mercredi 18 septembre 2013

L'occasion fait le luron


Il arrive que, quand je traduis un truc encré par John Tartaglione et qu'il est crédité "John Tartag" (sans doute parce que le lettreur avait une crise de flemme ce jour-là), j'ai une envie irrépressible, au lieu de mettre "John Tartag : encrage", d'écrire "John Tartag : Heulalarécré".

C'est une pulsion viscérale contre laquelle je lutte à chaque fois (bon, pas souvent, parce que Tartaglione, c'est un encreur des années 70-80, donc je ne traduis son boulot que quand on me confie des rééditions de vieilleries) et c'est dans ces moments-là que je me dis qu'on est bien peu de choses, et aussi que je ne suis plus assez suicidaire pour me livrer à ce genre de petits jeux traductifs (en fait, si, mais de façon plus discrète*). J'ai peur que mes éditeurs me fassent les gros yeux. Il était arrivé, comme ça, dans un épisode de Star Wars où les héros cherchaient Chewbacca, que je glisse un "il était où, hein, le Wookie ?", et que ce soit corrigé par l'éditeur. Ou que des citations de "De l'or pour les braves ?" soient retoquées.

Bref.

Je m'assagis un peu avec l'âge.

Et ça m'inquiète terriblement.






*Le coup du professeur Uderzo et de la gamine qui tombe dans la potion magique, dans The Boys, je décline toute responsabilité : c'était déjà Uderzo en VO. Plaignez-vous auprès de Garth Ennis, moi j'y suis pour rien.

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