lundi 30 juillet 2012

Ça se passe comme ça chez Flush

Tiens, j’ai enfin vu Souris City (Flushed Away), un long métrage coproduit par Dreamworks et le studio Aardman. On reconnaît dans le look des bestioles la patte Peter Lord (Wallace et Gromit et Chicken Run ), et c’est épatant de voir à quel point c’est ultra Brit dans l’esprit.

Le héros (dont la voix en VO, c’est Hugh Jackman, notons d’ailleurs que quand il fouille une caisse de costumes de Barbie/Ken pour s’habiller, il tombe sur un costume de Wolverine, et pas n’importe lequel : le vrai, l’original, le jaune bleu et noir avec les triangles sur les côtés) est un rat domestique vivant chez une famille de Londres, avec sa cage, sa roue et ses croquettes. Alors que la famille est en vacances et qu’il fait mumuse avec les Barbie de la fille (et on se rend compte qu’il est salement dingue, ça fait penser aux scènes des mannequins dans Je suis une légende version Will Smith), son logis est envahi par une espèce de rat punk, surgi des égouts, fan de foot, buveur de bière, roteur et crasseux.

Suite à une tentative de s’en débarrasser qui tourne mal, il se retrouve propulsé dans le petit monde merveilleux des égouts, où les rats ont édifié une véritable ville faite en déchets divers. Mais un crapaud mafieux a un plan pour tuer tous les rats : c’est bientôt la finale de la coupe du monde de foot, et l’angleterre est de la partie. En manipulant les vannes des égouts, le crapaud peut noyer la ville des rats : il suffit d’attendre la mi-temps et d’ouvrir le volet qui protège la ville : alors, le coup de chasse d’eau donné par tous les buveurs de bière qui attendaient la mi-temps pour aller pisser va surcharger le réseau. La ville sera noyée sous un déluge de pipi de supporters.

Notre héros doit combattre le crapaud, et surtout son cousin français, LE Frog (voix VO par Jean Reno, forcément), qui commande un bataillon de froggies ninjas, dont un mime. Il sera aidé par une nana qui pilote un bateau dans les égouts, avec histoire d’amour contrariée à la clé.

D’un bout à l’autre, c’est génialement taré comme seuls les anglais savent le faire : ça boxe dans la même catégorie que Robbie le renne, Chicken Run ou que le Mystère du Lapin Garou.

J’avais loupé ça à la sortie, et je me demande comment j’ai fait. Je suis fan instantané.

Bon, il parait que le film a été un bide monumental, ce qui est proprement scandaleux. Je vous recommande vivement d'aller y jeter un œil.


Bon, je vais me remettre au boulot, j'ai Apocalypses (une brève histoire de la fin des temps) à finir pour ce soir dernier carat. Et il y a plein de notules à ajouter, plein de boulons à resserrer, plein de conneries à dire. Quand ce sera fini, je pourrai remiser ma toge, mon gong et mon œil halluciné, hahaha ! "gong"

jeudi 26 juillet 2012

Waiting for a train

Mais au fait, pourquoi que des bateaux (voir le post d'hier, et un paquet d'autres du même genre) ?

En fait, je sais pourquoi : je collectionne les photos de bateaux rouillés comme doc sur un projet en cours. Mais je ne vois aucune raison de me cantonner spécialement aux barlus ! Les tchoutchous déglingués ont le droit de cité ici aussi, non mais !






mercredi 25 juillet 2012

Ouille ouille ouille, la rouille

En faisant une recherche rapide sur le net, je me suis aperçu que je n'étais pas le seul à creuser le concept de rustpunk. Il faut dire que c'est dans l'air du temps depuis longtemps, au moins depuis les premières BDs de Bilal et le premier Alien. L'intérêt du rustpunk, c'est son paradoxe fondamental : des objets qui ont un âge, un passé déjà long, mais qui sont pourtant l'image de notre avenir. Tous, nous savons confusément que même les vaisseaux briqués de 2001, ils finiront comme ça, avec suffisamment de kilométrage. Que même le dernier iPhone pas encore sorti, des exemplaires finiront par pourrir sur le tas de pièces détachées d'un revendeur/réparateur de Dakar, qui le cannibalisera graduellement pour en intégrer des morceaux à des appareils moches et mal foutus, mais pourtant fonctionnels. Que toute nouveauté, toute idée qui jaillit, tout gadget et tout appareil s'usera, sera graduellement ringardisé après avoir été hype, et ne finira par tenir que par deux bouts de scotch et un trombone.

