lundi 31 décembre 2012

On peut plier l'année, là

Bon, ben encore une de passée. Je crois que l'année 2012 aura pas été trop mal, hormis une fin du monde particulièrement ratée.

Et sinon, mauvaise nouvelle ce matin : en lisant la presse ce matin, j'ai découvert qu'on avait prouvé qu'en fait, Louis XIV était bien le fils de Louis XIII. Moi que ça faisait marrer depuis des années de me dire qu'il était peut-être bien, en fait, celui de Mazarin... La réalité est souvent décevante.

Enfin, que ça ne vous gâche pas le réveillon !

Bonne année à tous !

dimanche 30 décembre 2012

"Laisse tomber, ce sont des nihilistes"

Alors, de temps en temps, il m'arrive d'aller jouer au bowling. Généralement avec mon frangin, sa fille, une des miennes, d'autres membres de la famille, selon ce qui se présente. Je suis pas hyper bon au bowling, genre à peu près autant qu'au billard (bon, au billard, j'ai une excuse : j'y joue généralement en festival, donc après des journées crevantes, avec trois ou quatre verres dans le nez, quand ce n'est pas trois ou quatre douzaines, et à des heures absolument improbables). Bref, là, j'ai joué quelques bons coups, souvent par inadvertance, et puis j'ai tapé droit dans le caniveau plus qu'à mon tour, et on a bien rigolé, comme toujours. C'est assez bon enfant, comme sortie.

Et puis, à un moment, il y a eu les inévitables citations de Big Lebowski entre moi et mon frangin. C'est forcé, dès qu'on a des chaussures de bowling aux pieds. Et comme c'était l'heure où il commençait à faire soif, forcément, j'ai été tenté de me commander un Russe blanc au bar. Ce cocktail que boit le Dude et qu'on appelle aussi parfois White Caucasian.

Et puis en arrivant au bar, je me suis aperçu que la carte ne comportait pas de Russe blanc sous aucune dénomination, et que le serveur était noir. J'ai réprimé une blague idiote, mais je me suis dit aussi, assez bêtement, que ça ferait bizarre de commander un Caucasien blanc à un noir.

Et ça m'a coupé la chique, et il a fallu que je me décide vite pour autre chose. N'importe quoi d'autre. Au débotté.

Alors ça a été un Martini.

Blanc.


Et j'ai même pas eu ça pour mon Noël
Caramba, encore raté.

samedi 29 décembre 2012

Hard workin' man

Le gros problème, quand on prend des congés, c'est de se remettre au boulot quand on rentre. Oh, certes, histoire de ne pas laisser les muscles traductionnels et scénaristiques s'atrophier pendant une semaine, j'avais emmené un peu de boulot. Bon, j'ai traduit trente pages de batmaneries, et commencé à convertir un vieux projet de BD en projet de roman, juste au cas où.

Mais en fait, l'essentiel du temps de vacances a été passé à bouffer et à boire, et à lire tranquillou. Genre un Hunter S. Thompson que j'avais commencé mais laissé en plan pour des raisons bizarres : Generation of Swine, excellent, des articles assez courts datant de la fin des années Reagan, montrant que si le Docteur Gonzo saisissait très bien l'air et les failles du temps, il était assez mauvais prévisionniste. Par contre, il a aussi probablement raison à propos de la pêche à la truite au shotgun, je suis d'accord avec lui, ça ne doit pas être un bon moyen de se faire bien voir de ses voisins. Mais j'ai aussi mis le nez dans la Naissance de la Tragédie, de Nietzsche, que je n'avais jamais lu, et dans le Tractatus de Wittgenstein, que j'ai trouvé aux limites de l'imbitable. Peut-être la traduction y est pour quelque chose, mais une partie des conceptions développées dedans me heurtent de plein fouet. Je subodore d'ailleurs que des expériences comme le Fulchibar sont intrinsèquement et fondamentalement anti-wittgensteiniennes, mais je n'ai pas assez creusé le sujet pour en être totalement sûr, vu que ça m'est assez vite tombé des mains. Et puis sinon, et dans un tout autre style, j'ai commencé à lire Motel 007, de Ian Fleming, dans lequel il semble prendre un malin plaisir à prendre le contrepied total des codes bondiens.

