mercredi 30 avril 2014

Au suivant !

Je vais passer deux fois à la télé courant mai, une fois dans Entrée Libre, sur France 5, pour causer du Joker, et la suivant dans Toku Show, sur J-One, pour causer de mangas et autres BDs historiques. Je n'ai pas encore les dates de diffusion, mais c'est semaine prochaine pour Entrée Libre, et dans la foulée pour le Toku-Show, je vous dirai tout ça précisément dès que j'aurai le détail.

Par ailleurs, je passerai au festival Geekopolis le dimanche 18 mai, sur le stand des Moutons électriques. J'y dédicacerai du Mythe & Super-héros et du Apocalypses, ainsi que le dernier Fiction.

Et sinon, à part ça, c'est début mai que sortira le premier épisode du Château des étoiles, la nouvelle série d'Alex Alice. La prépublication se fera sous la forme d'un journal, avec 20 pages de BD steampunk très jolies. Et moi, là-dedans, je fais les bonus. Dans le cas de ce premier épisode, une page d'articles de journaux de 1869. Et c'est hyper fun à faire.

Edit* : Je rajoute quelques images, pour que vous voyiez le genre.


L'affiche

La feuille qui avait été distribuée à Angoulème
(et dont j'avais déjà rédigé les textes)

Le premier numéro du journal.


* émarcel.

lundi 28 avril 2014

N'oublions jamais

Parfois, il m'arrive d'être sarcastique en parlant des merdes et des looks de maintenant. Faut dire qu'en voyant les jeunes dans la rue, il y a de quoi se moquer.



Mais ce type de raisonnement a vite fait de confire son auteur dans un statut de vieux con. Et si je revendique haut et fort mon droit à la connerie, peut-être le dernier droit de l'homme qui restera authentiquement inaliénable, j'ai quand même une trouille bleue de devenir vieux dans ma tête. Ça me pend pourtant au blair comme une crotte disgracieuse, vous me direz. Alors, pour conjurer le mauvais sort et le temps qui passe, je me replonge un peu dans l'esthétique (faut d'un meilleur terme) du temps passé, du temps de ma folle jeunesse, et c'est dans un souci d'éducation et de devoir de mémoire que je vous fais bénéficier (faute ici aussi d'un terme plus approprié) de cette archéologie culturelle qui permet d'affirmer haut et fort "oui, les jeunes de maintenant sont grotesques, mais leurs parents ne valaient pas mieux au même âge". Il fallait que ce soit dit.





Et quand ils faisaient mumuse avec les standards de leurs propres parents, c'était pas triste non plus :








vendredi 25 avril 2014

Concentration, optimisation et synergies

Je repensais à un truc, là, d'un coup.

Maintenant que Marvel, c'est une division de chez Disney, ils n'auraient pas été plus inspirés, les parents de la Reine des Neiges, de l'envoyer dans l'école du Professeur Xavier apprendre à contrôler ses pouvoirs, plutôt que d'aller chez des Trolls qui racontent n'importe quoi* ?

Ils auraient été moins emmerdés, quand même.

Mais la communication, dans les grands groupes, on voit bien que c'est pas encore ça.


* C'est vrai, quoi, le vieux Troll, ses explications, c'est quasiment du Mémé Ciredutemps dans le texte.

lundi 21 avril 2014

La citation du lundi...

... Est de Dominique Goy-Blanquet*, parlant des traductions de Shakespeare : "En France, les traductions sont très diverses et se succèdent. François-Victor Hugo, le fils de Victor Hugo, est encore très intéressant, mais il est important, en particulier pour les pièces jouées au théâtre, qu'elles soient sans cesse retraduites. Une traduction vieillit…"

Alors cette affirmation m'embête beaucoup. Non que j'aie envie de la contredire sur le fond, je suis le premier à retravailler mes propres traductions quand j'estime qu'il faut leur donner un coup de jeune. Je ne crois pas à l'immuabilité d'une traduction. Une traduction n'est que ça  : "une" traduction. "La" traduction, ça n'existe pas. Il y a toujours plusieurs traductions possibles d'un texte. Des plus ou moins mauvaises, des plus ou moins bonnes. Il y a des traductions infidèles qui sont meilleures que des traductions fidèles, et des trahisons qui détruisent le texte. Il y a aussi des traductions qui se sont imposées avec le temps, faisant oublier le texte d'origine, c'est le cas par exemple du "Vanitas vanitatum" du Saint Patron des traducteurs, encore suivi aujourd'hui en "Vanité de vanités", quand bien même le texte qu'il traduisait employait une métaphore et donc un autre mot. Dans ce cas-là, on parle de tradition textuelle, et le cas est bien plus fréquent qu'on ne pourrait le croire.