Welcome to the future.








mardi 24 juillet 2012

Ironie fondamentale

Les Jeux Olympiques de Londres approchent. Ce sera une fois encore pour moi l'occasion de ne pas allumer la télévision ni la radio, et de me déconnecter un peu des flux d'information, qui seront phagocytés, métastasés et envahis par cette espèce de frénésie quadriennale. Mais ce que j'apprends, c'est que le CIO défend bec et ongles la marque olympique. Ça avait déjà été le cas les fois précédentes, mais ils en rajoutent une couche à chaque fois.

Cette année, il semblerait qu'il y ait des brigades de police spéciale, la "brand police" (c'est la beauté de la langue anglaise : le mot "brand", qu'on traduit généralement par "marque", désignait aussi, du temps de cette pratique, le marquage au fer rouge des esclaves et du bétail) chargée de traquer les utilisations illégales (le CIO a imposé au gouvernement britannique le vote d'une loi ad hoc) des marques olympiques. Il existe de fait une zone d'exclusion des marques, dans laquelle seuls les sponsors officiels ont le droit de s'afficher, voire même d'exister : vous n'avez pas le droit d'amener votre casse-croûte dans le complexe, il vous faut acheter McDo, par exemple.

Notons que cette utilisation-là des symboles olympiques
n'a curieusement pas été sanctionnée

Et bien entendu, le motif invoqué en droit, c'est la "protection de la propriété intellectuelle du CIO". Et là, c'est beau, c'est vertigineux, c'est magique. C'est la démonstration par l'absurde de l'inanité foncière de la façon dont fonctionne, en droit (et particulièrement en droit anglo-saxon) la défense de la propriété intellectuelle. On se drape dedans pour obliger les spectateurs d'une compétition sportive qui est déjà une récupération à l'arrache de concept (rappelons que dans les VRAIS Jeux Olympiques, ceux d'il y a deux mille ans et qui étaient une cérémonie religieuse, certaines des épreuves les plus importantes étaient des concours d'éloquence et de poésie) à manger du Big Mac et à se protéger du soleil avec des bobs et des casquettes estampillées tartempion et pas bidulmuche, et donc à cracher encore et encore au bassinet. Intellectuel, non ? Pierre de Coubertin, réveille-toi, ils sont devenus fous. Ou mieux, ne te contente pas de te réveiller, mais achète des munitions et va faire le ménage dans les stades et les bureaux du CIO.

Franchement, si même le CIO peut se prévaloir de la notion de "propriété intellectuelle", ça signifie bien que le concept est totalement vide de sens.

lundi 23 juillet 2012

dimanche 22 juillet 2012

Je vous jure que ça avance !

On a eu une grosse réunion de travail aujourd'hui sur Fly me to the Moon, album à sortir... euh.... l'année prochaine depuis quatre ans, aux éditions La Cafetière, et avec Marc Botta aux dessins. Et on a débloqué plein de soucis techniques.

Ça avance ! On va y arriver ! On va le sortir, ce bouquin maudit qui racontera toute la vérité sur l'affaire Roswell !

**éclate d'un rire nerveux et à demi dément.**


samedi 21 juillet 2012

Message from space

Peut-être qu'en fait, si le programme SETI ne trouve rien, aucun message radio provenant des étoiles, c'est que nos amis extraterrestres sont trop avancés pour ça.

Grosso modo, le programme SETI cherche des redondances et des structures dans les signaux radio parcourant le ciel étoilé. Les étoiles et les planètes elles-mêmes produisent énormément d'ondes radio, mais elles sont bordéliques et ne contiennent pas de message.

Le truc, c'est que les redondances, c'est précisément ce qu'on élimine quand on compresse un signal. Et plus les signaux sont complexes et denses, plus il est intéressant de les compresser pour les transmettre plus rapidement, et plus efficacement.

Si ça se trouve, les extraterrestres de l'espace qui en sont encore à utiliser la radio au lieu de la télépathie (il y a des civilisations arriérées partout, ma bonne dame, que voulez-vous, on en parlait pas plus tard que l'autre jour à la télé avec Monsieur Claude G., du Kop de Boulogne), peut-être qu'ils ultracompressent leurs données selon des algorithmes tellement avancés que nous sommes incapables de les identifier et de les décompresser. Et si ça se trouve, en plus, leur protocole est propriétaire et on n'a pas la licence pour le logiciel.

