mercredi 16 mai 2012

Faites vous mêmes votre film de gladiateurs


Nouvelle rediff, cette fois d'un article publié en revue il y a une petite dizaine d'années.


Une célèbre réplique de Peter Graves concernant les « films sur les gladiateurs » a marqué les esprits, venant après la décadence d’un genre qui était devenu dans les années 70 un prétexte à des scènes tristounes qui se voulaient exotiques et torrides, se confinant aux franges les plus kitsch de la culture gay.

Pourtant, ce genre jadis d’une grande vitalité avait survécu à pas mal de modes.

Petit rappel des tics et figures imposées qui furent autant sa gloire que sa perte :

-Les reines, princesses et autres esclaves court vêtues.

Qui n’a pas fondu pour Liz Taylor quand ses yeux étaient soulignés d'un lourd trait de khol ? Dans ce domaine, nombreuses furent les actrices italiennes à durablement marquer les esprits par leurs tenues mettant leur corps en valeur et leurs regards de biches. Ces belles impliquent :

-L’érotisme et la lascivité

Composantes totalement indispensables du genre, sans lesquelles il n’aurait sans doute pas eu autant d’impact. Mais l’excès en tout étant un défaut, elles doivent être contrebalancées par :

-Les héros musclés, épilés et virils.

Charlton Heston et Kirk Douglas viennent immédiatement à l’esprit, suivis par Steeve Reeves, qui avait démontré qu’une carrière de Monsieur Univers était un plus notable. Mais les héros ne sont rien sans :

-Les méchants décadents et très méchants qui mangent du raisin en contemplant des massacres.

Charles Laughton, qui fut Hérode, Claude et Gracchus est le plus phénoménal exemple de méchant superbe et haïssable, la grappe de raisin dans une main et le pouce baissé à l'autre. Mais Malcom McDowell n’a pas non plus démérité dans le genre. Les méchants donnent généralement toute leur démesure dans :

-Les décors grandioses.

Ce n’est que sur la fin que les décors se sont réduits au strict minimum. Alors que le bon péplum se doit de reconstituer des palais immenses aux opulentes colonnades et aux tentures luxueuses dissimulant orgies et complots. Mais ces décors vont souvent de pair avec :

-Des catastrophes naturelles énormes.

Souvent associés à ce sous-genre du péplum qui est le péplum biblique, la bonne vieille pluie de feu et le tremblement de terre, voire l’inondation cataclysmique, sont des accessoires pas forcément indispensables, mais généralement appréciés par les connaisseurs. Pouvant entrer aussi dans cette catégorie destructrice, les charges d’éléphants carthaginois font toujours leur petit effet. Éléphants qui pourraient rentrer aussi dans la catégorie des :

-Crocodiles, serpents, lions et autres animaux exotiques.

Là ça se passe de commentaire, nos héros virils et nos reines lascives en ont besoin, les uns pour nous montrer l’étendue de leur courage et de leur phénoménale puissance physique, les autres pour se sentir menacées et nous gratifier de regard enamouré qui permet de mettre en valeur leur plastique impeccable, et là, force est de constater que comme l'Ourobouros, la boucle est bouclée.

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