mercredi 31 décembre 2014

End of days

Bon, c'est pas pour dire, mais j'ai dans l'idée que l'année 2014 ne passera encore pas l'hiver. C'est fragile, ces petites choses-là, ça ne dure jamais très longtemps. D'ailleurs, celle-ci, je ne l'ai pas vue passer.

Au rang des choses qui auront clôturé l'année, je peux annoncer maintenant (j'ai assez avancé dans ce projet pour pouvoir commencer à en parler) que je vais bientôt sortir un gros roman de SF, une sorte de space opera lovecraftien* (c'est le seul moyen que j'aie trouvé de décrire ce monstre textuel dont je suis en train d'accoucher). Le bouquin n'est pas fini, mais j'ai trouvé mon rythme et j'avance à grands pas dessus. Et ça va être très chouette, bardé d'idées farfelues comme j'aime.

Sinon, Saint Louis sort mercredi prochain dans vos librairies. Foncez.

Et sinon, en attendant, je vous laisse vous démolir le foie et les boyaux à coups d'aliments trop gras et d'alcools forts trop libéralement servis. Et je m'en vais faire de même, parce que bon, être raisonnable côté bouffe, ça va cinq minutes. Ou quatre, d'ailleurs.



Ma tuyauterie interne, demain matin (allégorie)







* ou alors de la hard science-fantasy théologique, je ne sais pas exactement.

samedi 27 décembre 2014

Décodage

Je ne sais pas si vous savez, mais la SNCF emploie un langage codé. Par exemple, "incident grave de personne", ça signifie que quelqu'un est passé sous un train et s'est retrouvé étalé sur 50 mètres de rail (ou 300 mètres, quand c'est sous un tgv).

Mais quand le composteur grandes lignes vous dit "tournez votre billet" en refusant de le dépuceler, ça ne sert à rien de le retourner, et d'essayer les trois autres possibilités. "Tournez votre billet", ça signifie en vrai "veuillez infliger au composteur une manchette sèche, du tranchant de la main, sur le côté droit". Et après, ça remarche. Bon, le traducteur en moi remarque que la formule initiale, si elle manque de précision, a le mérite de la concision.

Bon, j'étais à la gare pour m'absenter quelques jours, et pour faire subir à mon régime un sort déhèsquèsque (en  d'autres termes, "fuck the regime"*) et taper dans la charcutaille, la foigraille, la picolaille et autres spécialités de la fin d'année. D'ailleurs, au passages, joyeuses fêtes à tous, amis lecteurs. (et même lecteurs pas amis. j'ai le vin gai, je suis en mode paix sur terre aux hommes de bonne volonté et je vous aime tous) (non, pas de façon déhèsquesque non plus, je suis pas recuit à ce point). Bref, j'en ai profité pour passer chez un petit producteur faire provision de gelée de fleur de sureau, et ça tue grave, ça. J'en trouve nulle part par chez moi, et c'est pourtant une belle invention, je dirais même une des grandes conquêtes de l'esprit humain. Je vais m'en refaire une tartine, tiens, pour la peine.

Allez, bonnes fêtes à tous !!!!



* On peut donner à cette expression un sens politique, aussi, mais je laisse ça sous votre responsabilité. Je suis de trop bonne humeur, là, j'ai pas le couteau entre les dents, je m'en sers pour tartiner le foie gras. Le terme technique "déhèsquèsque", c'est mon cadeau de Noël à la langue française, tiens.

samedi 20 décembre 2014

Loulou in the box

Ha ! Le facteur vient de me livrer le premier exemplaire de Saint Louis. Vu le temps qu'on a passé dessus, ça fait plaisir de l'avoir enfin entre les pognes, celui-là.

Pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, Saint Louis est mon prochain album, co-scénarisé avec Mathieu Mariolle, dessiné par Filippo Cenni, avec l'assistance des historiens Etienne Anheim et Valérie Theis (qui parlent de leur indispensable et très précieux travail de conseil sur cet album et d'autres dans le magazine L'Histoire). Tout ça sort chez Glénat le sept janvier prochain, dans une collection qui a déjà évoqué Jaures, Vercingetorix, Philippe le Bel et autres personnages marquants.

