jeudi 31 mai 2012

En fait, je me demande si je suis pas plus heureux dans mon bunker

Tout avait pourtant bien commencé. Comme ça m'arrive de temps à autres, il avait fallu que je me rende sur Paris. J'avais des papiers à poser chez un éditeur, une réunion de calage avec un coauteur pour affiner des trucs sur un bouquin, et entre les deux, je déjeunais avec un collègue scénariste.

L'éditeur, je bosse depuis des années avec sans souci. Donc de ce côté là, aucun problème. Le coauteur, on s'entend bien, on veut vraiment assurer sur le bouquin, on a avancé. Donc là, aucun problème non plus. Le collègue, très sympa, en plus le petit restaurant faisait un saint Marcelin pané qui était juste une tuerie, et un rôti de porc miel et romarin qui relevait de la pure poésie gustative.

Donc franchement, que demander de plus ? Hein ? Elle était quand même plutôt positive, la journée.

Mais ça impliquait de crapahuter dans Paris en croisant des gens. Et ça, ça devient de plus en plus dur.

Déjà, on croise Guillaume Musso avec son pull à capuche de jeune (ou de fanboy de Zuckerberg, en fait je le soupçonne d'avoir un compte fèces-bouc et d'en être très content) sur à peu près tous les murs. D'accord, on a pigé, il a dépassé Marc Levy en chiffres de vente alors son éditeur est tout content et casse la tirelire pour faire encore plus de promo (en vertu de ce principe selon lequel les éditeurs ne font de la pub que pour ce qui marche déjà, histoire d'être sûrs que ça se vende. on m'a dit de ne pas m'inquiéter de ce genre de conceptions, que c'est pour ça qu'eux sont éditeurs, des gens sérieux avec pignon sur rue et moi un pauvre couillon d'auteur tout juste bon à aligner des mots pour remplir des bouquins, je ne peux pas me hisser à ce niveau d'ineffable stratégisation du monde), et je dois admettre que ça me déprime quand même assez sévèrement.

Il y a aussi un truc plus grave : par les beaux temps qui courent, les femmes arborent facilement de jolis décolletés. Ça devrait me combler d'aise, pourtant, mais dans les faits, l'association décolleté + gros tatouage gothique à base de têtes baveuses de toutes les couleurs en travers de la poitrine, je peux juste pas. Ça convoque pas les bonnes associations d'idées et en plus c'est pas joli.

Mais encore, ça, ça relevait plutôt d'un mauvais goût très sûr et totalement assumé. Pourquoi pas. Il faut de tout pour faire un monde, disaient ces grands philosophes de notre temps qu'étaient Arnold et Willie (y en a un qui est mort d'une overdose, je crois). Donc admettons, à la limite, des jolies filles qui se massacrent, je suis pas à ça près. Mais faut dire ce qui est, tatouage et piercing ce sont des trucs que je comprends assez mal. C'est comme les bijoux (un truc dont l'intérêt intrinsèque m'échappe déjà passablement), mais avec en plus le côté définitif, pas droit à l'erreur. Je m'intéresse pas assez à ma carcasse pour aller la customiser de la sorte. C'est mon côté janséniste-punk, en somme.

Mais le truc qui a été très dur, qui a déclenché ma réaction de panique face au monde dans lequel je vis, ce fut dans le métro. Des vieux violonistes du métro, il y en a de toutes sortes, dans des catégories allant du juste mauvais à l'épouvantablement criard. Celui d'aujourd'hui lorgnait plutôt vers la seconde catégorie. Jusque là, pareil, on se dit qu'on n'a que deux ou trois stations à souffrir, l'esprit humain peut occulter un brouhaha pour peu qu'il soit vaguement régulier. Mais ce violoneux sadique s'arrêtait net au milieu d'une démonstration de crissements frénétiques et suraigus pour nous lancer un "meeeeessieurs dames !" avant de reprendre de plus belle. Et quand il est passé entre les voyageurs en tendant la patte dans l'espoir délirant de se faire rémunérer ces cacophonies terroristes, j'ai vu que cet immonde salopard avait des binious auditifs pour sourds, qu'il avait probablement dû couper avant de jouer. Comme ça il n'avait même pas à souffrir de ce qu'il nous infligeait. L'intention de nuire portée à ce degré, ça dépasse la fascination du mal, ça dépasse le sadisme, c'est juste indicible.

Au moment où j'écris ces lignes, je suis à nouveau dans mon cher bureau/bunker/bibliothèque. Et j'envisage d'installer une Gatling devant.

Le monde extérieur devient de plus en plus terrifiant, en fait. Comme dans les films de zombies.

mercredi 30 mai 2012

Burton, mais pas of London

Au fait, autant que je vous mette un petit extrait de Burton, mon album à sortir en septembre prochain dans la collection Explora, avec Christian Clot et Dim-d :


Si vous ne savez pas qui est ce Burton, allez vous renseigner ici, dans un petit texte posté jadis.

Par ailleurs, je viens de m'apercevoir que l'info était officielle, vu que même le site de la fnac en parle. Oui, Crusades sort en intégrale d'ici la rentrée. Si vous n'avez pas encore plongé dans les aventures de Guillaume de Sonnac et de sa joyeuse bande de psychopathes médiévaux, c'est le moment de vous y mettre.

mardi 29 mai 2012

News en gros et au détail

Interviewé ce matin pour TGV magazine. Il y sera question de super-héros, et ce sera distribué dans les trains cet été.

Par ailleurs, champagne ! J'arrive exactement au milieu de la rédaction d'Apocalypses. Ce qui est très bien, mais pas hyper glorieux, vu qu'il ne me reste que deux mois pour pondre l'autre moitié et qu'en fait, si j'avais bossé comme il le fallait, j'aurais dû atteindre la moitié genre en janvier. Bref. (et là, je décroche pour aujourd'hui, j'ai trop épluché de vaticinations interprétatives à propos de la Grande Catin de Babylone et je commence à avoir mal à la tête).

Je commence à recevoir des planches de mon deuxième album Explora, que je trouve assez épatantes (plus d'infos quand tout ceci sera officiel).

Et puis j'ai envie de balancer des cosmonautes russes, comme ça, par pur plaisir, comme on assouvit fébrilement un vice à n'importe quel moment, sans prévenir, DSK style.

Youpi, camarades
Notez à l'arrière plan à droite le prototype du vaisseau de Maximilian Schell dans Le Trou Noir

Ah, et puis j'ai un collègue*, pourtant fort estimable, qui commence apparemment à se méfier de moi. Après avoir posté par mail une grosse saloperie assez drôle, il a préféré ajouter : "Oui je sais, elle est belle, mais interdiction de la wicky-leaker, celle-là".




*Dont je m'interdis de citer le nom, par respect pour son anonymat, selon la stupide expression consacrée

lundi 28 mai 2012

Il ritorno del Niko

Pouf, me voilà rentré de la Teste, où j'étais en festival.

Le week-end aura été chargé, mais fort sympathique. C'était vers Arcachon, il faisait beau et les gens étaient sympas comme tout.

Un regret lancinant malgré tout : être arrivé trop tard le jeudi soir, après la fermeture des cuisines de l'hôtel et donc me contenter d'un -excellent- sandwich juste sous la carte qui annonçait des merveilles genre camembert chaud au miel, c'était terrible. J'ai noté l'adresse. cette frustration du camembert chaud au miel est trop terrible pour rester impunie. Et je note qu'ils ont des moustiques dressés pour la guerre, capables de passer en mode furtif et tout.

