mardi 31 décembre 2013

Kazowie !

Quand j'ai appris que Schumacher était dans le coma, j'ai cru à une vengeance de Batman.





Et en fait, non.






Sinon, 2013 s'achève tranquillement. à l'année prochaine, donc !

dimanche 29 décembre 2013

Du popcorn dans les hauts-parleurs !

Si tout va bien, je passe dans l'émission Pop-corn, sur le Mouv, demain lundi 30 janvier, à partir de 18 heures (enfin, l'émission commence à 18 heures, mais l'interview commence plutôt à 18h30, si j'ai tout bien compris).

Donc voilà, profitez de ces quelques instants où à nouveau, votre Nikolavitch préféré sera un service public.




Et sinon, deux citations pour se coucher moins bêtes le dimanche :

"La connerie, c'est la décontraction de l'intelligence." (Serge Gainsbourg)

"Faut pas confondre décontracté et avachi, connard." (Nadine de Rotschild) (authenticité de la citation non contractuelle. nous sommes sur Internet, après tout)

vendredi 27 décembre 2013

J'ai perdu la tête, depuis que j'ai vu...

Sacrilège ! On a coupé la tête de la statue de Lénine dans la petite ville de Kotovsk, en Ukraine :


Elle a été trouvée, seule et abandonnée de tous, dans une allée du parc.


Mais force est de reconnaitre que c'est un peu comme la Vénus de Milo, les morceaux manquants donnent à la statue un certain cachet. Il y a là-dedans, maintenant, comme une espèce d'énergie potentielle, un appel muet. C'est beau, je trouve.

mardi 24 décembre 2013

Soudan caustique

On annonce des découvertes de charniers au Sud Soudan. Ce n'est pas forcément une surprise complète, vu que ça cartonnait pas mal dans le secteur depuis bien des années (du temps où l'on parlait d'événements du Darfour). Et là je me pose la question : quand le pays a arraché son indépendance, il n'y a eu personne pour l'accompagner, cette indépendance ? Pas d'observateurs de l'ONU ou de l'Union Africaine ? On les a laissés se démerder ?

Paix sur Terre, parait-il, mais les hommes de bonne volonté avaient congé.

samedi 21 décembre 2013

vendredi 20 décembre 2013

Encore plus dur à épeler que le chat de Schröd… Schrüde… Schreude… Enfin vous voyez de qui je veux dire

J'hallucine. Je cherchais sur Youtube la séquence de la fusée* dans Koyaanisqatsi** :




Et je viens de découvrir qu'à l'instar de Never Gonna Give You Up, ou des séquences de La Chute, la musique écrite par Philip Glass pour ce film a été l'objet de moult parodies plus ou moins inspirées.

Je ne sais même pas pourquoi je continue à m'étonner des choses***.



*Oui, je bosse sur Cosmonautes, là.

**j'ai pas de mérite, là, je viens de revérifier l'orthographe

***En dehors du fait que le premier devoir du philosophe, c'est l'étonnement. Mais je ne suis pas philosophe, j'ai pas le brushing qu'il faut****.

****Promis, demain, j'arrête les notes en bas de page.

jeudi 19 décembre 2013

Bien mieux que la Bit'Lit, la Brit'Lib !

Tiens, la British Library vient d'ouvrir un Flickr avec plein d'images libres de droits, tirés de vieux bouquins. Alors j'ai jamais été trop fan de Flickr, je trouve que c'est le bordel, ces images balancées au petit bonheur la chance sans classement d'aucune sorte, mais là, je dois dire que je kiffe sérieusement le genre de vieilleries qu'ils balancent par paquets de 12.

Y a des merveilles dans ce genre-là, par exemple :


Ou bien ça :



Forcément, je ne peux que me régaler.

mercredi 18 décembre 2013

Kant, on n'a que l'amour

C'est rigolo, c'est quand on est le plus débordé que tout conspire à vous faire perdre le plus de temps. Genre quand vous passez vos journées dans un bureau exigu à taper du texte au kilomètre, et que soudain, paf, le radiateur électrique dudit bureau passe de vie à trépas, comme ça, sans prévenir. Alors que ça pèle grave dehors. Et que du coup, ça se met à peler grave dedans aussi.

Taper du texte au kilomètre quand on a les doigts gourds et qu'il bise et vente dans ma mansarde, ce n'est pas facile. Et donc l'on doit s'arracher à son clavier pour tenter de ranimer le défunt radiateur. On y arrive brièvement, puis il faut se rendre à l'évidence : le radiateur est dans l'état du perroquet de John Cleese. Il faut donc le remplacer, c'est à dire arrêter de chier du texte, trouver un plan bagnole, aller en racheter un et l'installer.

Oh, par les temps qui courent, on pourrait aussi commander sur internet le bidule, attendre la livraison, puis attendre qu'un artisan compétent vienne le brancher. Mais primo, ça prend du temps (et du temps, quand la température du bureau se fait polaire et qu'on a des délais à tenir, on n'en a pas) et ça coûte des ronds (et des ronds, si l'on explose par trop les délais de l'éditeur, on n'en aura vite plus).

C'est là qu'entre en jeu le concept de l'Unscheissirung.

Il provient d'un philosophe allemand qui, alors que ses admirateurs béats lui demandaient de leur expliquer le sens de la vie et comment devenir riche et célèbre, leur a répondu un lapidaire, mais resté célèbre "Unscheissiren Sie ihnen." C'est puissant. Ça me colle des frissons à chaque fois. J'ai presque une demi-molle rien qu'à le taper. C'est ça qu'il y a de bien, avec les philosophes allemands. Ils manient de purs concepts que la langue française a du mal à exprimer avec autant de force, c'est pour ça qu'il faut les lire dans le texte. Et que les universitaires français lisaient même les philosophes danois en version allemande. Si, si, je vous jure.

Bref, suivant le sagace conseil de ce grand philosophe, j'ai pratiqué l'Unsheissirung. J'ai trouvé le plan bagnole, acheté le bidule, je l'ai installé (en m'y reprenant à trois fois parce que le poids du truc a arraché le mur), et après plusieurs bordées de jurons en au moins quatre ou cinq langues (y compris le Cthulhu) mon bureau est douillet, cosy, praticable. Merci, philosophe allemand.

Dernièrement, j'ai aussi traversé tout Paris en trimballant plusieurs kilos de sauce chinoise au piment extra forte. Parce que. J'ai pas à me justifier, il y a des raisons rationnelles à ça qui ne vous regardent pas. C'était pour rendre service, en plus. Et je l'ai fait en ayant peur, dans le métro, que les bousculades fassent tout péter, Salaire de la Peur style. J'aurais eu l'air malin, avec ma barbe, à essayer d'expliquer que non, ce n'était pas un attentat d'Al-Qaeda, mais la faute aux Chinois. On ne m'aurait probablement pas cru.

Enfin bref, tout ça pour dire qu'en fait, je serai samedi matin de 10 à 11 dans l'émission le Pitch, sur Le Mouv. Je sais, ça n'a aucun rapport avec ce qui précède, ni d'ailleurs avec le titre. Mais je m'en fous, c'est MON blog, ici.

samedi 14 décembre 2013

Flyby of the titans

Tiens, je viens d'apprendre que la NASA avait commencé à cartographier Titan, et à nommer les mers d'hydrocarbures*. La question que je me pose, c'est : quand le gaz de schiste** sera épuisé, combien de temps faudra-t-il aux compagnies pétrolières pour nous trouver un moyen d'aller exploiter Titan ?







* Et non pas d'hydrates de carbone, comme on le voit trop souvent dans des dépêches mal traduites. Ce qu'on appelle hydrates de carbone, ce sont des sucres. Et un titan en sucre, à mon avis, c'est encore moins solide qu'un colosse aux pieds d'argile.

** Schiste happens, comme on dit en Anglais.

vendredi 13 décembre 2013

Rappel festival du ouiquende

Je vous rappelle que demain et dimanche, les 14 et 15 décembre, donc, je serai en dédicace au festival de Marines, dans le Val d'Oise, à la salle Pompidou, boulevard Gambetta. J'y animerai aussi un petit atelier le samedi après-midi à l'Espace Loisirs et Culture.

jeudi 12 décembre 2013

On verrait des avions dans les couloirs du métro et le Joker en Cage à Médrano

Dans mon rêve de cette nuit, j'allais voir un film. Et selon cette porosité particulière des rêves, la frontière entre ma réalité onirique et celle du film que je regardais était ténue, et le passage entre les deux se faisait de façon fluide, encore plus que dans Last Action Hero. Mais au lieu d'avoir un Schwarzennator qui ignore qui a buté Mozart, mais promet de se pencher sur le dossier, on avait Nicolas Cage. Déjà, rêver de Nicolas Cage, c'est dur. Mais en plus, le Nico, il jouait le Joker, et là, ça meurtrissait mon petit cœur déjà pas mal racorni et qui n'a donc pas besoin de ça.

Donc, Cage en Joker (et non pas l'inverse). C'était dur, oui. Surtout quand je me suis retrouvé embarqué dans le récit, à essayer d'empêcher une voiture piégée d'exploser. Moi qui suis un vrai tocard en mécanique, me confier ce genre d'opérations de déminage, ça relève de la malveillance pure : d'ailleurs, la bagnole a fini par péter.