Pour vous faire saliver d'avance, je vous reposte quelques images :



Louis IX, plus connu sous le nom de Saint-Louis, roi de France de 1226 à 1270, est le neuvième monarque de la dynastie des Capétiens. Personnage plus complexe et paradoxal que ce que nous laissent entrevoir les images d'Epinal du bon roi dispensant la justice sous le chêne, Louis IX, élevé dans un respect de la foi et une piété rigoureuse sous la coupe de sa mère Blanche de Castille, a une conception essentiellement religieuse de sa fonction et se voit en monarque idéal d'un royaume chrétien. Cette foi inébranlable qui marque l'ensemble de son règne contribue à faire de lui un Saint de son vivant et l'objet d'une vénération après sa mort ; mais elle incarne aussi sa faiblesse face aux réalités économiques, sociales et politiques de son époque. Avec la collection "Ils ont fait l'Histoire", découvrez en BD, le destin de celui qui marquera le XIIIe siècle dans l'histoire comme le "siècle d'or de Saint Louis".

jeudi 18 décembre 2014

Interview exclusive !

Ah, les Etats-Unis, en guerre contre le terrorisme, et qui ne fléchissent pas, qui bombardent l'EI, qui ne ferment pas Guantanamo, qui poussent le Pakistan à faire le ménage, qui restent droits dans leurs bottes, la mâchoire en avant et l'esprit de John Wayne chevillé au corps. C'est beau, dans le genre. C'est la virilitude en géopolitique. Ils font même les gros yeux à Poutine et lui disent parfois des choses désagréables. Et disent à Assad "pardon, désolé, on ne fait que passer, vous êtes bien aimables" quand ils violent son espace aérien pour bombarder ses ennemis.

Mais ils sont trop complaisants avec leurs anciens ennemis et ça leur joue des tours. Tenez, ils sous-traitent les films d'Hollywood à des boîtes comme Sony Pictures, filiale d'un grand groupe japonais. Alors qu'on trouve encore ici et là les petits manuels dessinés par Wallace Wood (je crois que c'était Wallace Wood) expliquant comment reconnaître un méchant Japonais parmi une foule d'Asiatiques normaux.

Mais l'eau a coulé sous les ponts, les ennemis d'hier se sont rapprochés, et Sony produit des films en Amérique. Dont l'Interview qui tue, une comédie sur la Corée du Nord. Dedans, des journalistes sont mêlés à un complot visant à zigouiller Kim Jong Trois, le fils de Kim Jong II. Dieu sait pourquoi, les Nord-Coréens ont pris la mouche (alors qu'ils n'avaient rien dit pour Team America World Police) et ont protesté. Et puis, comme Sony s'en fichait, ils sont passés à la vitesse supérieure et ont piraté (en tout cas on croit que c'est eux) l'ordinateur central de Sony Pictures.

Depuis, on a droit à un Sonyleaks avec plein d'infos croustillantes, des avant-premières des films sur le net et ainsi de suite. Et ça valse sévère. Tout le monde en prend pour son grade. Et les hackers disent en avoir encore sous la pédale.

Et donc, Sony Pictures viennent de se coucher. Comme des merdes. Le film ne sortira pas, ni maintenant, ni plus tard, ni en salle ni sur le net. Tac.

Y a pas eu de bombe posée devant le siège social ni de tags sur les affiches dans les salles de cinéma. Ils viennent de se coucher devant des pirates informatiques qui leur ont mis le froc en bas des jambes devant le monde entier. Et plutôt que de garder leur dignité, ils tendent le cul en disant "bien Monsieur". Ces gens sont des châtrés.

