mardi 31 janvier 2012

Burtonneries

Vu que vous avez tous l'air de réagir favorablement à l'annonce du Burton (en collaboration avec Christian Clot et Dim D, chez Glénat, en septembre prochain), j'en profite pour vous en dévoiler un extrait :


lundi 30 janvier 2012

Like a bat out of Angoulème

Hop, me voilà reviendu de mes quatre jours annuels de parcours du combattant. Dédicaces aux deux bouts du festival (pourquoi, pourquoi est-ce que les deux bulles sont respectivement en haut et en bas d'une colline, bon dieu ?), deux interviews, un débat, une conférence, le tout effectué au pas de charge. Plus les indispensables ripailles et beuveries habituelles en ce genre d'occasions. Et la possibilité de découvrir que mon responsable éditorial chez Urban est aussi mauvais que moi au billard, ce qui relève quand même de l'exploit. Au temps pour François l'Imbattable*.

Le stock de Mythe & super-héros amené pour la circonstance était épuisé dès samedi soir. Il est plus fort que pas mal d'auteurs présent, qui étaient épuisés dès vendredi matin, ceci dit.

Niko au festival, ça a aussi été ça, une conférence fleuve à la Castro, des heures durant.
(cliché de.... zut, flûte et cacaboudin.... Charlie95. tu m'as filé ton vrai nom pour la dédi, mais la position par défaut de ma cervelle, c'est ton blaze sur les forum. con de moi)

Par ailleurs, maintenant que l'éditeur en a parlé en public, je peux vous l'annoncer aussi : en septembre sortira Burton, un album de la collection Explora, chez Glénat, consacré à Richard Burton (le vrai, pas l'acteur). J'y travaille en collaboration avec l'explorateur Christian Clot, un homme absolument passionnant.

Burton, mais pas of London



*Ceux qui auront suivi la conférence du samedi jusqu'au bout apprécieront.

jeudi 26 janvier 2012

Tric trac

Tiens, grosse attaque de trac cette nuit. J'ai rêvé que je prenais le train pour donner ma conférence, et que je m'apercevais en montant dans le wagon qu'en lieu et place de mes notes, j'avais sous le bras une planche à repasser. Je discutais avec un toubib dans le train, un genre de neurochirurgien avec des idées très avancées en génétique (me demandez pas de vous les expliquer, c'était révolutionnaire et, si j'ai tout compris dans mon rêve, au réveil, c'est tout de suite moins clair). Et puis le train s'est arrêté à l'aéroport d'Alger, en pleine campagne d'attentats (une moto piégée faisant sauter un réservoir de méthane, je crois) et dans les hauts parleurs, ils ont dit que la conférence....

Et puis je me suis réveillé.

Bon, c'est pas tout ça. Pipi, pâte à dents, sac et train.

mercredi 25 janvier 2012

Angoulème, nous voilà !

Alors, je viens de passer une journée affreuse à boucler l'iconographie de ma conférence. Je déteste cette partie-là du boulot, surtout quand ça se fait dans l'urgence. Bref, c'est fait. La conférence sur DC Comics, je vous le rappelle, ce sera à 17 heures samedi au conservatoire. Vendredi après-midi, il y aura aussi le débat avec Jean-Marc Lainé, Harry Morgan et moi sur "les super-héros sont-ils mortels".

Sinon, je serai en dédicaces au stand du Motif, bulle Champ de Mars :

Vendredi 27 de 17 à 19 heures
Samedi 28 de 14 à 16 heures
Dimanche 29 de 12 à 14 heures

Et le reste du temps chez Vertige Graphic/La Cafetière, Bulle New York.

J'essaierai d'avoir quelques exemplaires du tome 2 de Crusades. Sinon, je serai là essentiellement pour signer du Dernière Cigarette et du Mythe et Super-Héros.

voilà, je boucle mon paquetage, dodo, et je file.

dimanche 22 janvier 2012

Mars et ça repart... Ou pas.

