lundi 5 janvier 2015

Après la Bible Belt, le Bible Necklace

Une entreprise israélienne vient de sortir un petit bijou de nanotechnologie. Bijou au sens propre, d'ailleurs, puisqu'il s'agit d'un petit pendentif.

La particularité du truc, c'est qu'au milieu du pendant, il y a une petite puce gravée au moyen des techniques employées pour les circuits imprimés. Et sur la surface de quelques millimètre carrés de cette puce, la boite a réussi à inscrire la totalité du Nouveau Testament. L'idée, c'est que tout un chacun puisse emporter le texte sacré avec soi.

Alors entendons-nous bien. Ce n'est pas une mini clé USB qui permet d'avoir sur soi la Bible à un format accessible. Le texte est réellement imprimé sur la surface, en tout petit, petit, petit.

Tellement petit qu'il faut un microscope électronique à balayage pour pouvoir lire ce qui est marqué dessus.

Alors je conçois que le bouquin d'origine, massif quoiqu'imprimé sur papier très fin, puisse être malcommode à transporter partout avec soi*. En plus, dans certains pays, passer la frontière avec peut vous assurer de sérieux ennuis. Dans d'autres, c'est carrément la peine de mort, semble-t-il. Donc un format discret qu'on puisse bazarder, planquer ou avaler en cas de contrôle comme le premier dealer de banlieue venu, c'est pas si mal.

C'est l'aspect pratique qui me chiffonne. Quel intérêt de porter sur soi un texte si l'on ne peut pas le lire ? Est-ce juste l'aspect rassurant d'avoir sur soi "la parole de Dieu" (voir ici pour avoir un aperçu les problèmes sémantiques que pose cette dernière notion) sans avoir pour autant avoir à se donner la peine de la lire**, ni même de s'en donner les moyens ?

Le mot "fétichisme" n'est peut-être pas le plus approprié, mais c'est pourtant le premier qui vienne à l'esprit.






* Mais moins malcommode, vous en conviendrez sans peine, qu'un microscope électronique à balayage.

** De toute façon, de nos jours, pour être lu, il faut avoir sucé un président. Ô tempora ô mores, comme disait l'autre.

1 commentaire:

  1. Un ministre religieux baptiste m'a montré il y a quelques années un évangile selon Luc en langue russe très petit format : la hauteur du livre faisant 2/3 environ de la longueur d'un ticket de métro, mais lisible à l'œil nu. Je n'ai pas réussi à déterminer la matière du livre, mais il m'expliquait qu'à l'époque soviétique, on pouvait jeter le livre dans son bol de café ou dans le feu, il en ressortait intact.

    Il me semble qu'on était d'avantage dans l'esprit de Jésus, le rabbin de Nazareth, prudent comme un serpent mais innocent comme une colombe.

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