Le remake de l'Aube Rouge (produit par la MGM) sorti il y a quelques temps de ça avait déjà baissé culotte. Au départ, l'ennemi qui venait fouler de ses sandales les vertes collines d'Amérique était la Chine. Et puis comme la Chine est un gros partenaire commercial, avec en plus une grosse diaspora, ça avait été changé à la dernière minute (c'est ça qui est bien avec le numérique) en Corée du Nord, au motif que c'est des chinetoques tout pareil, alors y a pas à changer leurs tronches, juste des bouts d'uniformes, et qu'en plus personne ne les aime. Ou juste des tarés comme moi qui aiment bien la musique militaire nord-coréenne, mais ça ne compte pas. Mais visiblement, les temps ont changé. Pas touche à la Corée, maintenant.

Alors on me souffle dans l'oreillette que même si Sony Pictures est une filiale de Sony Japon, les décisions sont prises en Californie. Et j'ai dans l'idée que si c'étaient les Japonais qui avaient eu la main dans l'histoire, eux auraient sorti le film quand même et adressé un gros doigt à Kim et consorts.

J'ai du coup un conseil à donner à tous les terroristes du monde, aux Talibans, aux Daech, Boko Haram et tous les autres. Arrêtez les égorgeages, c'est ringard et ça fait plouc. Piratez la Fox, piratez Turner, piratez Warner. Vous allez voir, c'est vachement plus efficace. Soral se plaint de ne plus passer à la télé ? Qu'il pirate TF1 ! Mélenchon se plaint que les journalistes lui parlent mal ? Qu'il pirate France TV ! Sarkozy pleurniche que personne ne l'aime à part Morano et Hortefeux (c'est vrai qu'à sa place, moi aussi j'aurais honte) ? Qu'il pirate le site du Monde ! Et puis Valls et Hollande, cotisez-vous et embauchez ces Nord-Coréens pour pirater Goldman Sachs et la Société Générale (qui n'est pas à cinq milliards près, comme elle l'a démontré avec brio). En plus vous pourrez y trouver les quelques sous qui vous manquent pour boucler vos fins d'années et si ça se trouve, votre cote remontera, c'est un bon investissement. Mais tirez-vous les doigts du cul, tous. Ça nous amusera un peu.




PS, le 19/12 : tiens, les salles courageuses qui avaient prévu de diffuser Team America à la place de The Interview ont été empêchées de le faire par la Paramount. C'est le bal des micropéniens, les majors américaines.

dimanche 14 décembre 2014

Je fais décidément un beau métier

"If anyone has the stones to do it, it's you."

Je me disais "je bosse encore dix minutes, et puis ensuite je vais voir ce que je peux faire à dîner." Et puis je suis tombé sur la phrase ci-dessus. Et j'ai calé bêtement, comme un candidat au permis de conduire en haut d'une côte.

Non que la phrase soit particulièrement difficile en soi, mais elle pose un problème rigolo (quoique récurrent) : celui des curseurs qui ne sont pas au même endroit selon les langues. Notamment le curseur de la grossièreté.

Et là, on a une formulation anodine, mais où "stones" signifie très précisément "couilles". Et la traduction en question est destinée à une revue dans laquelle le mot "couilles" ferait tache*. Donc il me faut trouver un mot pas trop grossier pour dire "couilles". Et qui ne soit pas "testicules", par exemple trop direct. Alors les traducteurs de l'ancien temps pouvait utiliser "tripes" pour ça. Ça se faisait. Si je ne trouve rien de mieux, c'est d'ailleurs ce que je ferai. "Tripes".

Ça me chiffonne quand même. Parce que c'est bientôt l'heure de manger, et qu'il ne faudrait pas me prendre pour un Normand, quand même. Alors attention, hein, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je n'ai rien contre ces gens-là. Les Normands sont des êtres humains comme les autres, à part peut-être leur propension à manger des tripes, justement. Qu'elles soient à la mode de Caen ou d'ailleurs. Ou de l'andouille de Vire. Pareil, je ne peux juste pas. N'y voyez pas d'ailleurs la marque d'une quelconque bretonophilie. Celles de Guémené non  plus, je supporte pas. Je ne mange pas d'andouilles. Sans doute de peur d'être un jour accusé de cannibalisme ou de je ne sais quoi.