Même si les USA ont drastiquement réduit les moyens alloués aux vols habités dans l'espace, se retrouvant d'ailleurs dépendants pour une durée indéterminée de l'antédiluvien programme Soyouz des Russes (alors que si l'Europe et la France n'avaient pas coupé les ailes au programme Hermès au début des années 90, Ariane 5 permettrait d'envoyer du personnel sur orbite depuis au moins cinq ou six ans), une expédition vers Mars reste dans la ligne de mire, à l'horizon 2030.

Ceux qui s'intéressent à la question savent que des moyens sont d'ores et déjà alloués à cette mission, avec l'étude technologique des boucliers antiradiations, entre autres, mais aussi le test d'isolation réalisé sur des volontaires l'année dernière, pour juger des contraintes psychologiques), mais qu'il reste plein d'inconnues. On n'a encore jamais assemblé en orbite un engin avec suffisamment de masse et de capacité d'emport pour une mission de 2 fois 6 mois en vol, plus les opérations sur place. On n'a pas encore résolu tous les problèmes de motorisation et de protection contre les radiations. On n'a tout simplement pas de lanceur permettant l'envoi de tout ce bazar en l'air en un nombre de tirs raisonnable.

En théorie, ça devrait ressembler à un truc du genre.
Ou à tout à fait autre chose, d'ailleurs. On n'en sait encore rien.


Mais il reste un problème qui me semble bien plus inquiétant. On a longuement glosé sur la "malédiction martienne", le fait qu'une sonde sur deux foire son coup quand il s'agit d'atteindre la planète rouge. Le fait est, en cas de problème sur une sonde, la distance entre Mars et la Terre fait que le signal d'alerte met entre dix et vingt minutes à parvenir au contrôle au sol, qu'il doit ensuite y être traité, et l'éventuel ordre ou correctif met encore autant de temps à parvenir. Les calculs doivent aussi tenir compte du fait que, la lumière mettant autant de temps à faire le chemin que les ondes radio, les positions observées de Mars, de ses satellites et de la sonde sont décalées du même temps par rapport à leur position réelle. Ça n'a l'air de rien, mais ça complique d'autant les calculs, effectués par des gens qui, on le sait, ont parfois du mal à convertir des centimètres en pouces et inversement (il y a une petite dizaine d'années, une sonde a été perdue pour cette raison précise).

Sur un vol habité, avec les moyens modernes, il devrait être possible de refaire les calculs sur place, et de laisser un pilote (assisté par un ordinateur un peu puissant) effectuer lui-même les correctifs. Mais ça se heurte à la principale difficulté de toute l'entreprise, selon moi : la culture d'entreprise de la NASA. Laisser le contrôle de la mission à un type qui est à vingt minutes-lumière de distance, il faudra une sacrée révolution au sein de ce monstre bureaucratique avant que ça n'arrive. Autant dire que ce n'est pas gagné.

On n'y est pas encore, quoi.

vendredi 20 janvier 2012

Kruisvaart 2 !


Tiens, juste pour la rigolade, un extrait de Kruisvaart 2*, la traduction batave de  vous-savez-quoi, aux éditions Daedalus. En fait, c'est sorti en mai dernier mais la communication avec mon éditeur est tellement bien huilée que les infos (et les droits d'auteur qui sont censés aller avec) passent assez bizarrement. Mais bon, ça fait assez plaisir de voir que mon boulot franchit un peu les frontières.



*De Poort van Hermes, par Izu, Nikolavitch et Zhang Xiaoyu

mercredi 18 janvier 2012

Fonds de tiroir

Il y a de ça bien des lunes, quand on était jeunes, Jeff, quand c'était le temps d'avant, comme dirait l'autre, je me suis retrouvé impliqué dans l'aventure des pockets chez Semic... Ou, plus précisément, dans le chant du cygne des pockets chez Semic. Les pockets en question, si vous n'êtes pas un de ces moins de vingt ans qui ne peuvent pas connaitre, vous en avez forcément eu entre les pattes : Rodéo, Mustang, Kiwi avec Blek le Roc, et ainsi de suite. De la BD populaire à l'ancienne, carburant sur des concepts remontant parfois aux années 50.