Et c'est là que c'est devenu affreux. Parce que Jokeras Cage, sa tête a pris feu. Et qu'il s'est métamorphosé alors en Ghost-Joker tout de cuir vêtu. Une catastrophe. Il a commencé à terroriser les badauds qui s'étaient massés sur le parking de supermarché où avait eu lieu l'explosion.

Devant une telle vision apocalyptique, je ne pouvais faire qu'une chose.

Je suis sorti du film et de la salle de cinéma, en maudissant les producteurs.

Mais en sortant, je me suis retrouvé sur le parking, où le Ghost-Joker continuait ses exactions.

Alors je me suis réveillé.

Je comprends pas, j'ai même pas mangé de trucs à la béchamel, hier soir. J'ai mangé léger ! Si même mes précautions basiques ne suffisent plus à me protéger de telles visions, je me remets au Fluff, moi, c'est décidé.

mardi 10 décembre 2013

Chez Guevara, ouvert pendant les Fêtes

Ah, les marchés de Noël… Alors que j'étais en vadrouille pour faire le plein de diverses bricoles (lessive, beurre, lasagnes non surtaxées, etc.) je suis passé devant des stands de marché de Noël. C'est difficile d'y échapper, il en fleurit de partout. Souvent avec les mêmes stands d'une année sur l'autre, d'ailleurs : j'ai entre autres reconnu le bidule à défriser les cheveux que ma fille numéro 2, aux cheveux pourtant raides, avait réussi à se faire refourguer l'an passé, et dont elle est très contente (je crois que je ne comprendrai jamais totalement les filles).

Et puis il y avait l'inévitable stand de t-shirts imprimés qui essaient d'avoir l'air cool.

Ça marche toujours, les t-shirts imprimés. Un slogan rigolo, ou une image complètement iconique, ou les deux, et hop, carton assuré, ça coûte rien à produire, ça se vend cher, la culbute direct. Les images iconiques qui marchent à un moment donné sont généralement instructives, d'ailleurs, elles en disent long sur le Zeitgeist.

Et dans le tas, bien entendu, l'idéboulonnable* Ernesto, dans ce célèbre portrait photographié par Korda, et mis à toutes les sauces depuis près d'un demi-siècle. Et, sous le portrait, marqué en gros : "Che Guevara".

Et là, ça me heurte. Non que j'aie quoi que ce soit contre ce brave homme de toute façon défunt depuis bien longtemps. D'accord, il était communiste, mais il y a prescription, quand même. Ce qui me gêne, c'est qu'on a là une des images les plus iconiques de la seconde moitié du Vingtième Siècle. Le truc méga reconnaissable, aussi représentatif de son temps que le portrait de Marilyn par Warhol. Y a pas besoin de mettre le nom en-dessous ! C'est redondant ! Même les illettrés connaissent cette photo, de toute façon. Alors ceux qui savent lire...

Ouais, c'est un peu gênant, ce truc. Déjà, le gamin qui porte un t-shirt du Che, on est toujours un peu gêné pour lui. On se dit "ouais, le trip révolutionnaire romantique, bien sûr que c'est de son âge, c'est même presque mignon, et puis c'est ça ou un t-shirt Jean-Jacques Goldman, alors à tout prendre..." Mais bon, le fait de mettre le nom en dessous, là ça fait carrément "le p'tit con qui nous explique la blague". Et là, c'est vraiment lourdingue, bien plus que de mettre "hasta siempre" ou une citation du grand homme (ma préférée : "un bout de fil de fer entortillé remplace avantageusement et efficacement une vis", mais curieusement, on ne la voit jamais sur des t-shirt, celle-la).

Alors que pour le t-shirt Bob Marley, juste à côté, je dis rien. Mais c'est juste que le portrait dessiné était tellement foiré qu'on aurait dit le vieux clodo auquel je donnais de temps en temps une pièce quand j'attendais le train d'une heure et quart du matin à La Défense, quand j'étais jeune. S'il n'y avait pas eu "Bob Marley" marqué dessous, je n'aurais jamais deviné que c'était lui.

Je note qu'on fait des t-shirt du Che, mais pas des slips.
Y a peut-être un marché à conquérir, là.


*Alors que Lénine s'est encore fait déboulonner pas plus tard que l'autre jour en Ukraine. Je savais même pas qu'il restait des statues de Lénine dans le pays avant qu'ils ne déboulonnent celle-là.

lundi 9 décembre 2013

Cheval dire à ma mère

Je repensais à un truc, là, à propos de l'équitaxe sur les canassons...

Ça veut dire que le prix des lasagnes va augmenter, alors ?

dimanche 8 décembre 2013

What's next

Prochains ateliers, conférences et dédicaces.

Le week-end prochain, les 14 et 15 décembre, donc, je serai en dédicace au festival de Marines, dans le Val d'Oise, à la salle Pompidou, boulevard Gambetta. J'y animerai aussi un petit atelier le samedi à l'Espace Loisirs et Culture.

J'ai aussi les horaires définitifs de mes conférences au festival d'Angoulème :
La conférence La représentation du Moyen-Âge en bandes dessinées sera donnée deux fois, le jeudi 30 janvier à 14 heures, et le samedi 1er février à 19h30. J'animerai aussi un débat sur l'avenir des super-héros, avec normalement Jean-Marc Lainé, Xavier Lancel et Xavier Fournier.

Le reste du temps, je devrais être en dédicaces au stand des éditions La Cafetière, comme tous les ans.

mercredi 27 novembre 2013

Tech, no prisoners

Encore un truc de hi-tech, mais cette fois-ci, un article expliquant pourquoi les méthodes actuelles d'investissement ne sont bonnes qu'à financer des gadgets, et plus des grands projets vraiment innovants. Après, un truc que l'article n'évoque pas, c'est qu'un des objectifs avoués d'un certain nombre d'acteurs de la hi-tech, c'est de créer de la dépendance, avec des trucs dont on n'avait jusqu'alors pas besoin. Le GPS en est un exemple évident : dans le temps, les gens savaient lire les cartes, et mieux encore, les mémoriser peu ou prou. Ils savaient prendre des points de repère ("là, on voit le gros clocher, on n'est plus très loin, tu tourne juste après le gros arbre tordu") et mémoriser un itinéraire. Maintenant, ils ne prennent même plus cette peine, vu que le GPS leur indique ou tourner (parfois en dépit du bon sens, d'ailleurs). Du coup, même pour faire le même trajet pour la quatrième fois, ils continuent à brancher la petite voix qui leur dit "dans deux cent mètres, tournez à gauche". Pire encore, ils se conditionnent graduellement à obéir aveuglément à la voix en question. Voyager avec quelqu'un qui a un GPS, c'est une expérience éprouvante. Et la pas mal d'"apps" sont basées peu ou prou sur ce modèle. Décharger au maximum l'usager de la contrainte d'avoir à chercher par lui-même. Je ne veux pas me mettre dans la position de ces philosophes des temps anciens (en Grèce antique, pour situer) qui prédisaient que le livre allait assassiner la pensée discursive, mais je suis quand même pas mal inquiet. Sur le principe, l'amateur de science-fiction en moi devrait applaudir à l'hyper-connectivité qui est le paradigme émergent, mais la façon dont elle est employée me navre quand même assez incroyablement.

dimanche 24 novembre 2013

Le point trad

Tiens, ça faisait longtemps que j'avais pas fait un point traductions...

Chez Urban :
Neonomicon vient de sortir, on en a pas mal parlé ici, c'est Alan Moore qui s'attaque au mythe Lovecraft, c'est du crapoteux et c'est du bon.

Ces jours-ci, vous verrez en librairie (et en avant-première sur Paris Comics Expo) Batman anthologie , dont j'ai traduit la moitié, est une sorte de best-of Batman, avec plein de super histoires (non, d'histoires complètement bath, me souffe-t-on dans l'oreillette) dont pas mal d'inédits VF.

Il y a aussi Top 10 N° 3 dont pareil, je n'ai traduit que la moitié (l'autre étant une reprise de la traduction de Laurent Q. sur la mini série Smax).

Et deux autre reprises : Dc deluxe joker et Flashpoint, tome 1.

Sans oublier les revues Batman Saga, Batman Saga Hors Série et Justice League Saga.

Chez Delcourt :
Star Wars, Tome 1 : Dans l'ombre de Yavin se situe chronologiquement juste après le premier film (l'épisode 4, quoi) et c'est franchement pas mal.

Chez Panini :
Fury max tome 2, c'est la suite des aventures de Nick Fury pendant la Guerre Froide, mais au moment où ça chauffait. Vietnam, Nicaragua, tous ces chouettes endroits de villégiature pour barbouzes en mal d'action.








mercredi 20 novembre 2013

Si tous les jokers du monde voulaient taper le carton...

Tiens, j'ai un joli truc dans la traduction sur laquelle je travaille en ce moment. Le genre de problème qui me fait des nœuds au cerveau alors qu'à première vue, ce n'est même pas un problème.