Tout ça pour dire qu'il devient urgent de me remettre au boulot, mais qu'aujourd'hui, ça n'a pas été particulièrement concluant sous ce rapport.

vendredi 28 décembre 2012

Squattage du poste, une fois encore

Ah, j'en ai pas parlé hier parce que j'ai failli louper le truc, mais il me semble que ça repasse ce soir : je suis interviewé dans l'émission Plus ou Moins Geek à propos d'Apocalypses : une brève histoire de la fin des temps. Et surtout à propos de l'art délicat de la survie aux évènements apocalyptiques, on ne sait jamais. C'est sur la chaine Planète Plus No Limit * et c'est présenté entre autres par le très estimable Laurent Queyssi, auteur lui aussi aux Moutons Electriques, comme quoi ces interviews télé, c'est que du copinage honteux.


* la chaine qui le reste du temps passe des documentaires de tuning et des trucs genre "qui c'est le plus balaise entre la tarentule mangeuse d'hommes du Katanga ou le lézard venimeux qui tue de Nouvelle-Guinée, un combat à mort en méga gros plan, avec incrustation de couinements de hamster pour faire encore plus dramatique", avec une mise en scène over the top, c'est vraiment le genre de truc à regarder avec une canette de bière à la main.

mercredi 26 décembre 2012

Ils nous doivent plus que la lumière

Ayé, la semaine prochaine, les dernières ampoules à incandescence seront hors la loi, et on enterrera donc une technologie séculaire.

Au lieu de la bonne vieille ampoule, il faudra employer ces saloperies au néon qui éclairent mal, ces saloperies d'halogènes qui chauffent comme les forges de l'Enfer, ou ces LED qui piquent les yeux.

Mais pire encore, comme dans toute prohibition de ce type, on court le risque de voir le marché de la vraie ampoule, devenu illégal, être pris en main par des organisations habituées au marchés illégaux : les mafias. Il faudra aller dans des banlieues sordides pour acheter, dans des cages d'escalier sentant le pipi et le shit, nos ampoules, qui seront vendues très cher par des individus louches en survêtements à capuche. Les produits ainsi vendus seront souvent d'une qualité déplorable, du 40 watts vendu pour du 60, des ampoules qui grillent au bout de deux mois, du krypton coupé au xénon.

L'horreur absolue, quoi.

Et les bénéfices de cet odieux trafic serviront à financer la pâtée des chiens de Don Corleone ou les parties fines de Don Berlusconi. Toute une économie parallèle qui se ramifiera dans tous les pays. La mafia russe contrôlera des mines de tungstène dans le Caucase, et sera en cheville avec des Albanais qui détourneront la production d'honnêtes verriers. Les Yakuza et les Triades prendront le contrôle d'usine en Chine et à Taiwan pour faire assembler le tout, ce qui perturbera la production de l'Iphone 8. Le marché illégal du cuivre pour les culots conduira des gitans à voler les câbles des trains et les bobinages des voitures électriques. Les gens n'oseront plus se déplacer. La civilisation périclitera. Nous serons collectivement renvoyés au rang de la bête, à la loi de la jungle, ou au militantisme UMP.

Et tout ça parce que les écolos auront fait interdire la bonne vieille ampoule à filament.

"Les fous ! Je vous hais ! Soyez maudits jusqu'à la fin des siècles !" disait déjà en son temps Charlton Heston, qui s'y connait en tarés irresponsables.

mardi 25 décembre 2012

Happy birthday Santa !

Ah ouais, c'est Noël. Paix sur Terre aux hommes de bonne volonté, buche glacée et foie gras pour tout le monde, champagne pour les autres, et caetera amen. Donc, de joyeuses buches glacées, foies gras, huitres, dindes ou quelle que soit votre façon préférée de vous projeter dans une torpeur digestive (accompagnée ou non ensuite de gueule de bois) autant que festive.

Donc, joyeuses fêtes à tous.

"Et la clope avec le café ou après l'amour pour ceux qui donnent dans le genre.
Parce que moi, perso, le café pendant l'amour, c'est pas mon truc,
mais chacun voit midi à sa porte
tant que c'est pas pendant la messe de minuit."
(Chris Kringle, de meilleure humeur maintenant qu'il a tenu ses objectifs,
et à mon avis, il a pas fêté ça qu'à la clope)

lundi 24 décembre 2012

Benny Hill, réveille-toi, ils sont devenus fous !

Là, ce sont les fêtes. Un moment où on lève le pied niveau boulot ne serait-ce que pour prendre le temps de digérer tranquillement le foie gras, le Gewurztraminer, la buche et tout ce qui s'ensuit.