Au début des années 2000, quand je me suis retrouvé à bosser dessus, la ligne des pockets agonisait doucement à coups de rééditions systématiques. Le rédac'chef de l'époque (que nous appellerons Terry Stillborn., pour respecter son anonymat) et ses sbires (qu'on désignera par les diminutifs Jim et Jeff, par commodité) décidèrent d'y remédier, de redynamiser tout ça et d'en faire un laboratoire de création. Faut vous dire, monsieur, que chez ces gens-là, il y avait de la volonté et des talents, et plein de copains d'abord prêts à s'amuser avec le format, dont des dessinateurs qui ont fait par la suite carrière sans démériter, loin de là (au pif, Roux, Dumas, Briclot, Péru & Péru, Louis, Malgrain, et j'en passe).



Et je me suis retrouvé embarqué là-dedans, à publier une série dans Spécial Rodéo : j'y écrivais un western rigolo, Bernie l'Homme à la Guitare dessiné par Ronaldo Graça qui y injectait son style rétro qui collait pile bien et sa bonne humeur communicative,  et une foultitude de récits courts dans lesquels, avec plus ou moins de bonheur, je testais des concepts, des techniques narratives, des idées et des méthodes de travail, parce que je me voyais déjà en haut de l'affiche.

L'étape 2 de ce plan de redynamisation s'appelait Semicverse. Il s'agissait de remettre à plat toutes les séries dont l'éditeur avait à l'époque les droits, et d'en faire un univers partagé (L'expérience s'est poursuivie même en dehors des des pockets, dans Strangers, et après la fin de ceux-ci avec Hexagon Comics qui reprend ce matériel). Si Jean-Marc Lofficier coordonnait la chose, tous les scénaristes et auteurs du coin avaient étés invités à mouliner des idées pour les ajouter au pot. Fouillant dans les archives, j'avais mitonné un genre de X-Files avec un photographe de presse qui avait vu des choses auxquelles il ne croyait pas, quelques bidules cosmiques et d'aventure, etc. Des choses qui, pour bien des raisons ont rarement dépassé le stade du concept jeté dans une note d'intention.

Zembla, plus fort que Tarzan :
c'est le seul héros à avoir un pagne en peau de marsupilami
avec la queue en bretelle*


Et puis il y avait des personnages mis en avant, comme Zembla. Zembla était un de ces tarzanoïdes comme la BD d'aventures en avait produit des caisses (au hasard, Akim, Ka-Zar, et si tu crois pas, hé, t'a'ar ta gueule à la récré), dont les aventures se déroulaient dans une ambiance bon enfant et gentiment ringarde, avec son acolyte Yéyé (le petit noir caricatural, avec casque de MP récupéré et réveil en sautoir), Rastus le magicien arpentant la jungle en frac et haut de forme, Bwana, Satanas et Pétoulet, les animaux qui parlent (dont un kangourou dans la jungle africaine) et ainsi de suite. Diverses expériences avaient été tentées sur le personnage par les auteurs liés au Semicverse, et l'idée de relancer le concept sous une forme Ultimate Next Generation circulait dans les bureaux, et je m'étais attaqué à la chose, parce que j'aurais voulu être un artiste pour avoir un monde à refaire.

Et j'avais proposé, sous le titre de travail Zembla Beyond. Le héros en était un militaire adapté par des moyens biomécaniques à la vie dans la jungle, le Zoomophically Engineered Military Biomecanic Leading Asset, qui se retrouvait livré à lui-même, bien des années après les aventures du vrai Zembla, et qui partait à la découverte de soi, au fin fond de l'Afrique, un Yéyé vieillissant lui apprenant les vraies valeurs et faisant de lui le futur seigneur de la jungle. Tout cela recyclait et réinterprétait plein d'éléments de la série originale (y compris les animaux qui parlent), tout en l'updatant et en le déringardisant un peu.

Bien entendu, la réponse des décideurs, laconique et lapidaire, fut : "non".

Dommage quand même, je me serais bien amusé, je pense, à animer mon Z.E.M.B.L.A qui n'était pas tout à fait Zembla.



*Il me semble que c'est Sylvain "Boston Justice" Delzant qui fut le premier à souligner ce fait significatif.

mardi 17 janvier 2012

Question existentielle d'océanographie

En Anglais, le cachalot s'appelle "sperm whale".

Et quand on retombe sur des informations de ce type, on finit par se poser l'inévitable question : "mais ça ressemble à quoi, alors, un bukkake de cachalots ?"