C'est baisé, quoi. On ne saura jamais ce qu'ils racontent.



Dans un tout autre domaine, je me suis aperçu que les jeunes d'aujourd'hui n'ont plus aucune ambition. J'ai croisé pas plus tard que ce midi un jeune homme de cinq ans qui voulait devenir ninja. C'est nul, de vouloir devenir ninja. C'est bouché, comme filière. Il y a déjà trop de ninjas partout. Mon propre fils, au même âge, il voulait devenir Dark Vador, lui. Ça a quand même plus la classe, je trouve. C'était se fixer des objectifs drôlement plus élevés, à mon avis.

vendredi 20 juillet 2012

Trop le pied

En allant faire les courses ce matin, j'ai fait un crochet par une boutique de godasses, en me disant que ça pourrait être une idée de profiter des soldes pour me rééquiper.

Et j'ai retiré de la contemplation des rayonnages un aphorisme définitif qui résume la situation du design  vestimentaire à notre époque.

"Les gens qui inventent les chaussures, de nos jours, ils méritent qu'on les enferme dans une prison. Turque. Ou à défaut, Mexicaine."

Voilà.

Tout ça pour dire qu'en fait, j'ai préféré faire des économies*, finalement.


*Des vraies économies, je veux dire, c'est à dire ne pas dépenser. Alors qu'en période de soldes, les filles disent qu'elles font des économies parce que le truc moche qu'elles ramènent, "il était à 50 %, tu vois !".

lundi 16 juillet 2012

Faites vos jeux

Dans mon rêve de l'autre nuit, je m'infiltrais dans un casino flottant pour péter la gueule à un type. Je ne sais pas, ou plus, qui était ce type ni pourquoi il fallait à ce point que je lui mette une danse. L'endroit était bizarre, avec plein de plateformes surélevées ceinturées par des bars, éclairées par des guirlandes lumineuses, surplombant une eau noire et inquiétante. Il était très difficile de déterminer si on était en intérieur ou en extérieur, chaque pas modifiant la perspective, le rapport aux plafonds qui s'avéraient parfois n'être que des rails de théâtre auxquels étaient boulonnés des projecteurs.

Déguisé, portant une gabardine, les cheveux et la barbe blanchis, les lunettes rangées, voûté, je montais un grand escalier parcouru par des serveurs portant des plateaux surchargés, exécutant une sorte de pantomime synchronisée à faire pâlir Busby Berkeley. Je fendais la foule des serveurs en tentant d'avoir l'air complètement dégagé, je localisais ma cible, en train de flamber à une table, et j'allais lui coller une mandale. Il le méritait : il portait une chemise ouverte, un sourire ultrabrite et des raybans de branlouze, ainsi qu'une chaîne en or et une grosse montre.

Ses gardes du corps, accoudés au bar, ont accouru. Mastards, les gardes du corps. J'ai sauté par-dessus une rambarde, bousculé des serveurs berkeleyens, dévalé l'escalier, tourné à droite, puis à gauche, et je me suis réfugié dans les toilettes. Là, j'ai viré la gabardine (planquée dans le faux plafond), j'ai remis mes lunettes et je me suis passé la tête dans le lavabo pour virer la teinture blanche qui décorait ma pilosité. De l'autre côté de la porte, j'entendais des bruits de course effrénée. Me séchant la tête avec le bruyant bidule électrique accroché au mur, je priais pour ne pas être repéré. Puis, passant un blouson, je ressortais dans le couloir, l'air le plus tranquille possible.

Je suis allé commander à un des nombreux bars un truc fort, pour m'apercevoir que mon porte-monnaie était resté dans la gabardine.

Les gardes du corps revenaient sur leurs pas, ouvrant toutes les portes, fouillant toutes les poubelles, regardant par toutes les fenêtres.

Et puis je leur ai échappé, car je me suis réveillé.

vendredi 13 juillet 2012

Considération geek

Une récente discussion sur un forum m'a conduit à réfléchir.

C'était parti d'un truc assez idiot : un lecteur de manga qui lisait de temps en temps du comics s'étonnait du fait que les lecteurs de comics n'en avaient souvent pas grand chose à faire de commencer leurs séries dans l'ordre et du début du numéro 1, et que même les tentatives d'intégrales n'étaient souvent qu'approximatives, quand elles existaient. Ce à quoi les lecteurs de comics lui avaient répondu qu'il était un tout petit peu complexe de démarrer la lecture des aventures de Batman et de Spiderman à partir  du numéro 1, vu que primo, pour Batman le numéro 1 c'était Detective Comics 27 et pour Spider-Man Amazing Fantasy 15, et qu'en plus, sur respectivement 50 et 80 ans, c'était difficile de tout avoir, surtout que chacun des personnages avait eu droit à jusqu'à quatre ou cinq séries simultanément.