Et parfois, quand on comate gentiment sur un canapé, la main se tend machinalement vers la télécommande. On se dit qu'en période de fêtes, la télé passera forcément un truc un peu rigolo, un vieux Pierre Richard, ou alors gentiment nostalgique, un Western de l'âge héroïque ou un film d'aventures avec Cary Grant, bref de quoi égayer gentiment la douce torpeur post-prandiale qui accompagne les après-midi de la fin décembre.

Et puis au lieu de ça, on tombe sur des programmes comme la chose nommé LOL;-), sur une chaine de service public. C'est probablement ça qui est le plus navrant, en fait. Les gens qui ont commis ça n'ont même pas l'excuse d'être sur un canal tenu par des rebuts décavés de bande FM ou des fins de soirée de TF1 comme NRJ12. Non, là il s'agit bien d'un truc financé par la redevance. C'est fait avec votre pognon. Et le mien.

Et LOL;-), c'est grosso modo du néo Benny Hill, sans plus même l'excuse de la figure vaguement charismatique (pour peu qu'on ait suffisamment bu) du  biflandais rondouillard ni de son aspect patrimonial des mauvais jours, ni la musique rigolote. Dans un certain nombre de pays amis de la France, un tel programme vaudrait à ses responsables et à ses scénariste une exécution sommaire au petit matin. Voire de participer en payant de leur personne à l'entretien des crocodiles des jardins du palais présidentiel.

La consommation de cocaïne de rigueur à la télévision n'explique et n'excuse pas tout. Là, il y a vraiment un problème, et j'appelle solennellement au rétablissement de la flagellation publique et du pilori, parce que merde, quoi, même les bornes doivent avoir des limites, et la dernière fois que j'ai vérifié, le seul truc qu'on exigeait de l'humour, c'était d'être au moins un peu drôle. Pas forcément fin, ni de bon goût. Juste drôle, quoi. Alors que là, on se prend à regretter Jean Roucas.

Et c'est mal.

dimanche 23 décembre 2012

Rex tremendae majestatis

Je ne reconstituerai pas ici le train pensées et de paroles qui a conduit à ces conclusions, parce que ce serait trop compliqué, ça prendrait trop de place, et globalement, ce serait assez navrant.

Mais le fait demeure : comme tout grand carnivore, le T-Rex devait marquer son territoire. Et d'un coup, j'essaie d'imaginer ce à quoi pouvait ressembler le marquage de territoire d'un carnivore-charognard de seize mètres de long du bout de sa truffe humide à l'extrémité de sa queue musculeuse que, si ça se trouve, il agite quand il est content. Et je visualise d'un coup le kärcher pestilentiel que ça pouvait représenter, genre trois cent litres de pipi de chat d'un coup sur une prèle gigantesque. C'est absolument terrifiant. Et c'est dans les moments où l'on imagine ça, qu'on se dit qu'en fait, ouais, finalement, tout bien réfléchi, c'est peut-être pas plus mal qu'ils soient extinctionnés, ces bestiaux-là.

samedi 22 décembre 2012

Report sine die du Ragnarok

Bon, en apparence, la fin du monde, ça a été reporté. On ne peut s'empêcher de ressentir comme un pincement de déception en voyant que le monde est toujours là. Le métier de prophète de malheur est un dur apostolat.

Mais heureusement, chers amis annonciateurs de l'Apocalypse, j'ai une solution clé en main pour vous , qui vous permet de sauver le monde tout en sauvant la face !

En fait, le monde tel qu'on le connait a bien cessé d'exister hier midi, heure du Yucatan (à midi douze, parce que le dieu obscur maya est comme Obélix : à midi douze, il a toujours faim), mais comme les Mayas étaient de prodigieux mathématiciens (et nettement meilleurs que les Egyptiens, dont on nous rebat les oreilles : pour l'architecte égyptien moyen, suivant les époques, la valeur de Pi était de 3 ou au mieux de 3,1), le monde continue d'exister sous la forme d'une simulation mathématique de haute précision*, au sein d'une stèle ancienne en silice artistement taillée.

La simulation est tellement bien foutue que, de l'autre côté de ma fenêtre, la pluie a vraiment l'air de mouiller, et que pour ceux d'entre vous qui partez en vacances, les bouchons sont aussi agaçants que d'habitude.

Ils sont décidément trop forts, ces Mayas.