Les traductions de Shakespeare par François-Totor, j'ai tendance à m'y référer dès qu'il s'agit de citer Shakespeare (notamment quand, dans le cadre d'une de mes traductions, un personnage se met en tête de citer le Barde). Il y à ça plusieurs raisons :
- Le temps les a imposées.
- Elles sont bien écrites.
- Elles sont libres de droits et généralement disponibles en ligne.

Et là, du coup, j'ai envie de contredire Monsieur Goy-Blanquet.  Et précisément sur le cas Shakespeare. La langue de Shakespeare a vieilli. Même les anglophones ont parfois du mal avec (j'ai lu des commentaires assez drôles d'Américains trouvant ridicule le phrasé des personnages de La Tempête avec Helen Mirren). Elle est même devenue un cliché, des auteurs comme Stan Lee ne se privant pas d'user et d'abuser de ce qu'on appelle, dans le texte, le "faux Shakespeare"** dès qu'il s'agit de personnages anciens et majestueux comme Thor et Odin.

Dès lors, vouloir par trop rajeunir la traduction de Shakespeare, c'est courir le risque d'en détruire la patine, d'assécher la langue, d'en perdre le sel. Je suis le premier à dire qu'une traduction se doit d'être fluide et compréhensible pour le destinataire. Je conçois tout à fait que les traductions de François-Totor ne soient pas la seule traduction possible qui conserve un niveau de langue satisfaisant pour du Shakespeare. Mais mieux vaut éviter de céder à la retraduction pour le plaisir de la retraduction, ça pourra éviter de gaspiller beaucoup d'efforts pour un résultat malheureux.




*Aucune idée de qui est ce monsieur. Sans doute un spécialiste de la question, je n'ai pas été vérifier. Toujours est-il qu'il était cité dans un article à propos de Shakespeare.
**Et le Français ne dispose pas d'un registre similaire qui soit aussi reconnaissable. En général, le traducteur doit donc plus ou moins travailler avec ce jargon pseudo-médiéval inventé par les auteurs de romans de chevalerie du XIXe siècle et que j'appelle le "Jacquouille la Fripouille", du nom d'un de ses plus célèbres vulgarisateurs.

dimanche 20 avril 2014

Pâques Vobiscum

Puisque c'est de saison, je m'en vais diffuser ce qui était jusqu'alors sous le boisseau, à savoir quelques notes personnelles, compilées il y a des années, à propos de d'éthique et de textes sacrés. Certes, c'est toujours curieux, j'imagine, de voir un agnostique revendiqué se pencher sur ce genre de sujets, mais je ne suis pas à un paradoxe près. Qui plus est, comme le disait en sont temps un personnage de Roger Caillois : "Il y a au monde deux sciences exactes, le mathématiques et la théologie. Et la théologie convient mieux à mon inclination personnelle." Je vous laisse seuls interprètes de cette citation. Tout comme de mes propres vaticinations.
Notons que ça recoupe quelques passages d'Apocalypses, et que mon opinion sur certains de ces sujets s'est affinée : ces textes datent de près de vingt ans, quand même.


