mercredi 27 novembre 2013

Tech, no prisoners

Encore un truc de hi-tech, mais cette fois-ci, un article expliquant pourquoi les méthodes actuelles d'investissement ne sont bonnes qu'à financer des gadgets, et plus des grands projets vraiment innovants. Après, un truc que l'article n'évoque pas, c'est qu'un des objectifs avoués d'un certain nombre d'acteurs de la hi-tech, c'est de créer de la dépendance, avec des trucs dont on n'avait jusqu'alors pas besoin. Le GPS en est un exemple évident : dans le temps, les gens savaient lire les cartes, et mieux encore, les mémoriser peu ou prou. Ils savaient prendre des points de repère ("là, on voit le gros clocher, on n'est plus très loin, tu tourne juste après le gros arbre tordu") et mémoriser un itinéraire. Maintenant, ils ne prennent même plus cette peine, vu que le GPS leur indique ou tourner (parfois en dépit du bon sens, d'ailleurs). Du coup, même pour faire le même trajet pour la quatrième fois, ils continuent à brancher la petite voix qui leur dit "dans deux cent mètres, tournez à gauche". Pire encore, ils se conditionnent graduellement à obéir aveuglément à la voix en question. Voyager avec quelqu'un qui a un GPS, c'est une expérience éprouvante. Et la pas mal d'"apps" sont basées peu ou prou sur ce modèle. Décharger au maximum l'usager de la contrainte d'avoir à chercher par lui-même. Je ne veux pas me mettre dans la position de ces philosophes des temps anciens (en Grèce antique, pour situer) qui prédisaient que le livre allait assassiner la pensée discursive, mais je suis quand même pas mal inquiet. Sur le principe, l'amateur de science-fiction en moi devrait applaudir à l'hyper-connectivité qui est le paradigme émergent, mais la façon dont elle est employée me navre quand même assez incroyablement.

dimanche 24 novembre 2013

Le point trad

Tiens, ça faisait longtemps que j'avais pas fait un point traductions...

Chez Urban :
Neonomicon vient de sortir, on en a pas mal parlé ici, c'est Alan Moore qui s'attaque au mythe Lovecraft, c'est du crapoteux et c'est du bon.

Ces jours-ci, vous verrez en librairie (et en avant-première sur Paris Comics Expo) Batman anthologie , dont j'ai traduit la moitié, est une sorte de best-of Batman, avec plein de super histoires (non, d'histoires complètement bath, me souffe-t-on dans l'oreillette) dont pas mal d'inédits VF.

Il y a aussi Top 10 N° 3 dont pareil, je n'ai traduit que la moitié (l'autre étant une reprise de la traduction de Laurent Q. sur la mini série Smax).

Et deux autre reprises : Dc deluxe joker et Flashpoint, tome 1.

Sans oublier les revues Batman Saga, Batman Saga Hors Série et Justice League Saga.

Chez Delcourt :
Star Wars, Tome 1 : Dans l'ombre de Yavin se situe chronologiquement juste après le premier film (l'épisode 4, quoi) et c'est franchement pas mal.

Chez Panini :
Fury max tome 2, c'est la suite des aventures de Nick Fury pendant la Guerre Froide, mais au moment où ça chauffait. Vietnam, Nicaragua, tous ces chouettes endroits de villégiature pour barbouzes en mal d'action.








mercredi 20 novembre 2013

Si tous les jokers du monde voulaient taper le carton...

Tiens, j'ai un joli truc dans la traduction sur laquelle je travaille en ce moment. Le genre de problème qui me fait des nœuds au cerveau alors qu'à première vue, ce n'est même pas un problème.

Le contexte : le duel final entre Batman et Talia, fille de Ra's Al Ghul (dans les comics, elle est pas du tout bâtie comme Marion Cotillard, d'ailleurs) (c'est d'autant plus rigolo que Grant Morrison, le scénariste, a sur plusieurs points de détail pris le parti de se rapprocher des films de Nolan*). Talia rabaisse Batman en ramenant son costume et ses méthodes à un jeu, à une espèce de carnaval.