* Par contre, du coup, si vous voyez un Keanu Reeves en trench-coat noir, courez.

vendredi 21 décembre 2012

En direct de la FIN DU MONDE !!!!!!

** note liminaire : pour un effet maximum, essayez de lire ça avec une voix essoufflée genre Nicolas Hulot qui crapahute sur les flancs du Mont Fulchibar en évitant les zébus tel le Poilu évitant les zobus. **

Eh oui, chers lecteurs de la War Zone (pour plus de vraisemblance, j'aurais dû mettre "chers auditeurs", mais le jour de la fin du monde, je me suis dit "fuck it", après tout), me voilà en direct du 21 décembre 2012, jour de la fin du monde si l'on en croit les anciens Mayas, ou plus précisément les interprètes éclairés des anciens Mayas (tellement éclairés, d'ailleurs, qu'on peut les mettre dans la rue la nuit pour les illuminations de Noël, en plus c'est de saison).

En direct avec nous pour commenter cet événement considérable, Chris Kringle, aussi connu dans certains milieux sous le nom de Santa, de Petit Papa Noël voire même de l'Ayatollah des Joujoux, qui semble ne guère goûter la solennité de l'instant.

"Oui, ben ça fout un boxif pas possible dans mon planning, toutes ces conneries. Avec ça, les gens n'ont pas passé commande. Quand ils s'apercevront du truc, ils se rattraperont sur les quatre derniers jours, et je vous raconte même pas les embouteillages. Je sens que les lettres de dernières minutes, je vais les passer direct à mon collègue de chez Fouettard S.A. Remarquez, y en a certains qui pourraient apprécier : le collègue a embauché des assistantes, qui insultent en Allemand (ou gueulent la recette de l'Apfelstrüdel peut-être, j'ai un doute, je crois pas que Zutaten soit une insulte) en tapant, et il parait qu'il fait carton plein, du coup. Mais bon, je vais quand même me retrouver à bosser comme un dingo un jour férié, à mon âge, et ça finit par me gaver, toutes ces histoires de travailler plus pour gagner plus. Je vais finir par me tirer en Belgique, si ça continue."

Merci M. Kringle pour ce témoignage désarmant. Mais tout de suite, en dupleix de Bugarach, Michel Chevalet, pour nous expliquer pourquoi le site sera protégé, ou pas.

"Merci, Alex. Alors c'est bien simple, un pic de Bugarach, comment ça marche ? Il semblerait que le champ magnétique particulier du lieu soit suffisamment intense et d'ores et déjà retourné, permettant de protéger les gens des environs de l'inversion du champ magnétique terrestre prévue aujourd'hui. Nonobstant bien sûr le fait que de telles inversions surviennent à peu près tous les cent mille ans, et ne provoquent pas la fin du monde à chaque coup. Tout au plus cela a-t-il perturbé, la dernière fois, les GPS primitifs des mammouths et autres rhinocéros laineux, les poussant à l'extinction. Vérifiez donc que votre GPS soit correctement mis à jour, dans le doute. Par ailleurs, en termes de champ magnétique, n'hésitez pas plutôt à vous installer dans l'anneau du LHC, dont les électroaimants sont bien plus puissants que ce caillou à la con. à vous les studios, à vous Cognacq-Jay*."

Merci Michel. Nous avons à présent sur le plateau un représentant de l'association des anges exterminateurs, et...

Scrouitch....

En raison d'un incident technique indépendant de notre volonté, nous ne pouvons poursuivre le direct.

Tout de suite, un page de publicité.










* Non, non, le gars Jay n'est pas passé aux spécialités du Sud-Ouest, il continue à carburer au Whisky, pour ce que j'en sais.

jeudi 20 décembre 2012

Gibert, monte à pied

Hop, me voilà reviendu de ma séance de dédicaces chez Gibert, et du fait d'une grève de RER, il a fallu que je finisse à pied le trajet, on est pas aidé, et en plus le boulevard est en côte, ah-la-la, je vous jure.

Pas d'exemplaires de Burton, le carton les contenant ayant été victime d'un sort funeste qui prouve que je ne suis pas le seul à être atteint du syndrome de Pierre Richard. Ou alors c'est que mon cas est tellement grave que j'émet une espèce de champ karmique qui provoque des catastrophes à distance, c'est possible aussi, allez savoir. Pourtant, je portais mon authentique colifichet maya anti fin du monde, un petit chapelet de crânes en plâtre du meilleur effet, que j'invitais les gens à toucher pour bénéficier de sa protection garantie contre les effets délétères de la fin du monde. Heureusement, il y avait plein de Crusades, de Mythe & Super-Héros et bien entendu, d'Apocalypses, une brève histoire de la fin des temps, parce qu'une dernière dédicace avant la fin du monde ne ressemblerait pas à grand-chose sans bouquins à dédicacer.