1
L'apport fondamental du Christ, c'est cette approche positive du rapport entre l'homme et le sacré. Ce rapport ne se définit plus de façon négative, en termes d'interdits précis (tu ne tueras point, tu ne mangeras point sans te laver les mains jusqu'au coude, tu n'enculeras point ta chèvre, etc...) mais en termes plus globaux d'approche active (tu aimeras ton prochain, tu iras au-devant des choses, etc.).
A chaque fois, on est dans une recherche de l'élévation. Mais la première part d'une appréhension négative : "tu dois t'éloigner de ce qui es bas et vil". Chez le Christ, l'élévation est positive : "tu dois t'approcher de ce qui est élevé et beau".
On sort d'une réflexion en creux, passive (tu te contentes de te garder de ces choses et tout va bien) pour aller vers une réflexion en positif, active (tu vas au-devant).
La conséquence, c'est qu'on se retrouve avec une éthique dynamique et simple, face à une morale statique et touffue au point d'en être confuse (la réflexion Talmudique consiste principalement à se sortir des cas imprévus en appliquant la règle prévue en tel cas approchant, et surtout à se sortir des cas limite ou deux règles entrent en conflit quasi insoluble, et ce grâce à des interprétations de haute volée). La démarche du Christ permet de se sortir plus facilement des dilemmes en allant à l'essentiel par la question : "quelle est l'alternative la moins dommageable pour mon prochain ?"

2
Le problème de St Paul, c'est qui redonne un coup de barre dans l'autre sens, promulguant à nouveau des listes d'interdits (telle chose est ignoble aux yeux du seigneur, et il est inconcevable qu'un chef de communauté agisse comme ci et comme ça) alors qu'il était parti au départ (controverse avec St Jacques et altercation avec St Pierre) d'une abrogation de l'appareil contraignant de la Torah. Au tout début, il pose des applications de principes qui vont dans le bon sens (pour Paul, il est absurde d'imposer la circoncision et l'observance du shabbat aux convertis non-juifs) puis, l'âge venant, son passé rabbinique reprend le dessus et il se fait plus directif, plus fermé, plus sur la défensive. Ses fondamentaux reprennent leurs droits.

3
L'approche législative pré christique peut être considérée comme fermée. Elle implique le repli par rapport aux gens fonctionnant différemment, et l'examen inquisitorial des choses nouvelles et inconnues, pour déterminer si elles peuvent être tolérées ou doivent être interdites au regard des précédents les plus proches.
L'approche nouvelle est ouverte, en ce sens qu'elle ne juge pas de la sorte. La seule question qu'elle pose face à l'étrange ou à la nouveauté, ce n'est pas : est-ce licite, ou moral ? . c'est : est-ce nocif pour mon prochain ? un questionnement qui est beaucoup moins suspicieux, même s'il peut être aussi poussé.

4
Un truc, c'est que dans la perspective christique, Dieu est beaucoup moins présent. Il devient presque un idéal à atteindre, il n'est plus le Jupiter tonnant dont la colère peut s'abattre sur celui qui transgresse les interdits (le manque de fréquence de cette colère face à des transgression répétées étant un problème que le monde sémite dans son ensemble mettra plusieurs millénaires à digérer, ce qu'on constate dans les poèmes babyloniens de type "le juste souffrant" et dans le Livre de Job).
Dans l'éthique active du christianisme originel, récompense et punition ne sont pas des paramètres importants (la logique de la damnation et de l'ascension ne vient que plus tard, en filigrane chez Paul et de façon plus claire dans l'Apocalypse, mais n'est formalisée que bien plus tard), l'idée étant de devenir meilleur, et par contrecoup de rendre le monde meilleur par l'exemple, puis par l'évangélisation.
Partant, le rôle de Dieu se réduisant sensiblement, le christianisme aurait pu se rapprocher du bouddhisme. Ce qui l'en a finalement empêché, c'est la notion d'avènement du royaume de Dieu. Si au départ, les ambigüités du texte (Mathieu 24, par exemple, que l'on peut comprendre de diverses manières) laissent planer le doute sur la nature de ce royaume, qui pourrait résulter tout aussi bien d'une conversion massive, la réflexion chrétienne d'après la crucifixion et surtout la chute de Jérusalem fait le choix d'une intervention divine directe, passant par la parousie, au cours de laquelle Dieu établit le royaume sur Terre, développement de la pensée qui trouve son aboutissement entre autres dans l'Apocalypse selon Saint Jean.


