mercredi 3 décembre 2014

Le poing sur Robert

Dans mon rêve de cette nuit, j'étais une sorte d'agent secret. D'ailleurs, je portais le même caban que Robert Redford dans les Trois jours du Condor, alors que je n'ai jamais possédé de paletot de ce genre. (par contre, j'ai scotché dix minutes sur une rediff du film l'autre jour, et c'est peut-être bien ça qui a laissé des traces dans le tuyau)

Tout se passait dans une ville un peu exotique mais pas trop, en bord de mer, mais pas la jolie ville côtière méditerranéenne que je visite souvent dans mes rêves. C'était un autre endroit, un poil plus sinistre, avec peut-être un côté Pays de l'Est ou Corée du Nord. L'architecture en était par endroit très menaçante, avec des immeubles gris et massifs émergeant de friches industrielles, entre des voies ferrées.

Je finissais par arriver dans le centre ville, un endroit lui aussi un peu inquiétant, avec des recoins obscurs, des zones en reconstructions et des rangées de bâtiments en brique.

J'étais passé par les cuisines du grand hôtel pour m'infiltrer dedans. C'était agité, là-dedans, des marmitons chinois armés de grands couteaux, de feuillette de boucher et de grandes fourchettes pointues pour piquer la viande qui couraient partout.

J'avais rendez-vous avec un informateur, dans une suite du dernier étage. Mais ça me faisait passer devant le fumoir où il y avait un agent américain ressemblant à Robert Redford vieux, sans le caban bleu marine. Le Redforoïde me regarda passer. J'essayais d'avoir l'air de rien, mais je le soupçonnais d'avoir reconnu le manteau.

Dès que je fus hors de vue, je grimpais quatre à quatre, me demandant s'il ne faudrait pas se débarrasser de lui en cours de route.

Je mis longtemps à accéder au dernier étage, parce qu'en rêve, les escaliers sont souvent étrange. Il arrive fatalement un endroit où ils deviennent étroits, où des sections de la rampe viennent à manquer, où il faut se baisser et se contorsionner pour passer. Pourquoi diable n'avais-je pas pris l'ascenseur ? Ou un autre escalier ?

Les femmes de chambre et maîtres d'hôtel asiatiques me regardaient avancer d'un air atterré. L'un d'eux, par charité, m'indiqua une autre cage d'escalier, qui me permit d'arriver à destination. J'avais perdu un temps précieux, mais ce n'était rien à côté de mes contacts. L'un d'entre eux tournait en rond, cherchant une prise téléphonique pour son mini téléscripteur. L'autre avait fait honneur au minibar.

La mission était vraiment mal engagée. Puis j'entends la machinerie de l'ascenseur se mettre en route. Je m'approche de la porte, je tends l'oreille, et j'entends la voix du Redford s'adressant à quelqu'un d'autre. Qui lui répond avec une voix de tueur à gros bras.

Je me poste sur le côté de la porte de l'ascenseur, pour cogner par surprise sur le premier qui en sortira. La cabine monte, les voix se rapprochent, mon poing part en arrière pour être prêt à taper…

Et je me suis réveillé.

Un peu soulagé, quand même. Le type à grosse voix, je ne sais pas quelle tête il avait, mais il me faisait peur quand même.

1 commentaire:

Axel Froment a dit…
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