En tout cas ce fut bien sympathique, avec les inévitables amis qui passent dire bonjour et papoter deux minutes, les badauds qui feuillettent les bouquins avant de les reposer, les petites mamies qui me prennent pour un libraire et me demandent où est passé le rayon polar, les gens qui découvrent mon boulot, et puis une catégorie à part, celle des authentiques fans qui arrivent un peu émus ou un peu contents ou un peu amusés de me rencontrer en vrai (ils et elles se reconnaîtront), ce qui me fait toujours un peu tout drôle mais aussi très plaisir (comme la fois où un stagiaire des Humanos que j'avais croisé une ou deux fois dans les bureaux avait fini par apprendre qui j'étais et m'avait sauté dessus en disant "mais… t'es Nikolavitch ? j'adore tes traductions !", et d'ailleurs il est devenu traducteur depuis).

Bref, un peu vanné, donc je ne vais pas me fendre d'une armageddon party. Pour citer un grand philosophe de notre temps (Danny Glover, pour ne pas le nommer), "chuis trop vieux pour ces conneries".


Et du coup, je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager une jolie image sur le sujet, qui sort du blog de Gewll, qui est tout plein de jolies images dans le genre. J'espère qu'il ne m'en voudra pas.


mercredi 19 décembre 2012

Ça cause dans le poste (suite)

Hop, revenu de la télé. C'était très sympa, même si j'ai trouvé le moyen de me paumer en descendant du taxi (je n'avais que la rue à traverser, et j'ai mis dix minutes à trouver le bâtiment, sous une pluie battante. ça a été un grand moment de nikolavitchitude). Et puis je me suis retrouvé maquillé de frais, avec micro et oreillette, face à un journaliste et aux autres intervenants. Dieu merci, mon accent frenchy n'était pas le plus calamiteux du lot (l'éminent et passionnant archéologue spécialisé dans le néolithique avait un accent pire, si la chose est possible, que le mien).

http://www.france24.com/en/20121219-dabate-part-1-end-world-2012-earth-dommsday-mayan-calendar

http://www.france24.com/en/20121219-dabate-part-2-end-world-2012-earth-dommsday-mayan-calendar



Dans l'affaire, j'ai quand même gagné un collier Maya anti apocalypse garanti qui marche, gentiment offert par M. Copetas, grand reporter. Comme ça, j'attraperai pas l'apocalypse quand ça arrivera.


Mais ce qui est épatant, aussi, c'est que France 24, c'est quand même la voix de la France dans le monde. Et donc que, pendant les quatre minutes où j'ai ouvert la bouche pour parler, j'ai été la voix de la France.


**pose la main sur le cœur en écrasant une larme et en mettant la Marseillaise à fond**

Cause dans le poste, bis

Ah, ceux d'entre vous qui ont France 24 en version anglophone (sur Orange, canal 159, sur Canalsat, canal 407) pourront me voir débattre ce soir à partir de 19h10 à propos de la fin du monde.

Enfin, débattre, c'est un bien grand mot.

Bafouiller en mauvais Anglais des considérations sur le sujet serait plus précis.

Enfin, vous voilà prévenus, quoi.

Et sinon, n'oubliez pas la dédicace demain chez Gibert.


dimanche 16 décembre 2012

Mon avis sur Twitter


"140 signes pour dire quelque chose, ça va pour Nadine Morano et Kim Kardashian, mais pas pour les vrais gens."

La Belgique n'a pourtant pas vocation à ramasser toutes les épaves du monde

C'est pas cool, les infos, en ce moment. Entre la tuerie de gosses aux Zuhéssas et l'exil fiscal du Dipardiou, on n'est pas gâtés.

