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Articles

Affichage des articles du février, 2013

Perspective historique

Quand j'étais petit (il y a donc très, très longtemps), je croyais que si on appelait les méchants "fâchistes", c'était parce qu'ils avaient toujours l'air fâché. D'où le nom. D'ailleurs, leurs chefs criaient fort.

Faut dire ce qui est : ces mecs-là avaient toujours l'air grave de sale poil. Même quand ils étaient rasés de frais

Et puis on m'a expliqué un peu que c'était plus compliqué que ça, et qu'un type pouvait être méchant, avoir l'air très en colère et gueuler sans être pour autant un "fâchiste". Qu'il y avait des communistes qui s'énervent et qui tapent à coup de chaussure. Des gauchistes qui cognent à coup de barre de fer. Des gaullistes qui tuent, mais qu'il ne fallait pas les mettre dans le même sac. Des buralistes qui fument, aussi. Et que c'étaient pas forcément les mêmes.

Et puis j'ai commencé à lire des bouquins, et il m'a fallu un peu de temps pour comprendre que "fasciste", ç…

Henni soit qui mal y pense

Ça me fait marrer : les infos parlent de la chute des ventes des plats préparés à base de viande de chev hachée, et on en tire donc des conclusions sur la méfiance du public envers ces nourritures aux provenances douteuses ("strange meat" comme disait un personnage de Shakespeare, je ne sais plus si c'était César ou Marc-Antoine). Sauf que pour acheter ces produits, encore faudrait-il pouvoir les trouver ! Parce que dans le doute, tous les commerçants les ont retirés ! Impossible de trouver une moussaka surgelée par chez moi. Alors qu'il faut bien l'avouer, les soirs de flemme intense, c'est bien pratique : on fait préchauffer le four, et crac dedans. Là, maintenant, c'est foutu, faut se creuser la tête deux heures à l'avance pour savoir ce qu'on va grailler, puis vérifier qu'on a tous les ingrédients, puis préparer... Alors le dimanche midi, je veux bien. Mais il y a des jours de surmenage et de fatigue où la moussaka surgelée, c'est un p…

Fight the System !

Bon, comme depuis ce week-end, je ne suis techniquement plus en retard (en fait, si, je suis en retard sur un scénario, mais c'est différent : jusqu'à ce week-end, j'étais en retard sur TOUT, et en fait, j'étais en retard d'au moins dix à douze jours sur chaque boulot que j'avais à faire, de façon systématique depuis le 9 ou le 10 janvier), j'ai pu consacrer quelques heures à un pensum que je repoussais depuis des mois : la mise à jour du Système de mon ordinateur.

Vous allez me dire, la mise à jour elle est automatique, normalement. Et c'est vrai. Sauf que quand on a un ordinateur un peu ancien, il arrive que son système d'époque finisse par ne plus être suivi et maintenu par son fabriquant. Et donc que diverses fonctionnalités externes ne puissent du coup plus du tout être mises à jour (Flash, Firefox, Chrome, etc.) et finissent par ne plus fonctionner correctement. Il faut donc changer de version du système, passer aux mises à jour dites "ma…

Quand les lasagnes misent sur le mauvais cheval, pas étonnant que ça fasse un effet bœuf

Je profitais de mes transports pour rattraper un peu de retard dans ma consommation cinématographique et regarder le récent Conan le Barbare avec Jason Momoa. Il faut dire que je suis en plein dans la lecture Kull le roi barbare, et que j'ai un peu complété les comics, ces derniers temps, notamment de très bonnes choses scénarisées par Tim Truman, dont j'avais parlé ici-même il y a quelques temps.

Hop, là, vu comme ça, ça aurait pu être pas mal, quoi...

Je ne m'attendais pas à grand-chose, vu tout le mal qu'on m'en avait dit. Du coup, j'ai tenté de le regarder avec bienveillance, de passer sur ses défauts pour tenter d'en dégager les qualités. Dieu que j'essaie de l'aimer, ce film. Mais c'est quand même très dur.

L'acteur ne démérite pas. Si son jeu est parfois bien monolithique, il arrive à lui donner une certaine intensité, comme un étrange charisme. Quel dommage que malgré plein de bonne volonté, le scénario ne suive pas. Outre l'inven…

Bientôt, y aura des gens costumés en moi à Mickeyland, c'est moi qui vous le dis !