Et on finit par aller se resservir un verre d'un truc fort.

Demain, comment élever et nourrir vous-même votre pikaschtroumpf.

lundi 16 janvier 2012

histoire de violence

Tiens, c'est le moment de vous signaler une réédition qui fait bien plaisir : celle de A history of violence , de John Wagner et Vince Locke, la BD qui avait inspiré le film de Cronenberg avec Viggo Mortensen et Ed Harris. Si vous avez aimé le film, foncez sur la BD. Elle est encore mieux.

Ce n'était pas tout à fait ma première traduction pour les éditions Delcourt, mais pas loin, alors c'est un album un peu cher à mon cœur. En tout cas, ça sort le 18, je vous conseille vivement d'y jeter un oeil.

vendredi 13 janvier 2012

que bella fumetti delle Crociati ! (syntaxe et orthographe non contractuelles)



La curiosité du jour, c'est Skorpio. Je ne connaissais pas cette revue italienne, mais voilà qu'elle se met à publier Crociati, la version transalpine de Crusades, depuis le 24 novembre dernier. Et attention, tutticolore. Et c'est cool.

Ça m'intéresserait d'y jeter un oeil, d'ailleurs : sous une forme hebdomadaire, ils ne doivent pas balancer de grandes quantités de pages d'un coup, 6 ou 10, sans doute, 12 au plus. Et la série n'a pas du tout été conçue comme ça, c'est la première fois qu'une de mes histoire est sérialisée sans avoir été spécifiquement écrite en vue du découpage (contrairement à Tengu-Do, par exemple, dont le chapitrage était calé sur celui de feu le magazine Shogun). J'aimerais bien voir comment ça fonctionne, du coup, s'ils ont pu ménager des cliffhangers et tout.

mercredi 11 janvier 2012

à Angoulème en dédicaces

Le festival d'Angoulème approche, c'est pour la fin du mois. Il faut commencer à s'organiser. Alors si vous avez un agenda,  notez donc ça :

En plus de mes passages au stand des éditions La Cafetière, bulle New York, je serai en dédicaces sur l'espace Champ de Mars au stand du MOTIF.

Vendredi 27 de 17 à 19 heures
Samedi 28 de 14 à 16 heures
Dimanche 29 de 12 à 14 heures

Venez nombreux !

mardi 10 janvier 2012

And more, much more than this (air connu)

Tout en jonglant avec les boulots, les obligations familiales diverses, les réponses à des questions épineuses de collègues traducteurs (là, je viens de répondre à un truc sur les couilles de chats et les cacas de chiens, dont un confrère avait besoin pour une traduction, on fait un métier vraiment exaltant) et les besoins plus terre à terre (cette agaçante manie qu'a mon corps de réclamer quelques heures de sommeil de façon régulière, par exemple. qu'est-ce que c'est contre-productif. en plus je fais des rêves confondants de stupidité, en ce moment. j'ai rêvé que Jean-François Copé était ministre de la Défense, l'autre nuit, par exemple, le truc grotesque, un mec qui n'a jamais servi à rien de constructif ni d'utile à la communauté, à un poste régalien de ce type ? Ridicule. Bon, je rêvais aussi que les chars tombaient en panne les uns après les autres et s'affaissaient mollement comme des méduses en train de mourir, c'était presque poétique. enfin bref, ça n'a aucune espèce d'intérêt, en fait).

Mais, entre des volées de pages de traduction, j'arrive à prendre des notes (en écoutant du Johnny Cash, c'est la faute au pote qui m'a envoyé l'extraordinaire clip de sa reprise de Hurt, et des tas de versions de Riders in the Sky) sur des projets persos dont je n'aurai le temps de rien faire avant longtemps. Un western fantastique, notamment, avec un personnage principal pas mal, ça pourrait faire une série sympa. Quand j'aurai le temps de l'écrire. C'est mal barré.

(tenez, celle-ci n'est pas la meilleure*, ni la plus originale, mais elle me fait rire)








*Et avant que tonton Rag ne vienne me pourrir en commentaire, la meilleure, c'est celle de Tex Bernie, on est bien d'accord.

samedi 7 janvier 2012

Le futur est en train de nous rouiller dans les mains

Rétrofuturiste, ce n'est peut-être pas le mot le plus approprié, mais c'est celui qui me vient immédiatement à l'esprit.