Bien entendu, ce genre de séismes s'accompagne d'analyses à l'emporte pièce. Le tueur de Newton a été décrit comme un goth accro aux jeux vidéos. Sauf qu'une partie des explications sur son addiction aux jeux vidéos semble provenir d'une méprise : son frère, qui n'a rien à voir dans la tuerie, a été momentanément pris pour le tueur, et comme sa page Fèces-Bouc parlait de ses jeux préférés, la liste a été versée au dossier à charge. Et quand on s'est aperçu de la méprise, la liste est restée, mais on ajoutait aux tares du tueur le fait que lui, il n'avait même pas de page Fèces-Bouc. Pensez donc, ça ne peut faire de lui qu'un déviant asocial (comme en leur temps ces gauchistes qui étaient stigmatisés parce qu'il n'avaient pas de téléphone portable). Ceux qui dénoncent l'addiction à des jeux forcément pernicieux passent sous silence le fait que la maman du tueur collectionnait les flingues et avait inscrit ses fistons au stand de tir. Bref, encore une histoire à tiroirs qui permettra tous les raccourcis pour éviter soigneusement de mettre le doigt sur les deux sujets cruciaux : le culte et la culture des armes (et non pas simplement leur libre circulation), et l'absence de suivi médico-psychologique digne de ce nom (parce qu'un système de santé performant, c'est bien connu, c'est un truc de communiste, et qu'un bon américain digne de ce nom n'en a donc pas besoin).

Mais tout ça, c'est quand même un débat yanko-américain.

Le vrai drame, ici, c'est l'exil du Dipardiou. Alors certes, ça faisait longtemps que le Dipardiou était un produit d'exportation réputé (avec des chefs-d'œuvres comme My Father the Hero, par exemple). Mais ce qui est intéressant, c'est qu'il récuse à ses détracteurs le droit de le juger. Il demande à être respecté. Il a tout à fait raison. Les exilés fiscaux sont des êtres humains comme les autres, tout comme les gens qui ne peuvent pas se retenir de faire pipi pendant un quart d'heure (une compétence qu'on est censé maîtriser dès l'âge vénérable de deux ans et demi, pour les plus retardataires d'entre nous), et tout comme les délinquants qui font du scooter en état d'ébriété avancée (comme quoi la Tolérance Zéro de son ami le Petit Nicolas est à géométrie variable. Le Zéro semble y avoir une valeur fluctuante, un peu comme en physique quantique, qui ne permet pas d'affecter une valeur fixe à une particule dont la trajectoire est précisément connue, mais ne le permet que quand la trajectoire est aussi floue et incalculable que celle d'un scooter au centre de gravité décalé vers le haut et au pilotage éthylico-approximatif, c'est dire si ces gens sont forts).

"Je suis l'aigle de la route !"

Ceux pour qui ça me fait de la peine, ce sont les citoyens du monde, qui doivent être emmerdés qu'un zigomar pareil se revendique d'être des leurs, et nos amis les Belges, qui devront désormais se méfier des colosses en scooter cabossé quand il leur prendra l'envie de traverser la rue.

vendredi 14 décembre 2012

Euh'l'Niko, v'la qu'il cause encore dans le poste !

S'il y a des Normands parmi vous, sachez que je serai interviewé vendredi prochain après-midi, le 21, pour parler de Fin du Monde et d'Apocalypse. Ce sera sur France Bleu Haute-Normandie, je n'ai pas encore l'heure exacte (normalement je ne fais qu'intervenir une dizaine de minutes dans une émission de deux heures sur le sujet).

jeudi 13 décembre 2012

Réveillage du Patrick Duffy intérieur

Alors voilà, si je n'étais pas ces derniers jours devant mon ordi à alimenter la War Zone, c'est parce que je tirais les dividendes de mon aventure télévisuelle de cet été : j'avais gagné quelques jours de thalassothérapie, et ça tombait là, un poil hors-saison, mais c'est pas grave, c'était en intérieur chauffé.

Alors faut dire ce qui est, tout ce qui est "cure de remise en forme", "machin-thérapies" de tous poils et autres bidules censés conférer le bien-être et tout la bastringue, ça m'arrachait au mieux une espèce de moue goguenarde. Je voyais ça comme un truc pour gens qui jouent au tennis et qui aiment ça, genre*. Bref, le truc qui ne me concernait qu'assez lointainement.

Mais je suis du genre curieux, et du genre à saisir les occasions. Ce qui fait que, la date approchant, je me suis racheté un slip de bain mettable et une paire de claquettes en me disant "après tout, j'aime l'eau**, alors ça ne peut pas me faire de mal et au pire, je me taperai des longueurs dans le bassin".