De fait, le lecteur qui s'intéresse au comics se fait très vite une raison : si complétiste qu'il soit, il n'aura jamais TOUT, primo parce qu'il y en a trop, deuzio parce que certains trucs ne sont pas réédités. Du coup, il se retrouve à ne connaitre que certaines histoires que par oui-dire, par références ultérieures (le lecteur qui lit du Batman actuel sait que Batman a eu un fils de Talia, mais n'a pas forcément lu Son of the Demon à sa sortie en 87. Le lecteur actuel de X-Men qui a vu les films, et l'avatar Phénixien de Jean Grey, n'a pas forcément lu les épisodes correspondants dans la BD, mais a intégré la notion de dérapage de Jean, et ses retours ultérieurs : la série y fait régulièrement référence. Le spectateur des films Spider-Man de Sam Raimy qui connait un peu la BD tilte tout de suite sur la scène du costume dans la poubelle, même s'il n'a pas vu le très vieil épisode à laquelle elle fait référence : l'image a été réimprimée un peu partout, c'est un des jalons du personnage.

Et puis les comics sont interconnectés. Le gros fan de Green Lantern est au courant des détails de la mort de Superman, parce que ce sont les conséquences de cette mort qui ont amené la destruction de Coast City et la folie de Hal Jordan. Il sait que les diverses Crisis qui ont secoué l'univers DC remontent en partie aux expériences de Krona. Il connait au moins les grandes lignes des biographies de Green Arrow et de Flash, même s'il n'a jamais lu leurs aventures, parce qu'elles ont eu un impact direct sur la carrière de Green Lantern.

Même le lecteur qui ne touche pas trop au super-héros a vite compris que la série Preacher tire son concept d'épisodes de Hellblazer, que Hellblazer est un spin-off de Swamp Thing, et que Swamp Thing est intégré au même univers que Batman et Superman. Le Sandman de Neil Gaiman intègre ceux de Kirby, eux-mêmes parties intégrante de l'univers super-héroïque de DC. L'amateur de pitreries goûte le fait que Hitman gerbe sur les botte de Batman, joue des tours pendables à Green Lantern, mais bafouille d'émotion devant Superman (et se serve de ses pouvoirs pour regarder Wonder Woman et Catwoman à poil) et comprend dès lors la psychologie du personnage, même s'il n'a pas ouvert un numéro de Wonder Woman depuis.... Jamais. Le lecteur d'Authority a vite fait de reconnaitre Kirby sous le masque du professeur Krigstein.

Ça n'existe pas vraiment dans le Manga, tout ça. On ne retrouve ce genre de choses que chez les fans de Leiji Matsumoto, et c'est parce qu'il s'est construit un univers partagé dans lequel plusieurs séries s'interconnectent. Pour les autres, le lecteur de Dragonball se fout généralement royalement de MPD Psycho, celui de Sailor Moon ne goute peut-être que très modérément l'humour de Hellsing et ne sait peut-être même pas que ça existe. Le type qui a tout Naruto ne sait pas forcément qui était Tezuka.

Cette conscience du background de ses lectures est assez caractéristique du lecteur de comics, même du lecteur de comics de base. Elle est même implicite à son état de lecteur de comics. Et c'est une caractéristique qui est quand même assez geek par essence. Cette conscience du background, c'est même la caractéristique fondamentale du vrai geek, qu'il soit rôliste, lecteur de comics, amateur de cinéma Z ou tout cela à la fois.

à une époque où on appelle geek indifféremment l'utilisateur d'iPhone et le déguisé de Japan Expo, il serait peut-être temps de remettre les pendules à l'heure et de rétablir le terme de geek dans son vrai sens (pas son sens originel, faut pas déconner non plus, je bouffe pas des poulets vivants)*.

Je propose donc la création d'un groupuscule, la Forza Cuncolta Geek Canal Historique, par Crom.



PS : si vous avez TOUT compris à ce qui précède et capté TOUTES les références, alors vous êtes un gros geek.