Le contexte : le duel final entre Batman et Talia, fille de Ra's Al Ghul (dans les comics, elle est pas du tout bâtie comme Marion Cotillard, d'ailleurs) (c'est d'autant plus rigolo que Grant Morrison, le scénariste, a sur plusieurs points de détail pris le parti de se rapprocher des films de Nolan*). Talia rabaisse Batman en ramenant son costume et ses méthodes à un jeu, à une espèce de carnaval.

Puis vient la phrase : "YOU, WITH YOUR JOKERS, AND RIDDLERS, YOUR EVIL DOCTORS." Je mets tout en majuscules parce que le lettrage dans ces comics est en haut de casse. On n'a donc pas de distinction entre majuscules et minuscules. Et c'est là qu'est tout le truc : les mots "jokers" et "riddlers" sont au pluriel. C'est à dire utilisés comme des noms communs. Ce qu'ils sont à l'origine avant de devenir les désignations propres de personnages.

Donc, la phrase peut tout à fait se traduire par "toi, avec tes clowns, tes faiseurs d'énigmes et tes docteurs maléfiques" (je force le trait exprès, hein, je me vois mal coller "docteurs maléfiques" dans une traduction.

Bon, malgré tout, j'ai préféré rester sur les noms propres, et j'ai traduit finalement (après trois secondes et demie d'hésitation, pas plus) par "Toi, avec tes Jokers, tes Sphinx, tes savants fous…"

C'était la solution la plus évidente dans le contexte. Mais comme vous le voyez, ce n'était pas la seule possible.









* Gordon policier en uniforme au moment de la mort de Thomas et Martha Wayne, Lucius Fox plus âgé et responsable es gadgets, etc.

lundi 18 novembre 2013

Week-end à Champerret

Le week-end prochain, il y aura Paris Comics Expo, Porte de Champerret.

J'y serai, non pas en dédicaces, mais je participerai à deux des animations sur le stand de l'éditeur Urban Comics.

Samedi de 17h30 à 18h30, je ferai une petite conférence sur l'histoire du label Vertigo.

Dimanche à 16h30 je participerai à un débat sur les super-héros*.




Ça me fait juste un peu plus de boulot que ce que j'en avais. (à propos du bouquin de mythologie comparée dont je parlais dernièrement, une de mes théories a explosé en vol) (tellement bien explosé que j'en suis rendu à retirer les éclats de schrapnel de mon crâne à la pince à timbres) (c'est un boulot de fou, ce truc) (trop de pistes tuent les pistes)



*Oui, j'avais originellement donné le Quizz à cette heure, mais il a lieu en fait à 13 heures le samedi, et donc j'ai finalement dû renoncer à l'animer.

mardi 12 novembre 2013

Smells like victory

En cherchant tout à fait autre chose, je suis tombé sur des extraits du storyboard d'Apocalypse Now, par Dean Tavoularis. Je trouve que ça a son petit côté Sienkiewicz. Sauf que bill Sienkiewicz avait tout juste vingt piges à l'époque. En tout cas, ça tape.



















dimanche 10 novembre 2013

Non, je suis toujours là. Ou presque.

Alors, si Kandinsky a peint un portrait de Yog-Sothoth en 1926, comme le prouve l'accablant document ci-dessous :


Comment se fait-il qu'il n'apparaisse dans l'œuvre de Lovecraft qu'en 1927 ?

(à ce propos, Neonomicon vient de sortir)



En dehors de ça, j'ai reçu trois mails et deux coups de fils s'inquiétant de la non mise à jour de la War Zone ces dernières semaines. Ça s'explique par le fait que j'ai rendu des tas de traductions, pas mal de pages pour ce scénar historique à sortir chez Glénat au printemps prochain (un truc qui m'a obligé à pas mal me documenter) et qu'en parallèle, j'avance sur le projet Cosmonautes (on discute de la couverture avec le graphiste des Moutons électriques, et ça promet d'être chouette) et sur un autre projet de bouquin très spéculatif qui implique de me plonger dans pas mal de docs aussi (et sur des sujets qui, quand on tire un fil, ramènent des tas de trucs dans tous les sens, c'est de la folie douce, je m'attendais pas à ce que ça m'entraine aussi loin). Et pendant ce temps-là, j'essaie d'avancer sur d'autres projets persos : un truc sur la Première Guerre Mondiale qu'il faut que je me dépêche de placer quelque part tant que c'est dans l'air du temps, mais aussi un machin complètement abstrait et expérimental qui m'entraine dans des directions bizarres, et aussi un machin historique plus classique. Sans parler d'une conférence sur laquelle je bosse, qui doit être prête pour Angoulème (où je suis censé la donner deux fois : une le jeudi et une le samedi, je vous tiendrai au courant d'ici là).

Bref, j'ai un peu moins le temps d'écrire des conneries.

mardi 22 octobre 2013

Toute la vérité sur Batman !

En fait, dans les années 60, Batman était porteur de valises pour les Vietcongs :


Et c'est pour ça que, prenant exemple sur les US Marines, le Joker s'est mis au napalm, parce que c'est un bon américain, lui. D'ailleurs il aime les armes à feu, alors que Batman, non. Si c'est pas une preuve, ça…







samedi 19 octobre 2013

Interrogations métaphysiques

"Pourquoi est-ce que quand je ramasse un numéro du Parisien dans le RER, c'est marqué Aujourd'hui, alors que c'est le numéro d'avant-hier ? Est-ce que je peux les attaquer pour publicité mensongère ?" (un lecteur du Parisien, dans le RER)

"Si les footballeurs se mettent en grève, n'a-t-on pas tout intérêt à jouer le pourrissement du mouvement pour qu'on ait encore moins de football, encore plus longtemps ?" (un type qui veut bien pardonner au mec qui lit le Parisien tous les matins, mais pas au mec qui lit l'Equipe, parce que faut pas déconner, quand même)

"L'incompétence organisée des mutuelles étudiante est-elle un moyen de faire de la trésorerie pour financer des viviers de futurs politiques, ou juste un reflet de la connerie crasse intelligence de nature différente* de ceux qui y travaillent sont payés pour faire acte de présence mais ne respectent même pas les horaires de leur bureau ?" (un type qui se demande si les choses ont beaucoup changé dans les mutuelles étudiantes depuis la précédente affaire DSK l'affaire MNEF et se demande ce que coûte à la vraie sécu la brillante absence de résultat de ces régimes obligatoires qui s'échinent à s'affranchir des règles communes des régimes obligatoires**)

"C'est la semaine du goût. Est-ce qu'il faut se laver la bite, ou pas ?" (Dominique Strauss K., de Paris)







* Oui, je me méfie, maintenant, avec la jurisprudence Morano. 
** D'ailleurs, sur un plan juridique, comment fait-on pour faire tenir DEUX régimes obligatoires sur un même segment ? ça n'a aucun sens.

vendredi 18 octobre 2013

Tirelipimpon sur le chihuahua

Un peu le nez dans le guidon ces jours-ci, alors je n'ai suivi que de très loin l'actualité. J'ai pourtant saisi que Nadine Morano avait porté plainte contre Guy Bedos qui l'avait traité de "conne" et de "salope".

Et là, je me vois forcé de me livrer à une petite mise au point. C'est mal, ce que vous avez fait, Monsieur Bedos. Très mal. On peut penser ce qu'on veut de Madame Morano (moi-même, j'en pense pis que pendre), mais là, vous avez commis une grossière* erreur. Et même deux, en fait.

D'abord, parce qu'on juge un homme à la valeur de ses ennemis, et là, vous venez de vous dévaluer d'un coup. On croirait le Dinar d'ex-Yougoslavie juste avant la guerre.

Ensuite, parce que vous venez de donner à Madame Morano un prétexte à ouvrir sa gueule. Et ça, c'est toujours dommage. On ne l'entendait plus ! Qu'est-ce que c'était reposant. Et là, forcément, vous lui avez tendu la perche et offert une tribune. Manquerait plus que Freddie Lefebvre (dit "les griffes du tapis puzzle") et Eric Besson ne viennent prendre la parole pour la défendre.

Non, franchement, c'est pas bien, ce que vous avez fait.






*Outre la grossièreté de votre formulation. "Personne à intelligence réduite" et "personne à éthique inexistante" auraient été de meilleur aloi. Et avec un peu de chance, elle n'aurait pas compris, en plus.

dimanche 13 octobre 2013

Exercice de diction

à table, on a mis au point un nouvel exercice de diction, à la façon des "chaussettes de l'archiduchesse".

"Les cannelloni honnis à la cannelle de Calédonie ont fait caner Léonie."

Un barbu, c'est un barbu. Trois barbus...

Les fabricants de rasoir font la gueule, ils ont perdu 7% de chiffre d'affaires en dix ans. Mais nous pouvons rendre grâce à leur dignité : ils n'ont pas accusé Internet, eux. Faut dire que je n'ai jamais trouvé de liens où télécharger des lames de rasoir. Faut dire aussi que je n'ai pas cherché. Parce que pour moi, les rasoirs, c'est un peu comme les disques de Christophe Maé ou les films de Michael Bay, c'est des trucs dont je n'ai pas besoin chez moi, même à gratuit, et donc qu'il ne me viendrait pas à l'idée d'aller les télécharger.