Réveillé tôt, j'en profite pour faire un tour en ville et sur le port, et croiser un des libraires qui s'occupent de fournir les stands, et qui du coup a rentré du Crusades et du Mythe en suffisance. Qu'il en soit remercié. Et en plus, il est cool.

Surprise pour la conférence super-héros du vendredi matin : je m'attendais à deux classes de collégiens, et donc à pouvoir faire un truc un peu cosy, assis au milieu des mômes, et en fait on m'a appris la veille au soir que ce serait un amphi avec 284 élèves. Pris d'une suée au milieu de la nuit, j'ai réécrit la conf sur mon calepin au lieu de jouir d'un sommeil réparateur. La conf s'est très bien passée quand même (même si ça a parfois été du grand bonneteau, à faire du "mais d'ailleurs, pour en revenir à ce qu'on disait" histoire de rattraper des gros oublis, etc.). La conférence scénario de l'après-midi aura été beaucoup plus simple à mettre en oeuvre, plus carrée, c'était plus détendu.

Le soir, apéro avec les auteurs du festival, je papote une demi-heure avec un vieux briscard pour découvrir au bout du compte qu'il s'agissait de Ceppi. Sacré bonhomme, le père Ceppi. Et aussi bavard que moi, c'était terrifiant. Mais une bien belle rencontre, en tout cas : je dévorais ses Stéphane quand j'étais collégien. Retrouvailles avec de vieux copains, découverte de nouveaux gens, notamment des auteurs italiens hyper sympas, et des libraires adorables. Puis bouffe bien agréable (ah, ce flan de tomates au basilic, il était matricide)  avec after au seul pub local, à thème Indonésien. Note à moi-même : ne plus aller picoler autour de tables basses, assis au sol sur des coussins. Quand on se relève, on se retrouve en mode "aaaaah, ma jambe !"

On change d'hôtel, et voilà qu'à la place d'une gentille pension de famille on se retrouve dans des piaules façon Moloko Milk Bar ou 2001. Au réveil, la silhouette noire de l'écran de télé encastré dans le mur blanc immaculé de plastique aux formes rondes m'évoque un énigmatique monolithe, mais je constate avec soulagement que je ne suis pas devenu tout vieux et tout ridé autour de la nuit, et que les hauts-parleurs ne diffusent ni du Ligeti, ni du Strauss.

Le samedi, dédicaces, entrecoupées d'apéros, repas, discussions entre auteurs. Samedi soir avant l'apéro une "lecture dessinée" de Don Quichotte, absolument superbe. Après, orgie d'huitres (normal dans la région), repas, puis dodo.

Le dimanche, pas assez de monde pour faire l'atelier prévu, mais par contre pas mal de dédicaces. Ambiance à la fois cordiale et familiale, vraiment hyper agréable.

Puis long retour en TGV, puis maison et dodo.

Se remettre au boulot, ça va être très dur.

mercredi 23 mai 2012

JC et ses doubles (Double Ellis, deuxième partie)

Hop, deuxième article sur Ellis, légèrement mis à jour par rapport à la version publiée en 2008.
Alan Moore ne le savait probablement pas à l'époque, mais quand il créa John Constantine dans les pages de Swamp Thing, au milieu des années 80, il avait introduit dans la psyché collective plus que le simple irritant, l'aiguillon motivateur que ce personnage était à l'origine. John Constantine s'est rapidement imposé comme un nouvel archétype hantant nos illustrés favoris. Et cet archétype hante particulièrement, depuis, l'œuvre d'un certain Warren Ellis, mutant à mesure, s'amalgamant, évoluant et revenant sur lui-même au point de s'offrir brièvement à l'auteur dans sa propre série.


Warren Ellis a écrit Hellblazer, la série consacrée au personnage. Ce run, fort méritoire et plein de qualités, n'a pourtant pas marqué durablement la série comme un de ses points hauts. Il n'aura pas eu l'impact dévastateur de celui de Garth Ennis. Il n'aura pas pris les chemins de traverse comme celui d'Azzarello. Ni tenté de grand retour aux sources comme celui de Carey. Et par la force des choses, il n'aura pas eu le côté fondateur de celui de Delano. Dix petits numéros, un onzième diffusé uniquement en ligne après avoir été refusé au dernier moment par l'éditeur, puis Ellis claque la porte et c'est terminé. Un run court, hétérogène, composé d'un arc de six épisodes (qui tire un peu à la ligne, à la façon de l'arc de Wolverine du même scénariste, il faut dire qu'il développait au même moment ses techniques de décompression narrative, et que ça a peut-être "contaminé" ses autres productions de l'époque) et de quatre récits courts et indépendants les uns des autres, habiles, noirs, parfois drôlatiques, jouant la carte de la variation sur les thèmes de la série. Plus ce fameux épisode inédit. Et pourtant, il semble y avoir un avant et un après. Pas dans Hellblazer, non. Ce run n'y aura laissé que peu de traces (mais aura été réimprimé en TPBs, contrairement au run de Paul Jenkins qui l'avait précédé, et qui malgré plusieurs beaux épisodes et les dessins parfaitement adaptés au propos de Sean Phillips, constitue indéniablement un point bas de la série). Mais dans l'œuvre d'Ellis, il a peut-être valeur de pivot.








C'est qu'il aura tourné autour du personnage, le Warren. Bien avant de pouvoir planter ses scripts dedans. Pete Wisdom, dans Excalibur, est déjà une tentative assez de faire du Constantine sans Titine. Curzon, dans Thor, sent aussi très fort la Silk Cut. Ces personnages de début de carrière ne marqueront pas les foules (Pete Wisdom est mort, puis est reviendu, je crois, mais bon) (quant à Curzon, la dream team Ellis/Deodato des récents Thunderbolts n'avait pas tout à fait sur Thor, c'est le moins qu'on puisse dire, son lustre actuel). Mais peu de temps après, Ellis va créer ce qui deviendra un de ses personnages emblématiques : Jenny Sparks. Le démarquage est net. Si Jenny est une fille, ne porte pas d'imper (en tout cas, pas souvent) et dispose de superpouvoirs costauds et d'une longévité accrue, la comparaison s'impose quand même. Grande gueule, souvent malheureuse en amour, fumant à la chaîne, et british jusqu'aux oreilles, Jenny est une transposition directe de Constantine dans un univers super-héroïque (alors que le Constantine incarné par Keanu Reeves, par exemple, c'est une transposition directe de Constantine dans un film de Blade). Là où Ellis semble avoir appris de ses précédents échecs, c'est que ce personnage peut fonctionner indépendemment de son modèle. Jenny se crée, peu à peu, sa propre mythologie, qui servira de starting block à un pan majeur du corpus ellisien, le binôme Authority/Planetary.










