jeudi 27 juin 2013

Burton, le retour !


Hop ! Ça sort le trois juillet, et c'est coécrit par Christian Clot et moi-même, et dessiné par l'excellent Lionel Marty !

lundi 24 juin 2013

Dans notre grande série "la cuisine vaudou à travers les âges"

Aujourd'hui, comment découper une pizza maléfique sans se faire gauler par les esprits pas forcément très malins.






J'aimerais par contre qu'on m'explique comment quelqu'un a pu arriver ici en tapant "électrocuté au fil à vaches" dans Google.

samedi 22 juin 2013

L'univers impitoyaaaaaaa-ha-bleu !

J'étais en train de vérifier deux trois infos sur la bibliographie d'A.E. Van Vogt, pour des raisons assez obscures que j'ai déjà oubliés, quand j'ai été interrompu par un mail m'annonçant une fracassante nouvelle. Non, pas l'éviction de Frigide Barjot de son appart (je déteste cette bonne femme : elle n'a aucun sens de l'orthographe, elle ne sait même pas comment s'écrit son propre nom, c'est désobligeant. Ça s'écrit Bargeot, chez moi, parce que ça permet de construire dessus le substantif "bargeotage", un élément clé de mon vocabulaire), qui est pourtant une nouvelle intéressante, parce que personne encore n'a réussi à m'expliquer comment elle paye 34.000 euros de loyer en déclarant 36.000 euros de revenus. Et en arguant de "faibles revenus" en prime. Y a des trucs qui m'échappent. Ou alors ils mangent des nouilles sans beurre matin, midi et soir.

Non, le mail de mon confrère parlait du retour de Dallas*. Et non seulement la famille Ewing revient, mais en plus, ils ont ajouté Lee Majors au casting.

Et là, forcément, vous me connaissez, ça ne peut que faire chboum dans ma tête. Parce que Lee Majors, c'est quand même le colonel Steve Austin. Et là, forcément, on s'aperçoit que tout se recoupe.

Parce que rappelez-vous : le patron de Steve Austin, c'était Oscar Goldman. Et Oscar Goldman, tout le monde le sait, c'était une caricature de George Bush Père à l'époque où il était patron à la CIA. Et les Bush, c'est le Texas, comme les Ewing. Et le Texas, c'est une mafia, mais avec des Stetson à la place des Borsalino.

Et si les Bush/Goldman étaient acoquinés avec les intérêts pétroliers texans, cela veut-il dire que les trois milliards de l'homme qui les valait auraient été avancés par les Ewing ?

Et là, d'un coup, ça explique de façon rationnelle un coup de théâtre de Dallas qui avait pas mal fait causer en son temps.

Attention, Spoilers ahead, comme on dit.

Après la tentative d'assassinat contre JR Ewing, on décide de renforcer la sécurité au ranch. Les Ewing empruntent son meilleur agent à Bush/Goldman. Steve Austin se mêle donc à la famille.

Mais Sue Ellen décide de le faire boire. Et là, c'est le drame.

Fin cuit, Austin termine termine dans la piscine avec Bobby Ewing, qui lui montre son beau slip jaune tout neuf. Et pour ne pas demeurer en reste, Austin lui montre son slip orange assorti à sa combinaison de travail. Et alors là, ils se tapent dans la main en disant "copain", mais hélas, Steve Austin disjoncte à cause de l'eau de la piscine qui s'infiltre dans ses circuits électroniques. Et forcément ça électrocute Bobby, qui devient amnésique, s'enfuit** et est retrouvé par les mecs du sous-marin Cetacean, qui croient qu'il vient de l'Atlantide, alors qu'en fait il est Texan***. Et pendant ce temps-là, au Texas, Bobby passe pour mort. Mais c'est justement pour ça qu'il revient par la douche : il est remonté par les tuyaux d'évacuation après avoir retrouvé la mémoire, et plutôt que d'expliquer ce qu'il fricotait en slip jaune avec le docteur Elizabeth Merrill, il réussit à faire croire à sa femme que tout cela n'était qu'un rêve. Et tarés comme le sont les Ewing, elle y croit.

Voilà. Maintenant vous savez tout sur ce qui s'est vraiment passé dans Dallas.