Et en fait, c'était génial. Ça m'a vachement fait du bien au dos (grand comme je suis, ça a toujours été mon point faible), et un hydromassage, ça vaut largement un bon kiné, en fait. En plus, le restaurant du centre était de très haut niveau (service impeccable, viandes et poissons de grande classe, vins plus que sympathiques, et mention spéciale à la mousse au chocolat blanc, coulis de fruits rouges et basilic, qui est une tuerie intergalactique). J'en ai profité aussi pour découvrir pourquoi le jacuzzi avait cette espèce d'aura décadente. Fichtre, faut faire gaffe à comment on s'assoit dans ces machins. Le flux de bulles a un effet stimulant, et après on ne peut plus se relever sans manquer singulièrement de discrétion. Enfin bref. C'est peut-être pour ça que la douche froide était à un pas et demie du jacuzzi. C'est bien pensé.

Alors après, oui, si vous vous imaginez le Niko tartiné de boue d'algues, vous avez raison. Si vous vous imaginez le Niko en train de faire de l'aquagym au milieu d'un troupeau de mamies arthritiques, vous avez raison aussi. Et ainsi de suite. Ça fait un bien fou, ce genre de trucs, j'aurais jamais cru.

Sur le retour, étape à Caen (j'étais à Ouistreham, à côté d'une plage du Débarquement, donc le retour à Paris impliquait au moins une heure sur Caen en attendant le train, heure que j'ai multipliée par trois, du coup, parce que bon), et passage chez quelques bouquinistes qu'on m'avait recommandés, avec le chauffage de carte bleue qui va bien dans ces cas-là.

Je suis ressorti de ces quelques jours décapé, mais avec une niaque incroyable (et nanti d'une nouvelle quête du graal personnelle : dupliquer cette mousse au chocolat blanc). Ça tombe bien, j'ai trois tonnes de boulot qui m'attendent avant de pouvoir partir quelques jours pour les fêtes.

**rangement de slip de bain**

**cubitainer de café**

**retroussage de manches**

**bandeau autour de la tête façon John Rambo**

**reluquage de la pile de traduction et de la doc pour scénarios**

"Go ! Go ! Go !"






* Il faut savoir que le tennis, dans ma hiérarchie de l'univers, est quelque chose qui est relativement en bas de l'échelle, genre au niveau des nuages de vase au fond de la fosse des Mariannes, à peu près.

** En tout cas pour tremper dedans. Pour boire, il me semble que le génie humain a créé nettement mieux le jour où un de nos ancêtres a découvert la fermentation, puis le jour où un autre de nos ancêtres a inventé la distillation. Mais bon, une thalassothérapie à la vodka, je me demande si ça ne piquerait pas un peu les yeux.

dimanche 9 décembre 2012

The End is Nigh !


Bon, vous voilà prévenus, c'est officiel : ma dernière dédicace avant la fin du monde, ce sera le jeudi 20 décembre chez Gibert Joseph, 26 Boulevard St Michel à Paris. Mais au sous-sol, chez le père Uriel (le barbu du rayon SF), parce que je suis puni.

vendredi 7 décembre 2012

Ça craint velu



Dernièrement, dans le cadre d'un magazine consacré à Star Wars,  je me suis pris une double (une bonne double poilue, d'ailleurs, comme vous allez le voir) page à traduire. C'était à propos des Wookies, vous savez, les hommes singes grognons dont un exemplaire suit partout ce brave et honnête Han Solo.

Alors chacun sait que le Chiktaba, là, en plus d'être le co-pilote d'un appareil qui pourrait nous convenir, était un mécanicien bourru mais talentueux.

Or, on sait aussi que son espèce, les Wookies, est originaire d'une planète forestière sur laquelle les manuels qui veulent faire carrière ont tout intérêt à se lancer dans l'ébénisterie (ou les travaux de charpente, comme le jeune Harrison Ford l'avait d'ailleurs fait en son temps*). Notre Chiktaba préféré pourrait donc être une anomalie, un bon sauvage acculturé à force d'être loin de son foyer et de travailler en duo avec une fripouille comme Solo. Chiko, comme l'a surnommé son pirate de collègue, est un peu le soutier nègre des cargos d'antan, pelletant le charbon à fond de cale et entretenant la tuyauterie pour faire voyager capitaines d'industrie à haut de forme et dames en crinoline (le genre de personnage joué aussi par Yaphet Koto dans le premier Alien, sauf que la crinoline va mal au teint de Ripley).