* Il est d'ailleurs possible que la corporation des vrais geeks de cirque aient vu, en leur temps, d'un très mauvais œil l'émergence des geeks lecteurs de comics et de pulps. Auquel cas les geeks lecteurs de comics sont aux chatouilleurs d'iPhones ce que les phénomènes de foire étaient aux lecteurs de pulps. Et là, franchement, ça fait flipper.

mardi 10 juillet 2012

Parodie et parano à moins que ce ne soit l'inverse

De temps en temps, je regarde les stats du blog, pour voir quels mots clés amènent les gens ici. Il y a parfois des trucs assez grotesques, j'en avais déjà parlé, et aussi des trucs qui semblent délibérés, tapés par de facétieux mauvais plaisants pour voir si je réagirais (genre "Mazinger Fulchibar Chirac" et des âneries dans le genre, ou des considérations sur la bite à Tourriol, et j'en passe et des meilleures). Et puis, j'ai déjà repéré des requêtes google concernant les vieux articles perdus dans le naufrage de l'ancienne version de superpouvoir.com, requêtes récurrentes qui ressemblent bien à des demandes de remise en ligne. La plus récente, assez insistante, concernait un vieux truc que j'avais écrit à propos de Patlabor 3, et particulièrement des bonus qui étaient fournis avec le DVD.





Les lieux de l'action

Avec un peu de retard, je viens de me procurer Patlabor 3 (NdA : je précise que l'article date de 2005) qui, comme son nom l'indique, est le troisième long métrage consacré à la police mobile robotisée du futur. Venant à la suite de deux très bons opus (opii, non, en bon latin ? je sais plus) réalisés par Oshii (non, ce n'est pas le pluriel d'oshus), celui-ci m'inquiétait un peu de prime abord : sans le maître, arriverait-il à se hisser au niveau des deux petits bijoux qui l'avaient précédé ?

Eh bien le pari est plutôt gagné. Conservant une part de cette froideur esthétisante qui faisait l'élégance des deux précédents, navigant dans mes mêmes eaux troubles et paranoïdes tout en se démarquant de ses prédécesseurs par certains points, il arrive à tenir la route, explorant les recoins de cet univers tourné vers le réalisme.


Ça déconne pas. Enfin, pas encore.

Première surprise, ici, la Division des Véhicules Spéciaux, théoriquement au coeur de la série, n'est que peu présente. Si l'on retrouve Goto, Ohta et Izumi, ils ne sont là que pour prêter main forte en dernier recours à deux inspecteurs de la criminelle qui enquêtent sur de mystérieux incidents impliquant des labors (astucieuse dénomination évitant le terme robot trop galvaudé tout en en conservant tout à fait le sens). À mesure de l'avancée de l'enquête, nos inspecteurs découvrent un complot militaire impliquant de sales bidouilles génétiques. Mais ce complot lui-même n'est pas le problème principal : quelqu'un a profité des recherches secrètes pour aller au bout de sa propre folie...

Et la folie est au coeur de toute la série : folie de Hoba, qui avant de mourir, lance un plan démoniaque dont il sait qu'il ne verra pas la réalisation (Patlabor 1), folie de Tsuge, qui, en butte aux contradictions entre le politique et le militaire, finit par les imposer à la nation entière, pour voir si elle arrivera à les résoudre (Patlabor 2), et à présent folie de Mizaki enfin, qui tente de recréer ce qu'elle a pourtant perdu à tout jamais. Les méchants de la série font à chaque fois montre d'une folie qui contamine le réel, qui s'oppose à la réalité terre à terre des mécanos qui entretiennent les labors et des flics qui les utilisent.

Si cet épisode de Patlabor se termine d'une façon quelque peu décevante en combat contre un gros godzistreum baveux, son développement est dans la continuité des autres : longue enquête policière, traitée avec un réalisme presque fastidieux, celui du terrain, des interrogatoires, des fausses pistes, des informations qu'on finit par croiser, parfois trop tard. Le tandem classique du vieux flic fataliste et du jeune fonceur fonctionne à fond. Les amateurs apprécieront la scène où le vieux rencontre un informateur dans un endroit discret, cet informateur n'étant autre... Que Goto, inversion des rôles bienvenue, Goto ayant lui aussi tendance à recourir à des informateurs louches dans des lieux tranquilles.


Méfiez-vous des imitations

Mais le point fort du double DVD Patlabor 3, ce n'est pas forcément le film, sombre comme on aime et de bonne tenue, mais le bonus totalement aberrant qui occupe la seconde galette : Minipato. On savait qu'Oshii était complètement fou. On le savait. On le savait depuis Avalon, depuis Patlabor 2 (présenter de façon contemplative au public japonais un coup d'état militaire en plein Tokyo, c'était gonflé quand on connait l'histoire du pays : ces images d'occupation par les chars ont une véritable shock value toute en finesse), on le savait même depuis Angel's Egg.