Bref. Pas de tripes à l'apéro, quoi. Ce serait mal.



Pffff. Y a vraiment une couille dans le potage, ce soir.



PS : bon, j'ai fait une découverte majeure, ce soir. Si cuire à la vapeur des champignons de Paris frais avec des fines herbes et du brocoli ou du chou romanesco est une super bonne idée (je le savais déjà, un collègue traducteur me l'avait soufflée il y a quelques années, et je pratiquais depuis), les remplacer par des shiitakés était une idée à la con. Disons que le résultat est vraiment pas aké.









* Ce n'est pas comme ce blog, sur lequel j'écris "couilles" si je veux. Et "bite", aussi.

jeudi 11 décembre 2014

Prochaines conférences

Demain, vendredi 12 décembre à 18 heures, à la médiathèque du Coteau (42)
Histoire du comic book




Festival d'Angoulème (sous réserve de modifications d'horaires, auquel cas je vous tiendrai au courant)
Vendredi 30 janvier à 19 heures au Conservatoire : les dieux de Jack Kirby
Samedi 31 janvier à 15 heures à l'auditorium du NIL : débat Kirby, le roi des comics, animé par Xavier Fournier (et des tas de participants très intéressants).
Dimanche 1er février à 14 heures au Conservatoire : les dieux de Jack Kirby

Festival médiéval d'Artias (15 au 17 mai)
Je devrais normalement redonner ma conférence sur la Représentation du Moyen-Âge en BD.

Geekopolis (23 et 24 mai)
Je devrais animer quelque chose, probablement une table ronde, et peut-être aussi une conférence.

mercredi 10 décembre 2014

Platitudes





Une petite vidéo qui explore, entre autres, les conséquences d'une terre plate. J'adore.



Sinon, la conférence d'hier à Bagneux s'est très bien passée, merci encore aux bibliothécaires et au public pour leur accueil.

mardi 9 décembre 2014

Genre, la gloire, quoi

Quand le merchandising s'en mêle, c'est là qu'on se dit qu'on est connu. Que ça y est, quoi.

Bon, ils n'en sont pas encore à faire des figurines articulées* à mon effigie. Mais faut bien commencer quelque part.

Et donc, l'album Saint Louis (qui sort le mois prochain, je sais pas quel jour) a été décliné en marque-page.



Trop swag, quoi. Ça m'était jamais arrivé. Je suis tout zému, du coup.

Bon, je sais ce que vous allez me dire : qu'en vrai, dans l'affaire, c'est Saint Louis, qui est connu, et que d'ailleurs même qu'il a une ville à son nom en Amérique, le mec. Et donc que c'est lui qui est mis en avant là-dedans, et pas moi. Mais laissez-moi rêver un peu, quoi, merde !





*Et anatomiquement correcte, tant qu'à faire.

dimanche 7 décembre 2014

Décidément…

Après Rosetta et Orion (dont le vol s'est finalement déroulé sans encombres), il faut croire que cette fin d'année est placée sous le signe des étoiles (quand on y réfléchit, cette expression n'a aucun sens, en fait) puisqu'en bouquet final, nous allons avoir le réveil de la sonde New Horizons.


New Horizons


Et là, si Rosetta s'était un peu éloignée de notre banlieue terrestre, si Orion préparait le terrain à des vols habités relativement lointains, New Horizons pète un peu les stats : cet engin lancé en 2006 vient d'arriver aux abords de Pluton. Bon, la sonde commencera à travailler le mois prochain, donc début 2015, mais force est de reconnaître que le calendrier spatial est chargé, ces temps-ci. Et l'été prochain, elle passera sous l'orbite de Charon (le satellite de Pluton) pour examiner la surface de ces cailloux gelés.