Par ailleurs, il va falloir sérieusement songer à augmenter les amendes pour stationnement gênant, comme le démontre très bien le document accablant que voici :


vendredi 11 octobre 2013

Bon, fini de râler

Vu que j'ai pas donné la bonne heure hier, voilà la session de rattrapage du débat sur Game One :

jeudi 10 octobre 2013

Nikose dans le poste !

Hop, avant que j'oublie, je rappelle que c'est ce soir à 21h45 que je passe à la télé sur la chaine Game One, dans l'émission le Débat de Marcus. Je sais pas sur quelle canal sa passe chez vous (sur mon biniou, c'est 51 ou 52, je ne sais plus) ni s'il y aura une rediff sur le net (ils mettent des vidéos de l'émission en ligne sur le site, mais je n'ai pas l'impression que ce soit systématique), donc foncez. Enfin, foncez si vous tenez absolument à voir ma carcasse avachie dans le poste, bien sûr.

Le thème, ce sont les Marvel Comics, et les autres intervenants sont Xavier Fournier (l'indéboulonnable de Comic Box), Lex Castanheira (ancien makman, mais actuellement aux manettes dans la branche française de Comixology), et Daniel Andreyev,  (ancien de France Five, et actuellement journaliste).

Ce qui est digne d'être noter, c'est que pour le coup, l'émission est bien foutue, et qu'on échappe globalement aux platitudes de rigueur dans ce genre de talk show, et ça ça fait vachement du bien.

mercredi 9 octobre 2013

Un clafoutis s'est échappé du zoo

Ah, ça faisait bien trois mois qu'on n'avait pas eu un beau scandale sanitaire. Ça nous manquait. Là, on a quatre morts présumés, par la faute d'un méchant médicament qui au lieu de les soigner, les a rendus bien malades. D'où indignation générale, grandes déclarations fracassantes, et larmes à la Une.

Et quand on gratte, on s'aperçoit que c'est un anti-coagulant et qu'il a donné des hémorragies aux malades en question.

Hop, on la refait :

Un anti-coagulant qui a donné des hémorragies.

C'est à dire que le médicament a fait précisément ce qu'on lui demandait. Un peu trop bien, certes, mais je crois me souvenir (mes cours sur le sujet sont un peu loin) que la prescription d'anti-coagulants doit s'accompagner d'un suivi hématologique régulier. Et qu'il faut surveiller de très près les interactions nombreuses avec pas mal d'autres médicaments (tout ce qui est anti-inflammatoires vient immédiatement à l'esprit). Parce qu'en général, les patients qui sont sous ce type de médicaments ont plein d'autres problèmes de santé en dehors de leurs problèmes de risques d'infarctus (parce que c'est ça qu'on protège avec ce genre de produits, faudra retrouver le nombre de morts par an suite à des accidents circulatoires comme l'infarctus, mais il me semble que c'est assez élevé).

Donc bon, ce serait pas mal qu'avant que les télés nous sortent de grands sujets larmoyants, les gens creusent un peu le sujet et laissent les autorités concernées enquêter. Ça évitera les dégonflages énormes comme celui de l'affaire du Furosémide, où il s'était finalement avéré que la petite mamie s'était mélangées dans ses comprimés, et les avait remis dans la mauvaise boite.

Mais bon, un peu de réflexion et de mesure, de nos jours, c'est probablement trop demander.

mardi 8 octobre 2013

Chargé à bloc

Il y a des matins, comme ça, où l'on se réveille, on met le café en route, et en le buvant, on commence le boulot de la journée tranquillement, histoire de se roder, de ce mettre en route en douceur.

Surtout quand le boulot, c'est la traduction de vieux épisodes de Spawn. Voilà une série sur laquelle je suis quand même un peu au point, depuis le temps. Si j'étais du genre à fêter ce genre de choses, j'aurais pu fêter dernièrement mon deux-centième épisode de Spawn traduit. Il n'y a guère que sur Batman et ses dépendances que j'en ai fait plus. Même en Star Wars, je dois être nettement en dessous, à 170 ou 180 fascicules transposés en langue de Molière.

Bref, cela s'annonçait comme une matinée de routine, tranquille, avec moitié du Spawn, et l'autre moitié, mettons, consacrée à boucler le premier épisode de ma rubrique dans la revue Fiction (normalement, ça s'appellera "les mains dans le cambouis, la tête dans les étoiles").

Et puis pouf, un motif de l'épisode du jour, c'est La Charge de la Brigade Légère, d'Alfred Tennyson. Tennyson, c'est comme Kipling quand il fait de la poésie. Non qu'il écrive pareil, mais c'est un poète tellement marqué par son contexte et la grandeur de l'empire britannique qu'il ne peut que difficilement passer la Manche pour être lu par des froggies contestataires, de la canaille régicide qui ne respecte rien et ne sait pas garder sa dignité et la lèvre supérieure rigide sous la mitraille.

De fait, Lord Alfred a été peu traduit par chez nous, et il n'intéresse pas grand-monde.

Le problème, c'est que quand je tombe sur des citations de vieux textes comme ça, j'essaie de me caler sur une traduction d'époque, ou traditionnelle. Pour les citations de Shakespeare, c'est pas compliqué de trouver en ligne des VF un peu chouettes dans lesquelles piocher. Pour la Bible, elle est en ligne depuis longtemps dans des dizaines de versions (quand le cas se présente, j'ai tendance à préférer la Louis Second 1910, quitte à remettre un peu le texte à ma main) et ainsi de suite. Google est mon ami, et j'ai généralement vite fait de trouver ce que je cherche.

Pour Tennyson, la seule traduction que j'ai trouvée en ligne était quand même considérablement pourrie. ("league" traduit par "ligue" alors qu'il s'agissait bien entendu d'une "lieue", etc.)

Et donc, pendant que le café refroidissait, il a fallu que je tape un bon tiers du poème, en deux extraits. Je ne prétend pas être poète moi-même, mais il faut quand même faire le boulot.

"Une demi lieue, une demi lieue, une demi lieue, en avant !
Dans la vallée de la mort chargèrent les six cent.
Sans poser de question, et même sans rien dire,
Juste faire leur devoir, quitte à en mourir."


Et

"à leur droite des canons
à leur gauche des canons
Et des canons derrière
Tirs nourris et tonnerre
Boulets et obus tombant d'en haut
Comme tombent les chevaux et tombent les héros
Ils ont tous si bien combattu
Traversé les mâchoires de la mort
Et sont revenus de la bouche de la mort
Tout ce qu'il restait, couvert de sang
Ce qu'il restait des six cent.


Quand donc s'éteindra la gloire
De cette charge barbare ?
Le monde s'en sera souvenu
Et honorera la charge sous la canonnade
Et honorera cette héroïque brigade
Et les noble six cent."

Ce qui est bien, dans ce métier, c'est qu'on a un peu l'impression, nous aussi, parfois, de charger dans la vallée de la mort sous la canonnade, quand on ouvre les bouquins.

dimanche 6 octobre 2013

Un Mars et ça repart, par la barbichette de Lénine !

Message personnel à tous les érudits soviétophiles qui trainent parfois leurs guêtres dans les parages (je sais qu'il y en a quelques uns). J'ai déniché cette affiche :


C'est du Nikolai Prusakov (célèbre affichiste Russe de la période soviétique, on lui doit notamment quelques pièces propagandistes de référence, mais aussi des affiches de film pour des trucs genre le Cuirassé Potemkine) et ça date de 1926.

Sauf que je n'ai trouvé aucune trace de ce film semblant relater un voyage vers Mars, ni en Russie, ni ailleurs (et ça n'a pas l'air de correspondre au film danois de 1918 sur le même sujet, ni le film hybride DA/Prise de vues réelles de et avec Max Fleischer, avec Koko le Clown). Est-ce que quelqu'un en sait davantage sur ce voyage vers la planète rouge ?

(et pour répondre à votre question, oui, c'est dans le cadre de mon travail sur Cosmonautes : les conquérants de l'espace, un fabuleux opuscule à sortir en septembre prochain chez les Moutons électriques, dans la Bibliothèque des Miroirs).


mercredi 2 octobre 2013

Course de fond

Un peu dur, le boulot, en ce moment :

Je boucle la traduction de Knightfall tome 5 (340 et quelques pages), j'enchaine sur celle d'une intégrale Spawn (260 pages) et globalement, en termes de traductions, je ne chômerai pas ensuite.

Mais dans le même temps, j'ai un script à boucler pour un album à sortir l'an prochain chez Glénat, script très complexe à réaliser pour des raisons de format et de documentation (c'est une biographie illustrée, et l'exercice est toujours délicat). Et je suis déjà en retard là-dessus.

En retard, je ne le suis pas encore sur Cosmonautes, les conquérants de l'espace mon prochain bouquin à sortir dans la Bibliothèque des Miroirs, chez les Moutons électriques. Là aussi, la quantité de doc à compulser est hallucinante (d'autant qu'il s'agit aussi de voir, de revoir et d'analyser des films, de relire des bouquins, des BDs et des Mangas, de retrouver des paroles de chansons, etc.). Ça sort normalement en septembre prochain. Ça a l'air loin, mais sur un boulot pareil, ce n'est pas si évident. Ce sera un bouquin transversal à la façon d'Apocalypses*, donc ça implique de bien faire mes devoirs.