Non parce que c'est vrai, quoi : sans les petites mains, pas de baston finale en mécha !

Mais là... C'est pire. Oshii fait mumuse avec la 3D, dans une série totalement parodique reprenant les persos de la série Patlabor, mais avec une approche qui évoquerait presque South Park. Les persos sont des marionnettes plates à l'animation minimale et les histoires sont... Comment dire... Différentes, pas pareilles, autres... Entre un cours magistral sur les armes à feu dispensé par Goto et Ohta (avec une intro digne de Magnum Force), une apologie du dur labeur des mécanos mal aimés et un rapport de Shinobu expliquant comment Goto a réussi à contourner les restrictions budgétaires en se lançant dans la pêche à grande échelle au poisson hallucinogène (en détournant à cet effet une vedette de patrouille reconvertie dans la pêche à l'explosif), on sort quand même pas mal de l'ambiance parano des trois films (même si elle est évoquée de façon très fine dans l'épisode sur la pêche, via d'hilarants clins d'oeil visuels à Patlabor 2). Le tout oscillant entre l'hommage et le dynamitage. Et derrière, on sent une vraie maitrise technique, même si elle est mise au service d'une pochade délirante, histoire de montrer qu'en matière d'anime, Oshii reste un sacré boss). Le résultat est vivement recommandé par de grandes marques de Nikolavitch, en tout cas.

Bon, vous me direz que Patlabor c'est pas que ça, qu'il y a eu le manga, la série animée et les OAV, mais faute de budget, j'ai pas encore mis la main dessus (à part quelques épisodes assez marrants du manga). Si une âme charitable parmi vous veut m'offrir tout ça...

lundi 9 juillet 2012

Aujourd'hui, c'est high tech

Deux infos high tech m'ont fait tiquer aujourd'hui, et hautement. J'irais même jusqu'à dire que je suis en mode high-tique.

"Y a surtout des gens qui méritent un high-kick"

La première, c'est qu'en France, on recycle 8 kilos de déchets électriques et électroniques par an et par habitant, et les organisations environnementales se plaignent de la faiblesse du chiffre. Dans la réalité, c'est près de 25 kilos par ans et par habitant qui devraient être recyclés. Et là, je fais le tour de ce que je consomme et de ce que je jette en équipements de ce genre. Sur les trois ans écoulés, j'ai calculé qu'on s'était débarrassés, dans mon foyer, d'à peu près 10-12 kilos par personne et par an, qui avaient été à peu près intégralement renvoyés dans des filières de recyclage. Et on avait eu des travaux, qui nous avaient conduits à nous rééquiper de trucs lourds, genre frigo et télé, les anciens étant âgés respectivement de quinze et dix-huit ans, par exemple. Comment font les gens pour consommer 25 kilos par an de matériel électrique ? Combien de temps gardent-ils leur matos ?

L'autre info, c'est qu'il y a quand même 10% de personnes qui croient que la HADOPI les surveille quand ils s'échangent des clés USB ou des CDs. 35% pensent qu'ils peuvent se prendre les mails d'avertissement parce qu'ils fréquentent des sites de streaming, et 68 % pensent que c'est le cas avec les sites de stockage. Inversement 25 % des gens ne savent visiblement pas que les réseaux P2P sont sous surveillance. Et c'est là qu'on mesure l'étendue de l'échec de l'HADOPI. Le dispositif se voulait pédagogique, et si en ce qui concerne le P2P, 75 % des gens ont à peu près pigé le truc de base ce qui est pas si mal, quand on y regarde de plus près on a quand même dans les 68% d'illettrés du numérique, dont 10 % de vraiment trop abrutis pour être récupérables, de gens qui croient que les gendarmes HADOPI ont des pouvoirs relevant du magique bigbrotherien pour lire à distance le contenu des supports de stockage. Ce doivent être les même gens qui ne rigolent pas quand, dans une série télé, le génie de l'informatique arrive à reconnaitre une personne sur une photo satellite d'un coup de "sharpen more" sous son Piposhop. Ou qui croient que les caméras de vidéosurveillance les protègent. Ça fait flipper, quand même. Ça fait des années que tout le monde en parle partout, et il reste des gens qui n'ont pas compris ni la loi, ni son application, ni rien.