Mais le retour de Steve Austin dans la série, sous le nom de Ken Richards, signifie-t-il qu'il infiltre la famille Ewing pour faire éclater la vérité ? Est-il resté espion, alors qu'Oscar Goldman devenait président des Etats-Unis ?

Ce suspense est insoutenable. Je ne sais pas si je regarderai la série ce soir, du coup, mon petit cœur n'y résisterait probablement pas.


* Et s'inquiétait accessoirement du fait que la nouvelle série ne semblait pas prendre en compte les évènements décrits dans les deux téléfilms de Dallas des années 90. J'ai des potes encore plus barjots bargeots que moi.
** Il est renversé par une bagnole au passage, d'ailleurs, ce qui accrédita à l'époque la thèse de l'accident.
** mais il est intéressant de noter que la mythique Aztlan des Aztèques, qui est l'Atlantide des Mexicains, comme son nom l'indique, était située d'après la légende au nord du mexique, donc aux alentours du Texas (tout se recoupe encore, c'est magnifique)



jeudi 20 juin 2013

Longtemps, je me suis couché débonnaire

Non, en fait, ce dont je voulais parler n'avait aucun rapport avec le titre.

Ceux qui m'ont entendu dernièrement en conférence ont peut-être remarqué que je n'étais pas très enthousiasmé par les comics mainstream publiés ces temps-ci. Beaucoup de séries semblent se chercher et ne pas se trouver, beaucoup de personnages ont été réinventés sans qu'on sache trop pourquoi et sans que ça débouche sur quelque chose, mais le résultat est là : ça fait des années que je ne lis plus ce qui sort en Fantastic Four, par exemple, dégouté par ce qu'en avait fait Mark Millar. Je me suis remis à Daredevil que depuis l'arrivée de Mark Waid (dont j'avais par contre détesté le Doctor Strange). Je redécouvre le run d'Invincible Iron Man de Matt Fraction, que j'avais zappé et dont on m'avait dit beaucoup de mal, mais que je trouve en fait vachement bien (plein de bonnes idées techno/SF, comme Stark qui traite son cerveau un peu comme un disque dur, ou ses adversaires qui ont appris à détecter la technologie dont il se sert, et tout un discours sur la prolifération). Mais c'est déjà quasiment de la vieillerie, ça. Ça a déjà quelques années. Et le Iron Man Season One, que j'ai pris parce que Chaykin, et parce que Parel, m'a laissé un peu dubitatif. Il est très bien fait, y a pas de souci, mais on sent bien que l'objectif editorial est de se rapprocher autant que possible des films.

Chez DC, je lis plus de choses parce que je bosse dessus, et donc que professionnellement, il faut que je suive, mais si je suis fan du Batman & Robin de Tomasi, je ne comprends pas grand-chose au Detective Comics de Tony Daniel, par exemple. La reprise de Stormwatch m'avait fait énormément de peine (j'attends de voir ce qu'en fera Jim Starlin, qui vient d'arriver sur la série) (je ne sais pas s'il parviendra à sauver le truc, mais c'est Starlin, alors il lui sera beaucoup pardonné).

Et puis j'avais lu le début de Justice League Dark. Et c'était pas mal. Pas transcendant, mais pas mal. Ça réinjectait John Constantine dans l'univers DC, ce qui peut sembler farfelu, mais ne constitue en fait qu'un retour aux sources : dans les Swamp Thing de Moore, Constantine est intégré à l'univers super-héroïque, dont il constitue une manière de contrepoint. Et puis Jeff Lemire a repris la série, et il a fallu que je me penche dessus parce qu'on me l'a demandé : elle sort en VF depuis le mois dernier dans DC Saga, et j'en assure la traduction.



Et d'une série juste pas mal, Lemire a fait un truc vraiment fun, qui swingue, avec des coups de théâtre là où il faut, et qui exploite bien l'univers DC. Alors, c'est le cul entre deux chaises, parce qu'on sent bien que Lemire pioche l'essentiel de ses concepts dans l'univers DC d'avant le reboot, mais il est assez roublard et écrit assez bien pour que tout soit transparent, que les réintroductions ne perdent pas le lecteur qui découvre, tout en éveillant des choses chez le vieux routier des titres DC/Vertigo. Et certes, son Constantine est un peu édulcoré par rapport à ce qu'il avait pu être, mais à l'arrivée, on en revient aux sources du personnage : intégré dans un univers de super-héros par rapport auquel il a beaucoup de recul, c'est un énorme magouilleur dont les plans ont tendance à lui péter à la figure, et surtout à celle de son entourage. Et il parle mal, il picole et il fume. Et il a Deadman et Zatanna pour lui donner la réplique, et c'est cool.