Non, ce n'est pas la couve. Mais un truc dans l'esprit ne me déplairait pas.


D'autant que, toujours pour les Moutons, j'ai accepté de tenir une rubrique régulière dans la revue Fiction. Je vous en reparlerai bientôt, mais là encore, ça implique des recherches et des vérifications dans tous les sens, même pour des papiers de 12 ou 15.000 signes.

Pfou. Et avec tout ça, il faut aussi prendre du temps pour manger, dormir, avoir une vie de famille et même, des fois, des loisirs.




*On ne peut pas être exhaustif, dans ce genre d'exercice, mais on a toujours peur de louper une référence majeure. Et de fait, dans Apocalypses, je n'ai pas cité une seule fois Ballard (on me l'a d'ailleurs reproché). Il faut dire que c'est un auteur que j'ai assez peu lu, et qui me parle assez peu, contrairement par exemple à John Brunner. Mais ce n'est pas une raison.

mardi 1 octobre 2013

Advertising is boring. Burning it is fun.

Les dernières fois où j'ai pris le métro, je suis tombé sur une campagne d'affichage qui expliquait que "Shoes are boring, sneakers are fun" (et des déclinaisons, mais celle-ci est la plus répandue. en tout cas, à chaque fois, l'idée est d'expliquer que les shoes, c'est naze, et les sneakers, c'est le seul truc cool qui existe).

Je méprise généralement cordialement (mais profondément) la caste des publicitaires, qui font plus pour l'abêtissement des masses que les vins en cubitainer, la Française des Jeux et Jean-Marc Morandini réunis. Voire que deux barils de Cyril Hanouna. En général, je ne fais même plus attention à la pub.

Mais là, faut dire que des panneaux pour les grolles, y en a partout. Et que bon, celui-ci est agaçant à plusieurs titres.

Déjà, le fait de dire "nos chaussures ne sont pas des chaussures", c'est direct se classer dans la pire catégorie d'hypocrites. C'est se ranger aux côtés de ces sectes qui disent "non, nous ne sommes pas une secte", de ces partis d'extrême droite qui disent "non, nous ne sommes pas des nazis", de ces DRH qui disent "non, nous ne sommes pas de gros salopards" ou de ces créatifs de pub qui disent "oui, nous faisons de l'art"*. Jusqu'à plus ample entendu, les trucs qu'on voyait sur ces affiches étaient du genre qu'on met aux pieds pour sortir et dans mon dico, ça s'appelle collectivement des chaussures et pas autre chose (après, qu'il existe des sous-catégories, c'est un autre problème, mais un mocassin, un escarpin, une basket ou un croquenot clouté restent des chaussures).

Après, je m'interroge. Il y a vraiment des gens, des vrais gens, je veux dire, pas des cocaïnomanes d'agence, il y a des vrais gens pour appeler "sneakers" ces chaussures de sport qu'on porte pour faire n'importe quoi sauf du sport ? Personnellement, je n'ai dans mon entourage et dans mon voisinage aucun individu qui tombe aussi bas dans les tréfonds saumâtre du snobisme le plus débile. Et pourtant, il y a dans le tas pas mal de jeunes qui en portent tous les jours ou presque. Je n'en ai jamais entendu un seul employer ce mot pour désigner ce qu'il avait aux pieds. Aucun. Jamais. Ça n'existe pas dans la vraie vie.

Bref, j'ai bien envie d'écraser de mes grosses bottes taille 47 les doigts du type qui a tapé ce slogan. Shoes are not enough. Big boots hurt more.

Enfin bon, si j'ai été exposé à ces navrantes déjections pubardes**, c'est parce qu'il a fallu que je quitte mes terres et mon bunker pour aller une fois de plus faire le kakou à la télé. Il y avait un débat Marvel Comics sur la chaine Game One, et donc j'ai été donner la réplique en tant que spécialiste des comics à d'autres gens spécialistes des comics. Genre le camarade Xavier Fournier, de Comic Box, Lex Castanheira, de la branche française de Comixology (mais que je connais de son passage dans la bande à Tourriol) et un journaliste de jeux vidéo que je ne connaissais pas, Daniel Andreyev, mais qui a dit autant de conneries que nous autres, un gars sympathique, donc.

Ça passera normalement à la télé le jeudi 10 octobre, je vous redonnerai le détail d'ici là.


*Voire de ces réalisatrices de dessins animés qui disent "non, moi je fais du film d'animation".
**Comme je dis toujours, "le tubard a cet avantage sur le pubard que le tubard, on a des médicaments pour le soigner". Alors que le pubard, il n'y a qu'à voir le père Séguéla, les séquelles c'est à vie.

jeudi 26 septembre 2013

Ïa ! Ïa !

Le terrible séisme qui a frappé le Pakistan a eu une conséquence étonnante : au large du port de Gwadar, c'est une île qui a émergé, de plusieurs centaines de mètres de long et de vingt mètres de hauteur. On imagine bien les algues luisantes, les pierres fleurant bon la vase des profondeurs, les flaques où clapotent encore des créatures étranges arrachées aux grands fonds.

Des gens sont allés y voir. Et moi je leur dirais bien "n'y allez pas, malheureux ! fous !"

Mais en fait, je n'ai qu'une chose à dire.

Et c'est : "Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn".

lundi 23 septembre 2013

Des nazes à la Nasa ?

Le secteur spatial entame depuis quelques années sa privatisation. En plus des énormes agences étatiques, des entreprises privées (mais pas encore d'USS entreprise) se lancent dans la construction et le déploiement de vaisseaux spatiaux, avec en ligne de mire, des vols habités, voire des vols touristiques.

Hoc cygno non vince, pour l'instant


Fatalement, vu les modes managériales actuelles, il n'a pas fallu attendre longtemps pour qu'apparaisse la sous-traitance dans ce secteur. Et c'est ainsi que la Nasa a demandé à une entreprise privée, Orbital Science, d'assurer un vol de ravitaillement vers la station spatiale internationale avec une capsule automatisée. L'arrimage de Cygnus à l'ISS devait avoir lieu aujourd'hui.

En cause, je cite : "l'incompatibilité entre les formats de données des systèmes de navigation respectifs de l'ISS et de Cygnus". Et là, je me dis... Le cahier des charges n'a pas été transmis ? La compatibilité des logiciels n'a pas été testée avant le tir ? C'est quoi ce bordel ? Pour Apollo/Soyouz, tout avait été testé avant, on avait même fabriqué des adaptateurs et tout. Et là, on a fait quoi, on a filé le bébé au sous-traitant en disant "démerdez-vous" ? En fait, je ne vois même pas pourquoi je mets un point d'interrogation. Les managers d'aujourd'hui refilent TOUJOURS le bébé au sous-traitant en disant "démerdez-vous", ou en tout cas en le pensant bien fort. C'est même d'ailleurs à ça qu'on les reconnait.

vendredi 20 septembre 2013

In ze niouzes toudé

Tiens, en lisant le journal, j'ai vu qu'il y avait eu une condamnation hier pour un appel au boycott. Ce qui m'a conduit à m'interroger : comment caractériser un appel au boycott, quand le consommateur a le droit d'acheter ou de ne pas acheter ce qu'il veut (si le consommateur se retrouve obligé d'acheter ce qu'il ne veut pas, ça s'appelle la vente forcée et ça tombe aussi sous le coup de la loi). Et de fait, comme souvent dans ces cas-là où deux principes se heurtent de front, l'affaire est compliquée.

De fait, visiblement, l'appel au boycott ne relève pas, ou pas que de la liberté d'expression.

Dans le cas de la condamnation d'hier, l'appel était ciblé sur un pays, et les gens qui appelaient au boycott ont envahi une grande surface pour coller sur les produits des étiquettes appelant à les boycotter (ou le coup des étiquettes, c'est une autre affaire, j'ai lu distraitement la dépêche en diagonale, ce n'est que le lendemain matin, aujourd'hui, donc, que j'ai pris le temps d'y réfléchir). Et en fait, c'est ça qui est sanctionné, l'entrave physique à l'activité économique, et la discrimination sur critère d'origine ethnico-nationale (mais ça aurait été pareil si le critère était l'appartenance religieuse, les idées politiques ou l'orientation sexuelle).

Autrement dit, s'il est légal d'appeler au boycott de l'Huma, par exemple, il n'est pas légal de le faire en expliquant qu'on boycotte parce que l'Huma, "ce sont des pourritures communistes". Et pareil, il est illégal de boycotter Tétu sous prétexte de l'orientation sexuelle des journalistes de la revue (et il serait stupide de les boycotter sous prétexte de communisme).

Plus amusant, il est donc illégal d'appeler au boycott des spectacles de Jean Roucas sous prétexte qu'il soutient le FN (un parti légal, donc relevant de la liberté d'opinion de Roucas). Alors qu'il aurait été légal d'appeler à les boycotter sous prétexte qu'il n'est plus drôle depuis longtemps*. Sauf qu'avec le boycott d'une mairie à son encontre, il est redevenu amusant, comme je l'ai noté en début de paragraphe. Sauf que là, c'est à son corps défendant et à l'insu de son plein gré**.