Mais le mauvaise exemple vient d'en haut : interrogée sur le pourquoi de son vote en faveur du maléfique traité ACTA, la sémillante Rachida Dati a avoué s'être gourée de bouton*. Rappelons qu'il n'y a que trois boutons de vote sur les pupitres du parlement européen, un putain de chimpanzé dressé est capable d'y arriver correctement pour trois cacahouètes (à titre de comparaison, un député Européen touche une dizaine de milliers d'Euros par mois, ça fait cher de la cacahouète). Et elle, elle n'est pas foutue capable de faire, je n'ose même pas dire mieux, mais ne serait-ce qu'aussi bien que le chimpanzé ? Je frissonne rétrospectivement en me souvenant qu'elle a occupé un ministère régalien.

Voilà, c'était mon homélie du jour. Je suis toujours un peu embêté quand je dois pourfendre à ce point la connerie humaine, parce que "que celui qui est sans péché lui jette la première pierre" et tout ça, et que je vis selon l'adage du père Gainsbourg : "la connerie, c'est la décontraction de l'intelligence", et que je suis un garçon très décontracté qui ne porte pas la cravate même sous la force des baïonnettes. Mais quand même. Les 10 % ont les élites qu'ils méritent.


*Alors, c'est possible aussi que ce soit juste une excuse en bois parce qu'elle n'assume pas ses choix de société. Mais alors ça voudrait juste dire que c'est une nazie.

dimanche 8 juillet 2012

Ne jamais laisser les costards-cravates se mêler de traduction, jamais

Hier, en allumant la télé, je suis tombé sur un truc horrible. Je zappais sur les chaines de dessins animés pour trouver un truc pour ma petite dernière (ça devient de plus en plus dur, d'ailleurs, y a quand même de sérieuses merdes en dessins animés, de nos jours) et j'ai découvert le trailer des nouvelles séries Mon Petit Poney. Mon Petit Poney, ça n'a jamais compté au rang des chefs-d'œuvres. On est déjà dans le bisounours de troisième génération pondu à la chaine pour développer une licence de jouets. C'est clairement un produit conçu selon la règle du plus petit dénominateur, pas un truc dans lequel on peut s'attendre à une quelconque intégrité artistique ou créative.

Mais le propriétaire de la licence a dû finir par penser que localiser les boitages coûtait des ronds. Et donc ça ne s'appelle plus Mon Petit Poney. Même sur les chaines de télé destinées aux enfants de deux ans, ça s'appelle My Little Pony, maintenant.

Et c'est mal. à tellement de niveaux que je ne sais même pas par où commencer. Mais une chose est claire : les traducteurs consciencieux qui s'étaient tirés les doigts pour inventer Serval*, les Cosmocats, Bilbon Sacquet ou le Millenium Condor (bon, d'accord, peut-être pas le Millenium Condor, faut pas déconner non plus), c'est une espèce en voie de disparition, c'était l'armée noble d'une époque civilisée, c'était une belle tradition qui disparait (insérer ici le visage compassé de Jean-Pierre Pernod).

L'acculturation est chose quasiment faite, on apprend aux gamins de deux ans à être aussi cons que des fansubbers d'anime.

ON A PERDU LA GUERRE  PUTAIN !!!!!!!!!!!!!!!!






J'essaie de me consoler avec ça, du coup, sans succès :



Et demain, je me mets à la drogue, ou au football, ou à fèces de bouc, ou au kit mains libres, en tout cas à un truc immonde qui avilit l'homme.



*Et c'était du Geneviève Coulomb, ça, Serval, cette même Geneviève Coulomb que de jeunes morveux des hordes de lecteurs internautes ingrats ont poussés vers la retraite anticipée. Quand je vous dis qu'on vit dans un monde de merde.

mercredi 4 juillet 2012

Ça ne manque pas de recel

Il n'y a pas que la boite qui tente de me vendre des fenêtres par téléphone tous les mois depuis huit ans qui m'emmerde (du coup, tous les mois, je suis de plus en plus désagréable avec les pauvre téléphonistes de T*rr* de Fenêtres qui m'appellent pour me fourguer leurs services. Parce que que j'ai un installateur de fenêtres à cinquante mètres de chez moi). Le démarchage téléphonique, c'est une espèce de cancer de notre société (en fait, c'est une variante du cancer téléphonique. les gens qui se font des scènes de ménage dans leur kit mains libres en marchant dans la rue en sont une autre) (mais le téléphone est un cancer, à la base, et je ne parle même pas des effets supposés des ondes. le téléphone en tant que tel rend les gens feignants et cons, comme la bagnole). On a essayé rien que ce mois-ci de me vendre deux complémentaires retraite, des cadeaux nazes offert par un nouveau magasin magnifique qui s'ouvre dans mon secteur (à trente kilomètres, c'est dire s'ils ont une définition large du mot secteur, ces cons-là) et vendant selon les cas du mobilier, du vin ou un truc indistinct que je n'ai pas compris dans le brouhaha du centre d'appel.