5
Pourtant, si l'on regarde de plus près le chapitre 24 de l'évangile selon Mathieu, on peut penser l'avènement d'une façon beaucoup moins "deus ex machina". Le Christ explique à ses disciples qui lui posaient la question quels seraient les signes de l'avènement et de la fin du monde. On a droit à une description noire d'une période troublée, principalement par la guerre et ses conséquences. Puis s'ensuivent des persécutions, la montée de faux prophètes, la trahison de certains chrétiens. Puis la disparition de la charité. Mais "celui qui persévèrera jusqu'à la fin sera sauvé". Puis le Christ indique que la fin suivra une période d'évangélisation. Sans préciser le lien de causalité.
Une lecture possible, c'est que face à une période de détresse morale intense, la voie de la charité chrétienne finisse par devenir la seule alternative à la destruction. Et à partir du moment où cette charité est acceptée et appliquée "par toutes les nations", alors le monde tel qu'il existait est fini. Le royaume du Christ s'installe de lui-même.
La suite du chapitre a un ton différent. La description qui y est faite évoque nettement la situation de l'an 70, avec l'arrivée de l'armée de Rome et la destruction du temple, avec "l'abomination de la désolation établie en un lieu saint", les aigles de Rome sur le mont du Temple. Le Christ précise que ce jour arriverait sans avertissement, tel un voleur dans la nuit (ce qui contredit la première partie du chapitre qui suppose une situation pourrissant de plus en plus, sur une certaine période de temps) avec apparition du Messie dans toute sa gloire (le texte français dit Christ et Seigneur, mais rien, hormis une mention au fils de l'homme ne dit que Jésus se référait à lui-même. et encore, cette mention renvoie aux prophéties de Daniel, d'ailleurs cité nommément en tête du passage).
Suivent plusieurs paraboles, s'achevant néanmoins par une description du feu éternel, dans un style vengeur inquiétant.
Je n'ai pas les compétences pour détisser dans une traduction française quel est le texte originel. Toujours est-il que la première partie du chapitre 24 me semble se rapporter à un christianisme actif, et que la seconde partie du chapitre 24 et tout le chapitre 25 me semblent porter la marque de quelque chose de plus tardif, de plus clairement Apocalyptique, avec une référence directe à la situation politique précise de l'an 70, qui vit effectivement la fin du monde Juif tel qu'on le connaissait jusqu'alors. (interprétation appuyée par l'avertissement "cette génération ne passera pas que ces choses ne se produisent").
Le début de Mathieu 24 ne fait référence à aucune intervention directe de Dieu. Il est uniquement dans le rapport des croyants face à une situation et leur façon de la surmonter.
La suite est dans l'attente passive d'une intervention divine et d'un jugement venu d'en haut et contredit à peu près totalement les 14 premiers versets. J'y vois, à titre personnel, la marque d'au moins deux réécritures.

6
Et je m'aperçois que je me suis pas mal éloigné de ma démonstration d'origine. Mais c'est pas grave, dans la mesure où l'on est encore dans des choses qui, s'annulant déjà l'une l'autre, ont été complètement anéanties par l'interprétation purement spirituelle que l'église fit de la notion de jugement dernier, quand il devint clair que ce cataclysme prévu dans la foulée d'une génération n'arrivait pas. C'est instructif dans la mesure où ça montre comment le christianisme a fini par s'empêtrer totalement dans des problèmes qui surgissaient à mesure qu'il s'éloignait de son système de pensée d'origine, problèmes dont les solutions l'en éloignaient à chaque fois un peu plus.

samedi 19 avril 2014

Le Journal Régional

Tiens, dans le Monde, ils proposent une animation permettant de redécouper la carte des régions dans le cadre de la grande réforme à venir.
Voilà le résultat de mes propres choix géographiques.
Et vous ?


mercredi 16 avril 2014

Archives (non, rien de rien, non, je ne jette rien)

Tiens, j'ai retrouvé dans mes archives deux pochettes de disques que j'avais maquettées il y a quelques années, pour les compils d'un label qui se montait.

C'était assez amusant à faire, ça, même si je ne pratiquais qu'en amateur.




mardi 15 avril 2014

Not dead yet

Hmm, plus de dix jours sans déverser ici-même mes vaticinations et autres états d'âme. Il faut dire que les dix jours ont été pas mal occupés. Entre autres à reconstituer le manuscrit de Cosmonautes, mangé par l'ordinateur à l'occasion d'un plantage. Il a fallu tout reconstruire façon puzzle, à partir de vieilles sauvegardes, d'une copie papier récente et d'éléments envoyés à droite et à gauche pour relecture.