New Horizon est tout à fait complémentaire de Rosetta. Si cette dernière allait éplucher une comète pour en tirer des informations sur les débuts du système solaire, New Horizons file droit à la source : non seulement Pluton, mais aussi la ceinture de Kuiper dont sortent une partie des comètes périodiques (les autres sortent du nuage d'Oort, qu'on n'explorera pas de sitôt : la théorie lui prévoit un diamètre externe de quelque chose comme 2,4 années lumières, auquel cas il n'est pas impossible qu'il touche une formation équivalente, si elle existe, orbitant autour d'Alpha du Centaure).

Après avoir survolé Pluton, elle traquera donc les astéroïdes gelés et autres proto-comètes, avec une forte probabilité de trouver des bazars de 75 kilomètres de diamètre et plus. Vu les distances en jeu, ça prendra quelques années (la mission est programmée jusqu'à au moins 2019), et les images risquent d'être un peu moins spectaculaires que le survol de Jupiter par la sonde il y a quelques années. Mais qu'importe, on reste dans le "to boldly go where no man has gone before", et ça c'est cool.

Truc amusant, le responsable de mission s'appelle Bowman. Mais pas David. Alice. Moi, ça me fait toujours marrer, ce genre de trucs.

vendredi 5 décembre 2014

See you next week

La semaine prochaine, je vais être pas mal occupé et je vais pas mal bouger :

Le mardi 9 Décembre à 19 heures, je donnerai une conférence intitulée Figures et Mythes des Super-Héros à la médiathèque Louis Aragon, à Bagneux (92).

Le vendredi 12 décembre à 18 heures, ce sera une conférence sur l'Histoire des Comics à la médiathèque du Coteau (c'est dans le 42, juste à côté de Roanne).

Il n'y a pas de séance de dédicace de prévue, mais si vous amenez des bouquins, il va sans dire que je me ferai un plaisir de vous les signer.

jeudi 4 décembre 2014

Pour Orion, ce soir, c'est ceinture



Un truc qui est bien, avec les moyens de communication moderne, c'est que j'ai pu suivre le non lancement (oui, pour ceux qui prennent le train en marche,  la fusée n'a pas décollé, finalement) de la capsule Orion tout en continuant à bosser.

Il y avait un stream du lancement, fort bien fichu, avec des commentaires techniques en temps réel. Je l'ai mis dans un coin de mon grand écran, et je pouvais le suivre du coin de l'oeil tout en avançant sur une traduction (le prochain Âge d'Or de Mickey Mouse, si vous voulez tout savoir).

C'est intéressant de se connecter à ce genre de trucs, parce que du coup, on saisit mieux la temporalité de la procédure. C'est quatre fois que le tir a été suspendu à 3 minutes du décollage. Les deux premières pour un souci de météo (un vent au sol qui pouvait perturber le démarrage) puis pour un souci de valve dans un réservoir. Comme la fenêtre de tir était étroite, les ingénieurs ont lancé deux procédures ultra minutées pour régler ce souci technique, dont ils ignoraient même s'il pouvait avoir une incidence sur la mission. Mais comme il s'agissait d'un test de validation avant  de passer aux vols habités, pas question de se planter.

Pour la Nasa, l'enjeu est même énorme. Il ne s'agit pas seulement de son indépendance face aux Russes (depuis la mise à la retraite de la Navette, les astronautes américains font du stop en Soyouz, et ce n'est pas un problème tant que personne n'est fâché avec Poutine), mais aussi face au secteur privé : si Orion n'a pas atteint sa vitesse de croisière avant la mise en service du Dragon 2 de chez SpaceX, les décideurs auront beau jeu de critiquer un programme devenu redondant. Dragon sera largement suffisant pour assurer les rotations de l'ISS.

Mais l'enjeu, pour la Nasa, ce sera justement de disposer d'un appareil capable d'aller plus haut et plus loin que Dragon. Elle jouait un coup d'avance, dans la plus pure tradition de Goddard vendant la météo pour financer ses fusées, ou Korolev promettant des vecteurs nucléaires qui pouvaient aussi, servir à propulser des Spoutnik. Aller plus loin que l'ISS, c'était d'ailleurs tout l'enjeu, même, du test prévu aujourd'hui : dépasser la ceinture de Van Allen, comme savaient le faire les capsules Apollo. Car Orion est même taillé pour aller plus loin que la Lune.