Amusant aussi : peut-être que les appels du ministre du redressement productif (après l'affaire DSK, était-ce bien raisonnable de confier un ministère à un type qui s'appelle Monte-et-bourre, et que même Audrey veut p'u l'voir ?) à consommer Français constituent une discrimination envers toutes les autres origines nationale (et dans un domaine qui m'intéresse particulièrement, la BD, conduirait assez vite à ne consommer que des albums des éditions du Triomphe).

Autre info de la journée : un type déguisé en "Ça" (le clown malfaisant de Stephen King) terrorise la ville de Northampton, en Biflandie. C'est amusant à deux titres. D'abord, les gens ont vraiment la trouille, alors que jusqu'ici le type n'a rien fait de répréhensible (il se contente de déambuler dans les rues en regardant les gens). Ensuite, Northampton est le fief du sorcier le plus velu du monde depuis Raspoutine***, j'ai nommé Alan Moore en personne.

Et un duel magique entre Ça et wookieman, moi je dis, ça peut donner grave.





*Notons que je ne boycotte pas Libé parce que leurs jeux de mots à eux ne sont pas drôles : ils sont juste aussi mauvais que les miens. Ma raison de lutter, c'est qu'eux, on les paye pour ça et que je trouve ça assez vexant, en fait.

** Et c'est l'intention qui compte, on ne le rappellera jamais assez.

*** Et à propos du vieux Grigori, je recommande vivement la lecture de Petrograd, qui vient de sortir chez Urban, c'est vraiment bien.

mercredi 18 septembre 2013

L'occasion fait le luron


Il arrive que, quand je traduis un truc encré par John Tartaglione et qu'il est crédité "John Tartag" (sans doute parce que le lettreur avait une crise de flemme ce jour-là), j'ai une envie irrépressible, au lieu de mettre "John Tartag : encrage", d'écrire "John Tartag : Heulalarécré".

C'est une pulsion viscérale contre laquelle je lutte à chaque fois (bon, pas souvent, parce que Tartaglione, c'est un encreur des années 70-80, donc je ne traduis son boulot que quand on me confie des rééditions de vieilleries) et c'est dans ces moments-là que je me dis qu'on est bien peu de choses, et aussi que je ne suis plus assez suicidaire pour me livrer à ce genre de petits jeux traductifs (en fait, si, mais de façon plus discrète*). J'ai peur que mes éditeurs me fassent les gros yeux. Il était arrivé, comme ça, dans un épisode de Star Wars où les héros cherchaient Chewbacca, que je glisse un "il était où, hein, le Wookie ?", et que ce soit corrigé par l'éditeur. Ou que des citations de "De l'or pour les braves ?" soient retoquées.

Bref.

Je m'assagis un peu avec l'âge.

Et ça m'inquiète terriblement.






*Le coup du professeur Uderzo et de la gamine qui tombe dans la potion magique, dans The Boys, je décline toute responsabilité : c'était déjà Uderzo en VO. Plaignez-vous auprès de Garth Ennis, moi j'y suis pour rien.

vendredi 13 septembre 2013

Voyages, voyages

On s'en doutait depuis quelques temps, mais les nouvelles analyses des mesures transmises par la sonde Voyager 1 sont formelles : ce bidule bardé d'antennes lancé il y a des décennies a quitté le système solaire et s'aventure dans l'espace interstellaire, là où la main de l'homme n'avait jamais mis le pied, tel l'USS. Enterprise moyen. Et puisqu'on en parle, si vous vous rappelez bien, dans le vieux film Star Trek (le célèbre "not in motion picture"), c'est une sonde Voyager qui revient des profondeurs intersidérales pour nous péter la gueule.

On se rappelle aussi que l'appareil embarque avec lui un message de l'humanité à nos frères d'outre-espace, aussi tentaculaires et globuleux soient-ils parfois. Pour mémoire, je vous remontre à quoi ça ressemblait :


Ce disque d'or est intéressant à plus d'un titre. Déjà, j'espère que les extraterrestres sont mieux équipés que nous. Parce que de nos jours, ce genre de pressage, très peu de gens ont encore la platine pour les passer dessus : les mamies qui ne jettent rien (et qui s'en servent pour passer des vieux Luis Mariano, en général), et les DJs un peu hipsters sur les bords qui trouvent que ouais, quoi, franchement, le numérique, c'est trop de la merde et qu'il faut revenir à l'analogique vintage qui a une âme, lui. Et qui le postent sur fèces-bouc, d'ailleurs.

Car il faut bien le dire, la technologie de ce bidule correspond à un moment assez bref de l'histoire des technologies. Imaginons que la sonde soit récupérée par des aliens qui n'ont pas inventé la roue, et donc que le mécanisme axial d'un tourne-disque pourrait désarçonner, voire choquer (rigolez pas, hein : les Mayas avaient prédit la fin du monde et construit des pyramides, mais n'avaient pas la roue, et on peut très bien imaginer des Mayas de l'espace nantis de moteurs fusée, et de technologies basées sur autre chose que la rotation axiale, la roue étant apparemment tabou, chez eux). Imaginons que la sonde soit récupérée par des aliens qui n'ont pas d'ouïe. Le microsillon leur semblera être une information codée selon des paramètres absurdes. Et imaginons des aliens équipés en tout numérique, là on sera sérieusement dans la merde, ils nous considéreront comme des espèces de tiers-mondistes.

Autre curiosité amusante, outre des chants traditionnels et autres concertos brandebourgeois (plus des salutations en Sumérien, Telugu et Polonais, pour faire bonne mesure), le bidule embarque un message de Jimmy Carter, et aussi du secrétaire général de l'ONU à l'époque. Un certain Kurt Waldheim. Eh oui, un ancien Nazi (les Yougoslaves gardent un souvenir ému de son passage dans les Balkans, d'ailleurs).

Je trouve pas mal qu'on ait envoyé un message d'un ancien Nazi aux extraterrestres. Ceux qui arriveront à décoder le disque malgré toutes les difficultés que j'évoquais débarqueront un jour chez nous en disant "on a reçu un message d'un vieux monsieur très gentil de chez vous, un certain Kurt Waldheim, nous aimerions lui rendre un vibrant hommage", et ce jour-là, je pense que la gène qu'on lira sur les visages du comité d'accueil sera assez drôle.

mercredi 4 septembre 2013

Et bateau, il vécut ce que vivent les bateaux...

Tiens, en cherchant tout à fait autre chose, je suis tombé là-dessus :

http://www.boreally.org/industrie-abandon/casse-peniche-conflans-sainte-honorine/


Le site d'un photographe fan de vieux trucs rouillés, et qui est allé photographier une vieille casse qui se trouve à quelques encablures de chez moi. J'avais moi-même voulu y faire un tour en mon temps (notamment quand il y avait le sous-marin), mais le côté acariâtre du proprio m'avait dissuadé d'approcher pour prendre des photos. Et puis le truc a été abandonné, puis vidé. Et maintenant il n'y a plus grand-chose à voir.

J'en profite pour vous balancer quelques une des photos du gars, mais allez voir son site, y a plein de trucs super dans le genre.





samedi 31 août 2013

un peu de rigueur !

Dans mon rêve de cette nuit, j'allais faire un tour au sauna. C'était un endroit assez moderne, avec piscine, bains à bulles, centre de remise en forme, bains de vapeur et buvette. C'était propre, familial, sympa. Seule particularité notable, le service était assuré par des zombies. D'authentique morts-vivants plus ou moins esquintés. Très courtois et professionnels, hein, tendant la serviette ou la savonnette sans qu'on leur demande et tout. Mais zombies néanmoins.

L'un d'entre eux avait mis mes affaires au casier et rapporté une clé. Après une douche et un bain de vapeur, j'étais revenu chercher un truc resté dans ma poche (je ne me souviens plus de ce que c'était, juste que c'était légèrement absurde à avoir avec soi au bain de vapeur, genre bouquin, ordinateur, cornet de glace, sandwich thon mayonnaise ou que sais-je encore). Manque de chance, le préposé zombie n'était pas présent (moi qui croyait que ces gens-là n'avaient pas besoin de prendre de pause, je suis assez déçu, pour le coup), je passe de l'autre côté du comptoir et j'avise la grande rangée de casiers.

Tous fermés à clé, avec l'affluence du jour. Je regarde ma propre clé, pour voir s'il y a un numéro de casier, et il n'y en a pas, juste des initiales. Et je m'avise alors que les casiers n'ont pas de numéros, mais des noms. Et tous des noms de serial killers en série, réels ou imaginaires. Je commence à chercher le mien, facile parce qu'en plus il y a une photo sur chaque casier à côté du nom (utile, parce que l'ordre alphabétique, les zombies, ils connaissent pas) (sans doute suite à un trauma : quand on fait l'appel par ordre alphabétique, le zombie est toujours appelé en dernier, même le zazou lui passe devant).

Finalement, je trouve mon casier (je sais plus qui c'était, un type déguisé en clown, John Wayne Gacy, Ça ou DSK avec un nez rouge, je me souviens plus), je l'ouvre, et mes affaires me tombent sur la gueule. C'était normalement le casier dont on ne se sert pas pour les clients, mais comme il y avait affluence, c'est moi qui en ait écopé. Le reste du temps, il servait à ranger les produits d'entretien, et le préposé avait tassé mon barda dans l'espace restant.

