mercredi 8 février 2012

Le grand musée de l'éphémère

Tiens, ça fait bien longtemps que je ne vous avais pas glissé en passant une bonne vieille affiche de propagande soviétique. Par les temps qui, courent, je dirais que c'est un devoir sacré. C'est la preuve qu'en effet toutes les civilisations ne se valent pas : il y a les civilisations qui savent produire de l'image, et les autres. Et la nôtre n'en fait pas partie, il suffit de regarder n'importe quelle campagne institutionnelle de chez nous, que ce soit la sensibilisation au code de la route, la lutte contre le cancer, l'engagez-vous/rengagez-vous ou n'importe quelle cause du jour pour se rendre compte que, quand même, tous nos "communicants" sont des gros nuls, complètement à la ramasse avec leur photos tristounes, qu'ils sont en fait, tristement, plus nazes que nazis en somme. En lieu et place de géants, on a des guéants, c'est franchement, ça ne le fait pas.

Il y avait des géants sur terre en ces temps-là. Même qu'ils étaient soudeurs.

Par ailleurs, la vidéo de Dusty Springfield que j'aie postée l'autre jour me conduit à m'interroger sur une notion que l'internet a rendue obsolète. Le titre de la vidéo mentionne qu'elle est "v. rare", very rare, de l'ordre de la rareté introuvable, préservée par la grâce d'un vieux magnétoscope puis par une numérisation à peu près adéquate. Mais dès lors qu'un contenu est en ligne, a fortiori sur un site fréquenté comme i-thunes, il n'est plus rare, puisqu'il est à la portée de n'importe qui qui clique dessus, sans limitation de nombre. La rareté n'existe pas dans le monde numérique (Pour autant qu'il ne soit pas bridé comme ça en prend le chemin, fermetures de sites de stockage obligent, alors que c'est justement le monde numérique qui nous permet de conserver des documents comme celui que je vous balance ci-dessus, et qui sinon pourraient finir par être perdus). Du coup, je trouve curieux qu'on flaggue encore "rare" ou "very rare" des contenus dont la simple mise en ligne conjure la rareté, l'anéantit pour le compte. C'est un archaïsme de pensée, une queue vestigielle surgie d'une époque de pénurie culturelle...

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