Très franchement, c'est une super bonne surprise.

mercredi 19 juin 2013

Plus bas que la bête

J'étais tenté de vous parler de la pluie et du beau temps, mais justement, le côté beau temps relève en ce moment du rêve inaccessible. Entre les orages qui crackaboument de partout, la nuit en plein jour, les grêlons gros comme des noisettes, le tout cédant brutalement la place à un soleil moite qui vous cuit dans une touffeur tropicale, je ne sors que contraint et forcé (pour acheter du beurre*, par exemple, très important).

Du coup, me voilà de nouveau claquemuré dans mon bureau/bunker, guettant craintivement les colères du ciel tout en tentant d'avancer dans mon travail (voilà que je glisse en sous-marin des références à Gilbert Bécaud dans des comics, moi. ça va décidément pas dans ma tête) sauf qu'en allant chercher le beurre, j'ai croisé la route de...

En fait, il y avait de la pâte à tartiner aux spéculoos. J'avais réussi à décrocher de cette saloperie. Mais là, en butte au surmenage et aux intempéries, j'ai craqué. J'en ai repris un pot. Et un pot de beurre de cacahuète en prime. Je…

Il me reste du pain. J'ai fait des crêpes.

Gnnn...

Résister...

Je...

Excusez-moi quelques instants. Je reviens.










* Juste pour les tartines, hein. J'aime beaucoup Marlon Brando, mais là, ce n'est pas le propos du truc. En plus c'était du demi-sel.

lundi 17 juin 2013

Vers l'infini et au-delà, camarades !

Décidément, j'ai toujours trouvé ça trop cool, la vie de héros de l'espace :

(C'est vrai, quoi : le scaphandre de la dame est vraiment trop bien)

Mais je m'aperçois que ça faisait longtemps que je ne vous avais pas balancé une bonne giclée de Soviet-art. Et je viens de découvrir que le Soviet-art qui bouge, ça le fait aussi :




dimanche 16 juin 2013

Les super-héros étaient parmi nous

Me voilà rentré de Bussy Saint George où, à l'invitation de la médiathèque de l'Europe, j'ai donné une causerie  sur le thème des super-héros.

Bon, là, j'ai fait mon Fidel Castro et j'ai complètement débordé sur l'horaire*, et il a fallu que j'abrège le passage pourtant passionnant sur la symbolique des origines dans les comics de super-héros.

Cette fois-ci, le rétroprojecteur marchait magnifiquement, ce qui m'a permis de faire découvrir au public des images accablantes de Superboy collant des mandales à des singes géants, ou d'Adam West juché sur un éléphant (ce dernier cliché me permettait de démontrer que les super-héros sont capables de survivre à absolument tout. La preuve : Batman a survécu à Adam West).

Puis j'ai dédicacé une poignée de mes bouquins, pris l'apéro avec les autres auteurs présent et les bibliothécaires, puis foncé à Paris pour retrouver mes filles et la correspondante anglaise de l'une d'entre elles pour leur faire découvrir Montmartre la nuit. Je sais, c'est le piège à touristes par excellence, mais justement, c'est le Paris de carte postale que les Anglais s'attendent à découvrir et qui n'existe plus vraiment, sauf dans un rayon de quelques rues.

Et j'ai découvert que crapahuter à Montmartre dans la foule avec à l'épaule dix ou douze kilos de bouquins (j'avais amené mon propre stock à la dédicace), c'est dur. Très dur.

C'est dans ces moments-là qu'on découvre qu'on n'est pas un super-héros.


C'est vrai, quoi :
Les gens ont le droit de savoir.







*"L'horaire, l'horaire", disait le bibliothécaire au fond de la salle en se caressant le front d'un air marlonbrandesque quand il a vu que j'allais mordre sérieusement sur le temps consacré à la conférence suivante.

vendredi 14 juin 2013

Cette fois il vont trop loin

Je suis très inquiet depuis que j'ai appris la nouvelle.

