lundi 30 juin 2014

Tout fout le camp, ma bonne dame...

Ce soir, tout le monde dans mon quartier était devant sa télé à regarder le foot.

Du coup, j'ai squatté la télé en zappant sur toutes les autres chaînes, et je suis tombé sur la rediff' d'un basho de sumo.

Pour ceux qui connaissent pas, le Sumo, c'est ça.


Ça faisait très longtemps que je n'avais plus suivi le sumo, faute de temps et de chaînes le retransmettant à des horaires compréhensibles, et je n'en avais plus vu un tournoi complet depuis ce match mémorable entre Musashimaru et Takanohana, qui coûta son genou à ce dernier d'ailleurs, ce qui ne l'empêcha pourtant pas de l'emporter. Et ça ne nous rajeunit pas, tout ça.

Bref, j'avais suivi de loin la dérive d'un sport que les scandales ont pas mal secoué entre 2008 et 2010.

Et puis là, pouf, je tombe sur un basho, et je suis assez surpris. Du temps de Musashimaru, les lutteurs non japonais étaient l'exception. Après ces scandales impliquant ce lutteur mongol il y a quelques années, on aurait pu craindre un repli. Eh bien non ! Des Russes, est Estoniens, des Hongrois, des Mongols… Maintenant il y a de tout, et on a un lutteur gaïjin dans un combat sur trois, voire un combat sur deux. Bon, tous ces poilus sont dûment nantis de noms nippons, hein, parce qu'il ne faut pas déconner.

Ce qui m'a gêné, par contre, ce sont les combats. Pour beaucoup, ils sont plus longs, pas toujours beaux techniquement, et parfois même carrément inélégants. Va falloir que je me penche sur la question, mais il y a peut-être un souci, là. Qu'un combat soit piteux, de temps en temps, parce qu'un athlète n'est pas en forme, ou se rate dans ses appuis, ça peut arriver. Mais là, y a quasiment un combat sur quatre qui se termine avec les deux adversaires par terre, ou sur une maladresse énorme et manifeste d'un des combattants.

Suis-je tombé sur un tournoi un peu décevant, ou assiste-t-on au déclin d'un noble sport ? J'en sais rien. Faudra que j'investigue, et je vais donc essayer de trouver un programme annonçant les prochaines retransmissions…

dimanche 29 juin 2014

Les cons se tatannent, c'est une question d'hygiène

Les bandes annonces de la future série télé Constantine, consacrée au personnage créé par Alan Moore dans Swamp Thing il y a trente ans déjà avait inquiété les vieux fans. Si le truc n'avait pas l'air honteux, et que le personnage se ressemblait, contrairement à ce qu'on avait pu voir dans le film d'il y a quelques années où il était joué par Keanu Reeves (film pas désagréable en soi, fallait juste remplacer mentalement, et chaque fois qu'il était prononcé, le nom de "John Constantine" par "Johnny Tartempion", et ça passait très bien), mais un détail choquait néanmoins.

John Constantine, le magicien escroc en trench-coat, le "mage de caniveau" selon l'expression employée à son sujet dans un comic book récent, n'arborait pas sa célèbre Silk Cut au coin du bec. Et Constantine sans sa clope, c'est comme Gainsbourg sans la sienne, Maigret ou Brigitte Lahaye sans sa pipe et Doc Gynéco sans son pétard. Un contresens.

Interrogé à ce sujet, le réalisateur du pilote de la série a précisé qu'elle était diffusée par un grand network, et qu'il fallait donc de menus compromis dans ce genre pour que le concept puisse être accepté.

C'est la beauté du système : on peut, sur un grand réseau, consacrer des séries télé à des psychopathes cannibales comme le Docteur Lecter, ou à des tarés clairement schizos comme Dexter, mais un héros qui clope, c'est juste pas possible. C'est mal.

Par contre, le fanatisme et la connerie ne sont toujours pas punis d'amende. C'est ballot, ça résoudrait vite fait les problèmes de budget de l'état.

vendredi 27 juin 2014

Toute une histoire

Tiens, me voilà dans le numéro spécial d'été de Historia.

Non que je sois déjà devenu un personnage historique, on a encore le temps pour ça, mais parce que c'est un spécial super-héros, et donc on m'a demandé d'écrire l'intro du dossier. Dans le dossier lui-même, on croise des noms comme ceux de Jean-Marc Lainé, donc ça ne peut être que bien.

Ça sort le 3 juillet en kiosques.


mercredi 25 juin 2014

Pulps fictions

Petite news : je vais participer à une table ronde / séance de dédicaces consacrée au comics, à la librairie Pulps, rue Dante dans le cinquième arrondissement de Paris.

