samedi 1 mars 2014

Par intermittence

Ah, haro sur les privilégiés ! Il parait que le régime des intermittents est comptable d'un milliard sur le déficit de l'assurance chômage.

Et donc, qu'en le supprimant, on économiserait un milliard.

C'est logique, non ?

Par contre, si on supprime le régime, pas mal de gens seront obligés de passer au RSA. Et là, vu comme ça, l'économie n'est plus que de 250 millions, du coup. Mais ça ne compte pas, bien sûr, puisque ce n'est plus l'assurance chômage qui paye. Mais les collectivités locales. Ou comment déshabiller Paul pour mal fagoter Jacques.

Par ailleurs, peut-être que le régime se porterait moins mal si les employeurs cotisaient pour toutes les heures travaillées. Parce qu'au rang des "privilèges" des intermittents, il y a celui de bosser douze heures payées huit, par exemple. On file un contrat et un bon de commande à des techniciens pour huit heures d'installation d'une scène, par exemple, et tant pis si le chantier déborde à douze heures. Et tant pis s'il déborde sur tous les chantiers. Le régime compense, et comme l'intermittent est rarement en position de force pour négocier et faire valoir ses droits, parce qu'on menace de le remplacer par un plombier polonais, il ferme sa gueule.

Peut-être aussi le régime se porterait-il moins mal si on auditait la télé et les boites de prod télévisuelles qui ont des contrats réguliers pour des émissions régulières. Combien d'économies sont réalisées par les chaines et les producteurs en imputant les congés payés au régime chômage, pour des gens qui bossent pour eux dix ou onze mois par ans depuis des années ? Pourquoi n'ont-ils pas un CDI de droit commun ? Ils ne sont plus intermittents depuis longtemps !

C'est amusant, hein ? Tout porte à croire que ceux qui jouent le plus la comédie, ce ne sont pas les professionnels du spectacle, dans l'affaire. Au fait, on en est où de la réforme du régime de retraite des Députés et Sénateurs ? Nulle part ? Je me disais aussi...

2 commentaires:

Ub. a dit…

Étant peut-être un exemple d'intermittent présent à l'esprit de l'auteur de cet article, je souscris à l’intégralité de ses propos. Je rajouterais que les mouvements d'intermittents qui s'opposent au patronat proposent par contre des mesures visant à la suppression de la pratique des CDI déguisés en intermittence (la "permittence") ainsi que le plafonnement des allocations excessives... Mais le patronat s'en fout. Ce qui tendrai à prouver qu'il ne cherche que son propre intérêt...

Alex Nikolavitch a dit…

Alors, après, qu'un patron voie d'abord son propre intérêt, c'est de bonne guerre. Ce sont rarement des philanthropes.

C'est la mauvaise foi dégoulinante des arguments et de la posture qui est répugnante, dans l'affaire.