bien, elle m'invite de temps en temps pour causer dans le poste, mais c'est surtout parce que le mec est un copain et que dans son calepin, quand il cherche des gens à la dernière minute pour lui donner la réplique dans son émission, je suis à la lettre A), des télés pour fans de peopleries, des télés pour fans de séries, des télés pour enfants, des télés pour gens qui aiment les émissions de cuisine, des télés pour passionnés de faits divers sordides bien dégueulasses (c'est en zappant sur l'une d'entre elles qui j'ai découvert qui était ce Christophe Hondelatte dont j'entendais tant parler, et c'est vrai qu'il me fait bien marrer, avec cette froideur neurasthénique qu'il cherche désespérément à faire passer pour de la froide objectivité alors qu'il pose des questions de voyeur faux-cul moralisateur, c'est absolument fascinant, en fait, il m'arrive parfois de scotcher deux ou trois minutes devant, avant d'aller me remettre sur Mythbusters), des télés pour jeunes décérébrés, des télés pour fans de ce truc qu'on appelle de nos jours de la musique au prix d'un abus de langage quand même assez osé, des télés pour cinéphiles, des télés gay, des télés pour amateurs de pèche à la ligne, des télés pour amateurs de grosses cylindrées, des télés passant des soap operas d'Afrique de l'Ouest, des télés passant des soap operas brésiliens (on dit telenovellas, je sais, foutez-moi tranquille, et puis d'abord si vous avez suivi cette énumération jusqu'ici, c'est que vous êtes de grands malades alors camembert), des chaînes de déco, des télés d'analyse financière, des télés de cinéma d'action, des télés sur le style au masculin et que sais-je encore. Ouf. Celui ou celle qui arrivera à lire la phrase qui précède (parenthèses incluses) sans reprendre son souffle gagne une cuiller en bois dédicacée.

Avec toutes ces chaînes quand même ultra ciblées pour certaines, on pourrait croire qu'on avait fait à peu près le tour de toutes les catégories démographiques imaginables.

Et puis donc, ce mail, arrivé dans la nuit, que j'ai lu ce matin avant même d'avoir booté tous mes neurones en les noyant dans leur première dose de caféine de la journée.

Il existe à présent une chaîne de télé spécifiquement conçue pour les chiens. Je cite le mail : "La chaîne qui diminue les effets du stress pour les animaux laissés seuls à la maison." Rien que ça. Et en fait, du coup, je sais même pas quoi dire tellement ça me scie.

jeudi 9 avril 2015

Return of the Brontos

Tiens, le Brontosaure est de retour.

Ce n'est pas qu'il soit parti très loin (en dehors de son extinction il y a plusieurs dizaines de millions d'années, bien sûr), mais comme vous le savez peut-être, il convenait depuis quelques temps de l'appeler Apatosaure, pour de sombre raisons de règles d'attribution taxinomique. Parce qu'en cas de litige, le nom d'une quelconque espèce, en science, est normalement le premier nom scientifique qu'on lui ait donné. Et il se trouve que deux fossiles avaient été attribués à des espèces distinctes il y a près d'un siècle et demi : Apatosaure et Brontosaure, dans cet ordre. Or, si le Brontosaure est devenu une star des bouquins avec des dinosaures dedans, aux côtés du T-Rex, du Triceratops et du Stégosaure, il s'est vite avéré qu'il n'existait pas.

En tout cas, pas sous ce nom. Les deux espèces n'en constituaient qu'une, et comme le premier nom attribué était Apatosaure, c'était celui-là qu'il fallait employer. Exit le Brontosaure, c'était comme dans ces comics où l'on vous explique que non, en fait, Superboy n'a jamais existé, que Crisis est passé par là, que ce n'était qu'un effet d'optique.

Mais il faut dire ce qui est, Apatosaure, ça craint, comme nom. C'est pataud, ou ça fait auteur de comédies sociales à l'américaine. Genre dans un monde où l'extinction de -65 millions BC ne se serait pas produite, Judd Apatowsaure serait scénariste et réalisateur de 40 ans, toujours Ptéranodon.

Du coup, tout le monde continuait à dire Brontosaure au lieu d'Apatosaure, mais en cachette. Les manuels évoquaient la double dénomination, la rejetant dans les brumes d'un passé entaché d'erreur scientifique, mais lui permettant du même coup de continuer à exister dans la psyché collective (un peu à la manière de ces hérésies de l'Antiquité Tardive qu'on ne connait plus que par les manuels écrits par ceux qui les combattaient).

Or, coup de théâtre ! Une analyse plus poussée, visant à reconstituer l'arbre généalogique de toute la famille histoire de savoir qui, du Diplodocus ou du Brachiosaure, héritera de l'argenterie de grand-maman, redistribue les cartes. Apato et Bronto se ressemblent, mais ne sont quand même pas jumeaux. Le seuil de séparation d'espèce est peut-être même atteint. Donc paf, on a à nouveau le droit d'employer fièrement le mot Brontosaure, en public et sans aucune vergogne !

Félicitations, mon pote, et bon retour parmi nous !

(insérez ici la musique de la
Chevauchée des Walkyries)