Bon, rendez-vous demain pour la nouvelle fenêtre de tir.




Sinon, rien à voir, mais les plus perspicaces d'entre vous auront remarqué que Fiction n'est pas sorti en octobre. La revue a rencontré quelques zones de turbulences dont elle sort peu à peu. Pour l'aider à sortir de l'ornière, l'éditeur a lancé un financement participatif dont je vous donne le lien ci-dessous. Donc voilà, si vous voulez soutenir une revue de SF exigeante et de qualité, c'est là :



"De grands navires en feu surgissant de l'épaule d'Orion"


C'est cet après-midi (heure française) qu'aura lieu le premier test en vraie grandeur de la capsule Orion. Pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, Orion, c'est Apollo 3.0, c'est la version bigger'n better de la vieille capsule lunaire, bénéficiant de toutes les avancées technologiques de ces quarante dernières années.

Orion, c'est la vraie fin du programme Navette. En revenant à des concepts des années 60, la NASA solde définitivement un programme réputé très cher (mais pas tant que ça, quand on fait vraiment le calcul) et surtout pas assez puissant : La Navette, dans le meilleur des cas, ne pouvait monter qu'à 1000 kilomètres d'altitude, et dans les faits, montait rarement au-delà de 600, même si elle pouvait servir de "premier étage" pour le lancement de satellites géostationnaires. Sur ce premier vol test sans équipage, Orion montera à 5000, pour tester son comportement dans la ceinture de Van Allen. Mais sur le papier, sky the limit. Orion est conçu pour aller sur la Lune et au-delà.

Si ce vol inaugural est un succès, la NASA confirmera son avance sur SpaceX, dont la capsule Dragon 2 ne devrait pas voler avant 2017 et qui se cantonnera aux vols en orbite basse.

Donc voilà. Un peu de suspense, quelques beaux enjeux, je vais suivre ça, c'est clair !

mercredi 3 décembre 2014

Le poing sur Robert

Dans mon rêve de cette nuit, j'étais une sorte d'agent secret. D'ailleurs, je portais le même caban que Robert Redford dans les Trois jours du Condor, alors que je n'ai jamais possédé de paletot de ce genre. (par contre, j'ai scotché dix minutes sur une rediff du film l'autre jour, et c'est peut-être bien ça qui a laissé des traces dans le tuyau)

Tout se passait dans une ville un peu exotique mais pas trop, en bord de mer, mais pas la jolie ville côtière méditerranéenne que je visite souvent dans mes rêves. C'était un autre endroit, un poil plus sinistre, avec peut-être un côté Pays de l'Est ou Corée du Nord. L'architecture en était par endroit très menaçante, avec des immeubles gris et massifs émergeant de friches industrielles, entre des voies ferrées.

Je finissais par arriver dans le centre ville, un endroit lui aussi un peu inquiétant, avec des recoins obscurs, des zones en reconstructions et des rangées de bâtiments en brique.

J'étais passé par les cuisines du grand hôtel pour m'infiltrer dedans. C'était agité, là-dedans, des marmitons chinois armés de grands couteaux, de feuillette de boucher et de grandes fourchettes pointues pour piquer la viande qui couraient partout.

J'avais rendez-vous avec un informateur, dans une suite du dernier étage. Mais ça me faisait passer devant le fumoir où il y avait un agent américain ressemblant à Robert Redford vieux, sans le caban bleu marine. Le Redforoïde me regarda passer. J'essayais d'avoir l'air de rien, mais je le soupçonnais d'avoir reconnu le manteau.

Dès que je fus hors de vue, je grimpais quatre à quatre, me demandant s'il ne faudrait pas se débarrasser de lui en cours de route.