C'est une sorte de renversement de paradigme, un saut quantique dans l'inconnu. Presque une révolution conceptuelle.

Une entreprise d'agroalimentaire serait en train de mettre au point un chocolat qui ne fond qu'à partir de quarante degrés Celsius. Et comme souvent dans ce genre de cas, ça partait d'une bonne intention.

L'idée, c'est que le chocolat ne fonde plus au soleil. La vieille marotte du "fond dans la bouche, pas dans la main"*. Sauf qu'à quarante degrés, ça ne fondra pas dans la bouche non plus, faut pas rêver. Donc, nous allons découvrir le délicat plaisir de se péter les dents sur le chocolat en toute saison.

Et là je dis non.

La recherche scientifique, le progrès, tout ça, je veux bien.

Mais là il vont trop loin !!!!!!!!









*Oui, ça permet de raconter des blagues sur l'éjaculation précoce, aussi. J'adore les slogans publicitaires, pour ça. C'est trop facile de les détourner.

jeudi 13 juin 2013

Rappel conférence samedi 15

Samedi 15 juin, je donnerai une conférence intitulée Les Super-héros sont parmi nous, à la Médiathèque de l'Europe, à Bussy St-George. Ce sera suivi d'une séance de dédicaces.

Comme vous vous en doutez, il y sera fortement question de super-slips et autres personnages apparentés.

Le programme :


mercredi 12 juin 2013

Presse, l'inquiétude

Désagréablement surpris par certains titres de journaux concernant la plus récente affaire de médicaments.

"Furosémide, l'inquiétude", ou "Retrait du Furosémide". Je conçois qu'un titre se doive d'être court, accrocheur et efficace. Mais parfois, à trop simplifier le message, on en arrive à dire des conneries, voire à sous-entendre des trucs totalement faux, au risque de faire plus de dégâts que l'affaire elle-même.

Et c'est le cas ici.

Parce que ce pauvre Furosémide n'y est pour rien. Et qu'il n'est pas retiré.

Mais bon, pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, un petit résumé des faits :

On s'est aperçu dernièrement que, sur deux lots de Furosémide Teva 40 milligrammes (c'est le générique d'un vieux médicament appelé Lasilix), des comprimés avaient été remplacés par des comprimés de Zopiclone.

Le Furosémide est un diurétique utilisé pour traiter l'hypertention artérielle, la Zopiclone est un puissant somnifère (c'est le générique d'un truc appelé Imovane). Et depuis que l'affaire a éclaté, il y a eu au moins un mort.

Du coup, inquiétude, en effet. Et rappel des deux lots qui pourraient poser problème. Puis rappel de la totalité des lots de Furosémide 40 Teva. Et d'eux seuls. En tant que molécule médicamenteuse, le Furosémide n'est pas en cause, c'est ça le plus beau : c'est son absence dans les comprimés qui a tué. Le petit papy qui en prenait, quand il s'est mis à l'insu de son plein gré à prendre de la Zopiclone à la place, n'était donc plus traité pour son hypertension. Qui a donc rapidement pris des proportions mortelles.

Il faut savoir que 40 milligrammes, ce n'est même pas le dosage le plus courant. C'est déjà le dosage fort : moins d'une boite de Furosémide vendue dans ce pays sur dix est une boite à 40 milligrammes (faut vérifier le chiffre, mais à la louche, ça doit être la proportion). Et le laboratoire Teva n'est même pas le leader sur le marché des génériques du Furosémide. Plusieurs autres marques diffusent du Furosémide 40, et ne sont aucunement concernées par ce problème (au moment où j'écris, l'enquête semble d'ailleurs s'orienter vers un acte de malveillance). L'intérêt thérapeutique de la molécule n'est remis en cause par personne.

Alors "Furosémide, l'inquiétude", ou "Retrait du Furosémide" dans le journal, c'est un peu emmerdant. Parce que maintenant, le scénario catastrophe, ce serait que les petits papis et les petites mamies qui prennent du Furosémide pour se soigner arrêtent de le prendre. Là, on aura un sérieux problème de santé publique.

Qu'on n'aurait pas eu si les journalistes ayant écrit ces titres avaient passé ne serait-ce qu'un coup de fil au pharmacien du coin.

mardi 11 juin 2013

Corrélation

Tiens, je me pose une question :

Avec la mort de Virgin, que les fabriquant de musique et de films (et Nono Monte-et-Bourre, qu'on n'a pas beaucoup entendu sur ce dossier) ont laissé crever sans s'en soucier, verra-t-on le téléchargement illégal augmenter ?