Hop, un extrait, du coup :


Moon (Duncan Jones, 2009) est l'illustration de la désaffection des décideurs envers l'espace. L'exploiter, oui. Mais en mettant l'accent sur la notion d'exploitation. Le film raconte le graduel voyage vers la folie de Sam Bell, travailleur solitaire occupant une base lunaire. Il combat à lui tout seul la crise énergétique qui frappe la terre en extrayant l'helium-3 du sol de notre satellite. Une tâche ingrate, mécanique, qui le conduit à compter les jours le séparant de la fin de son contrat. Mais un incident l'amènera à prendre conscience du mépris abyssal dans lequel le tiennent ses employeurs, qui l'ont totalement chosifié, réduit à une variable comptable, à une pièce interchangeable. L'esthétique du film emprunte délibérément à 2001 et à Silent Running, mais en y ajoutant une couche de crasse et de graffitis, et en montrant la face cachée, moins reluisante, de ces univers qui se voulaient aseptisés. Sorti au plus fort de la crise économique dite des subprimes, Moon est l'expression claire et nette d'un ras-le-bol, d'une désillusion, et de la façon dont l'ordre établi retombe toujours, hélas, sur ses pieds en instrumentalisant des rêves de plus en plus terre-à-terre, et en disqualifiant toute contestation grâce à des armées d'avocats. La dernière réplique du film est de ce point de vue tout à fait dans le ton, et tout à fait grinçante. Et la solitude du travailleur montre le chemin parcouru depuis Alien : alors que les mécanos et pilotes du Nostromo pouvaient faire corps et et se montrer solidaires dans l'adversité, même et surtout quand cette adversité provenait de la compagnie leur signant leur chèque à la fin du mois, l'anti-héros de Moon est seul. Il ne peut se tourner que vers lui même. Il n'est même plus David face à Goliath, il est la fourmi sur la sandale du géant.

En tout cas, ayé, c'est fait, j'ai à peu près tout remonté les morceaux.

Tout en relisant les pages du Saint Louis qui arrivent à un rythme soutenu.




Et les traductions à rendre.

Et j'ai vu le premier épisode du Château des Etoiles, d'Alex Alice, dont j'ai écrit les bonus. C'est une tuerie (la BD, je ne me permettrait pas de m'auto-cirer les pompes comme ça en public, voyons) (il faudrait, pourtant. Elles sont dégueulasses, mes pompes, mais c'est un autre problème).

Et l'article du prochain Fiction à relire.

Et l'article pour H... Ah, je sais pas si j'ai le droit d'en parler, plus d'info cet été. Et l'enregistrement télé pour... Pareil, je vous en parle début mai.

Meuh.

Crevé, le Alex.





vendredi 4 avril 2014

Quand j'entends le mot "culture", je sors mes références

Ah, voilà que le site de France Culture publie le résultat de mes vaticinations super-héroïques à l'expo de la Galerie Art Ludique. Ça vous permettra de voir d'ailleurs quelques unes des planches qui sont accrochées au murs. Et y a du lourd.




mardi 1 avril 2014

Allez plus haut, aller plus haut

Grosse galère d'informatique ce week-end, j'ai paumé un texte sur lequel je bossais. J'ai réussi heureusement à en reconstituer la plus grande partie, en travaillant façon puzzle à partir de sauvegardes partielles et d'une copie papier. Bref. Pas cool.

Comme c'est le premier avril et que je ne suis pas d'humeur à faire des blagues, du coup, je préfère vous balancer ce texte, écrit en manière de canular il y a quelques temps de ça pour un boulot dans lequel on ne l'a finalement pas utilisé.



Cinq Semaines dans l'Ether, par Anselme Maurepas
Chapitre IX : à la dérive

"Fichtre", dit le professeur Fergus en manipulant le manomètre. Il fit faire plusieurs tours à la roue de laiton, sans plus de résultat. "Nous perdons de la pression, je le crains."

Gwen Kardec se renfrogna.