Alors ce matin, j'ai été interviewé pour la télé.
Plus précisément pour Disney Channel, parce que c'est bien gentil d'acheter Marvel Comics avec armes et bagages, messieurs de chez Disney, mais maintenant, il va falloir fourrer tout ça dans le robinet à diffusion. Et donc préparer le terrain. Et donc, ils font des docus sur les super-héros pour les chaines Disney. Dans celui-ci, je suis interviewé, mais il n'y a pas que moi, ils ont été voir un monsieur américain qui jouit d'une certaine notoritété dans ce domaine, un certain Stan L., qui a commis il y a quelques années des histoires de super-héros dont les fans semblent garder un bon souvenir.
Bref.
Au moment de commencer, on me dit "désolé, ordres d'en haut, on ne prononce pas les noms de personnages de la Distinguée Concurrence". Ce qui se conçoit tout à fait : Disney, propriétaire de Marvel Comics, est en situation de concurrence frontale avec Warner, propriétaire de DC.
Mais forcément, dès qu…

Son super-pouvoir ? Arriver encore plus vite que prévu !

On vient de m'apprendre que l'anthologie Dimension Super-Pouvoirs est déjà sortie (alors qu'on m'avait vaguement dit Mars. Bon, j'attends de pied ferme de recevoir mon exemplaire, du coup). Vous pouvez d'ores et déjà la commander ici.


Pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, c'est de ça que je parle :



Jean-Marc Lainé
Fusée 25. Dimension Super-Pouvoirs

ISBN-13: 978-1-61227-165-1
200 pages

Anthologie présentée par Jean-Marc Lainé

Textes de Hervé Graizon, Franck Jammes, Ben KG, Jean-Marc Lainé, Patrice Lesparre, Jean-Marc Lofficier, Alex Nikolavitch, Oliver Peru, Arnaud Quentin et André-François Ruaud.

Tout le monde court après le pouvoir. Pouvoir médiatique, pouvoir financier. Pouvoir de convaincre ses interlocuteurs, pouvoir de changer le monde. Pouvoir de passer inaperçu ou pouvoir de séduire. Insignifiant ou sublime, le pouvoir est une quête, un fantasme, un désir, parfois même une terreur, sourde et profonde.

Aux quatre coins du monde, des hommes utilisent l…

Amour du travail bien fait

Il y a des jours où j'aime bien être moi. Si si, ça m'arrive. Et c'est grâce au merveilleux métier que je fais.

Parce que, quand un personnage s'appelle "Strapon", en VO, moi j'ai le droit de le traduire par "Saint Turgod" en VF. Juste parce que c'est dans The Boys*, et que dans The Boys, à peu près tout est possible (alors que ça n'aurait probablement pas été faisable dans Spider-man ou Mickey Mouse). Et pour bien prouver que tout est possible, tenez, j'ai aussi collé une citation de Dan Ackroyd, par exemple, dans le même album. Ami lecteur, sauras-tu la débusquer ?





* Un extraordinaire comic book par Garth Ennis, avec des super-slips et bien d'autres choses encore. Mais n'ouvrez pas les albums de The Boys si vous n'avez qu'une tolérance limitée aux gros mots, gags graveleux, ex tankistes soviétiques majeurement membrés, scènes d'éviscération, psychopathes en tout genre et autres joyeusetés d'une grande cocasse…

Le dernier salon où je cause

RECTIFICATIF : LA CONFERENCE EST ANNULEE, MAIS PAS LA SEANCE DE DEDICACES.


Le mois prochain, c'est le Salon du Livre de Paris. L'année dernière, vous vous en souvenez peut-être, j'étais assez remonté contre cette manifestation où, du coup, j'avais décidé de ne pas y aller du tout, pour la première fois depuis genre une quinzaine d'années.

Et du coup, cette année, me voilà invité.

Bon, pas par les organisateurs, qui n'en ont rien à foutre et ne savent probablement même pas que j'existe. Mais par un de mes éditeurs, qui tiendra stand sur le stand des éditeurs de la Région Rhône Alpes. Il s'agit bien sûr des Moutons électriques, chez qui j'ai commis quelques petites choses ces dernières années.

Et en vertu du principe selon lequel il faut remonter à cheval quand on a été mordu par un chien de ma chienne*, je ferai une conférence sur l'Apocalypse. Vu que la dernière avait été perturbée par mon état de nerfs un peu alternatif (je vous rassure tout de …

Super héros venus de terres lointaines pour défendre la nôtre contre la pourriture communiste et les dépravations de tous ces sales drogués. Ou pas.