L'année suivante, grand choc. Si Spider Jerusalem a toutes les apparences d'un pur Constantinoïde (la clope, la grande gueule, le mauvais esprit, la puissance et les déboires) il relève en fait d'un tout autre archétype : Spider Jerusalem est l'avatar futuriste du journaliste "hors la loi" Hunter S. Thompson, qui n'a pas grand rapport avec le magicien en trench-coat. Quand Ellis reviendra dessus dans Planetary, en mettant en scène une passation de pouvoir entre Constantine et Jerusalem, ce sera en manière de grosse blague, pour en souligner toutes les différences (et la transformation physique du personnage, au début de Transmetropolitan, correspond physiquement à un passage d'Alan Moore à Grant Morrison, ce qui est peut-être signe d'émancipation d'Ellis par rapport à la figure tutélaire du wookie de Northampton et de ses créations).










L'ultime pseudo-Constantine avant JC, c'est bien sûr Elijah Snow. Relevant de la même mythologie que Jenny Sparks (les Enfants du Siècle), portant régulièrement un trech-coat, fumant à l'occasion, parfois balotté par les évènements, renfermé mais porté à l'ironie, porteur d'un passé plutôt lourd, soulevant les cailloux pour voir ce qui grouille en-dessous, il est encore porteur d'un héritage constantinien, mais qui semble nettement distant, ou pour le moins distancié. C'est un investigateur du paranormal, certes (ce que le vrai JC est parfois, mais pas toujours), mais il a aussi une mentalité de vieil homme, étrangère au vrai Constantine. Ellis joue là la carte des variations sur le thème, l'épuisant peu à peu.




Notons qu'à la même époque, Ellis a animé ou créé plusieurs personnages qui s'éloignent carrément du moule JC. Apollo et le Midnighter sont une variation modernisée et trashouille du World's Finest tandem Superman/Batman. Jackson King (pas une création d'Ellis, mais sa montée au grade de Weatherman vaut reformatage clair et net) semble avant tout inspiré par cet idéaliste de commandant Sisko de Star Trek DS9 (pourtant, Ellis n'est, de son propre aveu, pas un grand fan de la SF type Star Trek) (et notons que le Ultimate Nick Fury, s'il emprunte son minois à Samuel Jackson, doit beaucoup au Jackson King des derniers numéros de Stormwatch façon Ellis, le cynisme en plus). Quant au Docteur, malgré un decorum parfois Constantinien (les excès, la magie), il ressemble avant tout à une version shamanisée de Docteur Who. Car Constantine, pour sa part, n'a rien d'un shaman. Il a trop de recul par rapport à ce qu'il fait.


Et voilà qu'enfin, après avoir tourné autour du pot pendant des années, Ellis obtient enfin d'écrire directement ce personnage qui est, on le devine, une pièce maîtresse de sa mythologie personnelle. Mais entretemps, Ellis a commencé à s'en éloigner, à jouer avec l'archétype, et surtout à jouer avec d'autres archétypes. Peut-être l'a-t-il trop fait, et l'énergie initiale qu'il aurait pu déveloper a-t-elle été tarie avant. Ou peut-être est-il déjà trop tard, peut-être Ellis a-t-il déjà commencé à dépasser son obsession pour le personnage. Haunted, le long arc qui ouvre le run, est une histoire d'exorcisme. Et d'exorcisme d'un amour ancien. Ce n'est peut-être pas innocent. Et certains des récits qui suivront enfoncent le clou. Locked est une histoire de chambre devenue "malsaine" à force d'avoir été le théâtre de trop d'horreurs, pendant trop longtemps. The Crib est un conte manipulatoire traitant de la nature même de la magie. Où se situe, là-dedans, la part de réalité et la part de foi ? Et de la foi à la folie, la distance à franchir est peut-être très limitée. Souvent, avant Ellis, la série a tourné autour de ces questions. Mais jamais elle ne les a abordées aussi brutalement. Le coup de grâce vient avec Telling Tales, une véritable pochade, au cours de laquelle Constantine bourre le mou d'un fou de conspirations, lui faisant gober n'importe quoi. Ou bien ? Allez savoir, tiens, avec Constantine. Et tiens, "Telling Tales", raconter des histoires, c'est quand même le métier du scénariste lui-même, qui semble ne plus arriver à prendre tout ça bien au sérieux, un peu à la manière d'Alan Moore (le revoilà, il n'est jamais loin) quand il livrait une jolie préface à Whatever Happened to the Man of Tommorow ? Et suite à l'engueulade entre Ellis et son editor (concernant une histoire traitant des tueries dans les lycées), cet épisode sera le dernier d'Ellis sur la série, un curieux testament.


C'est curieux, mais par la suite, les personnages d'Ellis ne feront plus réellement référence à Constantine. Il est clair que l'auteur est tout simplement passé à autre chose. Les personnages d'Ocean (Nathan Kane pourrait évoquer une version futuriste de Jackson King), de Down, de Tokyo Storm Warning, de Global Frequency... Relèvent d'autres genres, d'autres univers, d'autres archétypes. Et il suffit de voir fonctionner l'inspecteur Richard Fell pour se dire que même les personnages qui pourraient prêter à comparaison ont pris une totale autonomie par rapport à leur encombrant grand frère. Fell, sous sa couche de mauvais caractère, est un authentique humaniste (ce en quoi il se rapproche plus de Jerusalem/Thompson). Gravel, anti-héros de Strange Kisses et de ses suites, n'est pas un Constantine, c'est un soldat, une brute, un autre genre de salopard. S'il est doté de pouvoirs magiques, il s'en sert sans la retenue de JC, il passe en force.




L'exorcisme semble avoir fonctionné. Comme si le spectre tabagique et trench-coatesque avait été définitivement exorcisé et ne hantait plus la maison Ellis…

mardi 22 mai 2012

Rappel dédicaces

Je serai présent le samedi 26 et le dimanche 27 mai, c'est à dire ce week-end au festival de la Teste de Buch, vers Arcachon. Le dimanche, j'animerai aussi un atelier de création de BD, et le vendredi 25 je donnerai des conférences pour les scolaires.


Ça me donnera l'occasion de tester les huîtres, tiens. Vu qu'en général, j'en mange quand je suis dans le coin de Cancale. C'est donc pour moi, dans l'intérêt de la science, l'occasion de me livrer à un comparatif in situ.




Bon, allez, en attendant je vous file un autre extrait d'Apocalypses, histoire de teaser et de vous mettre l'eau à la bouche :



Dans Holocauste 2000, sorti en 1977, Kirk Douglas découvre que son fils est l'Antéchrist, et que la centrale nucléaire qu'il construit au Proche-Orient est la Bête qui détruira le monde. Cette production italienne use et abuse de symboles bibliques assénés avec un manque de subtilité qui force l'admiration : sept "têtes" de la centrale, nom des protagonistes renvoyant à Caïn, à Eve et aux anges, "cène" avec les membres du conseil d'administration dont le nombre passe de 12 à 21, inversion forcément démoniaque comme celle du nom de Jésus par l'ordinateur, en 2V231, massacre des innocents… Tout y passe, y compris une fuite en Egypte.