Pas les produits d'entretien de la piscine, hein. Les produits d'entretien pour zombie.

Parce que c'est ça ma grande découverte de cette nuit, les enfants. Le casier était rempli à ras-bord de trucs bizarres et jamais vus : un désodorisant contre l'odeur de décomposition. Du produit à tuer les asticots. Et surtout une embrocation contre la rigor mortis, plusieurs grosses bouteilles d'un produit (sentant assez mauvais, pour le coup) (putain, je rêve pas souvent en odorama, et c'est toujours pour dénicher des trucs qui puent) dont se tartinaient les zombies tous les matins pour éviter d'être trop raides. C'est vrai que pour un kiné ou un maitre nageur, ça ferait désordre.

Alors j'ai pris mon paquetage, je me suis rhabillé, et je me suis réveillé en vitesse.

jeudi 22 août 2013

Hoc signo vinces

Il peut arriver parfois que, sous l'influence par exemple de lectures édifiantes, je puisse être tenté de raccrocher les éperons de mon agnosticisme viscéral à la patère d'un regard plus théiste sur les choses, que je puisse avoir des envies de grâce divine, de retour à la croyance et à la foi, une sorte de besoin impérieux d'élévation vers le sacré comme d'autres ont des pulsions les conduisant à se flinguer un pot de Nutella à la cuiller à soupe.

Là, par exemple, ayant finit sur un banc public délicieusement ombragé la lecture (la relecture, d'ailleurs) de L'Anneau du pêcheur*, très beau roman de Jean Raspail j'étais, en repartant, frappé d'une sorte de pulsion franciscaine d'amour du très haut et du prochain, et j'avançais sur un nuage et dans la rue vers un rendez-vous de boulot. (J'avais un peu d'avance du fait des horaires d'été du RER, c'est pour ça que j'avais profité d'un instant pour aller me poser sur un banc)

J'en étais à cette sorte d'exaltation mystique, quand j'ai croisé un homme, un peu plus jeune que moi, la tignasse au vent avec ce mouvement très travaillé visant à faire croire qu'on est décoiffé tout en montrant que non, une barbe de deux jours entretenue pour garder des semaines durant cette allure de deux jours, des lunettes type Rayban, la chemise blanche ouverte sur le torse velu, le pantalon serré. Et sur le torse velu en question, un gros crucifix en or accroché à une chaine à grosses mailles du même métal, d'un assez insigne mauvais goût.

Ça m'a fait retomber direct dans ma personnalité habituelle de janséniste punk, en guerre contre le monde et considérant que si la beauté du monde doit servir de preuve de l'existence de Dieu, un examen attentif du dit monde est surtout une preuve que Dieu boit sérieusement. Cette rencontre (dont la durée totale n'a pas excédé les trois secondes qu'il faut à deux individus marchant en sens inverse pour se croiser sur le large trottoir d'une avenue) m'a permis de reprendre mes esprits, de constater que l'allais faire fausse route en faisant mon acte de contrition et ma soumission aux forces spirituelles.

C'est un signe du ciel ou je ne m'y connais pas.

*C'est un roman de théologie fiction qui postule qu'à l'issue du Grand Schisme d'Occident, la lignée des papes avignonnais s'est poursuivie dans le plus grand secret. Dit comme ça, ça a l'air aride, mais c'est absolument passionnant à l'arrivée, et d'une grande finesse.

vendredi 16 août 2013

C'est un dur labeur que celui du traducteur

Après quelques jours de repos plus que mérité, j'ai remis l'ouvrage sur le métier. Au menu, de la vieillerie, et par coïncidence, deux vieilleries que j'avais lues en mon jeune temps, quand j'étais plus petit, avec plus de cheveux et moins de poil. Et donc, deux histoires qu'on me demande de retraduire à présent.

La première, c'est Mickey et l'Atombrella, un classique avec Iga Biva et un chapeau aussi ridicule qu'antinucléaire, dont je garde un excellent souvenir d'une lecture par épisodes, un été lointain sur les bords de la Loire, dans le Journal de Mickey. Le méchant qui tente de s'emparer du chapeau est le Rhyming Man, un espion qui parle en rimes*. En VF d'époque, il s'appelait Alex Handrin. Dès lors, ma conscience professionnelle me confronte à un délicat problème : si j'ai l'habitude de traduire des personnages rimeurs (je me suis frotté par exemple à plusieurs reprises à la versification d'Etrigan le Démon), je me dis qu'un personnage s'appelant Alex Handrin devrait parler... En Alexandrins, forcément. Ce qui rajoute, vous vous en doutez, un niveau de difficulté au problème de la rime. Problème face auquel je biaise en distribuant les rimes, au besoin, sur plusieurs bulles, voire sur plusieurs strips (alors qu'en VO, les rimes sont toujours à l'intérieur d'une même bulle). C'est le genre de boulots qui a vite fait de vous rendre dingue.

Du coup, pour éviter de caler, j'alterne les trads. Le matin, je fais Mickey, l'après-midi, un autre truc.

Et l'autre, c'est Le Maitre d'Armes, un vieux récit de Star Wars lu dans un recueil au format poche. J'avais traduit il y a quelques temps un autre extrait de ce recueil, Le Lendemain de l'Etoile Noire, et ça avait été une sacrée madeleine. Mais le Maitre d'Armes, ça envoyait sérieusement du bois aussi. Du Infantino en grande forme, une histoire assez poignante, et en plus, là, les pages sont dans leur état d'origine, pas remontées pour le format poche. Autant dire que je kiffe sérieusement.

C'est une belle coïncidence que je me retrouve à traduire en même temps deux histoires que j'avais autant aimées, auxquelles s'attachent autant de souvenirs, et précisément à cette période de l'année. Ça me replonge dans l'ambiance ces lointains mois d'Août où je ne passais pas mon temps à bosser, où j'avais le temps de glander et où je ne m'en privais pas, entre deux balades à vélo avec mon grand-père, une partie de pétanque avec un frangin ou un cousin, et la lecture de bouquins et d'illustrés divers.

Alors que là, je bosse.

Putain, c'est déprimant quand même, la nostalgie.

* Ce qui apporte accessoirement la preuve que, dans l'épisode de Jojo et Michou spécial Halloween écrit il y a quelques années par Jay Wicky dans le journal de Mickey, le personnage déguisé en citrouille n'est pas forcément Etrigan, mais pourrait très bien être le fantôme d'Alex Handrin !

mardi 13 août 2013

In ze méleboxe

Tiens, je viens de recevoir le numéro 17 de la revue Fiction, deuxième représentant de la nouvelle formule, plus compact (et légèrement plus austère dans sa maquette). Bel objet (j'apprécie particulièrement la texture de la couverture, on sent qu'on s'amuse beaucoup avec ce genre de choses, chez les Moutons, voir la très dérangeante sensation que couverture de la réimpression de Zombies, qui colle parfaitement au thème, pour le coup.

Pour la petite histoire, la revue comprend un petit texte signé de ma pomme expliquant ma perception et mon interprétation de la SF, et de sa pertinence en tant que genre. C'est pas forcément très original, mais pour un numéro fêtant les 60 ans de la revue, c'était le genre de truc qui faisait sens (et c'est là que je m'aperçois avec horreur que ma précédente participation à Fiction remonte à 2005, ce qui ne rajeunit personne).

C'est le numéro d'automne, alors je ne sais pas exactement quand il sera mis en vente. Stay tuned.

dimanche 11 août 2013

Power of the Potemkine !

Le fiston matait la cérémonie d'ouverture, ou de clôture, ou de milieu, ou de je ne sais quoi d'un quelconque raout athlétistique qui avait lieu en Russie ces temps-ci. Et comme souvent dans ces cas-là, les organisateurs essayaient de convoquer de grands classiques de la culture locale. D'où extraits du Cuirassé Potemkine, le célébrissime film d'Eisenstein (si vous ne l'avez jamais vu, c'est libre de droits et dispo sur Youtube et Internet Archive) sur une musique de Prokofiev. Rien de bien surprenant. Et il y avait aussi des chorégraphies.

Et là, j'ignore si les organisateurs de ce genre de cérémonies ont le sens de l'ironie, surtout en Russie. Je vais donc supposer que l'ironie profonde de ce que j'ai vu était parfaitement involontaire. Parce que nos braves danseurs ont pénétré sur le stade en portant sur leurs épaules un énorme cuirassé Potemkine gonflable. Un Potemkine bidon. Un Potemkine Potemkine, un Potemkine au carré, en quelque sorte.

L'hommage à l'oeuvre du Maréchal Potemkine et à son sens du décor en carton pâte était magnifique. Fabuleux. Grandiose. Et probablement pas voulu du tout.

C'est beau, la Russie de Poutine, quand elle essaie de magnifier son passé Soviétique, et parvient en même temps à reprendre les bonnes vieilles habitudes du temps des Tsars et des Tsarines.