- Je vous avais bien dit de ne pas trop vous fier à ces inventions, professeur. Tout ça ne vaut pas un bon vieux cordage ou une garcette pour amener les voiles, dit-il entre ses dents.

- Mais nous ne sommes pas sur un de vos clippers de la course du thé, mon cher, répondit le vieil homme. Toutes les voiles du monde ne suffiraient pas à nous élever d'un pouce. Et j'ambitionne de faire le tour du monde bien plus vite que vos trois-mâts.

L'ancien gabier s'approcha de la tuyauterie de cuivre. Son entrelacs complexe était un défi permanent au solide bon sens du Brestois. Il plaqua néanmoins son oreille sur plusieurs des tubulures, puis sortit de sa besace une courte massette de plomb.

- Mais que faites-vous, malheureux ? C'est un mécanisme délicat, s'écria le professeur alarmé.

Gwen plissa les yeux, puis donna un petit coup de son outil sur l'un des plus fins des tubes. Un gargouillis lui répondit, qui sembla ensuite se dissiper un peu plus loin dans le dispositif.

- Une bulle, professeur, rien qu'une bulle. Et ça suffit à tout détraquer. Il en faut plus pour arrêter mes trois-mâts, comme vous dites, lâcha-t-il sur un ton où perçait l'ironie. Il est heureux que j'aie vu pratiquer un mécanicien, à bord d'un vapeur, il y a quelques années.

Le "Goéland" fit une embardée et s'éleva à une vitesse prodigieuse. Fébrilement, le professeur Fergus fit tourner le manomètre dans l'autre sens.

- Malheur, s'écria-t-il. Je n'avais pas du tout prévu ça.

Gwen s'approcha du hublot cerclé de métal. Par delà le verre s'étendait une mer tel qu'il n'en avait jamais vue, un moutonnement d'écume ouatée à perte de vue, semblant immobile là où les vagues sont en perpétuel mouvement. On y distinguait des crevasses grises et des pics contournés d'un blanc éclatant qui s'effilochaient doucement dans la brise. "Oh", fit-il.

Le professeur Fergus vint le rejoindre. S'appuyant à la paroi de teck verni, il risqua un regard.

- Oui, Monsieur Kardec, ce sont bien les nuages tels qu'on les voit quand on les survole. J'avais déjà eu le privilège de contempler ce spectacle à couper le souffle quand j'ai battu le record d'altitude en ballon. Dieu qu'il faisait froid, ce jour-là…

Le vieux professeur risqua un œil à un cadran.

- D'ailleurs, il fait toujours froid à ces hauteurs d'air raréfié, reprit-il. Nous sommes bien mieux dans notre cabine, vous ne trouvez pas ?

Sans s'arracher à la contemplation de l'immensité, le gabier fit signe au vieil homme, alors que le "Goéland" était secoué par une nouvelle embardée, beaucoup plus brutale que la précédente.

- Nous nous déplaçons de plus en plus vite, professeur. Est-ce le vent ? Souffle-t-il donc si fort qu'il entraine votre énorme machine ?

- Certes pas, répondit Fergus. Cela signifie tout simplement que nous naviguons librement dans les éthers supérieurs, indépendamment de la rotation du globe ! Rendez-vous compte, Monsieur Kardec ! Nous avons échappé à la couche éthérique que la terre entraine dans son sillage ! Le ciel est notre seule limite, à présent !

Gwen Kardec fronça le nez. "Il serait bon de ralentir quand même, je tiens à m'arrêter et à redescendre à temps pour le dîner." Il jeta un regard inquiet à la forêt de leviers et de molettes que manipulait le professeur Fergus.

"Ceci devrait nous faire perdre un peu d'altitude, mon ami. Suffisamment pour revenir dans la zone de turbulences…"

Il fut interrompu par une nouvelle embardée, encore plus violente que celles qui l'avaient précédée. Le "Goéland" bondit, faisant vaciller sur leurs jambes ses deux occupants. De l'autre côté de l'épais hublot, l'océan de nuages sembla accélérer de plus belle.

- Mille tonnerres, gronda Gwen Kardec, pantelant. Vous nous avez mis dans une belle situation, professeur ! Nous filons droit devant sans pouvoir nous arrêter !

La semaine prochaine : face aux étoiles.