lundi 8 septembre 2014

Dans les slashers, des fois, le méchant lâche l'apeurée

Bon, pour vous faire patienter en attendant le 19 (ou le 12 pour ceux qui viendront aux Caves Alliées), voici un nouvel extrait de Cosmonautes !


C’est un imaginaire futuriste qui s’est réalisé. Certes, la fusée estampillée NASA ou CCCP n’a plus qu’un air de famille assez lointain avec les dards étincelants et bardés d’ailerons de la fiction des années 1940 et 1950, mais elle devient le symbole d’une humanité conquérante. Vostok, Mercury ou Gemini deviennent les mots-clés d’un nouveau voyage dépassant de très loin celui des Santa Maria, Pinta et Niña.

Mais on est loin du space opera. Très loin de Flash Gordon et de Buck Rogers qui mèneraient la Guerre froide en orbite, en combinaison moulante et le fulgurant au poing. C’est qu’avec Wernher Von Braun et Serguei Korolev, le pouvoir est tombé entre les mains des politiques et des ingénieurs, et a été arraché aux rêveurs : dans le plus pur style du Futurisme italien, l’imaginaire est totalement investi par le concept de course. C’est une course à la grande première, une course au record. Et les records ne peuvent être battus qu’avec la maîtrise technique de tous les paramètres. Aux yeux de von Braun et des ingénieurs de la NASA, on l’a vu, la capsule Mercury aurait très bien pu se passer de commandes internes accessibles à un pilote : les vols étant conçus pour être totalement automatisés, la présence à bord d’un astronaute n’est pensée que comme un moyen de se démarquer du simple satellite bourré d’équipement, et est qualifiée de « redondante » par les concepteurs.


Saisissant l’occasion de se tailler un grand récit à sa mesure et poussé par son vice-président Lyndon Johnson, Kennedy réactive l’image désuète de la nouvelle frontière qui avait été un peu oubliée à la fin de l’âge des cow-boys, et promet une « grande enjambée ».

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