Mais bien sûr, une telle notion est beaucoup trop complexe à manier pour l'intellect corseté  des rédacteurs de chez Lucasfilm. Dans la double page qu'on m'a donné à traduire, ce sont donc TOUS les Wookies qui sont les rois du mécano et du fer à souder.

Et c'est naze.

Bientôt, on va nous expliquer qu'ils ont tous le rythme dans la peau, comme leurs copains les Ewoks.


*Authentique

mercredi 5 décembre 2012

Nikolavitch en vrai !

Bon, c'est pas encore tout à fait finalisé (et je vous tiens au courant de l'évolution des choses, bien entendu), mais normalement, le jeudi 20 décembre après-midi, je serai chez Gibert Joseph (le gros* Gibert juste en face de Cluny, sur le Boulevard Saint Michel), pour une dernière dédicace avant la fin du monde. Qu'on se le dise !





*On me signale dans l'oreillette qu'il n'est pas gros. Juste un petit peu bas de poitrine. Le lecteur aura rectifié de lui-même.

lundi 3 décembre 2012

Lectures du moment

Monsieur Smiley : Glacial, méthodique et efficace

Je parlais de La Taupe, dernièrement, parce que j'avais beaucoup aimé le film avec Gary Oldman (faut dire qu'il est épatant dans le rôle de Monsieur Smiley, archétype du fonctionnaire de l'espionnage, un être en apparence grisâtre et insignifiant, mais qui n'est que regard et cogitation, et que son apparence insignifiante rend d'autant plus redoutable), et j'avais donc investi dans le bouquin de John Le Carré qui l'avait inspiré. à quarante et un an passé, j'avoue à ma grande honte n'avoir jamais lu de ma vie un Le Carré avant cette année.

Du coup, je rattrape l'erreur et le temps perdu en me jetant dedans, parce que je m'aperçois que j'adore. Je viens d'enchainer avec la suite : Comme un collégien, et c'est toujours aussi bon : après avoir débusqué la taupe au service des communistes, Monsieur Smiley doit réorganiser le Cirque. Et surtout redorer le blason de son organisation aussi bien auprès de sa hiérarchie que des cousins outre Atlantique.

Je me régale. C'est assez parano comme j'aime, et complètement ironique et vachard comme j'adore. Je recommande vivement. Et du coup, je songe fortement à choper les Smiley produits jadis par la BBC avec Alec Guinness dans le rôle. Ça doit forcément être bien.

Comme j'ai souvent plusieurs bouquins en cours en même temps (en général : un pour les transports et un pour la table de nuit. Parfois en plus un pour le boulot, non que je lise au boulot, mais je veux dire un bouquin que j'épluche dans un but professionnel : en ce moment, des bouquins de Jacques LeGoff), je me relis un truc que j'avais adoré étant jeune (il y a très, très longtemps), La Légende de Hawkmoon série de Michael Moorcock mixant allègrement heroïc fantasy et post apocalyptique. Ça m'éclatait grave il y a près d'un quart de siècle, mais même si je relis tout ça avec plaisir, force est de constater que ce n'est pas Moorcock à son meilleur niveau (on est loin des fastes de Gloriana ou de la déglingue expérimentale de La Défonce Glogauer (un pur chef d'œuvre, pour le coup, démontrant que si Moorcock est resté burroughsien, il est quand même sérieusement passé d'Edgar Rice à William) ou de L'assassin anglais, sans parler des splendeurs vénéneuses du premier tiers du chien de guerre.

Le jeu de rôle était assez cool, d'ailleurs

Mais bon, ça me détend bien, Hawkmoon. Les méchants sont très méchants (c'est amusant d'ailleurs qu'un bif comme Moorcock décrive l'Angleterre du futur comme un repaire de super-nazis absolument odieux), il y a de chouettes idées, et puis ça se lit vite, c'est pas du gros pavé de tire-à-la-ligne-fantasy indigeste. Faudra que je me relise les Corum, aussi, à l'occase. De mémoire, c'était nettement mieux écrit, d'ailleurs.

dimanche 2 décembre 2012

Le mot du ouiquende

"Splavogoule".

C'est ce qui arrive quand on a des gamins en bas âge qui inventent des jeux et des mots. La petite m'a dit "viens, on va faire splavogoule". Visiblement, ça se résumait à sauter partout et à grimper aux meubles en hurlant. Activité pour laquelle elle n'avait jamais eu besoin de mot spécifique auparavant  (à part "bêtises" ou "acrobaties", bien sûr).

Elle a de l'avenir, en tout cas.