De toute façon, je pars du principe qu'une boite qui se sent obligée de me téléphoner sans que je sois déjà client chez elle pour essayer de me vendre sa soupe m'insulte à la base : quand j'ai besoin d'une fenêtre, d'une caisse de vin, d'un super abonnement chez Francis et Martin Telecom, d'un traitement antitermites*, d'un meuble de jardin ou d'un ustensile de cuisine, je suis assez grand pour sortir de chez moi et aller chez des commerçants de mon secteur sans qu'on me prenne par la main. En plus, j'ai l'impression qu'on me prend pour un pigeon quand on essaie de me fourguer un truc sans même que j'aie la possibilité de le voir. En plus, je les connais, les manuels du "ne vous laissez pas démonter par les objections des gens" qu'on fait ingurgiter aux opérateurs, donc les gens qui essaient de rebondir quand je leurs sors une excuse quelconque uniquement pour être poli et ne pas leur raccrocher directement au blair, là, je n'ai plus aucun scrupule à être odieux avec eux.

Et puis il y a un cas particulier de boites qui m'appellent ces temps-ci. Depuis quelques mois, des officines de rachat de métaux précieux avec "Or" dans le nom, et puis après des mots comme "postal" ou "liquide", essaient de me convaincre. Cette semaine, c'était madame liquide qui a eu l'idée saugrenue de me téléphoner. C'est un truc qui s'est développé ces dernières années avec la crise. On revend rapido les bijoux de famille, vieilles monnaies et autres dents en or du papy pour se faire un peu de caillasse. Et bien sûr, à un prix défiant toute arnaque (les docs de ces gens-là précisent bien en gros que c'est indexé sur le cours de l'or, mais se gardent bien de préciser quel est l'index en question, qui peut tout changer).

Outre le fait que ça sent bien l'exploitation cynique de la paupérisation graduelle de la population, il y a un détail qui pue bien là-dedans : la Préfecture de Police a sorti dernièrement une statistique indiquant que depuis quelques mois, les vols à l'arraché de colliers en or sont en augmentation très forte. Pour empêcher le recel, le préfet de police de Paris a "demandé à la police judiciaire de renforcer sa collaboration avec les douanes et les fédérations nationales des horlogers, bijoutiers, joailliers et orfèvres", si j'en crois le journal. Et aucune mention de ces officines de rachat d'or (qui depuis quelques mois téléphonent chez les gens, distribuent des prospectus dans les boites aux lettres et font même de la pub dans les journaux). Personne n'a fait le rapprochement ? La vache, c'est le premier endroit où j'irais faire le ménage, pour ma part !

Derrick réveille-toi, ils sont devenus fous !

* La bonne femme des termites d'il y a quelques temps de ça était particulièrement odieuse. Elle a par contre fermé son clapet quand je lui ai mis le nez dans son caca en lui rappelant que quoiqu'elle en dise, la campagne de détermitisation n'avait pas l'aval de la municipalité, et que justement la municipalité avait encore diffusé une circulaire indiquant qu'elle ne soutenait aucune campagne de démarchage téléphonique, et que j'avais dans l'idée que ça visait précisément son entreprise.

mardi 3 juillet 2012

Terminologie

Y a des gens qui sont dans le trip steampunk, d'autres dans le dieselpunk

Moi, en ce moment, je suis à fond dans le rustpunk :







dimanche 1 juillet 2012

Terrorisme mémétique

Aujourd'hui, j'ai traduit du Mickey et écrit du Apocalypses. Alors que c'était le jour du Seigneur et que j'aurais donc été mieux occupé à glander gentiment. Mais c'est comme ça, la marée c'est comme l'éditeur, ça n'attend pas.

Et puis du coup, ce soir, un peu fatigué, je me suis détendu en faisant une connerie.

Et ça a donné ça :


Et là, je me dis qu'il est temps que j'aille me coucher.