Mais malgré (ou à cause de) ses outrances, le film est tout à fait représentatif du cinéma d'exploitation de l'époque. Si Alberto de Martino avait déjà réalisé peu de temps auparavant un assez étrange Antéchrist, maladroit démarquage de l'Exorciste, Holocauste 2000 lorgne très fort du côté de La Malédiction. La préoccupation écologique n'est encore qu'une façade : c'est le fait que la centrale soit construite sur une grotte sacrée qui semble problématique plus que sa nature nucléaire. Les effets sont appuyés au point de perdre une bonne partie de leur impact. L'aspect antéchristique est clairement considéré sous l'angle "antichrist", image miroir négative du messie. Mais désormais, l'Antéchrist n'est plus un diable grimaçant, il porte costume et cravate et siège au conseil d'administration. Vision prophétique, peut-être, de la figure tutélaire de la période suivante : le yuppie sans scrupule faisant danser Wall Street. Peut-être n'est-il pas innocent que l'authentique fils de Kirk Douglas en soit la représentation la plus iconique au cinéma.

lundi 21 mai 2012

Le châtiment, "gong", le châtiment, ha ha ha !

Vous l'aurez remarqué, je suis moins loquace que d'habitude dans ce blog qui est pourtant censé être le réceptacle quotidien de mes humeurs, vaticinations et autres homélies déglinguées. Le fait est, j'ai mis un gros coup de turbo sur la rédaction d'Apocalypses, une brève histoire de la fin des temps, fracassant ouvrage à sortir d'ici la fin de l'année chez les Moutons Electriques, excellent éditeur au demeurant.

Du coup, autant que vous sachiez précisément pourquoi vous êtes privé de votre ration régulière de débilités nikolavitchesques...

Hop, un extrait :





Le Bug de l'An Mille

C'est une image d'Epinal : à l'approche de l'An Mille, le bon peuple d'Europe sentit venir sa fin. En effet, l'Apocalypse de Saint Jean évoquait un millénaire à l'issue duquel le Diable serait lâché, et où la Colère de Dieu s'abattrait une bonne fois sur les méchants. Les mille ans depuis l'Incarnation semblaient donc, en toute logique, marquer cette époque finale. La peur s'empara des cœurs et des esprits et, à l'approche de la fin de 999, les campagnes sont  en proie à la panique. Les gens vont se confesser en masse et regardent le ciel avec anxiété.

Bien entendu, cette jolie représentation n'a pas grand-chose à voir avec la réalité de l'époque. Au tournant du millénaire, l'Europe de l'Ouest est en proie à diverses crises, notamment démographiques, et les campagnes sont largement dépeuplées. L'Empire Carolingien n'est plus qu'un souvenir lointain, celui d'une trop brève résurgence de l'Âge d'Or de l'Empire Romain. Ces campagnes ne sont même pas complètement christianisées, et l'usage d'un calendrier assez savant pour gérer des durées dépassant le siècle n'est de toute façon pas à la portée de populations majoritairement illettrées. Les villages ont tendance à l'autarcie, les nouvelles et les idées circulent à peine. La panique de masse n'a nulle part où s'incarner.

Par contre, chez les élites ecclésiastiques, c'est une autre histoire. Non que les prêtres aient particulièrement peur du retour de Dieu : ils sont ses représentants sur terre, après tout, et le rempart contre un paganisme encore solidement implanté dans les campagnes. Mais l'arrivée prochaine du millénaire est une opportunité de choix. Si la conversion des paysans pouvait être un bonus, l'idée est avant tout d'instiller la peur dans les cœurs des nobles, et de rendre à l'église une place centrale au cœur du jeu politique. Mais pour y arriver, il faut d'abord reprendre en main la vie sociale. Tout ce qui est mariage, transmission du pouvoir séculier ou circulation de l'argent est régi par un droit coutumier mixant l'ancien droit romain et les lois barbares et, si des ecclésiastiques, notamment les évêques, tiennent des fiefs et font de la politique, c'est généralement en leur nom personnel et pas en celui de l'église.

Brandir le Millénaire et le Retour du Christ permet d'exiger peu à peu, dès 930 alors que l'ordre carolingien est en train de s'effriter, une moralisation de la vie publique via une sacralisation de certains actes de la vie quotidienne (mariage, mais aussi serment d'allégeance). Le mariage n'est ainsi plus le simple accord à visée économique qu'il était jusqu'alors : l'église insiste sur le fait qu'il a été institué par Dieu à l'aube des temps et commence à jeter l'anathème sur certaines pratiques traditionnelles comme le rapt matrimonial. Puis, pour donner à l'ensemble une validation incontestable, elle lui invente au dixième siècle une liturgie. Ceux qui ne se marient pas dans les règles sont voués à l'enfer.

Dès lors, ne serait-ce que pour s'assurer une certaine tranquillité d'esprit, mieux vaut passer devant le prêtre pour contracter une alliance. Sauf qu'ainsi, on lui donne un énorme pouvoir : c'est lui qui dit la licité de l'union, et donc qui peut au contraire proclamer  qu'elle est illicite. C'est loin d'être anodin, surtout quand les motifs de refus sont liés à des critères de consanguinité restrictifs mais suffisamment flous pour permettre un peu d'interprétation. Le mariage des seigneurs étant au cœur du jeu politique, l'église le reprend en main sous couvert de rituel, et acquiert bien vite un pouvoir que d'aucuns jugeront exorbitant (l'histoire d'Henri VIII, quelques siècles plus tard, en porte témoignage).

C'est une version médiévale du pari de Pascal qui est à l'œuvre, face au risque du Jugement dernier. Et c'est comme ça qu'en deux générations, une nouvelle tradition remplace l'ancienne.

L'Apocalypse s'éloigne alors clairement alors de son aspect contestataire. Elle est une menace brandie pour reprendre en main le monde séculier, un outil de contrôle politique. Les prophètes de l'Ancien Testament ne s'y prenaient pas autrement quand ils menaçaient de la colère divine les rois qu'ils jugeaient impies. L'originalité des penseurs ecclésiastiques du dixième siècle, c'est d'avoir joué sur l'aspect terrifiant des visions de Saint Jean en en gommant tout l'aspect désirable, en faisant de chaque homme potentiellement l'impie jeté dans le lac de feu, plutôt que l'élu promis au ciel. La fin du monde décrite dans l'Apocalypse était le prélude à la libération des opprimés et des faibles. A l'approche de l'An Mille, elle devient un moyen de mettre au pas les puissants, en un de ces curieux retournements dont l'Histoire semble friande.

vendredi 18 mai 2012

Annonce au micro

Si parmi les lecteurs qui passent dans le coin, il y a quelqu'un qui connaît bien les travaux de Klaus Conrad sur la schizophrénie, et particulièrement sur l'apophénie, ça m'intéresse d'en causer.

Je suis en train de bosser sur un chapitre épineux de mon bouquin sur l'Apocalypse, et là je sens qu'il y a un truc à creuser, mais je vais peut-être avoir besoin d'un sherpa sur ce sujet précis.

mercredi 16 mai 2012

Faites vous mêmes votre film de gladiateurs


Nouvelle rediff, cette fois d'un article publié en revue il y a une petite dizaine d'années.


Une célèbre réplique de Peter Graves concernant les « films sur les gladiateurs » a marqué les esprits, venant après la décadence d’un genre qui était devenu dans les années 70 un prétexte à des scènes tristounes qui se voulaient exotiques et torrides, se confinant aux franges les plus kitsch de la culture gay.

Pourtant, ce genre jadis d’une grande vitalité avait survécu à pas mal de modes.

Petit rappel des tics et figures imposées qui furent autant sa gloire que sa perte :

-Les reines, princesses et autres esclaves court vêtues.