Parce que moins de disponibilité des œuvres, cela peut rendre tentantes certaines facilités, non ?

Ce serait pas mal de sortir les courbes et les statistiques pour voir si c'est corrélé, tout ça. Je dirais même que ça pourrait être édifiant.

La fin de Virgin, ça pose un problème de lieu où se procurer la culture.

Parce qu'en ce qui me concerne, la Fnac ça fait longtemps que je ne pouvais plus y mettre les pieds, entre les vendeurs structurellement incompétents à force d'être baladés de rayons en rayon, l'approvisionnement erratique et la place prise par les mixeurs au détriment des livres.

samedi 8 juin 2013

Rappel Bulles-zikal !

Je rappelle à tous ceux qui pourraient être intéressés que je serai en dédicace tout l'après-midi, du dimanche 9 juin, au festival Bulles Zik, à la Médiathèque Marguerite Duras, Paris Vingtième, sur le stand des éditions La Cafetière.

vendredi 7 juin 2013

Vente de polos tragique : un mort

Du fait d'une panne de courant due aux orages qui m'a paralysé une partie non négligeable de la journée d'hier, je n'avais pas trop suivi l'actualité.

La fée électricité enfin revenue, j'ai pu découvrir ce qui s'était passé ces derniers jours dans notre beau pays.

Et j'avoue avoir du mal à complètement assimiler un concept comme celui de la vente privée de polos pour extrémistes. Parce que c'est ça la clé du fait divers dont tout le monde parle. Le fait qu'il y ait eu des fachos d'un côté et des anars antifafs de l'autre n'est qu'anecdotique*, à ce stade (bon, sauf pour le type qui s'est fait repasser, on est bien d'accord). Le point qui me chiffonne, c'est que les deux bords se présentent comme des genres de rebelles, étant chacun à sa façon contestataire du consensus républicain. Et que ces deux bords, rebelles et ennemis, se retrouvent dans une vente privée de fringues, le truc bourge par excellence, déjà ça me fait hausser le sourcil. Qu'en plus, les fringues en question soient des polos conçus initialement pour le tennis, et qu'ils puissent être vus comme un marqueur de rebellitude, alors là j'ai de quoi m'esclaffer : voyez les valeurs que porte le tennis, sponsorisé par la BNP, avec du rupin embagouzé par paquet de soixante dans les tribunes de Roland-Garros, et vous comprendrez qu'il y a là comme un décalage conceptuel, une dissonance cognitive que je ne pense pas être pleinement en mesure de surmonter**.

Il faut dire déjà que les marques de fringues comme moyen d'assumer son identité, c'est un truc qui m'est toujours passé un peu au-dessus de la tête (genre tellement au-dessus que ça a failli percuter Pluton pas plus tard que l'autre jour). J'ai toujours vécu en suivant une conception visiblement rétrograde selon laquelle l'identité se construit à partir de ce que l'on fait, et pas des chiffons dont on s'affuble ou qu'on brandit. D'accord, le résultat c'est que je m'habille notoirement comme un sac (j'ai remarqué que c'était un marqueur identitaire des auteurs de BD, d'ailleurs : j'en connais des tas qui sont dans le même cas, mais je vous jure que c'est pas exprès. et puis il y en a quand même quelques uns qui s'habillent classe. pas beaucoup, mais y en a). Le côté uniforme, signe d'appartenance et de reconnaissance, j'ai toujours trouvé que c'était un truc de Nazis***. C'est valable pour le bomber à croix gammée comme pour la kipa, la soutane, le pantalon de survète rentré dans les chaussettes blanches sous la djellaba, le costume Armani avec la cravate qui va bien et le sourire de fourbe, le short de footballeur, la gourmette, la casquette trop grande et de travers, le carré Hermès et ainsi de suite. Tous ces trucs m'inquiètent d'emblée, m'incitent à la méfiance. C'est même une des raisons qui me conduisent à penser du mal de gens qui s'affublent du masque de Guy Fawkes pour aller manifester, même si c'est une icône que j'apprécie, et même si je peux à l'occasion sympathiser avec leurs idées.