Y aura une brochette de spécialistes du sujet, comme Xavier Fournier et Jean-Marc Lainé, des pointures, donc, que dis-je, des sommités. Et moi pour leur donner la réplique.

Ce sera le vendredi 11 juillet en fin d'après-midi. Je vous donne plus de détails d'ici là.

lundi 23 juin 2014

Voir le côté positif

Y a quand même un truc bien, avec la coupe du monde, c'est que pendant ce temps-là, on nous emmerde pas trop avec Wimbledon.


L'image ci-dessus n'a rien à voir avec le sujet.
C'est un acte de résistance.
En effet, trop de blogs, de twitters et autres fesses-de-boucs
usent et abusent de photos de chatons trop mignons.
En tant que sympathisant, du CCC, je mets donc une photo de gavial.
Et à ceux qui ne sont pas contents, je propose un match de catch
entre leur chaton et mon gavial. Na.

vendredi 20 juin 2014

Calamitas !

Le deuxième numéro du Château des étoiles est sorti depuis deux semaines, et je ne m'en suis aperçu qu'hier, en sortant enfin de mon antre poussiéreux pour humer la poussière des librairies qui a presque la même odeur que celle de mon bureau : celle du papier entassé.

Bref, tout ça pour vous dire que, si vous ne l'avez pas déjà, il vous le faut.


Il vous le faut pour deux raisons principales. La première, c'est que c'est très joli, très sympa, très agréable à lire. En deux mots, c'est très bien. (bon, ça fait pas deux mots mais on va pas chipoter). Et c'est signé Alex Alice, en très grande forme. Je recommande vivement.

La deuxième, ce sont les bonus, articles de journaux d'époque contextualisant le tout, signés par tout un tas de gens très bien, qui sont tous, en fait, des masques portés par votre serviteur ici présent qui vous salue bien bas au passage. Et il y en a plus, des bonus, dans le deuxième numéro que dans le premier (et il y en aura plus dans le troisième, à sortir dans une grosse quinzaine de jours, du coup).

J'en profite d'ailleurs pour rendre hommage au travail de Benjamin Brard, le maquettiste, qui a fait un super boulot pour donner un cachet d'époque à cette partie journal. Le résultat est super chouette.

jeudi 19 juin 2014

Try to remember when life was so in apesanteur

Yes ! Le dernier obstacle qui se dressait entre moi et l'orbite* vient d'être levé !

En effet, si, il y a quelques mois, un fabriquant japonais a mis au point des nouilles qu'on pouvait faire cuire sans porter l'eau à ébullition (parce que comme le dit le célèbre proverbe russe : "station Mir bouillue, station Mir foutue") voici que Lavazza invente la machine à expressos qui permet de se servir un vrai café tout là-haut. C'est une fabuleuse conquête de l'esprit humain à laquelle je ne puis qu'applaudir. J'aurais été malheureux, sur l'ISS, sans pouvoir m'enfiler un kawa de temps en temps.

Seul problème à ce stade : l'expresso, il faut le boire à la paille.

C'est pas ultra glamour, en fait



En fait je crois que je vais attendre un peu.



Sinon, à ce propos, j'ai enfin rendu le manuscrit de Cosmonautes ! les Conquerants de l'Espace, il y a de ça quelques jours. Je suis en train de suer sang et eau sur l'iconographie, et ce sera bientôt plié, tout ça. Pfouuuu, il m'aura donné du mal, ce bouquin.







* Hormis bien sûr ma taille démesurée, ma santé vacillante et le fait que je n'aie pas tenté le concours d'entrée à la Cité des Etoiles, mais tout ça, ce sont des détails. Malencontreux, certes, mais des détails.

samedi 14 juin 2014

Mise à jour biblio albums

Ça fait quelques temps que j'avais pas refait la checklist de mes albums, pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, ceux qui viennent de nous rejoindre, gotta catch'em all, tout ça.

Alcheringa, chez La Cafetière, avec Fred Grivaud. Un petit format tout sympa, un peu philosophique et tout, ça tombe bien, c'est le bac philo cette semaine, ça vous aidera à réviser.

Central Zero, chez Soleil avec Toni Fejzula, c'est de la SF, une espèce de space opera rétrofuturiste et parano. Un seul tome parce que bon, il s'est passé des trucs compliqués.

Spawn : Simonie, chez Semic, avec Jeff Porcherot et Aleksi Briclot, une aventure du super-héros putréfié le plus célèbre du monde.