Puis vient la phrase : "YOU, WITH YOUR JOKERS, AND RIDDLERS, YOUR EVIL DOCTORS." Je mets tout en majuscules parce que le lettrage dans ces comics est en haut de casse. On n'a donc pas de distinction entre majuscules et minuscules. Et c'est là qu'est tout le truc : les mots "jokers" et "riddlers" sont au pluriel. C'est à dire utilisés comme des noms communs. Ce qu'ils sont à l'origine avant de devenir les désignations propres de personnages.

Donc, la phrase peut tout à fait se traduire par "toi, avec tes clowns, tes faiseurs d'énigmes et tes docteurs maléfiques" (je force le trait exprès, hein, je me vois mal coller "docteurs maléfiques" dans une traduction.

Bon, malgré tout, j'ai préféré rester sur les noms propres, et j'ai traduit finalement (après trois secondes et demie d'hésitation, pas plus) par "Toi, avec tes Jokers, tes Sphinx, tes savants fous…"

C'était la solution la plus évidente dans le contexte. Mais comme vous le voyez, ce n'était pas la seule possible.









* Gordon policier en uniforme au moment de la mort de Thomas et Martha Wayne, Lucius Fox plus âgé et responsable es gadgets, etc.

lundi 18 novembre 2013

Week-end à Champerret

Le week-end prochain, il y aura Paris Comics Expo, Porte de Champerret.

J'y serai, non pas en dédicaces, mais je participerai à deux des animations sur le stand de l'éditeur Urban Comics.

Samedi de 17h30 à 18h30, je ferai une petite conférence sur l'histoire du label Vertigo.

Dimanche à 16h30 je participerai à un débat sur les super-héros*.




Ça me fait juste un peu plus de boulot que ce que j'en avais. (à propos du bouquin de mythologie comparée dont je parlais dernièrement, une de mes théories a explosé en vol) (tellement bien explosé que j'en suis rendu à retirer les éclats de schrapnel de mon crâne à la pince à timbres) (c'est un boulot de fou, ce truc) (trop de pistes tuent les pistes)



*Oui, j'avais originellement donné le Quizz à cette heure, mais il a lieu en fait à 13 heures le samedi, et donc j'ai finalement dû renoncer à l'animer.

mardi 12 novembre 2013

Smells like victory

En cherchant tout à fait autre chose, je suis tombé sur des extraits du storyboard d'Apocalypse Now, par Dean Tavoularis. Je trouve que ça a son petit côté Sienkiewicz. Sauf que bill Sienkiewicz avait tout juste vingt piges à l'époque. En tout cas, ça tape.



















dimanche 10 novembre 2013

Non, je suis toujours là. Ou presque.

Alors, si Kandinsky a peint un portrait de Yog-Sothoth en 1926, comme le prouve l'accablant document ci-dessous :


Comment se fait-il qu'il n'apparaisse dans l'œuvre de Lovecraft qu'en 1927 ?

(à ce propos, Neonomicon vient de sortir)



En dehors de ça, j'ai reçu trois mails et deux coups de fils s'inquiétant de la non mise à jour de la War Zone ces dernières semaines. Ça s'explique par le fait que j'ai rendu des tas de traductions, pas mal de pages pour ce scénar historique à sortir chez Glénat au printemps prochain (un truc qui m'a obligé à pas mal me documenter) et qu'en parallèle, j'avance sur le projet Cosmonautes (on discute de la couverture avec le graphiste des Moutons électriques, et ça promet d'être chouette) et sur un autre projet de bouquin très spéculatif qui implique de me plonger dans pas mal de docs aussi (et sur des sujets qui, quand on tire un fil, ramènent des tas de trucs dans tous les sens, c'est de la folie douce, je m'attendais pas à ce que ça m'entraine aussi loin). Et pendant ce temps-là, j'essaie d'avancer sur d'autres projets persos : un truc sur la Première Guerre Mondiale qu'il faut que je me dépêche de placer quelque part tant que c'est dans l'air du temps, mais aussi un machin complètement abstrait et expérimental qui m'entraine dans des directions bizarres, et aussi un machin historique plus classique. Sans parler d'une conférence sur laquelle je bosse, qui doit être prête pour Angoulème (où je suis censé la donner deux fois : une le jeudi et une le samedi, je vous tiendrai au courant d'ici là).

Bref, j'ai un peu moins le temps d'écrire des conneries.