samedi 20 avril 2013

Non, quoi !

Ma petite avait allumé la télé dans la pièce à côté. Il y avait un dessin animé. Tout en bossant, j'écoutais d'une oreille distraite les aventures de gamins ayant balancé accidentellement leur ballon dans le jardin du voisin, situation clichesque de base de pas mal d'histoires de gamins.

Et là, paf, un mot a suffi à me tétaniser à mon poste de travail, puis à me faire jaillir de mon bureau, l'œil injecté à la bave au lèvres. Et quand je suis arrivé devant l'écran, le protagoniste tenait à la main un ballon rond, décoré de pentagones noirs caractéristiques. Et il a répété l'ignominie que j'avais bien cru entendre.

"Mon ballon de soccer."

Je ne sais pas qui est le collègue qui a assuré la traduction de ce machin. Mais si j'ai un conseil à donner à ses employeurs, c'est de prendre le Manufrance et la chevrotine (du zero, mettons, ça marche sur les sangliers, ça doit pouvoir marcher sur un traducteur qui cochonne son travail) et d'aller s'occuper de lui. Et d'abattre tout le troupeau au passage. Parce qu'en moins de cinq minute, ce triste sire, ce colonisé culturel boursouflé d'ignorance crasse, cette honte de la profession, a traduit au moins cinq fois le mot soccer par... Soccer.

Alors qu'en Français, ça se dit football, cuistre ! Je sais, c'est un affreux anglicisme et je le déplore, mais c'est celui qui est passé dans les mœurs depuis plus d'un siècle. Et ce n'est pas parce que les ricains appellent football un sport où on tient le ballon essentiellement à la main (ce qui confirme ce qu'en disait John Cleese, à savoir que nos amis d'outre atlantique ne savent même plus parler correctement leur propre langue) qu'il faut suivre leur terminologie absurde ! Déjà que nos gamins, sur la console, jouent à FIFA Soccer (rien que le titre est une absurdité, vu que dans l'acronyme FIFA, c'est bien de Football qu'il s'agit, vu qu'à moins de ne plus savoir lire, je ne crois pas qu'il y ait de S dans FIFA) parce que les studios ne veulent plus localiser les boitages et la promo, mais là, trop c'est trop.

Du coup, l'avanie suivante qu'a fait subir ce lamentable à sa traduction, le fait de traduire hamburger par hamburger (vu qu'il s'agissait dans l'histoire de faire griller de la viande dans le barbecue du jardin, n'importe qui d'un peu civilisé aurait compris qu'on parlait là de steak haché) semblait quasiment véniel.

C'est que cet abruti-là, il quand même réussi à faire de moi un intégriste du football. C'est quand même pas donné à tout le monde. C'est ajouter la blessure à l'insulte, et le vinaigre à la blessure. Et le poivre au vinaigre.

Grmbl.

**s'en va en maudissant le ciel de ses petits poings rageurs**

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Monsieur défend le football ! Tu ne sais même pas ce que c'est !

Je tiens à rappeler que dans "le temps des secrets", monsieur Marcel Pagnol appelle ce sport la balle au pied.

Krka

Zaïtchick a dit…

Y a pas de petite cause.

Alex Nikolavitch a dit…

Si si, j'ai vu au moins deux matchs en entier, dans ma vie. et j'étais devant la télé le soir du Heysel (je zappais, et je suis tombé sur ça, ça m'a impressionné) (le lendemain, en EPS, j'ai failli me faire taper dessus en proposant de jouer selon les nouvelles règles, celles qui avaient été inaugurées la veille).