La dernière cigarette, chez La Cafetière, avec Marc Botta. C'est hyper beau graphiquement, et peut-être ce que j'ai fait de plus personnel.

Tengu-Do : DiscipleRonin, et Maître, trois tomes chez les Humanos, avec Andrea Rossetto. Un conte initiatique dans une ambiance samouraï, au format manga.

L'Escouade des ombres, Tome 1 : Sanction, encore un manga aux Humanos, avec Shong. De la grosse SF bastonnante.

Kade: Shiva's Sun, , chez Arcana studios, avec Sean O'Reilly. Pas une très bonne expérience, et je ne suis plus crédité sur la réimpression, et je m'en fous un peu, en fait.

Crusades, Le spectre aux yeux d'argentLa porte d'HermèsLa bataille de Mansourah, et L'Intégrale, aux Humanos toujours, avec Izu et Zheng Xiaoyu, de la grosse épopée historico conspirationniste qui tache.

Burton, Vers les sources du Nil, Le Voyage à la Mecque , chez Glénat, avec Christian Clot comme co-scénariste, Dim-D comme dessinateur sur le premier, Lionel Marty sur le second. La grande aventure, la vraie, sur les traces de l'explorateur le plus fascinant de l'époque victorienne.

Et à la rentrée sortira Saint Louis co écrit avec Mathieu Mariolle et dessiné par Filippo Cenni. Vous voyez probablement de quoi il s'agit, puisque ça fait quelques temps que je vous bassine avec.

Voilà voilà.

vendredi 13 juin 2014

Hasta siempre revoluçao (orthographe non contractuelle)

Ce matin au réveil, j'ai été très déçu d'apprendre que la Croatie avait perdu son premier match de coupe du Monde 2014. Non que je fasse montre d'un quelconque patriotisme mal placé, ce n'est pas mon genre, mais la situation au Brésil est telle que ça aurait pu être amusant que la Seleçao se fasse étaler.

Mais revoyons l'action au ralenti. Vous vous souvenez qu'entre les soupçons de corruption qatarie et ses déclarations plus que maladroites sur le fait que ce serait bien que les brésiliens se calment jusqu'à la fin de la compétition, Michel Platini était devenu en quelques jours le Jean-François Copé* du football mondial, ce qui n'est pas un mince exploit.

Il se trouve que, globalement, les Brésiliens sont moins malheureux qu'il y a quinze ans, sur le plan matériel. Vous me direz que du coup, ils ne devraient pas faire la révolution. Sauf qu'en sortant de la misère crasse pour se retrouver dans la simple pauvreté, le peuple de là-bas a compris qu'il y avait des trucs vraiment pas normaux, en vertu du principe selon lequel il n'y a pas besoin de monter très haut pour voir plus loin. Et le peuple a confusément compris aussi que le football était en l'affaire un opium du peuple bien manié par les gouvernants. D'où grogne généralisée.

Mais tous les observateurs s'accordent à dire que la loyauté envers l'équipe nationale reste telle qu'elle contrebalance à peu près ce vent de révolte. Alors une élimination en début de compétition est peut-être la seule chose qui sépare le pays d'une révolution en bonne et due forme avec l'armée qui tire sur la foule et tout (et c'est là qu'on ne regrette plus de ne pas leur avoir vendu le Rafale. je sais que ça ferait peut-être kiffer Serge Dassault, mais personnellement, pour ma part, je préfère ne pas voir ce fleuron de notre industrie bombarder jolies femmes et petits n'enfants cariocas, j'ai comme un petit cœur tendre de midinette sur ces choses-là).

D'après ce que vient de me confier quelqu'un qui a vu le match, l'arbitre semble l'avoir parfaitement compris et a essayé d'arrondir au maximum les angles pour que le Brésil passe. Un certain éditeur de BD chez lequel j'ai en mon temps publié un album avant qu'il ne devienne cador du sport (l'éditeur, pas l'album) aurait parlé de "sodomie arbitrale". Il sent la menace, l'arbitre. Il sait que les Croates, le pire qu'ils pourraient lui faire, c'est de le travailler au couteau de chasse ou à la dynamite. Alors que les Brésiliens, ils ont l'air vraiment remontés, là. Ils pourraient être vraiment désagréables avec lui.

C'est quand même couillon, tout ça. J'ai réussi à ne suivre le Festival des Carnes que pendant cinq minutes, le temps d'entendre Godard dire quelques conneries. J'ai complètement échappé au Tennis en fermant hermétiquement ma télé, et en ne l'ouvrant que pour des raisons impérieuses (hier, y avait la fin de la deuxième saison d'Äkta Mäniskor, alors j'étais devant ma télé pour pas louper ça, bien sûr. Même défaut que la fin de la saison précédente, d'ailleurs : quelques raccourcis un peu violents pour boucler toutes les intrigues en cours, mais hormis ça, c'est franchement pas mal). Je pensais pouvoir passer entre les gouttes du foot.