L'avantage, quand on a des amis aux goûts un peu alternatifs et frappadingues, c'est que parfois, ils font tourner des documents épatants. Comme celui-ci :


D'accord, il faut un certain palais pour apprécier une version soviétique de Mazinger Z. Mais moi, vous me connaissez, ça me fait rêver : si les studios d'animation des pays de l'Est avaient donné dans le robot géant dans les années 70, ça aurait pu donner des trucs dans le genre. Goldorak, du coup, aurait combattu de méchants capitalistes venus de l'espace à coups d'astéro-faucilles et de fulguro-marteaux, et au lieu d'être un hippie à guitare et veste à franges, Actarus aurait été vêtu d'une bonne salopette d'ouvrier et aurait juré de défendre le plan quinquennal en plus des petits enfants.
Et puis il y a des documents comme celui-la :

Et là, on touche tout simplement au beau dans sa plus pure expression : si l'on en revient, certes, aux hippies à la Actarus (mais l'un d'entre e…

Back in the war zone

Vous vous rappelez de ces trucs sur la guerre du Vietnam avec les mecs complètement hallucinés à force de pas dormir et de ne pas savoir d'où vont venir les prochains coups ?

Ben pour ceux qui se demanderaient* où était passée ma verve légendaire et warzonesque, imaginez-moi avec le casque de US Marine de traviole sur la tête, le M16 en travers des genoux, Paint it Black** à fond dans les enceintes, et le regard complètement perdu, et vous aurez une idée de mon état d'esprit.

Je suis systématiquement en retard dans tout depuis le 9 janvier. Avec des retards qui, dans certains cas, se montent à dix jours. Et le boulot continue d'arriver, avec son lot d'urgences absolues à traiter tout de suite (genre des pages de scénar pour des projets, le genre de truc complètement facile à faire en troisième partie de soirée, quand on s'est déjà bien stérilisé les neurones en enchainant une dizaine d'heures de traductions diverses, qui impliquent de passer à volonté de la gro…

Par le pouvoir du crâne ancestral, je détiens la force toute puissaaaaaaante !

En fait non. Mais vous captez l'idée. Et puis je viens de vous graver dans la tête l'image de mes bras malingres brandissant une épée plus grande que moi comme si c'était un bâton d'esquimau.

En fait, je voulais vous entretenir de ça :


C'est un recueil de nouvelles à sortir chez Rivière Blanche ce printemps, sur le thème des super-pouvoirs, mais dans une optique un peu Robert Silverberg, pas tant le pouvoir lui-même que l'impact qu'il a sur la vie du pauvre couillon qui s'en retrouve nanti. C'est anthologisé (anthologifié ? anthostiqué ? compilé, on va dire) par mon vieux comparse Monsieur Lainé, et il y a tout un tas d'autres gens très bien dans le coup, comme Olive Peru, Pat Lesparre, André-François Ruaud ou Frank Jammes et j'en passe. Que des gens bien, quoi. Et bien entendu, j'y suis aussi (quoique j'ignore si j'ai les qualifications requises pour être classé dans les gens biens), avec un texte intitulé l'invisible.
Voilà…

Ga-bu-zo meu

Pas encore complètement remis du festival. Par contre, il a fallu que je me remette à bosser dès lundi : des bouts de traducs à finir, et surtout des pages de script urgentes (voire urgentes depuis longtemps, vous voyez le genre) à écrire ou à réécrire, en grandes quantités. Mais le Burton 2 est quasi bouclé.

Du coup, je me vois mal m'épancher trop longuement. Et je vais donc m'en tirer par une pirouette,  ou plus exactement par une citation du jour.

Comme souvent, elle est de mon estimable collègue Jay Wicky, qui parlait ce jour-là de Thelma et Louise, de Ridley Scott.


"Il fallait de grosses couilles pour faire un aussi bon film féministe."

Et je crois qu'il a raison. (et quand je me dis que c'est le même mec qui a fait le récent Robin des Bois tout pourri et l'inepte Prometheus, je me demande ce qu'ils foutent dans la flotte, à Hollywood.) (dans les narines, j'ai ma petite idée. mais même ça, ça n'explique pas tout, quoi)

Fear and loathing at the FIBD

Gné ?

Ah oui... Je voulais vous raconter mon festival d'Angoulème. Non que ce soit particulièrement passionnant en soi, hein, ça reste un festival, avec ses passages obligés, ses galères classiques, ses tranches de rigolades et ses beuveries. Mais bon, les gens ont le droit de savoir, parait-il.

Donc...

Jeudi :
Pris le train dans l'après-midi. Emporté un peu de lecture et un film à regarder en chemin, Game Change avec Ed Harris et Julianne Moore, un truc assez épatant sur la campagne McCain / Palin de 2008. Julianne Moore est incroyable de vérité, et cette chronique d'un désastre annoncé est assez croustillante, les conseillers politiques ayant sélectionné le gouverneur de l'Alaska ne comprenant que graduellement ce qu'ils viennent de lâcher dans la nature.

Arrivé sur place juste à l'heure de la fermeture de la bulle New York, et il a fallu que je négocie ferme pour pouvoir entrer récupérer mon badge. Mais un agent de sécurité un peu habitué a dû décider qu'…