Je mis longtemps à accéder au dernier étage, parce qu'en rêve, les escaliers sont souvent étrange. Il arrive fatalement un endroit où ils deviennent étroits, où des sections de la rampe viennent à manquer, où il faut se baisser et se contorsionner pour passer. Pourquoi diable n'avais-je pas pris l'ascenseur ? Ou un autre escalier ?

Les femmes de chambre et maîtres d'hôtel asiatiques me regardaient avancer d'un air atterré. L'un d'eux, par charité, m'indiqua une autre cage d'escalier, qui me permit d'arriver à destination. J'avais perdu un temps précieux, mais ce n'était rien à côté de mes contacts. L'un d'entre eux tournait en rond, cherchant une prise téléphonique pour son mini téléscripteur. L'autre avait fait honneur au minibar.

La mission était vraiment mal engagée. Puis j'entends la machinerie de l'ascenseur se mettre en route. Je m'approche de la porte, je tends l'oreille, et j'entends la voix du Redford s'adressant à quelqu'un d'autre. Qui lui répond avec une voix de tueur à gros bras.

Je me poste sur le côté de la porte de l'ascenseur, pour cogner par surprise sur le premier qui en sortira. La cabine monte, les voix se rapprochent, mon poing part en arrière pour être prêt à taper…

Et je me suis réveillé.

Un peu soulagé, quand même. Le type à grosse voix, je ne sais pas quelle tête il avait, mais il me faisait peur quand même.

lundi 1 décembre 2014

Stellar à l'inter !

Pas grand rapport avec ce qui suit (ou juste un peu), mais c'était joli alors je partage

Après un ouiquende assez chaotique (plein de boulot, et plein de trucs qui ne se sont pas passés comme ils auraient dû* ce qui fait que des trois festivals et salons où j'aurais dû passer, je n'en ai pas vu la couleur d'un seul.

Pour me venger de toutes ces avanies, j'ai fini par me décider à sortir de mon bunker hier soir pour aller au cinéma du coin voir Interstellar, le nouveau Nolan. Oui, je sais, je n'y vais que maintenant, alors que c'était typiquement un truc taillé pour moi. Quand je vous dis que c'est le chaos total, en ce moment, je plaisante pas.

Et voilà mes quelques considérations à chaud sur ce film. Déjà, j'ai eu le nez creux en utilisant l'affiche en illustration de conclusion dans Cosmonautes ! (toujours en vente dans les bonnes librairies, et donc une bonne occasion, si vous avez aimé Interstellar, d'approfondir tout ça en following, hi hi hi, pun intended). Les thèmes et les constats du film recoupent complètement mon propre discours sur le fait qu'on aurait tort de tourner le dos aux étoiles, et tourne autour d'une version à peine détourné de la citation de Tsiolkovski que j'avais mise en exergue.

Plein d'acteurs que j'aime bien (en vrac, Lithgow, Caine, McConaughey), plein de concepts joliment mis en image (le wormhole, le trou noir) ou en récit (le paradoxe de Langevin) et, contrairement à ce que j'ai pu lire par ailleurs, de beaux moments d'émotion.

Et surtout, c'est un vrai bon film de Hard Science-Fiction avec du gros concept très sérieusement traité (même s'il est possible de chipoter sur divers détails techniques) ce qui est loin d'être la règle dans des blockbusters, en général.

Bon, après, il y a de grosses références aux grands anciens (2001, anyone ?) et on sent d'ailleurs que Hans Zimmer se retient désespérément de nous balancer du Zarathoustra à fond. De temps en temps, deux trois notes lui échappent, d'ailleurs, tout de suite coupées dans leur envol par le montage de Nolan. Ça devient presque un gag...











* Dont un boulot pour lequel le client impose un "système d'échange sécurisé" qui tourne sous Java. Autant dire un cauchemar. Déjà "java" et "sécurisé", ça ne va pas ensemble, de base.

PS : tiens... Le biniou me dit que ceci est le millième message de la War Zone. Joyeux anniversaire la War Zone, alors !