Et là, non. Le suspense révolutionnaire est tel qu'il va falloir que je suive ça d'une oreille quand même.

Et merde.

* Si on va au bout du raisonnement et que Platini est le JF Copé du foot, alors la Nadine Morano du foot, c'est la copine à Sami Nasri. Ça fait flipper, quand on y pense.

jeudi 5 juin 2014

Le commencement de la fin

C'est cyclique, ces tubes que tout le monde fredonne, que tout le monde reprend, que tout le monde a entendu et que tout le monde sait identifier. Il y a des chansons comme ça qui atteignent une sorte de masse critique, tous les quelques temps.

Et puis vient le moment où pouf, la vague retombe. Où le truc se ringardise d'un coup, et où l'on passe à autre chose.

Je crois qu'on est pas loin d'y arriver pour Happy, le tube de Pharrell Williams, lauréat 2014 du prix Jamiroquai du jeune chanteur à chapeau qui incarne la coolitude décalée juste ce qu'il faut*. Y a des signes qui ne trompent pas : on l'entend comme bande-son dans des pubs pour bagnoles, et des entreprises commencent à le mettre en musique d'attente quand on téléphone comme les premières Quatre Saisons de Vivaldi venues. Du coup, le truc va lasser, et en plus les gens vont peut-être finir par se rendre compte que les paroles n'ont aucun sens.

Dans très peu de temps, tout le monde trouvera le morceau insupportable, c'est une certitude quasi mathématique. Le morceau connaîtra une longue éclipse. Et puis ce sera par nostalgie que ça reviendra, quand sortiront les compilations "générations années 2010", à côté de Harlem Shake et de Gangnam Style et tout le bazar, et que les groupes à la mode du futur commenceront à le reprendre comme un standard.




*PJJCCQICDJQF, pour faire court.

mercredi 4 juin 2014

Stranger than Fiction ? No way !

Tiens, Fiction vient de sortir. J'ai pas encore reçu mon exemplaire (mais j'avais pu en feuilleter un à Geekopolis) mais le sommaire présage du tout meilleur, y a du lourd. Et puis la revue est très jolie, depuis la nouvelle nouvelle formule inaugurée cet hiver. J'aime beaucoup la nouvelle maquette, très élégante et tout.


Jugez un peu d'après la couve, mais Silverberg ou Morrow, déjà, moi ça me donne envie. Et puis après ya plein de gens très bien comme Faye ou Morgan.

Et puis il y a les rubriques. Il y en a par exemple une de Nicolas Nova, qui est tout à fait passionnante (j'avais lu son texte avant publication) (et j'ai lu des pages de son Futurs ! qui sort à la rentrée, en même temps que mon Cosmonautes ! et qui a l'air très bien. Nos deux bouquins partent de branches différentes de l'imaginaires pour parvenir aux mêmes constats).

Et puis il y a ma rubrique, deuxième épisode de Les mains dans le cambouis, la tête dans les étoiles, consacrée cette fois-ci au douloureux problème de l'hyperespace. Je vous en livre ici la première page, rien que pour teaser et vous donner envie. Et pour teaser encore plus, sachez qu'à partir de ce numéro, ma rubrique est illustrée par Gewll, oui, celui de Du côté des méduses, qui me fait l'immense plaisir et le grand honneur (et/ou l'inverse) de mettre en images à sa surréaliste façon mes vaticinations les plus acrobatiques ! Qu'on se le dise !


N'hésitez pas à le demander à votre libraire. Et à insister au besoin.


lundi 2 juin 2014

Crossover !

Filippo a bien suivi mes indications, et du coup, il y aura un crossover officieux entre Saint Louis et une de mes séries ! Ami lecteur, sauras-tu reconnaître le personnage qui s'est invité dans l'album ?


dimanche 1 juin 2014

Ça tourne au vinaigre

Le mauvais combo ultime, pour un type dans mon genre, c'est d'être accro au café et de vivre dans un patelin où l'eau est très calcaire. Parce que du coup, la cafetière s'entartre à une vitesse de grand V.