Na zdrovié et tout ce qui s'ensuit.

jeudi 8 août 2013

Alimentaire, mon cher Watson

Parfois, pour raconter une histoire à la petite, le soir, quand on n'est pas inspiré, on tape dans les vieux cartons de bouquins et on y ramasse un vieux recueil d'historiettes estampillées Disney datant de pfou... Genre du temps où c'était nous, le petit.

Et on pioche une histoire au pif, genre Mickey et Dingo cow-boys, et on commence à la lire en faisant des bruitages, des effets de voix et tout ce qui rend le truc rigolo. Et puis pouf, le traducteur se réveille et cale sur un machin idiot. Il finit certes de lire le récit de quelques pages, mais sur un ton un peu plus monocorde, tant la lecture est renvoyée en tache de fond pendant que le reste du cerveau est monopolisé par l'analyse du phénomène.

Car dans l'histoire, Mickey et Dingo ont mis la main sur une cargaison de "blé turc". Et ils se débarrassent de bandits en jetant au feu un sac de la céréale en question, parce que du coup ça crépite au point de faire un bruit de fusillade.

Le bouquin en question est donc une traduction de matériel Disney créé sous licence du côté de Milan, et cette conclusion est d'autant plus irréfutable qu'elle est tout à fait exacte.

Notons que pour en arriver à cette conclusion, je n'avais même pas besoin de la scène de fusillade. La notion de "blé turc" suffisait à deviner que l'histoire avait été écrite à l'origine en Italien. Parce que si l'expression "blé de Turquie" a existé en Français à une époque où l'on ne coupait pas encore la tête des rois sous nos latitudes, l'expression "grano turco" a perduré beaucoup plus longtemps de l'autre côté des Alpes pour désigner le bête maïs, qui peut en effet faire "pan pan" au moment où l'on en fait du pop-corn. L'Italie étant par ailleurs un gros producteur de matériel Disney, pas difficile donc de deviner la provenance de l'historiette. dommage que le traducteur ne soit pas crédité, par contre, parce que ça m'aurait permis de me payer à peu de frais la fiole de ce collègue de jadis.

Mais c'est là que je m'aperçois qu'il me faut des vacances. Je reste en mode "traduction aware" 24 heures sur 24, à présent, et c'est quand même mauvais signe.

dimanche 28 juillet 2013

La pluie et le beau temps

Hier soir, au repas, a eu lieu cet épisode navrant :

Il faisait beau quand je suis allé me mette à table.

"Oh, je crois que j'ai vu un éclair", dit l'un des convives alors qu'on attaquait l'entrée.

Je regarde par la fenêtre, et subitement, plaf, rideau de flotte, genre averse tropicale à grosses gouttes.

Puis le broulouboum du tonnerre.

Puis encore un peu la flotte.

Puis la flotte s'arrête.

Puis grand soleil.

Durée totale de la séquence, entre 35 et 40 secondes.

Et moi, je dis, le temps qu'il fait, le climat, ça devient n'importe quoi.

mardi 23 juillet 2013

Images

En voyant cette photo du quartier de Shibuya, à Tokyo, je me dis qu'il faudrait pas grand-chose pour en faire un chouette décor post-apocalyptique.


Ça fait rêver, quand même. Et quand on voit le réel des Japonais, on comprend qu'ils aient l'imaginaire qu'ils ont...

Et en discutant avec un copain, je me suis aperçu que j'avais posté ceci ailleurs, mais pas ici. C'est une variation sur "et si les Daft Punk faisaient la musique du prochain Thor ?"


Voilà voilà voilà....

Je suis déjà loin.

lundi 22 juillet 2013

E-book-book-bouh !

J'ai déjà dû en parler, je suis un habitué d'archive.org, un site d'archivage, comme son nom l'indique, dans lequel on peut trouver de pures pépites. Il recense toutes sortes de matériaux libres de droits, vieux films (et moins vieux), archives sonores, bandes d'actualités, vieux dessins animés (dont pas mal de trucs des frères Fleischer : du Superman, du Popeye, du Betty Boop) et le tout de façon parfaitement légale. Ça m'a permis par exemple de compléter ma culture en ce qui concerne Harold Lloyd ou Buster Keaton, mais aussi de découvrir Fatty Arbuckle et d'autres choses du genre. C'est un pur bonheur d'aller piocher là-dedans.

Et il y a aussi du texte. On est à l'époque de la numérisation du patrimoine, et c'est très bien, pas mal de vieilles choses deviennent accessibles. Quand on fait des recherches pour des scénars ou des bouquins, c'est incroyablement précieux. Archive.org contient plein de trucs qu'on ne trouve pas sur le site du Projet Gutemberg, pourtant une des références (méritées) dans ce domaine.

Et, fin du fin, cerise sur le gâtal tout comme le Projet Gutemberg, Archive fournit les textes en plusieurs formats. Byzance. Le Pérou. Comme j'ai une petite tablette sous androïd vachement pratique pour lire du fichier numérique, je me télécharge pour pouvoir faire mes recherches pendant mes transports une palanquée de vieux essais et autres monographies publiés il y a un siècle et demi, à la rechercher d'infos parfois un peu ésotériques (dernièrement, j'ai passé plusieurs jours à essayer de piger ce qu'était une mornifle, aux cartes) (les trois personnes de mon entourage qui employaient encore ce mot désuet l'utilisaient dans son sens "baffe dans la tronche, de préférence du revers de la main", mais le terme date du moyen-âge et désignait à l'origine une combinaison de cartes) (après moult recherches, j'ai trouvé en passant par l'Anglais "mournival" qu'il s'agissait d'un carré, généralement d'as ou de rois. et que le sens "baffe" vient du fait qu'un revers s'inflige à quatre doigts, sans le pouce) (c'est pour un scénar, et je ne sais absolument pas si la scène pour laquelle j'ai fait cette recherche sera dans le final cut) (oui, je sais, je suis un grand malade, on me l'a déjà signalé à diverses reprises). Tous ces texte sont en effets disponibles au format e-book.

Et là, c'est le drame. Autant, les e-book du Projet Gutemberg sont moins nombreux, mais on sent qu'ils sont relus et, au besoin, amendés en tenant compte du pdf initial. Sur Archive, non. Les e-books sont bruts de conversion par le logiciel de reconnaissance de caractère. Les coquilles abondent, et plus grave, les paginations avec rappel du titre en haut de pages et notes en bas sont pas bien gérées. à la décharge du site, ces fichiers sont souvent fournis par des universités ayant mené des campagnes massives de numérisation de leurs bibliothèques, et on peut concevoir que les facs américaines manquent de bras pour relire et corriger des bouquins en Français, voire en Moyen-Français.

Du coup, toute cette masse de doc est difficilement exploitable. Pas inexploitable, hein, mais touffue, rugueuse, difficile d'accès. Du coup, j'ai voulu me reporter aux pdfs initiaux, qui sont des scans des pages. Et là, seconde surprise. Pour partie, ces scans proviennent de la grande (et controversée) campagne de numérisation des bibliothèques publiques par Google, il y a quelques années. Le lien Archive.org renvoie directement au site de Googlebooks, vraiment peu pratique. On peut contourner l'obstacle en accédant directement au répertoire du site Archive.org, vu que les pdfs y sont stockés pour permettre l'affichage direct. C'est malcommode, mais ça marche.

Le gros problème, c'est quand on poursuit les recherches, mais que les bouquins ne sont listés que chez Googlebooks, comme celui-ci. Le bouquin a été visiblement scanné : il est répertorié avec son sommaire, mais il n'est pas dispo, ni chez Google, ni chez aucun des vendeurs associés, à aucun format, à aucun prix. Pourquoi ? Aucune explication, mystère. En fouinant sur le site, on découvre que deux copies papier existent en bibliothèque à Paris, et qu'on peut en commander une copie numérique. à quarante-cinq euros, disponible sous trois semaines, et que ça coûte un poil moins cher de faire tout bêtement photocopier. Et pour en arriver à cette info, il a fallu éplucher plusieurs pages successives, cliquer, recommencer la recherche sur le nouveau site et ainsi de suite.

L'accessibilité de la culture, c'est pas encore ça. Internet facilite drôlement les recherches, mais dès qu'on veut faire dans le pointu, y a encore du travail.

vendredi 19 juillet 2013

Messieurs, je vous offre Delta City !

Je viens d'apprendre par voie de presse que la ville de Detroit s'était déclarée en faillite. Detroit, c'est la ville qui a donné au monde Tom Selleck*, Alice Cooper** et la Motown***.

Detroit, maintenant, c'est ça, un Tchernobyl sans les radiations :





Et là, forcément, on repense à ce film prophétique racontant la privatisation subséquente de la ville : Robocop.

Et donc, on se prend à craindre que l'avenir de la ville, ce soit ça :


Et surtout ça : un monde dans lequel TF1 et Morandini auraient gagné la guerre :



Je crois qu'on n'a plus le choix qu'entre deux options : une souscription mondiale pour sauver Detroit. Il suffirait que chaque habitant de la planète (clodos, afghans et bébés compris) donne trois dollars pour régler le problème. Ou alors une bonne bombe atomique bien placée. C'est sans doute plus sûr. De fort mégatonnage, bien sûr. En plus, avec un peu de chance, on aura Eminem en prime, comme ça.










* Power of the mustache
** Power of the rimmel
*** Power of the afro