lundi 16 février 2015

Jeux du cirque (mais pas rue du Cirque)

Vous l'aurez remarqué, j'ai une furieuse tendance, ces temps-ci, à négliger ces colonnes comme un gamin trop gâté oubliant ses jouets du Noël précédent.

Comme les plus perspicaces d'entre vous l'auront deviné, c'est que je suis ras la gueule de travail, et que du coup, ça m'assèche un peu la cervelle, en tout cas ceux de mes muscles cérébraux spécialisés dans le dégoisage de conneries au kilomètre. Entre plusieurs grosses traductions, j'avance sur un roman, un scénario d'album de BD et la mise en bouquin de ma conférence sur Kirby, qui m'a été réclamée à droite et à gauche, et qui a déjà trouvé éditeur. Je deviens dingue, j'ai des court-circuits tout plein la cervelle, et je pisse du texte dix à douze heures par jour, claquemuré dans mon bunker.

Et puis là, il a fallu que je le quitte, mon bunker, pour aller chercher des pizzas pour nourrir une cohorte de copines de ma fille qui organisait une sorte de garden party, mais en intérieur.

Et donc, pendant que j'attendais que ça cuise, installé à une table chez le pizzaïolo du coin qui est sous enseigne Bela Napoli mais a une tête à être plutôt né à Casablanca, ce qui ne l'empêche pas de faire des quatre-saisons et autres quatre-fromages plus que convenables, j'ai été exposé à un mal surgi d'outre-tombe que j'avais globalement oublié, depuis le temps.

TF1.

J'ai la télé, et il m'arrive de regarder la télé, mais c'est simple, je n'ai même plus vraiment la démarche d'aller voir ce qui passe sur les chaînes hertziennes classiques, je passe directement lors de mes zappings des chaînes ciné aux chaînes info en passant par les chaînes docu. Mais plus jamais sur TF1.

Et donc, là, j'ai eu droit à une demi-heure de TF1tude concentrée. L'émission super malsaine où les gens s'invitent au mariage les uns des autres, puis se cassent du sucre dessus dans l'espoir de se faire rembourser la location de la salle. On m'avait parlé de ce concept, et j'y croyais pas. Et en fait, si, c'est vrai, ça existe. C'est quand même d'une dégueulasserie grand style, transformant en compétition un moment qui devrait être une fête. Et dérogeant accessoirement à des lois traditionnelles d'hospitalité qui remontent au moins à l'âge du Bronze et étaient censées être parfaitement sacrées. Gulp.

Puis des pubs. Et la découverte que des marques de lessive sponsorisent des télé-réalités (ou des télé-crochets, je suis pas spécialiste, je sais pas différencier). Ce qui nous offre la démonstration que la télé-réalité est le soap opera de notre temps. Puis on enchaîne sur la même émission qu'avant, sauf qu'au lieu de s'inviter l'un l'autre chacun à son mariage, les concurrents s'invitent chacun à sa maison d'hôte. Pour se casser du sucre sur le dos. Pas la peine que je fasse un copier coller sur les lois sacrées de l'hospitalité, l'âge du Bronze, le pain et le sel, tout ça, vous devez à ce stade avoir une idée assez nette de ce que j'en pense.

Je suis reparti avec mes pizzas, un peu secoué quand même. TF1. J'avais oublié. J'étais bien. Putain, la prochaine fois, je me fais livrer.


PS : J'avais prophétisé ce moment, mais on y est : quand, lors de la garden party d'intérieur, la musique aléatoire est tombée sur Happy, la réaction a été viscérale et unanime. Ça a été changé en moins de trois secondes. Tout truc "cool" qui est asséné en boucle pendant un temps suffisant devient rapidement insupportable.




Sinon, à propos de télé, je passe cette semaine dans le Toku Show, sur J-One, pour y parler notamment du Saint Louis. Ça passera mercredi ou jeudi, je ne sais plus, avec rediffusion dimanche.

2 commentaires:

Jean-Paul Jennequin a dit…

Huit mois après, ta prophétie se réalise. Bravo ! Toi, au moins, tu n'es pas comme ces types qui nous prédisent la fin du monde pour décembre 2012.

Alex Nikolavitch a dit…

Je vais pas tarder à m'acheter une culotte Gandhi et un gong.