Or, vu tout le battage qu'on nous fait sur la pollution intérieure, les méchants produits d'entretien tout chimique et tout, j'avais fini par me mettre au vinaigre blanc. Le vinaigre blanc, c'est présenté depuis quelques temps comme le produit miracle bon à tout faire dans la maison. Jusqu'à mes paquets de céréales qui vantent les bienfaits du vinaigre blanc. C'est à toutes les sauces, à la radio, dans la presse, etc. Et en plus, ça ne coûte pas grand-chose.

Et donc, cela faisait quelques mois que je détartrais ma cafetière aussi au vinaigre blanc, au lieu d'acheter des flacons très chers de détartrant dédié.

L'autre jour, je reçois du monde à la maison, et je fais donc du café. Et c'est une chose de mettre en route la cafetière puis d'aller vaquer à plein d'occupations puis d'aller se servir dedans à intervalles réguliers, et c'en est une autre de dire "je te sers un café ?" avant de s'assoir à 1 mètre de la cafetière, à la table de la cuisine. Parce que c'est là qu'on s'aperçoit qu'il met des plombes à passer, le café.

Le café tant attendu une fois bu, et l'invité reparti, on se dit "j'ai attendu un peu longtemps pour la détartrer, cette fois-ci". Et je rappelle que le café est un instrument de travail indispensable, chez moi, à rang égal avec le traitement de texte ou les piles de bouquins.

Donc un coup de vinaigre blanc dans le réservoir, on met en route le bazar, et on ouvre grand la fenêtre, parce que bon, le vinaigre blanc c'est peut-être écologique et pas cher, mais quand on le fait chauffer, ça pue quand même pas mal.

Et là, ma machine émet son "glouglouglblg" habituel, puis divers "pshhhhhhhh", puis... Se bloque. Genre pas une goutte qui tombe. Visiblement, le vinaigre a détaché un bout de tartre dans la tuyauterie, bout de tartre qui a été entraîné plus loin, et s'est logé quelque part dans le tuyau. En d'autres termes, ma cafetière a fait l'équivalent d'un infarctus ou d'un AVC. Je secoue un peu l'engin, je le rince de partout, je remets une dose de vinaigre...

Et toujours que dalle. Beaucoup de bruit pour pas une goutte.

L'horreur. Il va falloir ouvrir la cafetière, démonter les tubulures et les rincer une à une, et les remettre en place.

Je vide à nouveau l'engin, j'attends qu'il refroidisse, et je sors ma panoplie de tournevis. Et là, je dois dire qu'il y a un truc qui m'énerve au plus haut point, c'est la quantité de vis différentes que nous impose le monde moderne. Quand j'étais petit, il y a de ça bien longtemps, il y avait deux sortes de vis, en diverses tailles. Les plates, et les cruciformes. Point.

Maintenant, rien que pour les cruciformes, y a deux sortes, et quand on met pas le bon tournevis, on nique soit la vis, soit le tournevis. Et puis y a les trucs exotiques, à trou carré, hexagonal, en étoile, en machin ou en truc. Pour être paré à toutes les éventualités, il faut trente tournevis, de nos jours, plus des jeux de clés dans tous les sens.

Je retourne donc la cafetière. Et là, je me dis que les mecs sont vicieux, quand même. Il y a six vis pour démonter le dessous. Quatre sont en cruciforme assez classique, et les deux autres... Dans un format à la con, un truc avec non pas un trou polygonal, mais deux trous ronds, un format que je n'ai ni dans mes tournevis, ni dans mes jeux de clés, ni dans mes embouts de visseuse.

Je devais passer vite fait à Paris pour faire une course, et bien entendu, la seule quincaillerie sur mon chemin est fermée. Chou blanc. Ça veut dire plus de café jusqu'à genre mardi.

Et puis en allant faire une course à la supérette du coin, et en cherchant tout à fait autre chose, genre un truc qui n'a rien à voir, je tombe sur une bouteille de "détartrant universel", un truc d'un litre à bouchon de sécurité, contenant une solution d'un acide au nom à la con. Et valant trois francs six sous.

Je me dis "je tente le coup".

Je rentre chez moi, je verse la quantité prescrite de produit au fond de ma cafetière, et je mets en marche. Trois minutes, quatre "glouglouglblg" et cinq "pshhhhhhhh" plus tard, la cafetière se met à cracher un liquide encombré de granulés blancs. Tout le tartre parti d'un coup. Je la remplis d'eau pour la rincer, je mets en marche, et c'est près d'un litre de flotte qui passe sans coup férir en quelques minutes.

Le prochain qui me fait "oui, moâ, maintenant, je fais tout au vinaigre blanc, tu voâs ? C'est plus écologique, plus économique, c'est un produit pour tout et c'est tellement mieux.", ce sera ma main dans sa gueule direct.