jeudi 20 juin 2013

Longtemps, je me suis couché débonnaire

Non, en fait, ce dont je voulais parler n'avait aucun rapport avec le titre.

Ceux qui m'ont entendu dernièrement en conférence ont peut-être remarqué que je n'étais pas très enthousiasmé par les comics mainstream publiés ces temps-ci. Beaucoup de séries semblent se chercher et ne pas se trouver, beaucoup de personnages ont été réinventés sans qu'on sache trop pourquoi et sans que ça débouche sur quelque chose, mais le résultat est là : ça fait des années que je ne lis plus ce qui sort en Fantastic Four, par exemple, dégouté par ce qu'en avait fait Mark Millar. Je me suis remis à Daredevil que depuis l'arrivée de Mark Waid (dont j'avais par contre détesté le Doctor Strange). Je redécouvre le run d'Invincible Iron Man de Matt Fraction, que j'avais zappé et dont on m'avait dit beaucoup de mal, mais que je trouve en fait vachement bien (plein de bonnes idées techno/SF, comme Stark qui traite son cerveau un peu comme un disque dur, ou ses adversaires qui ont appris à détecter la technologie dont il se sert, et tout un discours sur la prolifération). Mais c'est déjà quasiment de la vieillerie, ça. Ça a déjà quelques années. Et le Iron Man Season One, que j'ai pris parce que Chaykin, et parce que Parel, m'a laissé un peu dubitatif. Il est très bien fait, y a pas de souci, mais on sent bien que l'objectif editorial est de se rapprocher autant que possible des films.

Chez DC, je lis plus de choses parce que je bosse dessus, et donc que professionnellement, il faut que je suive, mais si je suis fan du Batman & Robin de Tomasi, je ne comprends pas grand-chose au Detective Comics de Tony Daniel, par exemple. La reprise de Stormwatch m'avait fait énormément de peine (j'attends de voir ce qu'en fera Jim Starlin, qui vient d'arriver sur la série) (je ne sais pas s'il parviendra à sauver le truc, mais c'est Starlin, alors il lui sera beaucoup pardonné).

Et puis j'avais lu le début de Justice League Dark. Et c'était pas mal. Pas transcendant, mais pas mal. Ça réinjectait John Constantine dans l'univers DC, ce qui peut sembler farfelu, mais ne constitue en fait qu'un retour aux sources : dans les Swamp Thing de Moore, Constantine est intégré à l'univers super-héroïque, dont il constitue une manière de contrepoint. Et puis Jeff Lemire a repris la série, et il a fallu que je me penche dessus parce qu'on me l'a demandé : elle sort en VF depuis le mois dernier dans DC Saga, et j'en assure la traduction.



Et d'une série juste pas mal, Lemire a fait un truc vraiment fun, qui swingue, avec des coups de théâtre là où il faut, et qui exploite bien l'univers DC. Alors, c'est le cul entre deux chaises, parce qu'on sent bien que Lemire pioche l'essentiel de ses concepts dans l'univers DC d'avant le reboot, mais il est assez roublard et écrit assez bien pour que tout soit transparent, que les réintroductions ne perdent pas le lecteur qui découvre, tout en éveillant des choses chez le vieux routier des titres DC/Vertigo. Et certes, son Constantine est un peu édulcoré par rapport à ce qu'il avait pu être, mais à l'arrivée, on en revient aux sources du personnage : intégré dans un univers de super-héros par rapport auquel il a beaucoup de recul, c'est un énorme magouilleur dont les plans ont tendance à lui péter à la figure, et surtout à celle de son entourage. Et il parle mal, il picole et il fume. Et il a Deadman et Zatanna pour lui donner la réplique, et c'est cool.

Très franchement, c'est une super bonne surprise.

1 commentaire:

  1. Et on sent bien que tu t'éclates sur le personnage. J'ai découvert la série dans DC SAGA également, et j'adore les dialogues

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