Je viens d'aller faire un tour sur un site russe monté par une certaine Lana. Rien de cochon, ici non plus, je vous rassure tout de suite, mais elle risque quand même d'avoir des soucis avec les autorités de son pays. En effet, elle s'est nuitamment glissée, et bien sûr en douce et sans autorisation, dans l'usine fabriquant les moteurs Soyouz, dans la banlieue de Moscou. Elle en a ramené des images extraordinaires mais aussi, quand on y réfléchit un peu, assez terrifiantes, entre Alien et Stalker. Et c'est là-dessus que repose l'avenir du vol spatial, vu qu'Ariane ne tire que quand elle a le temps, que la Navette est à la retraite, et que les Taïkonautes, on ne sait pas trop où ils en sont. Florilège :








vendredi 6 janvier 2012

"J'ai peur, Dave... Mon cerveau se vide, je le sens..."


Tiens, l'autre jour, en zappant, j'ai vu qu'il y avait Dave à la télé. L'a pas trop vieilli, le père Dave. Toujours égal à lui-même.

Et à propos de Dave, justement, j'ai vécu à cause de lui un traumatisme terrible quand j'avais cinq ans.

Je vous rassure tout de suite, ce n'est pas cochon, hein. Mais revoyons l'action au ralenti.

Mon père m'avait amené avec mon frangin à la fête foraine de Vélizy, appelée sobrement "Foire à la Saucisse" (ça ne s'invente pas). Et il y avait un manège.

Je suis monté sur la moto, et c'était parti. La sono s'est mis à passer Du Côté de chez Swann (à l'époque, je croyais sottement que Swann chez qui Dave risquait de revenir était une fille, et pas le manager eltonjohnnesque du Paradise Club). Et le couplet sur "refaire le chemin à l'envers" me fascinait, parce que j'étais à moto et que je voyais le truc genre le mec roule tellement vite pour refaire le chemin, tellement il est pressé, qu'il arrivait à rouler sur le plafond des tunnels. Dans ma tête, ça voulait dire ça, refaire le chemin à l'envers, c'était un truc cool. Alors je me la donnais sur ma moto en plastique à paillettes disco, debout sur les étriers du truc comme un warrior de l'apocalypse madmaxienne (c'était avant Mad Max, ceci dit, mais on s'en fout, la mémoire a ceci de beau qu'elle s'assoit sur la chronologie sans se piquer les fesses).

Et là, entre deux couplets, la musique a baissé d'un ton, et la sono s'est mise à brailler "arrête de faire le guignol sur cette moto, toi le petit à lunettes". Ça m'a scotché, ça a cassé le délire, je me suis rassis sur la moto et j'ai plus moufté de toute la fin du tour de manège : j'étais persuadé que Dave avait arrêté de chanter pour m'engueuler, et ça, c'était grave la honte ultime. Il a fallu que mon père m'explique que c'était pas vraiment lui, et je ne l'ai pas cru pendant au moins deux heures.

Hein ? Oui, j'ai trop de boulot en ce moment. C'est pour ça que je me livre à ce genre d'intropsections flashbackesques pour décompresser.

jeudi 5 janvier 2012

Qui nous gardera de nos bouquins ?