Qui n’a pas fondu pour Liz Taylor quand ses yeux étaient soulignés d'un lourd trait de khol ? Dans ce domaine, nombreuses furent les actrices italiennes à durablement marquer les esprits par leurs tenues mettant leur corps en valeur et leurs regards de biches. Ces belles impliquent :

-L’érotisme et la lascivité

Composantes totalement indispensables du genre, sans lesquelles il n’aurait sans doute pas eu autant d’impact. Mais l’excès en tout étant un défaut, elles doivent être contrebalancées par :

-Les héros musclés, épilés et virils.

Charlton Heston et Kirk Douglas viennent immédiatement à l’esprit, suivis par Steeve Reeves, qui avait démontré qu’une carrière de Monsieur Univers était un plus notable. Mais les héros ne sont rien sans :

-Les méchants décadents et très méchants qui mangent du raisin en contemplant des massacres.

Charles Laughton, qui fut Hérode, Claude et Gracchus est le plus phénoménal exemple de méchant superbe et haïssable, la grappe de raisin dans une main et le pouce baissé à l'autre. Mais Malcom McDowell n’a pas non plus démérité dans le genre. Les méchants donnent généralement toute leur démesure dans :

-Les décors grandioses.

Ce n’est que sur la fin que les décors se sont réduits au strict minimum. Alors que le bon péplum se doit de reconstituer des palais immenses aux opulentes colonnades et aux tentures luxueuses dissimulant orgies et complots. Mais ces décors vont souvent de pair avec :

-Des catastrophes naturelles énormes.

Souvent associés à ce sous-genre du péplum qui est le péplum biblique, la bonne vieille pluie de feu et le tremblement de terre, voire l’inondation cataclysmique, sont des accessoires pas forcément indispensables, mais généralement appréciés par les connaisseurs. Pouvant entrer aussi dans cette catégorie destructrice, les charges d’éléphants carthaginois font toujours leur petit effet. Éléphants qui pourraient rentrer aussi dans la catégorie des :

-Crocodiles, serpents, lions et autres animaux exotiques.

Là ça se passe de commentaire, nos héros virils et nos reines lascives en ont besoin, les uns pour nous montrer l’étendue de leur courage et de leur phénoménale puissance physique, les autres pour se sentir menacées et nous gratifier de regard enamouré qui permet de mettre en valeur leur plastique impeccable, et là, force est de constater que comme l'Ourobouros, la boucle est bouclée.

mardi 15 mai 2012

Kreeegah !

Avec tout ça, j'ai failli oublier qu'un lecteur mystère m'avait envoyé ce document qui fait chaud au coeur :


Oui, c'est bien King Kong contre Santo, le King des catcheurs mexicains.

Et c'est beau.




PS : Et sinon, que les DEUX personnes qui ont tapé "piment dans le derrière" dans Gougueule pour arriver sur la War Zone se dénoncent. Ça devient plus possible, là.

lundi 14 mai 2012

Double Trilogie (Double Ellis, première partie)

Hop, encore une redif (en consultant les stats du blog, je me suis aperçu que des gens étaient arrivés ici en cherchant cet article de l'ancien superpouvoir. Je le remets donc en ligne, et je diffuserai sa deuxième partie la semaine prochaine).

En fait, cet article mériterait d'être profondément remanié (D'autant qu'on pourrait évoquer d'autres travaux spatiaux d'Ellis, comme Switchblade Honey ou Ignition City), sauf que je n'ai pas trop le temps en ce moment. Ce sera pour une autre fois, je le balance tel quel.



Pourquoi tenter une analyse comparative de la trilogie spatiale (Orbiter, Ministry of Space, Ocean) et de la trilogie Ultimate Galactus (Nightmare, Secret, Extinction) qui n'ont en commun, a priori, que le scénariste ? Il faut dire que le scénariste en question s'appelle Warren Ellis, et que ce triste sire ne laisse personne de marbre. Il y a ceux qui détestent le bonhomme, surtout quand il travaille sur des univers partagés type Marvel et DC, et ceux qui vénèrent jusqu'au sol qui a porté ses pas (je me rapproche de cette seconde catégorie, mes obsessions se rapprochant souvent de celles de ce dangereux psychopathe du traitement de texte). Mais commençons par un état des lieux.

Ce qu'on appelle parfois Trilogie Spatiale est un ensemble hétéroclite (par le format, le dessin et les éditeurs) d'histoires publiées au début des années 2000. Ces trois histoires avaient pour cadre commun la conquête de l'espace, envisagée sous divers angles.



Dans Ministry of Space (Image Comics, dessins de Chris Weston, VF chez Delcourt), Ellis imagine une version alternative et uchronique des débuts de l'astronautique. Von Braun (qui n'est pas nommé, mais reste tout à fait reconnaissable) a été récupéré non pas par les Américains, mais par l'Angleterre, qui a une vision peut-être plus romantique des choses. Le prix éthique et humain reste néanmoins colossal. Autant qu'un réquisitoire contre certaines façons de mener la "realpolitik", la mini-série peut aussi se lire comme une sorte de Spécial Origines du monde de Dan Dare.


Orbiter (Vertigo, dessins de Coleen Doran, hélas inédit en VF) est une histoire de Premier Contact. L'espace, passé l'élan initial, est redevenu innaccessible. Pourtant, une navette perdue revient, étrangement transformée, tout comme le dernier survivant de son équipage, par une rencontre dans l'ailleurs (qui n'est pas sans évoquer celle des Four, dans Planetary). L'ambiance est aigre-douce, mais le récit délivre un espoir final accompagné d'une leçon : si l'humanité veut atteindre les étoiles, elle devra se transformer.

Ocean (Wildstorm, dessins de Chris Sprouse, VF chez Panini) est un peu le mal aimé de la trilogie. Une structure de récit qui semble taillée pour Hollywood et une fin un peu rapide ont déstabilisé les lecteurs. Pourtant, c'est paradoxalement ce volet qui reste le plus accessible, le moins marqué par les obsessions métaphysiques et politiques d'Ellis, qui sont renvoyées à l'arrière-plan (sans disparaître toutefois) pour creuser une veine thriller techologique qu'il a développée par ailleurs (certains passages de Transmetropolitan, Reload, Mek, City of Silence). Pourtant, c'est aussi là que le Warren Ellis "space geek" est le plus visible. Les tirades du héros concernant le programme Apollo, par exemple, sentent le vécu, le petit Warren collectionnant tout ce qu'il pouvait trouver sur le sujet à une époque où il y avait encore des hommes sur la Lune. Les personnages sont des bargeots rentre-dedans comme Ellis les aime. Et la maîtrise des aspects hard science impliqués par l'histoire, ainsi que la démesure des enjeux (contrastant efficacement avec la petitesse des ambitions humaines) font de cette mini-série un grand moment de SF.


Cet étrange ensemble offre un panorama assez complet de ce qu'est intérieurement Warren Ellis : un auteur qui, s'il a caché ses rêves sous une couche épaisse de cynisme, ne les a pas reniés pour autant. Si "le cynique est celui qui connait le prix de toute chose sans en connaître la valeur", Ellis n'est pas encore totalement cynique, puisqu'il exalte la valeur du rêve spatial sans pour autant en nier le prix.