Toujours est-il que mourir pour des idées, c'est un truc que je peux éventuellement comprendre (même si je suis du clan Brassens, pour ça, plutôt partisan que ce soit de mort lente). Mais mourir pour des polos, là, non, j'ai quand même du mal à me faire au concept, je suis pas capable d'assimiler ça.


En plus, si on les laisse porter des polos,
ils seraient foutus d'aller danser en boite au Club Med, après !

Sinon, j'ai étrenné aujourd'hui mon bidule à découper facilement les avocats en lamelles (les trucs verts qui se mangent, hein. Pour les baveux du prétoire, je ne crois pas qu'il existe un instrument spécifique, et s'il existait, il ne serait probablement pas en vente libre. alors que mon machin pour les salades, oui), et c'est vachement pratique. Vachement bien. Je ne regrette pas mon achat. Effectué il y a six mois. Et je crois que ça risque d'être la fréquence d'utilisation du truc, parce que je les manges à la cuiller, mes avocats, la plupart du temps. Je fais rarement des salades avec. Mais sinon, excellent ustensile, astucieux, efficace et tout. Les gens devraient plus faire la cuisine et moins acheter de polos, ils ne s'en porteraient que mieux, moi je dis.





*Que les choses soient claires, hein : de base, quand un facho tape un gaucho, je suis plutôt dans le camp du gaucho. Et quand c'est un gaucho qui tape un facho, j'ai du mal à donner tort au gaucho. Bon, quand un gaucho attrape une vache en Argentine, mon affiliation est plus nuancées. Faut dire que j'ai failli me péter le nez la seule fois où j'ai tenté de manier leur bidule à boules, là.

**Alors je sais, j'ai été vu en public et par des millions de personnes vêtu de polos bariolés. Le cas était néanmoins un peu différent : on m'avait demandé de porter des trucs de couleur, et vu que j'avais essentiellement du noir dans mon placard, j'ai été passablement emmerdé. Ça s'est soldé par un passage éclair en grande surface pour toper un lot de n'importe quoi de couleurs vaguement télégéniques, et à pas cher histoire ne pas y laisser ma chemise, parce que bon. Du coup, j'ai une pile de polos qui prend la poussière dans mon placard. Mais c'est pas de la marque, alors l'honneur est vaguement sauf (enfin bon, c'est ce que j'essaie de me faire croire, en tout cas). Non, là où il faudra vraiment s'inquiéter, c'est si je mets à porter des pantalons en velours côtelé. Ce jour-là, abattez-moi directement.

***Du coup, on reparle beaucoup de Batskin, là, alias Serge Ayoub. Et je suis le seul que ça chiffonne, de voir un leader skin avoir un nom de bic... de bougn... Enfin, un nom pas plus Francuz que le mien ?

mercredi 5 juin 2013

Ce soir....

Je n'avais rien de particulier à dire (si : je suis débordé de taf, et rien de fonctionne correctement depuis trois jours, que ce soient les transports, les ascenseurs, les gaufriers* ou tout simplement mon cerveau, mais en fait, je crois que je m'en fous, à force).

Alors à la place, juste une image qui fait rêver :











*Le gaufrier a du coup subi un sort funeste, et a été avantageusement remplacé par un moule à gaufres en silicone qui marche très bien.

lundi 3 juin 2013

Traduc Schön !

Tiens, ça fait quelques temps que je n'ai pas fait le point sur les traductions qui sortent, signées de ma main (et du truc vaseux qui me sert de tête en ce moment).

En librairie chez Delcourt, il y a The Darkness Tome 5 - Seconde Chance, avec le retour de Jackie Estacado. Il était pas vraiment mort. Enfin si, mais il s'en fout. Alors il revient.

Il y a aussi Rising Stars Tome 3, enfin la fin de cette série (on l'attend en VF depuis quoi... une petite dizaine d'années ?).

Pour les kids, Star Wars - The Clone Wars Tome 3 - La Planète des fauves, des aventures jedaïesques dans toute la galaxie.

Et en presse, chez Delcourt toujours, il y a le magazine The Clone Wars, et un vieil épisode dans le Star Wars Comics Magazine.

Chez Panini, on a The Boys, Tome 18, et on approche sérieusement de la fin (y a déjà un grand ménage qui se fait dans cet épisode), et on a aussi Hit Girl, un épisode qui fait la liaison entre les deux séries de Kick-Ass. Et ça castagne sévère là-aussi.