Depuis des années, quand on me parlait des rééditions françaises de Watchmen / Les Gardiens, fracassant chef d'oeuvre signé Moore et Gibbons, je ne suivais ça que distraitement. Je glissais parfois, dans la conversation, que j'avais la première édition VF chez Zenda, achetée à l'époque. Je jouais les vrais de vrais, les purs de durs, les apifiouves, quoi (alors que si un pote ne m'avait pas dit "Alex, je crois qu'il se passe vraiment un truc, là, faut que t'ailles voir cette série, je veux ton avis" alors que le tome 2 consacré à Doc Manhattan venait tout juste de sortir, je serais totalement passé à côté, soyons clairs. Et ma vie en aurait peut-être été changée, d'ailleurs, mais c'est une autre histoire), je flambais perfidement, je roulais les mécaniques. J'ajoutais même que j'avais l'autre première édition, celle toute moche et mal foutue d'Aredit Artima, mort-née au bout de deux numéros (achetée, quand à elle, quelques années plus tard, par curiosité malsaine, et aussi parce qu'il y avait en deuxième partie les The Question, de O'Neil et Cowan, dont je n'arrivais pas à trouver les premiers numéros en VO). Elle est drôlement intéressante, cette autre édition en kiosque d'époque : c'est le catalogue de tout ce qu'il ne faut pas faire. C'est en l'examinant que j'ai appris certaines choses sur la façon dont doivent fonctionner les maisons d'éditions qui font du comics. Plus de 20 ans après, ce sont des réflexions qui me guident parfois encore.

Par la suite, les diverses rééditions m'en avaient touchée une sans faire bouger l'autre. La Zenda en deux tomes, reprenant les images promotionnelles d'époque en guise de couverture, très bien faite, puis la Delcourt en un tome, restée un classique du genre, puis les diverses versions de l'édition Panini, avec la polémique sur la retraduction qui s'en était ensuivie. Certaines étaient agrémentées de matériel additionnel, mais je tenais à ma première édition. Pas par fétichisme de l'édition originale (en plus il manque un film de noir sur une ou deux pages d'un des volumes), mais par une forme de nostalgie, aussi. Ces bouquins m'avaient quand même asséné une sacrée claque, à l'époque. Déjà lointaine. Putain, ça ne nous rajeunit pas, tout ça. Bref.

Bref, c'était plutôt blasé que j'ai posé les yeux aujourd'hui sur un exemplaire qui trainait sur le bureau d'un type avec lequel je travaille. C'était genre le premier sorti de presse. Et le premier bouquin réalisé par le gars en question depuis qu'il avait pris la tête d'un nouveau label comics, cet automne.

Et puis, le bouquin, je l'ai pris en main. Belle bête, bien épaisse. Bien massive. Beau papier, mat comme j'aime, impression semble-t-il de première bourre (peut-être une très légère dégradation du trait sur certaines pages, faudrait que je compare, et si c'est vraiment le cas, ça vient probablement du processus de scannage chez DC). Beaux suppléments. Belle maquette. La traduction Manchette restituée (avec quelques légers dépoussiérages, assez logiques après tout ce temps).

C'est une absolue tuerie. Sans doute l'édition définitive. C'est simple, je crois que j'en veux un exemplaire. C'est absolument ultime dans le genre.

Vous voilà prévenus.




mardi 3 janvier 2012

Send in the Crusaders

Bon, ayé, c'est bouclé, après les derniers calages et correctifs, normalement, le tome 3 de Crusades (cette fracassante fresque co-signée par Izu, Zhang Xiaoyu et moi-même) part chez l'imprimeur ces jours-ci. Je suis assez content de certains petits trucs que j'ai pu glisser dedans. Ça sort normalement en Février (c'est la version officielle, mais je sais pas comment ils vont faire pour aller aussi vite, alors je pense que ce sera plutôt début Mars, je vous donne la date dès que je l'ai).


Voilà voilà. Bon, j'ai un script à boucler avant la fin de la semaine, aussi, pour un album chez Glénat, mais je vous en reparle prochainement avec plus de détails. 

dimanche 1 janvier 2012

Ça commence bien, encore...

Bon, j'en étais au café, j'ai mis la télé pour avoir les infos, c'était la météo. Et la nana disait "ce début d'année débute dans la douceur". Douceur n'est pas le mot qui qualifie le mieux le geste d'énervement qui m'a permis d'éteindre sur le champ la télé. Je sais qu'un jour férié, on file le taf aux stagiaires, remplaçants, punis et autres dix-neuvième roue du carrosse. Je sais aussi que savoir parler à peu près correctement n'est plus un prérequis depuis longtemps, ni en télé, ni en politique. Mais au temps de l'ORTF, c'était un coup à être muté pour aller présenter la météo sur les îles Kerguelen, histoire de faire marrer les pingouins. Autres temps, autre mœurs, les pingouins d'aujourd'hui peuvent dormir tranquilles.