Dans sa structure, la Trilogie Ultimate Galactus (VF chez Panini) est un récit unique, qui plus est une réécriture démesurée d'un moment mythique de l'histoire des Marvel Comics (FF 48-50, The Galactus Trilogy) : l'arrivée sur Terre d'un dévoreur cosmique. Nous ne sommes plus à l'époque où Lee et Kirby traitaient en une soixantaine de pages un conflit monstrueux menaçant d'éradiquer toute vie sur la planète. L'époque n'est plus non plus à des entités humanoïdes de plusieurs dizaines de mètres de haut. Quand Warren Ellis réécrit un mythe, il le repense fondamentalement. Son Galactus est un essaim haineux qui vole de mondes en mondes pour effacer la conscience. Face aux avertissements, la résistance s'organise. Mais quel sera le prix à payer pour le repousser, alors que d'autres races extraterrestres viennent assister à l'annihilation de l'humanité comme on va au spectacle ?

Il est à noter qu'Ellis fait de réels efforts pour intégrer la continuité Ultimate, pour gérer ce qui a été fait précédemment. Parfois, on se dit qu'il est bien le seul : Millar, sur Ultimates, contredit le Bendis de U-Team-Up. Card, sur U-Iron-Man, contredit Millar ET Bendis. Carey, sur U-FF, ne tient aucun compte de ce qu'a fait Ellis sur U-Galactus. Et sur Vision, j'ai pas tout compris non plus. Il n'aura pas fallu dix ans pour faire de cette remise en ordre des concepts marvéliens un gros gloubi-boulga (c'est à peu près le temps qu'avait mis l'univers Wildstorm pour être à peu près irréparable lui aussi, ceci dit). Seul DC parvient à faire pire. Mais ce n'est pas le propos du jour. Et le sujet de la Trilogie U-Galactus non plus, d'ailleurs, tant il semble anecdotique pour des lecteur qui ont quelques années de recul sur les menaces cosmiques qu'affrontent nos héros préférés. L'intérêt de l'univers Ultimate tient surtout à son côté "jusqu'où s'arrêteront-ils" et "comment vont-ils reformater untel ou untel ?"



Quel est, donc, l'intérêt de cette trilogie, peut-être un peu longue, de toute façon piétinée par ses suiveurs ? Il tient au traitement, parfaitement ellisien, de son sujet plus qu'au sujet lui-même. Les obsessions de l'auteur s'y déploient tranquillement. On pourrait en faire un checklist.

Recréation et "amélioration" (plus ou moins foireuse, plutôt plus que moins d'ailleurs) de l'homme par la science ? Check.

Culte du secret au niveau gouvernemental conduisant à accaparer et pervertir le savoir ? Check.

Interraction entre niveaux de réalité ? Check.

Démesure des enjeux et des solutions (désespérées) ? Check.

Le tout servi par une narration solide (parfois polluée par des erreurs de lettrage, hélas), une bonne compréhension des personnages tels qu'ils ont été définis dans l'univers Ultimate (Cap est un sale con, Fury aussi, mais différent, Stark pareil, mais à sa façon, etc...) et des ultimatisations de personnages parfois habiles (Falcon, Carole Danvers), intéressantes (Mar-Vell) ou plus discutables (le Surfer). Comme souvent chez Ellis, on peut passer brutalement de l'humour au drame, avec un rythme mieux géré que chez Bendis, par exemple. Et surtout, quand Reed Richards parle, ça fait sens. On sent que le scénariste comprend de quoi parle son personnage, même quand il part dans des envolées quantiques. Et on sent bien que Reed, cet intellectuel froid, voit se reveiller en lui quelque chose de très puissant quand il part pour l'inconnu, quand il se fait découvreur, aventurier de la science. Et qu'en même temps, ce nerd qui restait dans son coin quand il était au lycée et que les autres jouaient au football est désormais capable de remettre à sa place cette grande gueule de Fury et de faire des choix éthiquement discutables, mais hélas nécessaires, même s'il n'est pas, selon Hawkeye, un tueur.




Alors, pourquoi tenter une analyse comparative de la trilogie Spatiale et de la trilogie Ultimate Galactus ? Parce que toutes deux sont placées sous le signe de ce qui fut une grande aventure, la course à l'espace, une grande aventure qui peine à se ranimer. Parce que, chacune à sa manière, elles sont révélatrices de ce qui fait la "patte", de Warren Ellis, même si elles sont moins emblématiques que Authority et Transmetropolitan (et pourtant, l'univers Ultimate doit énormément au Warren Ellis de Stormwatch et d'Authority). Parce que, à sa curieuse façon, Ellis continue à mettre de pleine pelletées de Sense of Wonder dans ses comics. Et que c'est devenu assez rare, de nos jours, pour être signalé.


dimanche 13 mai 2012

Le mauvais cheval

Cette nuit, j'ai rêvé que je me faisais chier dessus par un cheval.

Bon, la pauvre bête avait des excuses. On était dans une écurie où ça manquait de place, et où les palefreniers avaient installé un système de palans pour déplacer les bêtes. J'étais en train de passer derrière un nouveau canasson (je sais, je suis con, en rêve. à l'état de veille, je sais bien qu'il ne faut par principe pas passer derrière un cheval), mais à ce moment-là les mecs ont décidé de sortir un autre bestiau. Celui que j'étais en train de contourner a vu un de ses congénères sanglés dans le bidule à bouger les chevaux . La grue a soulevé son chargement à quatre fers, qui a henni. Alors le mien s'est cabré, s'est assis, et s'est chié dessus.

Enfin, techniquement, pas dessus lui. Dessous lui. Et donc dessus moi.

J'ai émergé de sous le cheval, couvert de crottin et de très mauvaise humeur. Le rêve s'est poursuivi, au cours duquel je tentais de trouver de toute urgence une chemise propre, soit que je devais rencontrer quelqu'un d'important, soit que je devais parler en public, je ne me souviens plus bien. à moins que je n'aie dû parler devant un public de gens importants.

Et puis je me suis réveillé, j'ai pris mon café, et je me suis remis au boulot, ayant autre chose à faire qu'à creuser la symbolique bancale de ce songe étrange et en odorama (c'est pas souvent que je sens des odeurs, en rêve) (ordre du jour : trouver les datations contradictoires sur la fin du monde Maya. Des savants boches veulent la retarder à 2116. C'est encore un coup de la Bundesbank, je parie) (Vous l'aurez deviné, j'avance sur Apocalypses*)

Plus tard, je suis allé chercher des légumes au marché. Et là, il y avait le boucher chevalin.

Ce midi, ça a été tartare de cheval, du coup.

La vengeance est un plat qui se mange froid.