Si vous passez par le kiosque, jetez un coup d'œil au Marvel Saga 18, dans lequel Deadpool tue tout le monde.

Chez Glénat, L'âge d'or de Mickey Mouse, Tome 7 : 1946 / 1948 - Iga Biva, l'homme du futur et autres histoires vient de sortir.

Chez Urban, Batman : Un deuil dans la famille est une réédition largement augmentée de l'album sorti il y a une dizaine d'années chez Semic, racontant la mort de Robin.

Grant Morrison présente Batman, Tome 5 : Le retour de Bruce Wayne sort dans trois semaines, et nous explique par contre pourquoi Bruce Wayne n'était pas vraiment mort.

Superman, Terre 1 réinvente Superman en le modernisant.

Et sinon, en presse, je fais de la trad dans Batman Saga et DC Saga, et aussi dans le Batman Saga hors série qui sort le mois prochain.

Voilà voilà !

dimanche 2 juin 2013

Back from the talk

J'étais arrivé hyper préparé pour ma conférence. Ayant mesuré les raisons de mes soucis de cet hiver, j'avais complètement abandonné le principe du plan sur papier, décidant de m'en remettre exclusivement à une iconographie hyper structurée (l'autre raison de mes soucis, c'était que je n'avais pas dormi la nuit précédente. Mais comme je suis grièvement sujet au trac, j'ai pas plus dormi cette fois-ci, sans plus avoir l'excuse des copains et des verres de bière). Donc, j'avais sur moi 116 images, mises dans le bon ordre, permettant d'évoquer 100 ans d'histoire des comics, avec des auteurs, des personnages et des concepts clés. Plus Superboy distribuant des mornifles à des gorilles démesurés et Adam West juché sur un éléphant. Les images me servaient d'aide-mémoire, de guides, de moyen de rythmer la conférence, et d'illustrer certains points qui méritent d'être vus (le lettrage, par exemple, ou le travail des couleurs).

Et bien entendu, quand je suis arrivé, un problème de communication a fait qu'il n'y avait pas de projecteur. Ce sont des choses qui arrivent.

Sauf que j'étais là, devant mon public, sans un papier ni une image. J'ai hésité à aller piller le rayon comics de la bibliothèque (très bien fourni, d'ailleurs, alors que généralement, le comics est un peu le parent pauvre du rayon BD, dans les bibliothèques municipales), mais j'ai fini par renoncer : je me voyais mal brandir bouquin après bouquin pour montrer des cases minuscules à la cantonade en disant "vous voyez, c'est bien ce que je disais : dès qu'il dessine Peper Potts en train de mettres des vents à Happy Hogan, on comprend que Don Heck était taillé pour les romance comics, et pas pour les trucs de super-héros pif paf."

Et donc, ça a été les mains dans les poches, en étant bien content que je me sois cantonné à un plan parfaitement chronologique, ce qui permettait d'être raccord sans avoir besoin d'avoir des notes sous les yeux.

Les gens ont été contents. Après mon speech, les questions du public ont été d'autant plus intéressantes que ce public était varié, avec des gens ayant découvert les comics assez récemment, et d'autres étant des lecteurs de longue date (ceux-là, je les avais repéré dès le début de la conférence : ce sont ceux qui avaient un sourire entendu quand j'ai dit "et pour boucher un trou dans le premier numéro d'Action Comics, l'éditeur finit par accepter une histoire de Siegel et Shuster dont personne ne voulait, et qu'ils étaient tout contents de vendre pour deux cent dollars"). Mais du coup, il a fallu aussi que je fasse la traduction simultanée quand les fans posaient des questions. Parce que les autres ne savaient pas forcément ce qu'était un TPB, qui était Cable ou pourquoi il ne convient pas de faire lire The Boys à des enfants de dix ans. De là, la conversation a dérivé sur la censure dans les comics aux USA, la censure dans les comics en France, et donc fatalement sur le slip de Tarzan, les pulsions SM inconscientes de Moulton, et les publications Elvifrance.

Ce qui fait que, malgré l'incident technique initial, ça s'est quand même remarquablement bien passé. Et qu'en rentrant, j'ai hyper bien dormi.