* Une note en bas  de page de cet ouvrage, tapée aujourd'hui, dit : "Carlos Castaneda et ses continuateurs attribuent la sagesse ancestrale du Mexique aux Toltèques, mais dans des termes tellement vagues que ça ne correspond plus à ce que l'historiographie appelle Toltèques, et qui n'est de toute façon pas tout à fait non plus ce que les Mexicains précolombiens appelaient Toltèques, ce qui laisse un véritable boulevard à toutes sortes d'interprétations qui vont du tiré par les plumes de serpent au totalement fantaisiste oualou." et une autre, au bas de la même page, stipule : "Ce film évoque la fin d'un monde et s'appelle, comme par hasard, Apocalypto. Le film en fait des caisses sur la violence supposées des Mayas et leur goût de la razzia, mais Gibson a démontré que ce n'est pas propre aux Mayas, ni à son regard pour eux. Quand ses films évoquent les rapports entre Anglais et Ecossais, ou entre Juifs et Romains, c'est pareil, il y a de la tripe à l'air." Je sens que je vais encore me faire plein d'amis.

samedi 12 mai 2012

L'appel des étoiles

En parlant cosmos hier, je me suis souvenu de ce vieux texte pondu pour SP qui évoque précisément le même sujet. Du coup, hop, je le rebalance.
En fait, je crois que ce que je reproche fondamentalement aux années 70, c'est d'avoir enterré la course à l'espace. Vous me direz qu'on a continué à aller dans l'espace après cette époque, mais c'était plus pareil. Il n'y avait plus ce sens de l'épique. La navettes spatiale n'est qu'un gros camion de l'espace, l'équivalent orbital d'un Scania ou d'un Berliet. La magie s'est enfuie.

Je ne veux pas avoir l'air d'un indécrottable nostalgique, mais quand j'étais minot, il y a de ça bien plus d'un quart de siècle, quand je ne savais même pas encore lire, je scotchais le mercredi après midi devant les reportages montrant l'homme sur la Lune. À l'époque, c'était tout frais, tout neuf, la mauvaise qualité du matériel lunaire, des retransmissions et de la télé familiale se combinant pour donner aux images un aspect fantomatique, rythmé par le bip acide des fins de communication. Sur l'écran, il se passait clairement quelque chose de pas de ce monde. Ça avait même un côté vaguement inquiétant.

Ouais, d'accord, on est en plein dans la surcompensation phallique, là
Mais quand même, on m'ôtera pas de l'idée que ça a de la gueule

Ce qui est rigolo, c'est qu'à la même époque, je ne ratais pas un épisode de Cosmos 1999. Et que je faisait clairement la différence : la Lune, la vraie, c'était ces spectres incertains sautillant dans un paysage quasi inexistant, cendreux, morne. Pis encore, sur la vraie Lune, il ne se passait rien de spécial, juste des types en train de marcher, de regarder, de sautiller... Parce que ce qui était spécial et magique, c'était déjà d'être là, d'y être arrivé en s'asseyant au sommet d'une bombe volante fabriquée par des Nazis de l'espace (mais j'ignorais que c'était les méchants des films de guerre du mardi soir qui avaient construit la fusée, à l'époque). Cosmos 1999, au contraire, c'était conçu pour le spectacle, la dramaturgie, et ça contribuait paradoxalement à banaliser le contexte lunaire lui-même. Les types portaient des costumes quasi normaux (c'était les années 70, je vous le rappelle, une autre époque, au cours de laquelle le sens esthétique des designers a connu des avatars étonnants), se posaient des problèmes normaux (c'est à dire le même genre de trucs que dans les autres séries télé que je suivais à l'époque, genre échapper au méchant du jour, ne pas faire naufrage, trouver le traître, etc.), et pour eux c'était normal de se balader aux commandes d'un Aigle, dont ils avaient de toute façon des réserves plus inépuisables que la réserve de pièces détachées Renault du garagiste yougo qui sévissait à cinquante mètre de chez moi. Toujours est-il que Cosmos 1999, j'adorais, je trouvais ça bien. Mais les reportages sur les astronautes réels, c'était autre chose. Ça, c'était carrément magique.

Quand je regarde autour de moi, je m'aperçois que rares, finalement, sont ceux que ça fait rêver, tout ça. Certains se demandent pourquoi dépenser autant d'argent pour aller dans des endroits où il n'y a même pas de pétrole. D'autres se disent que si Dieu avait voulu qu'on aille dans l'espace, il nous aurait greffé un scaphandre à la naissance. Et l'immense majorité s'en fout, ne se réveillant que quand une navette explose en vol, tuant la totalité de son équipage. Le sang fait vendre.

L'espace est devenu tristement banal. Le moindre téléviseur, le moindre téléphone, la moindre régate, le moindre bulletin météo, la moindre opération militaire dépendent du bon vouloir d'un satellite. Pire, la moindre balade en voiture dépend des satellites GPS, parce que les gens ont la flemme de lire une carte. Des Russes battent des records de durée en apesanteur dans l'indifférence générale. La magie n'y est plus, l'épopée non plus. Comme disait un savant allemand dans Ministry of Space, de Warren Ellis (Ellis qui revendique, lui, le fait d'être un space geek) : "ces gens-là n'ont pas le sens de l'opéra". Voilà, les ruptures de joint en caoutchouc et les impacts de briques réfractaires ont assassiné le mythe, le rendant tristement banal au même titre qu'un bout de pneu projeté à une vitesse quasi sonique a assassiné le Concorde.


Mars, et ça repart !

Alors la Chine et l'Inde reparlent d'aller sur la Lune. Et les Américains, du coup, reparlent de Mars. Et de fait, il faudrait bien un défi de cette ampleur pour nous réveiller tous, pour ranimer la magie. Les rêves de nos contemporains sont de plus en plus petits. En posant le pied sur Mars, au contraire, l'homme se remettra à tutoyer les dieux.

vendredi 11 mai 2012

Mon Dieu c'est plein d'étoiles



Ce sur quoi je bosse, en ce moment, n'a rien à voir avec mes fixettes spatiales. Mais alors là genre rien à voir. De toute façon, quand j'ai déversé toutes mes fixettes spatiales dans un scénar, j'ai écrit et intégralement scripté deux tomes d'une série pour laquelle je n'ai même pas de dessinateur, et que les éditeurs ont jugé "ambitieuse, intéressante, mais compliquée à monter en ce moment, tu comprends, c'est la crise" (insérer ici dix-huit variations sur ce qui précède). S'il y a un éditeur qui passe par ici et qui tripe dans le genre cosmico spatial à tendance kubricko-kyrbiennes, qu'il me contacte, d'ailleurs, faut qu'on cause.

Bref, mes temps de pause, je les consacre au trip cosmonaute, en ce moment. Histoire de me vider un peu la tête. Je mets le nez dans le site de la Nasa, dans des bouquins sur l'exploration du système solaire, dans les bios de Gagarine et Korolev, bref dans tous un tas trucs qui me font du bien, qui me ressourcent.

Sérieux : dommage que le père Cheminade soit si réac dans plein de domaines (et pas au point du tout en termes de solutions technologiques), parce que mettre la conquête de Mars au programme, ça avait de la gueule.

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mercredi 9 mai 2012

Prochaines dédicaces, Mai - Juin 2012

Bon, je viens d'avoir confirmation, je serai en dédicaces

Les samedi 26 et dimanche 27 mai au festival de la Teste de Buch, entre Bordeaux et Arcachon. Le dimanche, j'animerai aussi un atelier de création de BD, et le vendredi 25 je ferai des conférences pour les scolaires. Week end bien chargé donc. Normalement, il y aura en stock du Dernière Cigarette, du Mythe & Super-Héros et du Crusades.

Et sinon, le dimanche 10 juin, je serai au festival Bulles Zik avec les éditions La Cafetière. Là, le stock ce sera du Dernière Cigarette, et du Mythe & Super-Héros (sous réserve, je vous tiens au jus). Bulles Zik, cette année, c'est à la Flèche d'Or, l'ancienne gare au 102b rue de Bagnolet à Paris.

mardi 8 mai 2012

Le réalisme, ça commence à bien faire

J'étais dans mon bureau à bosser (à tenter de bosser, en fait, les jours fériés, le corps SAIT qu'on n'est pas censé bosser, et il se rebelle contre les tentatives de le cornaquer pour lui faire faire des trucs constructifs comme mettre des notes en ordre, vérifier des dates pour un scénar, fouiller des archives, etc. et la journée du coup se déroule dans une espèce d'état de tension étrange entre l'apathie et la deadline de l'éditeur. bref) quand mon oreille a été attirée par un son de voix étrange dans la pièce d'à-côté.

"Aaaah, en voilà un qui a du souci à se faire au retour au vestiaire. Marquer contre son propre camp, c'est le cauchemar de tout joueur."

Le tout sur fond de sifflets et de cris de foule en délire.

Je vais voir le fiston en lui demandant : "Tiens, y a match à cette heure ? Je croyais que tu déballais le bazar que tu avais rapporté de la brocante."

De fait, à l'issue de je ne sais quelles tractations qui ne regardent que lui, il était revenu de la brocante du quartier avec la vieille console de jeu de son meilleur copain.

"Ben ouais, elle marche bien, regarde."

Et de fait, le match en question, c'était un équipe nationale de Croatie / équipe locale d'East London dans un quelconque jeu de foot. Le temps de m'étrangler en constatant les fautes improbables aux noms de tous les joueurs croates (il y en a même un où visiblement, le programmateur avait tapé le truc sans se rendre compte qu'il lisait une feuille de stat rédigée en cyrillique, d'où collision linguistique goûtue mais qui écorche les yeux quand même, sans parler d'inversions de consonnes qui rendraient les noms slaves imprononçables même à une bétonneuse normalement constituée), je comprenais que la voix du commentateur venait du jeu.

"Oh, ils n'ont pas mal joués, ils ne méritaient quand même pas un score aussi écrasant." (3 à zéro pour East London, le fiston jouant les Croates ayant réussi à encaisser trois buts, dont deux marqués par ses propres joueurs. Il était en phase de prise en main du jeu.) "Ah, c'est une humiliation qui pèsera très lourd pour la suite, on peut s'attendre à de sérieux changements d'organigramme."

C'est qu'ils étaient deux, ces cons de présentateurs virtuels. Deux à se renvoyer la balle et à commenter le match exactement comme des vrais, à coups de lieux communs aussi plats qu'un tweet de Kim Kardashian ou de Nadine Morano. Merde, pour que le joueur aie vraiment toutes les sensations du match vu en soirée pizza bière (bon, le fiston n'en est pas encore au cocktail pizza bière, mais vous saisissez l'idée), on lui a collé un tandem de baveux collant des mots et des exclamations forcées sur le moindre looping de la balle. "Ah, quelle belle action !" "Eh non, c'est pas passé loin !" "Magnifique ! Tout simplement magnifique, oh la la !" "Grossière erreur de la défense ! Il était pourtant bien placé pour l'intercepter." Et ainsi de suite.

Cette volonté de "faire vrai", dans les jeux, c'est un peu fatigant. Mais ça a un mérite : quand on compare ces commentaires balancés au petit bonheur la chance par un programme informatique dans le jeu aux vrais commentaire de matchs faits par des journalistes grassement payés, on se rend compte qu'il y a encore de vrais gisements de productivité à trouver dans ce pays : le logiciel permet de faire exactement le même boulot, avec la même qualité et le même esprit pour trois francs six sous. Il manque encore les calembours à deux balles, la langue qui fourche et les vannes un peu racistes sur les bords, et ce sera parfait. Mais ça, c'est pour la version 2.01, je pense.

lundi 7 mai 2012

Priorités

Mine ne rien, avec toutes leurs histoires sur l'autre pays du fromage, j'ai failli oublier qu'il y avait le nouvel épisode de Game of Thrones. Qui dans le genre conquête du pouvoir est vachement plus rigolo* quand même.



*quoique : elle m'a bien fait rire, la petite groupie UMP qui gueulait "enculé ! enculé !" chaque fois que le portrait du nouveau président s'affichait. elle était tellement bouleversée qu'elle n'avait pas fait gaffe qu'elle se chiait dessus devant quelques millions de téléspectateurs

dimanche 6 mai 2012

Collision d'univers

Tiens, en creusant un détail sur Hulk (il y a un bout de chapitre consacré au Titan Vert dans mon prochain bouquin*), j’ai découvert qu’à un moment de la série, Banner/Hulk devient copain avec un certain Jim Wilson, dont je ne sais rien de plus, à ce stade, quant à ses aventures hulkesques. Mais j'ai idée ce qu'il est devenu ensuite.

Et du coup je me pose la question taraudante : c’est le fait d’avoir fréquenté un monstre radioactif qui a poussé par la suite Jim Wilson à faire une brillante carrière de cancérologue au Plainsboro Hospital ?

Et du coup, est-ce vraiment une coïncidence s’il bosse avec le jumeau maléfique de Don Blake ?


Et forcément, dès qu'on pose la question en ces termes, une autre question s'impose à l'esprit, de façon évidente et terrible : quand Gregory House tape sa canne par terre, est-ce qu’il se transforme en Loki ?


"Au fait, ton copain Banner, ben je crois que c'est un ténia de Patagonie
qui lui donne cette vilaine couleur de peau et ces accès de myomégalie.
J'ai demandé une IRM pour confirmer."
"T'es sûr de toi, là ?"






*Oui. Et il y a un gros chapitre sur Godzilla, aussi.

vendredi 4 mai 2012

Le point sur la situation

Hum, j'ai pas mal négligé ce blog, cette semaine.

Mais ça va peut-être changer : j'ai enfin bouclé toutes les grosses trads qui s'enchainaient. Je viens de faire le calcul, j'ai dépassé 650 pages de traductions de comics en avril. C'est juste pas raisonnable, mais j'avais des délais à tenir. Et du coup, une fois passé ce cap, je regarde ce que j'ai à traduire en mai et ça a l'air minuscule, peanuts, minimaliste.

Tant mieux, parce que depuis que j'ai renvoyé ma dernière grosse traduc (Knightfall, une grosse saga de Batman qui semble avoir inspiré le prochain film de Nolan), j'ai pu me remettre au boulot sur mes propres bouquins au lieu de traduire ceux des autres.

Depuis mardi, j'ai déjà tapé 8000 signes d'Apocalypses, une brève histoire de la fin des temps, mon prochain bouquin aux Moutons Electriques. Ça sort en novembre prochain, du coup il me reste un peu moins de trois mois pour taper les 200 ou 250.000 signes qui restent à écrire (tout dépend si j'ai le temps d'y ajouter une biblio un peu moins pourrie que celle que j'avais pondue à la dernière minute pour Mythes & Super-Héros, dont l'annexe bibliographique était un des gros points faibles, mea culpa).

Et puis j'ai rendu les 5 première pages de mon prochain album dans la collection Explora. Pas le Burton qui sort en septembre, non, un autre bouquin qui sort en mars prochain. Mais je vous en parlerai un peu plus quand les annonces officielles seront faites par l'éditeur.